– Otome Time ! – Asaki, Yumemishi

Vous vous êtes sûrement demandé comment ma passion pour les otome games était née. Aujourd’hui je vais donc vous parler de mon premier grand amour : Asaki, Yumemishi.

D’abord sorti sur PC en 2008, le jeu a bénéficié d’un portage sur PSP en 2011, d’un sequel en 2012 et d’un fandisc en 2013 (auquel je n’ai pas joué). Pour cette review, on s’attardera sur le jeu principal. Si le coeur m’en dit, je vous ferais une review de la suite, appelée Wajin Ibunroku ~Asaki, Yumemishi~. 

J’ai découvert Asaki, Yumemishi un peu par hasard, cherchant un otome game sur PC pour progresser la langue japonaise. L’univers me branchait bien, s’inscrivant dans les traditions du folklore japonais avec sa ribambelle d’oni et de yokai et surtout ayakashi. Et puis surtout, j’aimais beaucoup le design du jeu et des personnages. Près de 8 années plus tard, il reste encore un jeu cher à mon coeur dont j’aime parfois relancer une partie.

— Fiche technique —

Asaki, Yumemishi
Asaki, Yumemishi
Développé par : MIO
Date de sortie initiale : Juillet 2007
Classification : Cero C
Support : PC / PSP



— Synopsis —

Saya est une lycéenne des plus banales, du moins en apparence. Elle est en réalité issue d’une famille d’exorcistes et réalise en marge de ses études quelques missions simples d’exorcisme. Durant un été, elle est informée par Rin, un informateur, de faits mystérieux dans un petit village encerclé par les montagnes. Des ayakashi hostiles sévissent et provoquent divers incidents. Accompagnée de Gio, un ayakashi, Saya prend les devants pour découvrir ce qu’y trame. Arrivé sur place, notre héroïne se sent étrange, comme si elle avait déjà mis les pieds dans ce lieu il y a longtemps. Sur place, elle rencontre Chihaya après une attaque d’ayakashi mais aussi Takatora, dont les objectifs semblent être liés à la vague d’attaques sur le village et ses alentours.

— Les personnages —

♦ Saya Iori : notre héroïne est une lycéenne des plus normales qui pourtant est dotée de pouvoirs d’exorcisme qu’elle tient de sa famille. Saya est une jeune fille déterminée, pleine de vie et qui se lie facilement avec les gens. Elle croit en l’amitié entre humains, oni et ayakashi, témoignant d’ailleurs de son lien fort avec Gio. Malgré tout, ses motivations sont ébranlées par des ayakashi hostiles qui en veulent terriblement aux humains pour le sort qu’ils subissent. Saya est également étrangement lié à l’ayakashi Aya.

Gio : ayakashi accompagnant Saya durant sa mission. Il est souvent confondue avec une femme à cause de son physique androgyne, ce qui l’énerve passablement. Gio est un garçon adorable, poli et sérieux. Il prend très au sérieux la sécurité de Saya et se sent souvent coupable de ne pas être plus puissant pour la protéger. Critiqué par des ayakashi hostiles, lui reprochant de protéger une humaine et ainsi s’attaquant à sa propre race, Gio restera fidèle à Saya, quoi qu’il arrive dans le jeu.

Shuuichiro Iori : cousin de Saya et exorciste de renom. Il est accompagné par Kokuu, un ayakashi qui est autant son assistant que faisant office de maman de substitution, n’hésitant jamais à reprocher à son « maître » un certain nombre de choses. Shuuichiro arrive tardivement, informé par Rin que sa cousine est confronté à des ayakashi plus dangereux qu’il n’y parait. Il intervient d’ailleurs à un moment critique du jeu et se révèle être un soutien de taille face à la violence de leurs opposants. Taciturne et sérieux, Shuuichiro n’en reste pas une personne de confiance.

Rin Shinonume : informateur étrange et un peu pervers ayant soumis une requête à Saya. Rin ne participe pas aux affrontements, restant plutôt confiné dans son bureau à lire des livres, au grand dam de tout le monde qui eux, doivent gérer des combats de plus en plus violents. Rin est évidemment bien plus qu’il n’y parait dans les routes des personnages et se révèle bien plus complexe, de par son passé et son histoire. Plutôt enjoué et pas spécialement concerné au premier abord, ce qui agacera surtout Gio, il assure également la résidence de tout ce petit monde dans sa maison.

Takatora Toshimitsu: lycéen d’un an plus jeune que Saya. Takatora est un jeune homme qui, derrière son attitude froide et pas très engageante cache un lourd secret : il court après l’assassin de son frère par un ayakashi. Il est découvert par Saya et les autres après avoir été blessé grièvement. Takatora hait les ayakashi et ne se montre pas sympathique vis-à-vis de Gio et Kokuu et devra pourtant compter sur leur aide pour affronter son ennemi. Bien que très froid, Takatora reste une personne fiable sur qui on peut compter.

Chihaya Yaegaki : jeune homme qui sauve Saya au début du jeu. On peut considérer sa route comme la Vraie Route étant donné qu’elle est fortement liée à la destinée de Saya. Chihaya participe aussi à l’enquête de Saya, étant lui aussi exorciste. D’un naturel plutôt calme, il est comme notre héroïne, persuadé de l’entente entre humains et ayakashi. Tout au long du jeu, il se révèle, après Gio et Shuu, le soutien le plus infaillible de Saya. Sa relation avec Takatora n’est pas au beau fixe et les deux passent leur temps à s’embrouiller.

— Guerre et paix chez les ayakashi —

Asaki, Yumemishi c’est avant tout l’itinéraire de Saya et de sa rencontre avec des ayakashi particulièrement hostiles et ne désirant pas vivre en paix avec les humains. Pourtant, rien n’est tout blanc ou tout noir dans cet univers où on l’on trouve aussi des ayakashi du côté des humains et les défendant. On a aussi en Ichito, principal grand méchant, un personnage violent et sans concessions pour faire du mal à ses adversaires. Contre toute attente, il est même une des routes cachées du jeu…eh oui on peut finir du côté obscur de la force ! C’est aussi une des forces de Asaki, Yumemishi c’est l’univers ne se veut pas entièrement noir ou blanc, chaque personnage possède son passif qui le conduit à mener sa vie d’une certaine façon. On est autant attristé de voir Takatora s’enfoncer dans la vengeance au péril de sa vie que de voir le jeune Kagachi suivre le mauvais chemin en s’enfermant dans une spirale de violence.

L’univers est loin d’être mignon malgré un effet tranche de vie très prononcé où l’on voit les personnages rire et s’amuser entre deux combats féroces. Loin de créer un clivage dans la narration, Asaki, Yumemishi s’inscrit comme un otome game qui fait du bien, sans jamais s’enfoncer dans le travers d’un scénario trop pompeux qui serait un vrai pétard mouillé. Pas mal de créateurs d’otome games devraient s’en inspirer car c’est ce qui rend cet otome game agréable aussi bien dans la narration que l’écriture des personnages.

Evidemment, je suis obligée de faire un aparté sur Giou, mon personnage préféré du jeu. Au-delà d’être un love interest potentiel, il a aussi cristallisé ce qui a fait de Asaki, Yumemeshi un de mes otome games préférés, à savoir son développement et sa personnalité. Loin d’être un cliché sur pattes ambulant, Giou est un personnage complexe qui m’a fasciné par son caractère, oscillant entre l’enfant et l’adulte confirmé. Etant donné que c’est un ayakashi, il est forcément plus vieux que son apparence laisse supposer et a un passé très noir qui m’a énormément ému. Giou est alors devenu bien plus qu’un personnage d’otome game mais un personnage de fiction qui a trouvé son existence au-delà de son support d’origine. Et croyez-moi, y’en a pas beaucoup des personnages comme ça.

— Système —

Asaki, Yumemishi fonctionne comme un visual novel classique avec des choix de réponse à différents dialogues. Rien de bien difficile à part qu’il est conseillé de régulièrement sauvegarder vu que les mauvais choix ne sont pas si évident à voir…En revanche, à la différence des straight visual novel, Asaki, Yumemishi propose également une carte sur laquelle on peut se déplacer. Au début du jeu, il est uniquement possible de s’y déplacer la journée mais en avançant dans le scénario, on accède à la carte de nuit, plus dangereuse. C’est là que de nombreuses bads ends peuvent survenir, notamment si on a, en plus, fait les mauvais choix de dialogue. Fourbe hein ?

Le jeu propose aussi un système de collection d’objets à débloquer dans les différentes zones, sortes de trophées alternatifs. Pour le reste c’est du grand classique : le menu propose la galerie de CG et la possibilité d’écouter les pistes musicales du jeu. Quand à choisir entre la version PC ou PSP, le portage sur la console de Sony par QuinRose apporte une route supplémentaire et de nouvelles CG. Le minimum syndical donc. Ayant fait le jeu sur PC à la base, je peux dire que cette version est largement suffisante.

— Les graphismes —

Asaki, Yumemishi est un jeu de 2008, il ne faut donc pas attendre de la même qualité graphique qu’un titre récent. Les sprites n’ont pas d’animation mais les expressions des personnages sont suffisamment nombreuses et les combats offrent quelques effets animés du plus bel effet. Côté chara-design, on a des personnages plutôt soignés et les illustrations sont toutes jolies même si elles commencent à accuser un peu de l’âge…Cependant le tout garde un charme certain.

3590_611065398921550_1863492768_n.jpg

— Avis final —

Asaki, Yumemishi fait partie de mes premiers otome games donc forcément il m’est difficile de lui trouver beaucoup de défauts. Déjà, ce que je continue d’apprécier toujours autant c’est le soin apporté aux personnages, d’autant plus qu’ils sortent tous un peu des sentiers battus. On évite bon nombre de clichés, ce qui les rend plus attachants et sympathiques. L’histoire quand à elle, n’est pas exceptionnelle mais s’attache à rendre intéressants ses personnages secondaires, notamment les antagonistes. Souvent considérés comme de la seconde main dont on ne prend pas la peine de développer, ils sont ici à l’honneur.

Ce n’est pas tant la romance qui importe dans Asaki, Yumemishi, ce qui peut déconcerter si on attend quelque chose de mielleux. Le scénario est plus une tranche de vie où se mêle folklore japonais et créatures surnaturelles. C’est l’un des rares otome games où je n’ai aucun problème à compléter toutes les routes, qui n’ont pas seulement un but romantique. Le jeu possède quelques routes cachées qui permettent, soit de ramener quelques brebis égarées dans la violence vers une existence plus heureuse et paisible soit de changer de camp. Il faut également savoir que le jeu comporte un certain nombre de mauvaises fins assez atroces où l’on peut mourir de la main des méchants…ou même de l’être aimé !

Asaki, Yumemishi est un otome game que je vous recommande chaudement. Vous pouvez vous le procurer sur PC mais également sur PSP où une nouvelle route est disponible. Je ne vous ai pas parlé de l’OST qui est une pure merveille ainsi que des inserts-songs. Bref, un must du genre !

— Bilan—

Histoire

Note : 4 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 5 sur 5.

Graphismes : 7/10

Note : 3.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 5 sur 5.

Asaki, Yumemishi fut mon premier gros coup de coeur otome et malgré les années, il garde une place très importante pour moi. Si les graphismes ont pris un petit coup de vieux, difficile de reprocher quoique ce soit au reste. Un petit bijou.

10 choses qu’on ne veut plus voir dans les otome games

Vous aimez la romance, n’est-ce pas ? Mais est-ce que vous aimez être brutalisée ? Etre entourée de sadiques ? Ou alors simplement être en situation désespérée ? Eh bien non. Je vous parle ici des dix choses que l’on ne veut plus voir dans les otome games. Vous êtes prêts ? C’est parti !

Black Wolves Saga – Bloody Nightmare -, PC, 2012

Non, taper son love-interest, ce n’est pas de l’amour

Vous pensiez que ce garçon au comportement brutal vous aime ? FOURBERIE. Autant la violence envers autrui ne m’inquiète pas outre mesure dans un otome game – quand c’est justifié hein car le psychopathe en carton on en a déjà  vu – autant quand c’est l’héroïne qui prend les coups j’ai un peu plus de mal. Alors oui, elles sont cruches les héroïnes et elles nous énervent mais ne croyez-vous pas que les gars abusent aussi à côté ? A ce jeu-là Black Wolves Saga est un des champions de cette catégorie.

Dance with devils, PSV, 2016

Les yandere, non merci !

Il avait l’air gentil avec son regard de veau…mais c’est en réalité un psychopathe fou qui par amour mais surtout à cause de beaucoup de jalousie va se transformer en être horrible et méchant. Le Yandere c’est cet archétype à la mode dans les otome games qui transforme vos romances en cauchemars. Si certains ont la chance d’avoir quelques passifs qui expliquent leur comportement de psychopathes, on est moins convaincu quand ça devient tendance d’en foutre plusieurs dans le harem. Pour le lulz. Sans parler des Drama CD spécialement consacrés aux yandere…bonjour le traumatisme.

Norn9 – War Commons, PSV, 2014

La séquestration, c’est pas de l’amour non plus. Ni l’amnésie.

Dingue ces otome games où la forme ultime d’amour c’est d’effacer la mémoire de l’être cher pour qu’elle vive…modelée à vos souhaits. Et l’enfermer pour qu’elle ne soit pas au contact d’un humain susceptible de la séduire aussi (ça serait trop bête). Après on s’étonne que La Belle et la Bête soit considérée comme un classique du romantisme…Certains otomes ont une vision d’une fin heureuse assez atypique où le consentement est une notion inconnue. Et non c’est pas de l’amour de penser que l’amnésie règle tous les soucis. Encore moins la séquestration.

Diabolik Lovers, PSP, 2012

Le harcèlement c’est puni par la loi

Parce que on a pas beaucoup de temps pour poser la romance, autant forcer la relation. Et donc harceler l’être qu’on aime pour que cette dernière tombe dans vos bras. Y’en a certains qui vont en taule pour moins que ça. Comme l’héroïne ne dit rien, terrifiée, le jeu te fait passer ces actes comme de la normalité. Non, c’est non ! Y’a d’autres façons bien plus romantiques pour prouver à la jeune femme qu’on veut séduire qu’on l’aime. Et c’est certainement pas en la pelotant ou et en l’embrasant de force. Achetez-vous une poupée gonflable les gars.

Amnesia:memories, PC, 2011

Arrête de pleurnicher, ce sont juste des méchants

C’est vrai t’es cruche, pas vraiment maligne à croire le premier abruti rencontré mais ça ne sert à rien de te lamenter, ce sont juste des connards. Certes, tu fais parfois tout pour les énerver mais crois-moi ils ne te méritent pas. Vraiment pas. Défends-toi plutôt en montrant que tu as du caractère et que tu ne te laisses pas marcher sur les pieds. Oh oui ils ne vont certainement pas aimer mais quand même, à force de te faire écraser, plus personne ne veut te ressembler. Mais vraiment plus personne.

Vous pensiez pas que j'aurai mis une image quand même si ?

Non le viol, ça ne marche pas comme preuve d’amour

Oui je vous regarde les otome R-18. Vous voulez la jouer trash avec des scènes de viols, même de personnages qui ont aucune raison de le faire. Ben oui tant qu’à faire, transformons le gars gentil en serial violeur. C’est juste le meilleur moyen de ruiner un personnage en lui faisant faire tout le contraire de sa personnalité. Des claques qui se perdent, vraiment. Surtout que comme pour la séquestration ça finit forcément en « mais non je t’aime vraiment en fait ! J’avais juste peur que tu ailles voir ailleurs ». Comment voulez-vous que la relation soit saine…(et comment voir du romantisme après ça ?)

Snow bound land, PSP, 2013

La personnalité c’est pas juste en bonus

T’es beau mais t’es con. Voilà. Avec la masse d’otome games qui sortent, les développeurs ne savent plus quoi raconter. Alors on met des bishos. On copie/colle une histoire tragique reprise 100 fois. Sauf que la sympathie c’est aussi ce qui fait le succès d’un jeu et pour la joueuse, l’heureuse histoire à vivre. Comment voulez-vous qu’on est envie de suivre une histoire si les personnages ne sont pas intéressants ? Sans forcément chercher l’originalité, la qualité d’écriture des personnages est importante pour se sentir concerner par leurs problématiques. Malheureusement, des développeurs comme Otomate qui produit une dizaine de nouveaux titres chaque année sort des titres de seconde zone où les histoires sont du déjà-vu et les personnages creux.

Enfin, les mauvais travers des développeurs d’otome game…

Le copier/coller de route, ça se voit. Et c’est nul.

Ecrire un scénario d’otome game c’est dur. Alors parfois certains scénaristes ne s’embarrassent pas à te refourguer une scène un paquet de fois. Si on admet que la route commune soit similaire à chaque personnage avec les variations de choix, on est moins convaincu quand on se tape 5 fois la scène de bal avec les 5 neuneus à draguer. A 6000yens le jeu, croyez-moi, vous commencez à le regretter. Amèrement. Alors il y aura toujours des redites dans ce type de scénario mais il m’est arrivé plusieurs fois de tomber sur des atrocités où l’histoire était exactement la même à chaque route (coucou Snow bound land). Donc chers scénaristes, retroussez vos manches et servez-nous des histoires qui valent le coup d’être racontées.

Taisho x Alice, PC, 2015

On arrête le pigeonnage avec les jeux en plusieurs parties

Une mode assez cruelle en plus d’être pas toujours justifiée. Le marché ultra concurrentiel a poussé certains développeurs à sortir leurs titres en plusieurs parties, comme pour Taisho x Alice de Primula. Cette pratique permet au développeur de mieux budgéter le développement du jeu sur le long terme. Heureusement le jeu est ressorti sur PSVita en version complète. On est en revanche moins convaincus pour ceux qui ont déboursés un peu plus de 3000 yens…4 fois. A ce prix, le jeu a intérêt d’être un chef d’oeuvre. Sans compter les fandiscs qui sont devenus aussi une vaste blague. Code:realize a même inventé le fandisc du fandisc. SERIEUSEMENT…Entre le marché des mobage et ça, on peut le dire: le marché des otome games abuse.

Otomate, STOP sortir 20 titres dans l’année

Parce que la moitié sont des bouses. Le marché des otome games est tellement concurrentiel que Otomate l’étouffe en sortant beaucoup mais vraiment BEAUCOUP de nouveaux titres chaque année, sans compter les fandiscs et sequels. De quoi devenir fous d’autant plus que si certains titres brillent par leurs qualités narratives ou graphiques, d’autres se révèlent de sombres étrons. Un autre jour j’écrirais sur le pourquoi d’une si grande différence de qualité mais sachez que beaucoup de jeux sont des commandes de Otomate avec un cahier des charges précis. Sauf que à force de sortir autant de titres aux succès parfois très discutables, le marché étouffe et les joueuses croulent sur la tonne de jeux à faire. Donc voilà, Otomate, on fait MOINS de jeux, on travaille MIEUX dessus et le public s’en portera pas plus mal.


Et voilà ! D’accord ? Pas d’accord ? Vous voyez autre chose qui devrait disparaître de ces jeux ?

– Otome Time ! – Collar x Malice

On reproche souvent aux otome games d’avoir des scénarios un peu convenus. Ce n’est pas le cas de Collar x Malice, un jeu de Otomate sorti en 2016 au Japon puis l’année suivante dans le reste du monde en langue anglaise. Un fandisc a été annoncé à une date encore indéterminée. Crimes, complots, terrorisme et sens de la justice sont à l’honneur dans ce thriller aux thématiques sociétales loin d’êtres éloignées des problématiques actuelles…

— Fiche technique —

Collar x Malice
Collar x Malice
Développé par : Design Factory & Otomate
Date de sortie initiale : Aout 2016
Classification : Cero C
Support : PSV

— Synopsis —

Tokyo. Quartier de Shinjuku. Notre époque. L’organisation terroriste Adonis fait trembler le Japon depuis plusieurs mois avec une série de crimes appelés « Incidents X-Day ». La police est face à une impasse totale et la population ne se sent plus en sécurité, d’autant plus que le gouvernement japonais a établi une loi autorisant les civils à porter des armes pour se défendre. Dans une situation d’insécurité constante, Ichika Hoshino est une policière travaillant pour le bien de la population, gérant les troubles de l’ordre public. Un soir, elle reçoit un appel d’une personne annonçant un incident dans un jardin public et s’y rend, seule. Attaquée, Hoshino se réveille plusieurs heures plus tard dans une église avec un collier autour du coup. Une voix étrange en sort et lui annonce qu’elle doit régler l’affaire des meurtres d’Adonis sans révéler l’existence du collier. Peu de temps après, de jeunes hommes débarquent dans l’église. Ces anciens policiers ont quitté leurs postes pour enquêter par eux-mêmes sur les Incidents X-Day. Avec leur aide, notre héroïne va devoir confronter sa notion de la justice, du sens du devoir tout en résolvant chaque affaire.

— Personnages —

♦ Ichika Hoshino : notre héroïne. Hoshino est une jeune policière au fort sens de la justice. Elle a décidé de faire ce métier après avoir aidé un homme à retrouver ses papiers. Elle vit avec son frère, Kazuki, lycéen avec qui les rapports sont difficiles.

♦ Mineo Enomoto : Ancien policier membre d’une unité d’intervention de terrain, Enomoto a quitté son poste suite au premier Incident X-day impliquant son ancien collègue et supérieur. Passionné par la culture samouraï et leur code d’honneur, Enomoto est un garçon gentil qui malheureusement est sujet à de nombreuses désillusions. Il rejoint le groupe d’enquêteurs formé par Yanagi pour mener sa propre enquête et rétablir la justice pour son ancien collègue.

Kei Okazaki : Ce drôle d’énergumène est chargé de surveiller le groupe de Yanagi. Okazaki est en effet membre d’une police spéciale chargée d’escorte et de surveillance de personnalités. Pas vraiment discret, il énerve régulièrement les autres par sa propension à intervenir lorsque le moment est malvenu. Okazaki est loin d’être une mauvaise personne et il devient assez vite un allié de poids pour Yanagi et les autres par sa position.

Takeru Sasazuka : ce hacker est un véritable génie au comportement exécrable avec ceux qu’ils considèrent comme incapable d’être à son niveau intellectuel. Il respecte seulement Yanagi. Sasazuka est un vrai tsundere dont la passion des donuts le rend aussi malléable qu’un chamallow. Anciennement membre de la division cybercriminalité de la police, il a rejoint l’équipe de Yanagi principalement pour lutter contre la loi qui a autorisé le port d’armes par les civils. Il cache en effet un traumatisme.

♦ Kageyuki Shiraishi : directeur des équipes d’intervention sur le terrain de la police, Shiraishi est chargé de profiler les profils des criminels pour avoir une meilleure chance de les retrouver. Il a la particularité d’être le seul du groupe de Yanagi à n’avoir pas quitté son poste, en partie pour continuer à obtenir un certain nombre de preuves pour aider le groupe d’enquêteurs. Shiraishi est une personne difficile à cerner. Il cache un lourd passé.

Aiji Yanagi : Ancien inspecteur de police, Yanagi est le premier qui a quitté la police, souhaitant enquêter par ses propres moyens sur les Incidents X-Day, se doutant qu’il y a quelqu’un au sein de la police qui entrave l’enquête. Calme, mature et posé, Yanagi cache lui aussi un lourd passé. Sa route se débloque une fois les quatre premières complétées et on peut considérer la sienne comme la vraie route du jeu.

— Naissance d’une nouvelle justice —

Collar x Malice n’est pas un bête otome game. Il se permet même de dénoncer pas mal de travers que l’on retrouve dans certains de ces jeux, notamment les faits de harcèlement. On peut même dire qu’on y retrouve beaucoup des problèmes judiciaires de notre société, de ces gens qui portent plaintes pour finalement voir que ça ne sert à rien. Cette dénonciation de faits de harcèlement envers une femme sont une première dans un otome game où les personnages masculins n’hésitent pas à forcer la relation. Evidemment, il n’y a pas que ça de dénoncer : il y a aussi tous ces faits qui échappent à la vigilance policière et judiciaire et qui détruisent des vies. Et ça fait mal. Difficile de ne pas faire le parallèle avec notre époque, nos faits de société et le nombre de faits divers qui rappellent que beaucoup de choses ne sont pas résolues par la justice.

Malgré les crimes, les membres d’Adonis ont tous de bonnes raisons d’agir, souvent liées à la défaillance de la justice. Evidemment que d’arriver à de telles extrémités n’est pas la solution idéale mais on a du mal à rester de marbre face aux situations et ce n’est pas la constante naïveté de nos héros qui changera les choses. La fin douce-amère est d’ailleurs un choix scénaristique assumé par Otomate et j’avoue avoir été très surprise.

— Système —

Collar x Malice fonctionne comme un visual novel classique même s’il y a la possibilité, à plusieurs reprises durant le jeu, de se déplacer sur une mini-carte du poste de police de Shinjinku pour faire avancer l’enquête. On est même convié à explorer quelques scènes de crimes pour récolter des indices. Pas extraordinaire en soit mais l’initiative est sympathique et permet de rendre l’enquête plus fluide. N’attendez cependant pas à un casse-tête judiciaire vu que la résolution des problématiques se fait naturellement.

Le jeu propose une vingtaine de mauvaises fins à compléter pour obtenir le trophée platine. C’est peut-être le plus compliqué car sans guide, vous aurez du mal à savoir comment les obtenir…sachant que le jeu ne propose aucune indication ainsi que de listes pour connaître notre progression. C’est peut-être le plus gros point noir de Collar x Malice et malgré un guide, je me suis quand même retrouvée à devoir « farmer » les routes pour savoir quelles fins j’avais loupée.

— Les graphismes —

Graphiquement, Collar x Malice est loin d’être moche même si on regrette que les sprites soient dénués d’animation. Si encore c’était un titre sorti il y a plusieurs années, on aurait moins d’exigence mais le jeu date de 2016 quand même. En dehors de ça, les décors sont soignés et le chara-design est plutôt sympa. Les illustrations sont magnifiques même si j’ai eu mal avec les visages que je trouvais trop différents (surtout Sasazuka). En dehors de ça, pas grand chose à signaler, le jeu fait le job de ce côté.

Sasazuka.Takeru.full.2082407.jpg

— Avis final —

Collar x Malice fut une véritable claque. Je me n’attendais pas à une telle qualité narrative, étant habituée aux fails de Otomate. Pour le coup, le jeu assume jusqu’au bout ses thématiques avec un chapitre caché lourd de sens qui secoue la tête. Brillant car le jeu aurait pu se suffire à la Vraie Fin et ainsi garder une certaine naïveté dans le traitement final des thématiques. Autant vous dire que j’attends le fandisc de pied ferme et que Otomate ne fera pas mentir ce qu’ils ont bâtis avec ce jeu.

Les personnages sont très justement traités, chacun ayant un passé plus ou moins difficile. Les fans de romantisme seront peut-être déçus car la romance est passée au second plan. Vu la situation, difficile d’en vouloir aux scénaristes qui ont privilégiés l’histoire à la romance même si je l’ai trouvée plus naturelle. En effet, l’attachement se fait progressivement, évitant des romances forcées. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et ont chacun un développement à la hauteur, notamment Kazuki, le frère de l’héroïne. D’une route à une autre, on fait également face aux problèmes qu’ils rencontrent dans leur relation frère-soeur.

Si le scénario, le travail sur les personnages et les thématiques m’ont énormément marqués, je dois admettre que j’ai été moins séduite par les personnages que sur d’autres otome games. Mais à l’inverse de certains que j’aurai volontairement eu du mal à apprécier, ce sont les qualités autres de Collar x Malice qui m’ont fait apprécier ce jeu. Ce qui prouve que derrière son argument d’être un jeu de drague, Collar x Malice s’apprécie pour son histoire et ses personnages. Je pense même qu’il peut être apprécié par n’importe quel fan de visual novel.

— Bilan—

Histoire

Note : 4.5 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 4.5 sur 5.

Graphismes

Note : 3 sur 5.

Bande sonore

Note : 3.5 sur 5.

Si Collar x Malice n’est pas parfait, la qualité du scénario et son développement en font un titre où l’on décroche difficilement. L’ultime chapitre apporte aussi une belle claque, s’écartant clairement de l’ambiance otome. Un must à lire que vous pouvez découvrir en anglais grâce à Aksys Games.

C’est dur d’être une héroïne d’otome game

Souvent vilipendées, risées d’une partie du public, les héroïnes d’otome games ont la vie dur. Pour autant, est-ce qu’elles doivent être tenues responsables de ce qui leur arrive ?

Image de Une par SemiMage : son devianart

Répète après moi : « je suis une serpillère »

Curieusement, je n’ai jamais haïs une héroïne d’otome game pour la simple et bonne raison qu’il y avait forcément dans son harem quelqu’un qui méritait dix fois plus de baffes. Constatation faite que si une héroïne peut parfois être très idiote, les gars ne relevaient pas toujours le niveau, l’enfermant subtilement dans leur jeu de manipulation. Oui en général, la puputerie vient toujours des abrutis, pas de la cruche. Si vous suivez. Pour autant, il faut admettre que derrière la passivité agaçante de nos pots de fleur, se cache un mal plus insidieux. Je vous avais dis que les otome games avaient tendance à être assez machistes et c’est le cas. Un non sera toujours un oui. Point barre. De quoi réduire à néant des années d’éducation au droit qu’on a sur son corps. Et sa vie tant qu’à faire.

Oui il y a quelque part un côté malsain à cette situation qui peut aller très loin quand les gars virent sadiques ou psychopathes. On aimerait s’enfuir, prendre le premier avion ou même trouvé une sorte de porte-type « armoire du Le monde de Narnia » pour quitter certains univers bien trop glauques…Jamais les jeux ne proposent d’ailleurs la possibilité de fuir, comme si on était condamné à subir sans broncher ce qu’on vit. On a beau se dire que c’est de la fiction, c’est parfois difficile de faire abstraction de ça quand on vous traite comme un chien…

2013-12-29-15_09_16.jpg
Ken ga kimi, PSV, 2015

L’identification ? Mais oui bien sûr…

Les fans acharnées vous diront que tout ça c’est pour favoriser l’immersion. Comme si on pouvait s’immerger dans un univers où l’on se fait brutaliser voire même violer. Vous êtes gentilles, les fans, mais vous vous voilez la face. Le manque de personnalité n’a jamais été, à mon sens, force de représentation. Comme je l’ai expliqué dans le guide sur le choix d’un otome game, je n’ai jamais autant eu envie de ressembler à une héroïne quand cette dernière était dotée d’une vraie personnalité. Au moins, on comprend un peu mieux ses sentiments et la relation n’avance pas à sens unique. Parce que oui, le manque de personnalité conduit invariablement à une relation tirée exclusivement par le bon vouloir de sa cible…et du scénario.

C’est aussi pour cette raison que c’est difficile d’adapter un otome game en anime. Après tout, avec des héroïnes passives, c’est un peu compliqué de créer de la sympathie pour elles, d’autant plus quand elles se font malmener. On a l’impression d’être face à des idiotes qui mériteraient 100 baffes. Mais curieusement, plus on fait d’otome games, plus on se rend compte que le soucis n’est pas tant la personnalité assez effacée des héroïnes qui pose problème mais plutôt le comportement de leurs harems respectives. Il y a aura toujours des protagonistes masculins pour abuser – et pas que gentiment – de la crédulité de nos théières adorées. Et là difficile de parler d’identification quand on a envie de balancer la console à l’autre bout de la pièce alors que la cruche bien pleine fait ses yeux de veau à un abruti.

Diabolik Lovers – Haunted dark bridal -, PSP, 2013

Le malaise des relations amoureuses pas vraiment consenties

Le manque de personnalité des héroïnes conduit surtout à l’acceptation des frasques des protagonistes masculins, pas les derniers pour se montrer plus manipulateurs que de purs « lovers. Ainsi, derrière une histoire un peu trop étrange d’identification, se cache surtout une volonté de faire passer n’importe quel acte de violence pour un acte d’amour. Que ce soit simplement de la pression psychologique à des faits de violence physique jusqu’à l’effacement purement et simplement des souvenirs, tout est bon pour faire passer des mecs pas nets en princes charmants. Et croyez-moi, les baffes, vous allez les distribuer plus souvent que vous le pensez envers ces idiots, pas toujours charmants.

Bon je dois avouer, parfois ça passe plus facilement, notamment quand les passifs sont travaillés et/ou que le personnage assume clairement ses actes et change mais d’autres fois on reste figés sur place par la tournure des évènements. La tendance est que fournir au moins une explication du pourquoi de la violence semble parfois être surfait alors que bon c’est quand même pas inutile de fournir un peu d’émotion, histoire qu’on se sente un minimum concerné par l’histoire ô combien tragique du bellâtre…Et malheureusement, le plus souvent, on est condamné à devoir accepter les pires atrocités, fermant les yeux sur l’horreur de la situation. Bref, beaucoup d’otomes minimalisent clairement les violences.

Le difficile équilibre entre immersion et personnalité

Evidemment, il faut un juste équilibre et une héroïne pas assez identifiable est aussi un problème. Il y a même risque de rejet de la part des joueuses face à un personnage trop sûre d’elle ou qui ferait des choses…plus osées. L’exemple que j’aime bien citer est Vivianne, l’héroïne de Tsubasa no okai no hime, un otome R-18 sorti en 2011. Elle promettait tout autant que l’univers mais son comportement de…pute (à défaut d’autre chose) laisse pantois. On ne sait pas vraiment sur quel pied danser sachant que même lorsqu’on se décide à séduire un personnage, notre cher princesse se tape quelques autres spécimens en chemin. Autant vous le dire, niveau immersion, c’était un beau zéro pointé. Cependant le jeu était intéressant en proposant l’inverse de ce qu’on avait l’habitude de subir. Et j’avais envie d’y croire, d’autant plus que après m’être farcie les courges qui servaient d’héroïnes aux jeux Ijiwaru my master et Under the moon, j’avais besoin d’une protagoniste forte.

Malheureusement difficile de trouver un juste milieu et pour une raison pas toujours justifiée, on a le droit à bien plus souvent à des héroïnes au caractère effacé dont on aura plus de facilités à mettre dans des situations parfois compliquées, sachant qu’elle ne mettra elle, jamais de baffe aux malotrus. Alors, il faut parfois simplement faire abstraction de leur existence et apprécier l’oeuvre sans que ça détériore l’expérience. Mais même face aux pires choix à faire, on a mal pour notre personnage, encore plus dans les otome R-18 où les scènes de violences sexuelles sont difficiles à voir. On a beau se dire que c’est de la fiction, on a dû mal à se détacher d’autant plus qu’il faudra composer avec un beau syndrome de Stockholm qui rappelle que dans le fabuleux monde des otome games, tomber amoureuse de son bourreau et/ou de son violeur est une méchante tradition.


Dur d’être une héroïne d’otome game mais ne les condamnez pas trop vite, elles n’ont pas toujours les rôles les plus évidents et les gars ne font rien pour arranger la situation. 

Le massacre de la culture occidentale dans les otome games

Les otome games c’est pas seulement de la romance. C’est aussi, très souvent, un gros gloubi-boulga de références culturelles aussi bien tirées de la culture nippone que…occidentale. On connait le goût du kitch des japonais et de leur vision très…étrange de la France. Si vous avez eu l’occasion de lire ou regarder Lady Oscar, vous allez rapidement comprendre où je veux en venir…

Rapide disclaimer : cet article est évidemment à but humoristique pour titiller l’utilisation de notre bonne vieille culture occidentale par les japonais.

Musketeers : le sang des chevaliers (PSP)

On commence par du lourd. Du très lourd dis-je ! Musketeers : le sang des chevaliers fait partie de ces jeux étranges sur lequel on ne sait pas sur quel pied danser. Personnellement j’en ai fais mon nanar préféré du genre, celui sur lequel on rigole un bon coup. Parce que contrairement à ce qu’on pourrait croire, Musketeers est loin d’être un mauvais otome game. Simplement, draguer des personnages de l’oeuvre d’Alexandre Dumas dans un contexte surnaturel complètement irréaliste à base démons rend le tout incroyablement nanardesque. Cependant, en y faisant abstraction, Musketeers : le sang des chevaliers reste un jeu sympathique, sorte de Hakuoki version française.

Bara ni kakusareshi verite (PSV)

Bon celui-là je m’avance pas mal parce que je ne l’ai pas encore commencé mais de loin ça sent bon le gratiné. Je veux dire, le synopsis à tout l’air des romans à l’eau de rose mélodramatique qu’on sert aux petites filles. La cour de Louix XIV, les complots de Versailles toussa…on a l’impression d’être dans une oeuvre de Annie Jay (Une princesse à Versailles). Et puis ben…les critiques sont excellentes, autant que pour Musketeers : le sang des chevaliers ce qui me laisse penser que si on est français on peut difficilement apprécier de voir sa culture se faire défoncer par les japonais. Par contre, je ne sais pas si le jeu utilise la langue française dans ses dialogues mais son développeur Ich Column avait détruit les oreilles de nombreuses joueuses avec son titre Enkeltbillet en faisant parler les personnages en anglais. Et autant vous le dire, l’anglais des japonais c’est pas très agréable à l’écoute.

Romeo & Juliet (PSP/PSV)

Cette production de Quinrose (qui a fermé ses portes depuis) reprend l’oeuvre de William Shakespeare à la sauce otome sans oublier une bonne dose de fantastique. Juliette est une nonne qui combat les méchants vampires avec à leur tête un certain…Roméo. C’est complètement barge tout en étant curieusement très convaincant. Cependant, si vous vous attendez à une adaptation classique, vous risquez d’être déçus car le jeu prend beaucoup, MAIS BEAUCOUP de libertés. On peut quand même saluer l’initiative de faire de Juliette une héroïne avec un peu plus de tempérament et une ambiance guerre de gangs mise en scène de façon savoureuse.

g9qa7CNpVjU

OZMAFIA !!! (PC/PSV)

Curieusement, l’oeuvre de Lyman Frank Baum est assez méconnue en France alors qu’aux Etats-Unis c’est une des plus populaires séries de la littérature jeunesse. Que cela tienne, Poni-Pachet a eu le nez fin de donner une adaptation spéciale otome pour cette oeuvre. OZMAFIA !!! ne fait pas que reprendre Le magicien d’Oz, il pioche aussi dans les contes des frères Grimm ainsi que divers contes populaires occidentaux. De quoi y voir un gros gloubi-boulga trop étrange pour être crédible. Pourtant la formule marche, les personnages sont intéressants et l’histoire se révèle surprenante, notamment avec une mise en abîme du roman original avec le double-épilogue. A découvrir  en version anglaise chez MangaGamer.

1.5

Heart no kuni no Alice (PC/PS2/PSP/PSV)

Alice au pays des merveilles est une oeuvre qui inspire beaucoup les japonais. Quinrose s’en chargea avec sa série Heart no kuni no alice débutée en 2006, suivi de nombreux épisodes. S’inspirant autant de l’oeuvre de Lewis Carroll que créant son propre univers, le jeu réussi le tour de force à proposer une histoire intéressante et des personnages hauts en couleur. Si la version d’origine a des graphismes passables, le remake vaut un peu plus le coup épargnant aux joueurs de se taper le système de « tours » pour débloquer les events du jeu. Malheureusement, son développeur a coulé en 2015 mais vous pouvez trouver le jeu pour une poignée d’euros sur internet. Pour le reste, le studio Little Cheese s’est aussi inspiré de l’oeuvre de Lewis Carroll sur son jeu Trick or Alice. Attention celui-là est déconseillé aux mineurs.

Zettai meikyuu Grimm (PSP/PC)

A la manière de OZMAFIA!!!Zettai meikyuu Grimm est une reprise de divers contes façon otome. Cette fois-ci, les frères Grimm sont à l’honneur comme protagonistes et côtoient les personnages de leurs histoires, donnant sens à leur création dans leurs contes. A mon sens le jeu est d’ailleurs plus un pur visual novel qu’un vrai otome game, la romance n’étant pas très développée, notamment du fait de l’âge très jeune de l’héroïne. On aurait pu croire que ça mènerai à quelques situations gênantes mais le jeu évite de s’embourber dans de mauvais choix. En ressort un otome game absolument génial, à l’ambiance très péchue et une écriture pleine d’audace ! A découvrir absolument !

Princess Arthur (PSP)

A l’époque de la sortie du jeu j’avais trollé sur le fait que Otomate n’avait plus d’idées pour nous balancer une Arthur féminine…de quoi faire le parallèle avec le personnage de Saber dans le visual novel Fate/stay night. Donc, Princess Arthur vient cette fois-ci saccager les légendes Arthuriennes. Les critiques sont nettement moins enthousiasmes pour le coup, notamment parce que l’héroïne n’est pas crédible et n’a pas réellement de poids vu sa position politique (en gros, souris et tais-toi…). En dehors de cet échec, il est assez étrange de voir que très peu d’otome games sur la thématique n’ont pas été développés. Je veux dire, draguer les chevaliers de la Table Ronde, ça a quand même de la gueule non ? Sachez que le jeu est disponible sur mobile en langue anglaise dans la série des Shall we date ?.

ev084a

Akazukin to mayoi no mori (PC)

Oh que voilà ? Un otome R-18 ! Akazukin to mayoi no mori reprend de nombreux éléments issus de divers contes. Un peu de Le petit chaperon rouge, un peu de Blanche-Neige et même un peu de Belle au bois dormant ! L’univers de Akazukin to mayoi no mori est plutôt intéressant et la forêt où Tiana se retrouve est pleine de mystères. On y retrouve même quelques ficelles des contes pour bâtir les éléments scénaristiques (le Chasseur et le Loup…). Bon évidemment c’est déconseillé aux moins de 18 ans donc il faut s’attendre à ce que ça parte en live. Vu les graphismes colorés, la bande sonore sympathique et les personnages on regrette de ne pas avoir du de version « tous publics » sortir.

Taisho x Alice (PC/PSV)

Encore un autre qui vient massacrer nos contes fétiches ! Et un bien gratiné car cette fois-ci les héroïnes sont…des héros. Cendrillon, Alice, Le petit chaperon rouge, Blanche-Neige sont des mâles, des vrais. Acclamé de partout, Taishou x Alice est un titre étrange qui s’est surtout distingué en occident avec sa localisation anglaise ratée. Le principe du jeu sort de l’ordinaire et il est pas étonnant que les joueuses aient autant appréciés l’expérience, d’autant plus que pour une fois, c’est à nous de sauver nos princes charmants…Un vrai régal !

eri_01a

PersonA – Opera za no kaijin – (PC)

Le dernier titre de Mirai reprend l’intrigue du roman Le fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux. Loin d’être mauvais, le jeu adapte le scénario original à la sauce otome pour un résultat pas si ridicule…s’il n’était pas déconseillé aux moins de 18 ans. Et oui encore une fois ! D’autant plus que un peu près tout le casting viole notre pauvre Christine Daaé. Il y a des fois on aura aimé rien savoir…De nombreuses fois adaptés au cinéma, au théâtre et même en comédies musicales, Le fantôme de l’Opéra est une oeuvre qui pourtant sied bien à l’ambiance shojo. Alors pourquoi pas un otome game…qui possède d’ailleurs un des meilleurs opening du genre.


Et voilà pour la sélection ! Avez-vous d’autres titres à rajouter ? Certains vous ont-ils intéressés ? J’attends vos retours !

– Otome Time ! – Ken ga kimi

Ken ga kimi est un otome game développé par Rejet d’abord sorti sur PC en 2013 puis sur PSVita en 2015. Un fandisc est sorti l’année suivante sur la console portable de Sony. Considéré comme un des meilleurs otome games sortis, Ken ga kimi n’a pourtant bénéficié d’aucune adaptation animé ni de localisation anglaise. Il est devenu mon otome game fétiche grâce à des personnages aux histoires fouillées et ses thématiques intéressantes impliquant l’acceptation de la différence et le brassage culturel.

tumblr_osd7elDORY1utb0w4o1_1280.png

— Fiche technique —

Ken ga Kimi
Ken ga kimi 
Développé par : Rejet
Date de sortie initiale : Décembre 2013
Classification : Cero C
Support : PC / PSV

— Synopsis —

Kayo est une jeune femme vivant paisiblement avec son père, restaurateur. Un jour, les hommes du Shogun lui demande de remplacer la princesse durant sa procession maritale car il y a un risque qu’elle soit attaquée. Kayo a en effet la particularité de beaucoup lui ressembler physiquement. D’abord réticente à l’idée de laisser son père gérer seul le restaurant, elle s’y résigne sous la menace de ne plus pouvoir retrouver sa famille. Accompagnée de six jeunes hommes durant ce voyage, Kayo découvre que le monde dans lequel elle vit est aussi dangereux que difficile. Humains et onis se livrent une guerre raciale. Ces derniers ont perdu de nombreux droits comme le port d’armes suite à leurs attaques répétées. De nombreux groupes terroristes se forment dans l’optique de faire payer aux humains leur condition d’être inférieur.  Le cortège sera en effet attaqué par un groupe d’onis désireux de s’emparer d’un sabre du nom de Juzumaru. En marge du pèlerinage de Kayo, de terribles évènements se trament et il appartiendra au choix de nos héros de mener la bataille ou non contre les forces en présence.

L’amour ou le sabre, quel sera leur choix ?

Le fandisc, appelé Ken ga kimi : Momoyo Tsuzuri s’attardent sur des histoires supplémentaires et le développement des personnages secondaires.

— Les personnages —

♦ Kayo : notre héroïne. Loin d’être une cruche écervelée, elle se révèle mature, sûre d’elle et très optimiste. C’est un personnage sympathique à incarner car elle est honnête, droite et qui essaie d’être compréhensive pour les gens qui l’entoure. Réticente d’être utilisée à la place d’une autre, sa rencontre avec ses six chevaliers servants vont profondément la changer. Kayo est profondément humaniste et croit au meilleur de chacun, ce qui explique sa volonté d’aider au maximum les personnes autour d’elle.

♦Tsuzuramaru : Samouraï originaire de la province de Mutsu. Il participe d’abord à la procession maritale comme garde du corps et sabreur accompli. Par la suite, se retrouvant sans boulot, il se lance dans la Compétition Impériale organisé par le Shogun dans l’optique de la remporter et de devenir un réel samouraï. Il travaillera également au restaurant de Kayo. Tsuzuramaru est un garçon attachant, plein de vie et passionné par la cuisine et la nourriture. Sa pâleur de peau fait peur à beaucoup de personnes et pour cause…elle est étroitement lié à une des intrigues du jeu (mais je dirais rien :p).

♦Suzukake : ce jeune garçon originaire de la province de Musashi a été abandonné dans la forêt par ses parents quand il était encore petit. Elevé par un yokai vivant dans les bois, Suzukake y a appris les arts martiaux ainsi que des compétences médicales.  Mais surtout, le plus important, il y a gagné une compréhension de la nature, des yokai et milite pour que chaque peuple vive en paix. Malheureusement, son optimisme est ébranlé par la nature humaine…Suzukake est un garçon adorable qui se soucie beaucoup des autres et notamment de ses camarades. Suite à la procession maritale, il ouvrira un cabinet de médecine à Edo.

♦Sahihara Sakyou : Originaire de la province de Yamashiro, Sakyou fait partie d’une famille de forgerons de sabre, protectrice des 5 épées légendaires dans le passé.  Ses parents et sa soeur ont été tués par des onis alors qu’il n’était encore un enfant. Renonçant à l’héritage familial, Sakyou part sur les routes du Japon avec l’objectif de retrouver la trace de ceux qui ont détruit sa vie. Derrière son comportement calme et une certaine maturité se cache un homme meurtri, incapable de faire confiance à ses propres camarades ou à se lier d’amitié avec une personne.

♦ Kuroba Saneaki : D’origine espagnole et japonaise, Saneaki est l’ainé de la troupe de samouraï qui accompagne Kayo durant la procession maritale. Son air strict et son attitude pieuse en font un personnage difficile à aborder. Cependant Saneaki est une personne sincère et gentille qui ne souhaite pas faire du mal aux autres. Pour cette raison, il a précédemment abandonné le sabre pour se consacrer à une vie d’ermite. Il a également la capacité de voir les yokai et est accompagné de Habakitsuki, un yokai résidant dans son sabre qui passe son temps à l’embêter.

♦ Kei : Originaire de la province de Kibi, Kei travaille comme officier à Edo et assure, avec d’autres samouraïs la paix dans la ville. C’est un vrai tsundere qui derrière son attitude parfois sec se révèle être un véritable chamallow. Comme les autres, il cache aussi un lourd passé. Sa famille a été tuée et son village rasé. Cependant, au lieu de céder à la haine, Kei lutte pour garantir la paix. C’est un garçon sincère et droit qui fera son maximum pour aider ses amis dans le besoin.

♦Enishi : Ce grand baraqué (185cm quand même !) est un coureur de jupons invétéré et a tendance à partir dans des délires dont seul il a le secret. Ses camarades sont régulièrement dépités par son attitude. Enishi est évidemment bien plus que l’image du dragueur lourd qu’il laisse entrevoir. Il mène en effet une mission top secrète pour le compte du Bakufu. Son attitude désinvolte lui permet d’agir au-delà de tout soupçons. Si on est souvent un peu agacé par son comportement, Enishi est tiraillé entre sa mission et ses sentiments.

tumblr_oufdw0oMeW1qkonr7o5_1280.jpg

— L’amour ou la voie du sabre ? —

Je vais tenter de vous parler un peu de l’univers de Ken ga kimi sans trop vous divulgâcher l’histoire. Ce qui interpelle c’est la profondeur qui se dégage de chaque route. Chaque personne possède des passifs difficiles qu’ils affrontent dans leurs routes respectives. Oui, on pleure beaucoup dans Ken ga kimi. On est aussi effrayé de la folie des hommes. La guerre onis/humains est particulièrement féroce et montre ses pires travers. Si la famille de Sakyou s’est faite tuée par des onis, celle de Kei c’est par des humains. Pourtant, malgré leurs passifs similaires, les deux personnages ne traversent pas les évènements de la même manière. C’est l’énorme force du jeu, c’est de montrer qu’il n’y a jamais une seule façon de progresser dans la vie. Le jeu propose d’ailleurs un développement des personnages en marge de leurs routes respectives, montrant aussi une amitié réelle qui les lient, au delà de l’histoire d’amour qu’ils peuvent vivre avec Kayo. Cette dernière est bien accompagnée et se reposera souvent sur ses amis.

Le travail des personnages est assez exceptionnel et chaque nouvelle route emprunte des embranchements assez inattendus. Selon que les héros choisissent la voie de l’amour ou celle du sabre, les conséquences sont assez différentes pour chacun. Les mauvaises fins n’arrivent pas toujours là où l’on attende. On suppose souvent que la voie du sabre mène à la perte, comme pour Sakyou. Pourtant, la mauvaise fin de Tsuzuramaru est dans celle où il choisi Kayo. Le jeu réussi donc à ne jamais se reposer sur ses acquis et à surprendre. Le tout reste cohérent et certaines fins abruptes montrent aussi que les choix faits par les héros sont réellement terribles.

Les thématiques arrivent, malgré l’époque, de s’inscrire dans notre actualité. Racisme, lutte de pouvoirs, problèmes d’identité et la vie après un traumatisme sont abordés avec justesse. Je m’attendais pas à être autant touché par les personnages et leurs histoires. D’autant plus que chacun possède sa propre manière d’aborder son passé et de vivre. Aussi le jeu aborde un fait historique assez peu traité : la persécution des chrétiens, notamment espagnols au Japon et la xénophobie montante des japonais envers les étrangers. On a beau le savoir, voir cette thématique abordée dans un otome game avec autant de justesse fait de Ken ga kimi une oeuvre aux propos matures.

On trouve souvent dans les otome games que certains personnages sont lésés mais en l’état chacun a droit à un traitement égal. Sans jamais se répéter. C’est clairement l’un des rares otome games où j’ai eu le plaisir de faire chaque route car chaque personnage avait un passif suffisamment intéressant pour que même si on ait pas le coup de coeur, on les apprécient. J’ai par exemple eu du mal avec Enishi et son comportement mais il est curieusement celui qui a une de mes routes préférées.

— Système —

Ken ga kimi fonctionne comme un visual novel classique. Le jeu vous propose des choix de dialogues qui influenceront, d’abord les routes que vous allez emprunter et ensuite les deux scénarios par personnages. Oui vous avez bien lu, chaque personnage a le droit à deux histoires : l’une, appelée Kimi est la voie où nos samouraïs vont choisir l’amour, la seconde appelé Ken, est la voie du sabre que les personnages peuvent emprunter, menant souvent à des mauvaises fins.

Au niveau de l’histoire, la route commune raconte la procession maritale où Kayo remplace la princesse officielle. Relativement longue, les choix vont déterminer quel personnage vous allez choisir pour la suite de votre histoire. Une fois sur la route d’un personnage, vous allez donc devoir faire les choix en faveur des routes Kimi ou Ken. Sachez que ce système est basé sur des couleurs : doré et rose pour Kimi et bleu et vert pour Ken. Dit comme ça, c’est pas super sexy mais cela permet, pour le joueur, de savoir d’avoir un indicatif des choix qu’il a fait. Et autant vous dire que vu la longueur du jeu, c’est pas un mal d’être un peu aidé.

Les menus du jeu comportent l’essentiel : une galerie CG, la possibilité d’écouter les OST et autres petites features sympathiques. Sur PSV, le jeu possède de nouvelles CG et des histoires supplémentaires ont été rajoutées, complétant différents évènements du jeu que l’on débloque une fois les routes des personnages finies. Je vous conseille d’ailleurs la version console, supérieure sur beaucoup de points.

Le fandisc lui fonctionne sur un système d’histoires, symbolisées par des livres à l’écran. Chaque lecture de libre ouvre la possibilité de lire de nouvelles histoires. Le principe est intéressant et certains livres permettent de développer les passifs et histoires des personnages secondaires. L’idée, ingénieuse, permet de mieux comprendre leurs motivations durant le premier jeu.

— Les graphismes —

J’ai du le dire un bon nombre de fois mais Ken ga kimi est un des plus beaux otome games qui m’a été donné de faire. Les illustrations de Yomi sont magnifiques et épousent parfaitement l’univers. Les sprites des personnages sont animés, ce qui donne un côté très vivant aux dialogues. Les combats sont aussi animés avec des effets. Mon seul regret est que les opening montrent quelques séquences entièrement animées…et j’aurai aimé que le jeu ait cette qualité tout le long. Je sais que c’est faisable (coucou School Days ou même Ef – a fairy tale of two) et ça aurait rendu le jeu encore plus incroyable. Je suppose que ça reste un budget assez important, surtout pour une structure comme Rejet.

Bon après je donne l’impression de cracher dans la soupe pour une broutille alors que le jeu a une qualité de graphisme et d’animation supérieures à bon nombre d’otome games. Après avoir joué à Ken ga kimi vous risquez même d’être frustré de vous taper des personnages aux regards de veau tout le long des dialogues. C’est peut-être le seul réel défaut du jeu c’est qu’en plus d’avoir une qualité narrative exceptionnelle, il est techniquement irréprochable.

Ken.ga.Kimi.full.1672578.jpg

— Avis final —

Vous vous en doutez, Ken ga kimi est mon otome game préféré. Rarement un otome game aura été aussi complet. Les histoires sont diversifiées et ont le mérite d’être toutes captivantes. Chaque personnage possède des passifs relativement lourds, ce qui ne les empêchent pas d’être incroyablement adorables avec l’héroïne. Ce sont vraiment de bons gars et ils sont capables d’agir pour le bien de leurs compagnons. Il suffit de voir la route de Sakyou pour comprendre que l’amitié qui les lient est réelle et qu’ils déplaceront des montagnes pour sauver leurs amis. Ça fait vraiment du bien parce que beaucoup d’otome games mettent en avant des rivalités entre personnages pour créer une tension alors que la possibilité de créer une réelle amitié rend leurs histoires beaucoup plus captivantes.

J’ai aussi trouvé que les histoires se diversifiaient suffisamment pour avoir envie de faire toutes les routes. Le jeu ne possède pas de true end comme dans certains titres, il y a donc pas réellement d’ordre précis pour faire les personnages, à part peut-être terminer par Enishi et Tsuzuramaru, du fait que leurs histoires respectives sont liées aux sous-intrigues du jeu. Cependant, j’avais commencé par celle de Tsuzuramaru et c’était plutôt intéressant de mieux comprendre ce qui se tramait dès le départ derrière certains faits. Surtout que chaque route est suffisamment différente pour ne pas trop pourrir celles des autres. Evidemment il y a toujours des indices distillés ici et là qui conduisent à se poser des questions. Par exemple, dans la route de Suzukake, Tsuzuramaru est empoisonné par Kamui mais il ne semble pas en subir les répercussions…ce qui pose question.

Ken ga kimi réussi aussi à avoir un propos mature sans forcément être graveleux ou extrême. Evidemment il y a de la violence, certaines routes sont assez difficiles, sans parler des fins parfois très gores…mais le jeu ne verse jamais dans le morbide. Aussi étrange qu’il n’y parait quand on connait les délires habituels de Rejet (suffit de voir Black Wolves Saga…), Ken ga kimi garde une justesse dans son propos.

Au niveau de la version du jeu à choisir, je vous conseille celle sur PSV du fait qu’elle soit sortie après celle sur PC. Les arrières-plans ont été retravaillés, on a le droit à de nouvelles illustrations et la version collector est composée d’un Drama CD, d’un booklet d’illustrations ainsi que de cartes postales. Pas indispensable et on peut la trouver à un prix raisonnable en occasion. La version PC est loin d’être mauvaise et a le mérite d’être très belle aussi.

Ken ga kimi est un must du genre, proposant des personnages aux histoires variées, s’évitant bon nombre de clichés bien pourris et construisant des personnages qu’on garde en mémoire longtemps après. Le jeu a placé la barre très haut et il est difficile de ne pas se sentir parfois agacer par tant de perfection. Difficile de revoir ses ambitions à la baisse sur d’autres titres quand on est face à une telle justesse de propos, de maturité et de narration.

— Bilan—

Histoire

Note : 5 sur 5.

Ecriture

Note : 5 sur 5.

Système de jeu : 10/10

Note : 5 sur 5.

Graphismes : 10/10

Note : 5 sur 5.

Bande sonore : 10/10

Note : 4.5 sur 5.

Un chef d’oeuvre tout simplement. Ken ga Kimi marque pour sa maturité d’écriture, sa narration maîtrisée sur le bout des doigts et ses personnages qui sont tous formidables. Il faut juste du courage pour se lancer dans une oeuvre aussi longue que prenante mais l’aventure en vaut la peine.

Petit guide pour bien choisir ses otome games

Après mon article sur le consentement et le respect dans les otome games, je me suis rendue compte qu’il serait essentiel de dresser un guide pour mieux guider ceux qui voudraient se lancer. Parce que oui, vu que la réception assez mauvaise de certains titres et les thématiques, on ne peut pas conseiller n’importe quel otome game à une personne. L’exemple que je prends systématiquement c’est If God were in this world que je ne conseille à personne car je ne peux pas savoir les passifs de ceux qui me lisent et ainsi créer une situation de malaise. Fort heureusement, tous les otome games ne parlent pas de thématiques aussi difficiles.

Alors oui, je le redis, les avis qui suivent ne tiennent que de mon ressenti personnel. N’hésitez pas à venir en discuter en commentaires si vous êtes d’accord ou au contraire en désaccord. Et éventuellement, proposer de nouveaux choix de jeux à conseiller 🙂

 Oui faut aimer la romance…à la japonaise

Avant toute chose, si vous êtes réfractaire à la romance, il vous sera difficile d’accrocher aux otome games. Ça parait sûrement assez logique mais en réalité, une fois les pieds dans le plat, il vous faudra faire face à quelque chose de plus complexe : l’appréciation d’une romance à la japonaise. Et autant vous dire que vous pouvez être rapidement dérouté par le déroulement des romances. A savoir oui que la violence, psychologique, physique ou sexuelle peut être présente. Si vous n’êtes pas à l’aise avec une certaine forme de brutalité, renseignez-vous avant d’acheter un otome game.

Shitara.Seiji.full.604931

♥Mon choix personnel : Tokimeki memorial girl’s side : The 3rd Story (DS/PSP)

Développé par Konami (Sisisi), la série des Tokimeki memorial est culte au Japon, d’autant plus qu’elle a sauvé son développeur d’une liquidation dans les années 1990. L’épisode qui nous intéresse ici est le 3ème de la série Girl’s side destinée…aux filles. Sorti sur PSP en 2010, le jeu bénéficie d’une fan-traduction et je vous encourage à vous y lancer. Fonctionnant avant tout comme un simulation, il vous faudra gérer la vie d’une lycéenne durant ses trois années de lycée en développant des compétences pour séduire l’élu de son coeur. Le jeu est loin d’être facile et il n’est pas honteux ici de recourir à différents guides pour arriver à ses fins. La partie la plus délicate étant les sorties amoureuses où il faudra en plus s’habiller au goût de son amoureux.

Si vous cherchez de la drague et de la romance, ce jeu est parfait pour vous. Les histoires ne sont pas sensationnelles mais on s’attache aux personnages qui vous susurrent votre doux prénom (oui vraiment). Graphiquement, le jeu est une pure merveille, comme on pouvait l’attendre d’une société comme Konami. Croyez-moi c’est dur de décrocher !

Les héroïnes peuvent être stupides

Si vous vous attendez à rencontrer des personnages féminins forts qui ne se laissent pas marcher sur les pieds, vous pouvez – en partie – abandonner l’idée de toucher à ces jeux. Certaines héroïnes, comme celle de Code:Realize (auquel je n’ai pas encore joué donc je me base sur les avis) ou celle de Collar x Malice se font beaucoup moins malmener par le casting, ce qui relève d’un exploit. Cependant, pour les besoins de l’immersion (quelle belle connerie…), les héroïnes d’otome games sont souvent dénuées de personnalités pour que les joueuses puissent se mettre à leur place. Confession personnelle : Je ne me suis pourtant jamais autant sentie concernée quand elles en avaient. Je finirai simplement par dire que cette tendance à le comble de devenir généraliste avec l’explosion des otome sur mobiles…

♥Mon choix personnelKenka bancho otome (PSV)

Développé par Red Entertainment Corporation et édité par Spike ChunsoftKenka bancho otome a été la sensation de l’été 2016. Alors que les joueuses désespéraient avec des serpillères d’héroïnes, Hinako a rapidement imposé un modèle aussi contradictoire que bienfaiteur. Se retrouvant dans un lycée pour garçons dans le rôle de son frère jumeau, l’Académie Shishiku a aussi la particularité d’accueillir essentiellement des délinquants. Qu’à cela tienne, Hinako/Hikaru se sert brillamment de ses poings pour mettre à genoux ceux qui osent s’opposer à elle/lui. Et ce n’est pas ses prétendants qui diront le contraire puisque eux aussi vont en faire les frais.

Là où Kenka bancho otome fait fort c’est que le jeu fait voler en éclats les clichés des otome games, notamment celui de l’héroïne faible qu’il faut impérativement sauver. Hinako se défend seule, notamment via un mini-jeu de combat hilarant. Le choix de proposer une héroïne aussi forte, avec des convictions et du charisme aurait pu être assez casse-gueule sur le papier mais autant dire qu’on est conquis. Bref, si vous cherchez une héroïne qui en impose avec des personnages ultra-safe, Kenka bancho otome est le jeu idéal !

Les garçons sont des goujats

Oui malheureusement, vous vous en rendrez vite compte mais les protagonistes que vous êtes censés draguer sont souvent des bougres aux comportements assez étranges. Si les gentils tsundere vous feront craquer, les yandere vont plutôt vous faire fuir sous votre couette. Sans parler des psychopathes de service, quand le jeu se veut sérieux et proposer des antagonistes. Avec qui on peut finir sinon c’est pas rigolo. Bon je dois l’avouer, rejoindre le côté obscur de la force c’est parfois assez fun et ça casse pas mal le rythme de croisière de certains titres. Asaki, Yumemishi avait été d’ailleurs un pur plaisir pour avoir pu rejoindre Ichito qui nous avait bien mis la misère durant tout ce temps. Idem dans Hakuoki Shinsengumi kitan où l’on peut envoyer bouler nos gardes du corps pour le méchant. Pour le reste, beaucoup d’otome games souffrent de relations forcées et relativement abusives, marquées la plupart du temps par un temps de développement très court et d’une nécessité à développer la romance. Sauf que voilà, ça marche pas à tous les coups.

illust_10

♥Mon choix personnel Ken ga kimi (PC/PSV)

Il y avait de quoi avoir peur vu que le jeu est développé par Rejet. Pourtant, Ken ga kimi, sorti d’abord sur PC puis sur PSVita tranche avec les habitudes du studio. Si l’histoire ne fait pas dans la dentelle avec une violence graphique bien présente (aussi bien dans les CG que sur les sprites), les protagonistes masculins ne montrent jamais la moindre menace envers l’héroïne. Et ça, bon sang, ça fait du bien ! Se sentir en sécurité avec des personnages qui te respectent, ça m’a permis de créer un attachement réel pour eux. Je me suis sentie bien plus concernée par leurs histoires que s’ils avaient usé de violences ou s’étaient montré abusifs. C’est l’énorme qualité de cet otome où la romance est menée avec brio.

En plus, le chara-design est un pur régal pour les yeux (enfin les miens !) et le jeu bénéficie d’une qualité graphique rare. Une chose est certaine, j’ai été conquise en partie par cette sécurité qu’instaure les personnages et leurs développements respectifs. Et puis bon Tsuzuramaru ♥ Bref, un jeu qui réussi à construire une ambiance mature tout en proposant des personnages safes !

Les scénarios peuvent être…très nazes

Parce que on est dans des jeux romantiques, les otome games souffrent souvent d’un gros manque au niveau de leurs scénarios. Si certains assument d’être légers, d’autres vont vouloir nous appâter avec des plots gros comme des châteaux. De cartes. Parce que tout aura tendance à s’effondrer. Récemment c’est le très mauvais Snow bound land qui m’a rappelé que de belles illustrations et un univers cool ne suffisaient pas à faire un bon otome game. Ni un bon visual novel en général. Malheureusement, il faut s’attendre que parce que il y a une romance à développer, le scénario est souvent passé comme élément secondaire. Et à l’inverse, ceux ayant des scénarios développés souffrent…d’une romance moins développée ! Décidément, on est jamais content…

collarmalice1

♥Mon choix personnel : Collar x Malice (PSV)

Sorti à l’été 2017 en Occident, Collar x Malice était précédé d’une excellente réputation au Japon, saluant son scénario complexe et déroutant. Pour le coup, c’est effectivement l’un des meilleurs scénarios d’otome game, pas mal aidé par son contexte. Mais si Collar x Malice brille, c’est parce que il assume complètement son scénario, se permettant même de mettre une grosse claque sur la fin. Les thématiques de société et leur terrible écho à notre propre monde en font un otome game qui est certes, pas très joyeux, mais sans jamais céder à une forme de perversion. Bravo Otomate !

Si pour souhaitez tenter l’expérience des otome games, Collar x Malice est probablement celui que je vous conseillerai en priorité. Certes, la romance a moins d’impact (sauf avec Sasazuka ♥) mais elle est plus crédible par rapport à l’univers. Et franchement, on n’en veut même pas aux scénaristes d’avoir privilégier un scénario solide et un univers brillant. Les romantiques seront de toute façon comblées car un fandisc est prévu pour cette année.

Akazukin.To.Mayoi.No.Mori.full.1078472
Akazukin to mayoi no mori, PC, 2011

Aparté : les otome games érotiques

Si à l’heure actuelle on est encore pas trop envahi d’otome érotiques en langue anglaise, il est bon de préciser qu’ils sont bien plus violents que leurs homologues all-ages et que les violences sexuelles sont présentes. C’est pour cela que jamais, sur ce blog, je mettrais en avant un otome avec du contenu érotique SAUF si évidemment le jeu bénéficie d’une version tous publics. La raison ? Tout simplement parce que sur la petite dizaine que j’ai pu faire, il est rarement fait état de relations pleinement consenties. Je suis consciente que c’est de la fiction et qu’il y a un énorme recul à avoir sur ce type de contenus. Cependant, il m’est difficile de donner du crédit à des oeuvres montrant des scènes de viol et de violences physiques.

Si vous vous aventurez sur le chemin des otome games érotiques, c’est à vos risques et périls. Ne venez jamais vous plaindre ni même chercher à provoquer une shitstorm. Ça ne servira tout simplement à rien. La seule chose que je puisse faire, c’est vous avertir et éventuellement vous donner les clés pour comprendre l’existence de ces jeux (qui ma foi, partent d’un bon sentiment, après tout, pourquoi on aurait pas droit à des contenus érotiques, nous les femmes ?). Mais gardez en tête : c’est au-delà de ce que vous pouvez imaginer. C’est beaucoup de scènes non consenties, d’une violence psychologique et parfois même physique envers l’héroïne. Les personnages ne sont pas tous de gentils princes charmants et virent en violeurs en série avant même qu’on ait eu le temps de dire « Quoi ? ». Et je rajouterai que si des jeux comme If God were in this world ou Black wolves saga vous ont choqué : ne tentez JAMAIS un otome R-18

316379_611082358919854_1456822884_n
Wajin Ibunroku ~Asaki, Yumemishi~, PC, 2013

Conseils et choix

Les quelques pistes de jeux que je vous donne ne sont que des suggestions. Cependant je rajouterai qu’il est essentiel de bien choisir ses otome games et ne pas faire ce que j’ai pu faire, à savoir les enchainer un peu trop vite. Aussi, comme dit en intro, renseignez-vous toujours sur le contenu d’un otome game. Sur le site américain de l’ESRB (l’équivalent de notre PEGI), il y a une description détaillée du contenu du jeu et du pourquoi de sa classification. Cela vous donnera une idée assez précise avant de vous lancer. Sachez qu’au Japon les jeux ont leur propre système de classification le CERO. N’hésitez pas à lire des critiques avant de vous lancer afin de tester la température et savoir si le jeu vous plaira ou pas.

Soyez également conscient que l’écrasante majorité des otome games sont des romans interactifs. C’est très bavard, c’est beaucoup de textes et si vous êtes allergique à la lecture, vous risquez d’avoir du mal. Commencez par des sessions courtes de 15-30 minutes de lecture. Pour les jeux en japonais c’est même vivement recommandé. Prenez votre temps et considérez ces jeux comme des livres dont vous suivez une histoire.


Il ne me reste plus qu’à vous souhaitez une agréables lecture en compagnie de beaux garçons 🙂

Etes vous d’accord avec mes suggestions ? Quels titres conseillerez-vous ?

Le CERO : la classification des jeux vidéo…au Japon

Si comme moi vous importez vos otome games du Japon, vous avez du remarquer des jolis sigles rappelant notre bon vieux PEGI européen. Le Japon appose effectivement un système de classification de ses jeux vidéo depuis le début des années 2000. Mis en place tardivement (avant ça, la seule différenciation était entre les jeux 18+, généralement pornographiques et les…autres jeux), le CERO fonctionne sur les mêmes bases que le PEGI. Ou presque. Regardons en détail :

Chaque lettre correspond à un âge requis pour jouer à un jeu. Les jeux classés Z ont la particularité de ne pas être un simple avertissement mais une interdiction et par conséquent, ils ne peuvent pas être vendus si la personne a moins de 18 ans. Du côté des otome games, aucun titre à l’heure actuelle a obtenu le CERO Z (ouf !). En revanche certains titres sont classés CERO D et donc déconseillés aux moins de 17 ans majoritairement en raison de leur contenu sexuel explicite mais non graphique (à la différence des eroges qui eux, propose du contenu graphique explicite). Il faut savoir que Nintendo, Microsoft et Sony refusent tout jeu à contenus exclusivement sexuel sur leurs consoles, ce qui explique l’absence de jeux érotiques sur leurs plateformes.

Le CERO a la particularité de ne s’appliquer qu’aux jeux sortis sur consoles. Les jeux sur PC répondent à une autre organisation appelée le EOCS. Cette dernière fut fondée dans les années 1990 suite à la polémique de la vente de jeux érotiques dans les magasins. En effet à l’époque les jeux étaient vendus sans avertissement au grand public. L’EOCS vise aussi à encadrer la vente des jeux sur PC en apposant sur chaque titre un sigle équivalent au CERO. On distingue en général trois seuils de classification : Tous Publics, R (15ans et plus) et 18+.

L’autre particularité de l’EOCS c’est que son système repose sur une interdiction de vente quand les sigles R et 18+ sont apposés sur les boites de jeux, cela afin de contrôler efficacement la vente de jeux à contenus sexuels. En effet, l’EOCS a été fondé par des développeurs issus de sociétés qui produisent des jeux érotiques. Leur objectif est donc de permettre à ce type de jeux de continuer à être produits sans être inquiétés par les polémiques qu’ils peuvent engendrer. Aux Etats-Unis, le sigle AO (Adult Only) a été crée spécialement pour les jeux dont le contenu est exclusivement destinés aux adultes.

Les otome games sur PC sont soumis à l’EOCS. En grande majorité ils sont classés All Ages même si certains titres comme Black Wolves Saga ont été interdits à la vente aux moins de 15 ans. Evidemment, les otome érotiques sont tous interdits aux moins de 18 ans. Il faut également savoir que la vente de jeux PC en dehors du Japon est très encadré suite à la polémique sur le jeu érotique Rapelay.


Voilà ce qu’on peut dire sur ce système. Si vous avez des questions, n’hésitez pas de les poser en commentaires ! 

Deviens une fougère : consentement et respect

Sur une idée de Sébastien Ruchet, je me décide à attaquer d’emblée un gros morceau. La notion de consentement dans les otome games et plus généralement la romance. Parce que oui, si on peut apprécier ce type de jeu, il faut garder à l’esprit qu’ils restent de la fiction pure et que les relations montrées ne sont jamais que du virtuel. Cependant, si au Japon les otome games cartonnent, c’est moins le cas dans le reste du monde depuis que le genre s’est ouvert à la localisation anglaise. En plus d’être un genre de niche (le visual novel), le public occidental n’a pas les mêmes codes que les japonais. Surtout en matière de romance.

Cet article est un essai sur ma propre vision des otome games et ne reflète que mon avis personnel. J’ai joué à plus de 70 jeux de ce type et croisé donc un paquet de situations. Je ne prétends pas avoir la science infuse et vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord avec moi. Il est pourtant essentiel de revenir sur ce qui est actuellement le plus gros problème des otome games.

16265377_1084339345009352_3355754048558192902_n
OZMAFIA – vivace, PSVita, 2015

Le romantisme version Japon

Vous connaissez sûrement la fameuse culture du kabe don, technique de drague devenue une récurrence dans les manga shojo. En France, et plus généralement dans les pays occidentaux, cette technique est beaucoup moins populaire. Surtout ces derniers temps, allez savoir pourquoi. Si la place de la femme est au coeur de nombreuses problématiques, au Japon on ne peut pas dire que ce soit encore rentré dans les moeurs. Oui, on peut le dire, le Japon est un poil rétrograde. On ne va pas s’étendre sur le sujet-même car je ne le maîtrise pas mais sachez que non, ce n’est pas parce que il y a des manga shojo et des otome games que le Japon est conscient de l’importance des femmes dans leur pays. Pas d’un point de vue éthique non. Par contre, d’un point de vue marketing, c’est une autre histoire. Là où le bât blesse c’est que ces oeuvres à destination des jeunes filles et femmes adultes véhiculent bon nombre de clichés puants le machisme bien à la japonaise.

A ce stade vous vous demandez alors pourquoi j’aime les otome games si je critique autant. Et bien, on peut chercher simplement des histoires sympathiques avec des personnages intéressants sans forcément accorder une place prépondérante à la romance. En réalité, si je me suis intéressée aux otome games c’est parce que j’en avais un peu marre des visual novels destinés aux garçons, avec beaucoup de scènes explicites et une place de la femme encore plus misérable. En tant qu’individu de sexe féminin je suis donc allée chercher du côté des oeuvres pour femmes où pensais-je, j’aurai moins l’impression de me faire insulter. GRAVE ERREUR. Finissons par dire que pour comprendre les otome games et même les manga shojo, il faut donc être conscient que le romantisme montré est très typique d’une vision japonaise et éloigné de celle cultivée en Occident. Ou presque. (non je ne te regarde pas, 50 nuances de Grey…)

76395a6cbb1e93130c5b2a89e7a34656

On cherche le consentement à l’accueil…

Je vais commencer par ce qui m’a le plus gavée récemment dans un jeu traduit en langue anglaise : la notion de consentement. Le jeu en question est Norn9 : War Commons sorti sur PSVita. Le jeu semble pourtant très mignon de loin et il a été mon cauchemar, au-delà de ses problèmes d’écriture et de rythme. Un cauchemar appelé le consentement qui était visiblement absent de plusieurs routes et relevant d’un malaise palpable. Vous pourrez toujours me dire que je n’ai rien compris ou que je vois le mal partout mais sincèrement, c’est très rare que j’ai autant envie de taper la moitié d’un casting. Sauf dans les otome R-18 mais eux, ils foncent dans le tas du misérabilisme sexuel pour faire croire que c’est romantique. On y reviendra plus tard. Norn9 : War Commons est déconseillé aux moins de 15 ans au Japon et c’est certainement pas à cause de ses thèmes ou de la violence. C’est tout simplement que les gars abusent régulièrement de la naïveté des héroïnes ou force carrément la relation (coucou Itsuki, je te hais, je te déteste, je te maudis ! Va crever !).

Le pire dans cette histoire c’est qu’au delà de l’aspect cruche d’une des héroïnes qui essaie de se donner des excuses à base d’incompréhension de la vie en général (excuse bidon en principe, mais ça change de l’amnésie…oh wait), on a le personnage féminin « fort » du groupe qui se fait pourtant malmener de la façon la plus outrancière. J’aimais beaucoup Mikoto mais ses routes ont été un calvaire car elle accuse toutes les tares indécrottables du genre alors qu’elle est à la base une Watashi. Là où ça devient criminel c’est que Norn9 : War commons fait passer ses romances comme de la normalité, ne dénonçant jamais l’attitude de ses personnages. Ça craint un peu pour un titre qui bénéficie d’une traduction et seulement déconseillé aux moins de 12 ans chez nous.

Amnesia, Anime, 2013

Syndrome de Stockholm et clichés de relation

Vous l’avez sûrement vu passer celui-là car il est souvent utilisé dans les otome games. Pour en donner un exemple encore plus facile, La Belle et la Bête montre clairement un fait du syndrome de Stockholm. On a tendance à l’oublier avec le film de Disney mais c’est une réalité difficile à échapper lorsque on pousse un peu loin l’analyse. Dans les otome games, ben c’est assez récurrent aussi. Norn9 : War Commons le fait aussi mais je vais arrêter de taper sur ce pauvre jeu et massacrer un autre titre qui a fait beaucoup moins dans la subtilité : Amnesia : memories. Celui-là est particulièrement gratiné vu que la chose qui sert d’héroïne se fait enfermer dans une cage par un des garçons. On a vu mieux comme relation saine.

La palme de l’horreur revient aux otome R-18 où tomber amoureuse de son violeur est une récurrence…même en admettant que le jeu place un certain nombre de justifications au pourquoi de la chose, difficile d’accepter à chaque fois, quand en plus tout le casting le fait. Cependant, il y a une forme de vice, voire de fantasme assez inavouable derrière ces actes mais entre l’absence du consentement et une acceptation du pire, chaque nouveau titre devient de plus en plus difficile à défendre. C’est aussi pour cette raison que j’ai arrêté depuis plus de deux ans de jouer à des otome R-18. Parce si au début j’arrivais encore à mettre de côté l’idée que je vivais un viol virtuel en face de moi, plus le temps passait, moins j’arrivais à trouver des justifications. D’autant plus que jamais, pas une seule fois, il y a une dénonciation de ce qu’on a fait vivre à l’héroïne. Jamais.

UTM_cg1_106
Under the moon, PC, 2006

Quand tomber amoureuse de son violeur est une norme

Je vois beaucoup sur Reddit des jeunes filles souhaiter que d’autres otome R-18 sortent en occident. A vrai dire, je me pose la question si elles sont réellement conscientes que dès que la barrière du sexe tombe, c’est rarement drôle ou simplement qu’elles préfèrent ignorer l’idée même qu’il y a du viol dans ces jeux. Pourtant, c’est assez simple de savoir dans quoi on met les pieds avec ce fabuleux site qu’est The Visual Novel Database. Les tags permettent de cibler, selon sa recherche, les visual novels avec des contenus spécifiques. Et autant vous le dire, si vous souhaitez cauchemarder, vous avez de quoi faire, d’autant plus que vous ne pouvez désormais plus jouer la carte de « je ne pensais pas que ça irait si loin ».

Donc oui, dans un otome R-18, c’est rarement la joie et j’ai un peu de mal à m’expliquer à l’heure actuelle comment j’ai pu apprécier un jeu comme Akazukin to mayoi no mori alors qu’avec le recul des années c’était vraiment navrant. En réalité, je me cache derrière l’excuse que c’était mon tout premier otome érotique et que par conséquent, je ne savais pas encore dans quel bourbier je mettais les pieds. Accessoirement, je ne relevais pas encore totalement les faits de violence sur les héroïnes. J’ai toujours eu une raison assez amère de me dire qu’elles le méritaient un peu à force d’être aussi naïves. Sauf que bon, au bout d’un moment, ça devient un peu idiot. Donc oui, la violence, qu’elle soit physique, psychologique ou sexuelle c’est de l’amour. Voilà, c’est dit. Je ne peux clairement plus taper sur la débilité apparente des personnages qu’on est censées incarner parce que il faudrait aussi frapper les protagonistes masculins.

Hakuoki – Shinsengumi Kitan – PSP, 2008

Le syndrome de la serpillère

Je vais être assez succincte parce que j’en parlerai dans un article entier une prochaine fois mais derrière la notion de consentement il y a aussi ce que j’appellerai communément le syndrome de la serpillère. A savoir qu’une héroïne ne dira jamais non ou alors si elle le dit, ça veut dire oui. Et croyez-moi je mets les pieds dans un bourbier encore plus dramatique et je m’en tiendrais que à la fiction qui pourtant vient éclabousser ce qu’on essaie d’inculquer : le respect de la parole d’autrui. Et ça, dans les otome games, le respect est une notion complètement absente, bafouée et on tente de faire passer ça comme une normalité. Pire encore, ce sont que certains otome games sont destinés à de jeunes adolescentes et que par conséquent, on leur donne une image assez désastreuse des relations sentimentales.

C’est donc ça le syndrome de la serpillère : s’écraser face aux mecs et ne jamais tenter de répondre, au risque de s’en prendre plein dans la tête. Quand on vous disait que le Japon était un poil rétrograde, c’était un doux euphémisme. Alors bon, heureusement, certaines héroïnes sortent des sentiers battues comme celle de Collar x Malice ou Saya de Asaki, Yumemishi. Reste cependant que nombre d’entre elles vont hériter d’une personnalité inexistante et d’une fâcheuse propension à se laisser faire lorsque la situation est pas vraiment sympathique. Autant mourir parce qu’on a fait une grosse bourde, ça passe si ça reste cohérent avec le scénario, autant se faire frapper, humilier et même violer pour avoir dit un mot de travers c’est un peu plus condamnable. Et malheureusement, du côté des protagonistes masculins ce n’est pas la fête.

Kanato_-_Ecstasy_-_No.05_-_CG_1
Diabolik Lovers ~Haunted Dark Bridal~, PSP, 2012

Monsieur Sadique rentre dans la danse

Il ne faut pas croire que toute la faute est à rejeter sur les potiches qui servent d’héroïnes. Les mâles gravissant autour d’elles ne sont pas mieux, avec des tares bien pénibles amenant une certaine violence physique ou psychologique pas vraiment nécessaires à la romance. Le plus dramatique avec les protagonistes masculins, c’est la tendance de l’histoire de systématiquement justifier leur violence, Jamais on ne remet en question leur propension à violenter les héroïnes. Et ça c’est quand même un vrai problème même si on fait passer ça comme des actes normaux. Dans les otome érotiques c’est encore plus dramatique car une bonne partie du casting va se mettre à violer l’héroïne pour lui prouver qu’ils l’aiment ? On ne sait jamais pourquoi mais c’est toujours déroutant de voir que en général, il y en a jamais un pour rattraper l’autre.

Un otome game avec de bons protagonistes ? J’aurai tendance à dire Ken ga kimi voire même Asaki, Yumemishi. Deux jeux où je n’ai jamais senti un danger imminent par les personnages. Bien pour ça qu’ils sont mes deux otome games préférés, car leurs castings respectifs respirent le respect. Et croyez-moi c’est plus que salutaire. Je nommerai aussi Collar x Malice qui propose un casting loin de virer sociopathe ou même OZMAFIA!!! où les reverse routes m’avaient d’abord pétrifiée sur leur concept avant d’être très justement traitées. Ouf ! Oui, on s’attend parfois au pire de la part de personnages qui, placés dans un rôle de mâle dominateur, vont s’acharner sur l’héroïne. En témoigne la violence très critiquée de Black wolves saga même si le contexte de violence trouve une certaine cohérence narrative.

Norn9 – War Commons -, PSVita, 2013

Et culturellement, ça vaut le coup d’en faire un foin ?

Reconnaître les trous béants du consentement et du respect dans les otome games, c’est un peu se tirer une balle dans le pied et mettre ce dernier dans un tas de fumier. Cependant, c’est aussi mieux comprendre le pourquoi d’un échec programmé pour un genre de jeu arborant une image de la romance très machiste. On aurait pu croire que parce que ce sont des oeuvres destinées à des femmes, elles auraient un meilleur traitement. Pas vraiment. Pas étonnant que pour nous, joueuses américaines ou européennes, le blocage se fait sur des comportements navrants et les réactions des personnages féminins allant à l’encontre de tout ce qu’on essaie de nous inculquer.

Il ne reste qu’à considérer les otome games comme des oeuvres fictives, s’y détacher le plus possible lorsque les situations de violences sont présentes et garder à l’esprit que c’est purement japonais. Cependant, il ne faut jamais, et je dis, jamais chercher à justifier la violence, qu’elle soit psychologique ou sexuelle, surtout quand un jeu n’en donne pas. Oui, vous avez le droit de tomber comme une mouche pour le psychopathe ou le sadique de service, mais sur ce que je vois régulièrement, on cherche facilement des excuses. Il y en a pas.


En conclusion, j’affirmerai qu’il ne faut pas attendre des otome games d’être représentatif d’une romance réaliste et prendre le recul nécessaire pour les apprécier. 

20 otome games

Quoi de mieux que commencer ce nouveau blog avec un petit jeu rigolo. Avant de parler des otome games, autant vous faire un petit listing de certains titres. A prendre évidemment avec humour.

Cauchemar Eveillé Jooubachi no oubou (PC)

Parce que rarement un otome game fut aussi violent. Si les eroges pour mecs font rarement dans la dentelle, côté otome on était plutôt préservé d’une certaine violence aussi bien physique que sexuelle. Bien sûr en dehors du fantasme assez répandu de « je tombe amoureuse du gars qui m’a violé pendant un tiers du jeu ». Jooubachi no oubou c’est un cran au-dessus. Les gars prennent chers. Ça change, vous me direz. Cependant, rien ne vient justifier une telle violence.

D’un autre côté vu que c’est un otome R-18, il faut pas s’étonner de voir une telle violence physique et sexuelle à l’écran. C’est pas comme si le développeur avait produit, en 2013, des drama-CD érotiques puisant dans une ambiance SM et glauque révélateur des personnalités des gars…ah ben si en fait. Cependant, le jeu a le mérite d’avoir des graphismes soignés et une ambiance plutôt réussie. Si vous souhaitez tenter l’expérience, ne venez pas me dire que je ne vous aurais pas prévenus.

Nanar Musketeers : le sang des chevaliers (PSP)

Alors que les reviews étrangères fédèrent ce titre d’Otomate, on est moins convaincu dans le camp des français. Musketeers : le sang des chevaliers c’est l’adaptation made in Otomate de l’oeuvre d’Alexandre Dumas. Visiblement ce dernier est un habitué du viol de son roman par les médias. Au cinéma, Paul W.S Anderson s’est chargé du massacre pour un résultat qui en a consterné plus d’un. Alors quand c’est les japonais qui s’y colle, et dans un jeu de drague, ça donne quoi ? C’est juste ridicule. Mais drôle.

Difficile de donner de la crédibilité à des personnages qui sont stéréotypés, à une histoire qui ne tient pas debout et une dose de fantastique dont on se serait bien passé. Dès le début du jeu, le père de l’héroïne (version féminine de D’Artagnan, no fake) se fait tuer par un démon. Elle décide alors de rejoindre l’Académie des Mousquetaires pour découvrir la vérité derrière ce meurtre. Sans divulgacher, c’est bien ce qu’on pouvait craindre…en gros Musketeers : le sang des chevaliers c’est le Hakuoki français avec moins de charme et plus de kitch. J’ai d’ailleurs grave envie de faire Bara ni Kakusareshi Verite qui visiblement renoue avec la vision complètement barge de l’Histoire de France versus Japon.

Le scénariste s’est barré en plein milieu du développement Snow bound land (PSP)

C’est d’autant plus dramatique que les illustrations sont sublimes. Snow bound land est un jeu creux. Les routes se ressemblent toutes, suivant le même déroulement jusqu’à des scènes qui sont purement et simplement calquées 5 fois. Même le combat final se conclue de la même façon peu importe le garçon. Désespérant.

Snow bound land fait partie de la jet-set des otome pourris, ceux qui ont comme objectif d’appâter les pigeons en mal d’otome games. Otomate publie une dizaine de jeux par an alors forcément entre les très bons, il y a aussi de belles bouses.

Le scénariste était sous acide Will o wisp (PS2/PSP/DS)

On en a vu des scénarios perchés mais Will o wisp ne s’assume pas. Mettant en scène une ambiance gothique, le jeu se veut aussi relativement glauque…sauf qu’il est classé Cero B au Japon et que par conséquence le jeu ne pousse jamais plus loin l’idée de base, parfaitement dérangeante. Au début de l’aventure, l’héroïne perd son grand-père et trouve deux clés. Elle se rend compte que l’une d’elles ouvre la porte d’une pièce où elle n’avait pas le droit de rentrer. On y découvre alors un cerceuil avec un beau jeune homme à l’intérieur…la seconde clé permet de « de le remonter ». Parce que Will est une poupée. Enfin une poupée cadavre dont le regard vitreux et morne va vous paralyser de terreur pour le reste de l’aventure.

Will o wisp c’est le niveau zéro de l’intrigue et l’impression que le scénariste a réfréné ses pulsions morbides pour un résultat déplorable. A éviter absolument.

Ca va trop loin Moshikami (PSV)

Visiblement chez Rejet, il devait y avoir une personne qui n’allait pas très bien dans sa vie. Moshikami est un jeu que je ne conseillerai à personne. Les thématiques sont bien trop violentes – on parle d’abus sexuels sur enfants et adolescents – pour que je puisse en faire un objet de recommandation, au risque de froisser, voire raviver des souvenirs douloureux. J’ai conscience que je ne connais pas les personnes qui me demandent des conseils de lecture/jeu.

En dehors de ça, Moshikami est loin d’être très nul et propose un univers et des thèmes très matures pour un jeu de ce type. Je suis même assez surprise de voir un otome aborder des thèmes aussi difficiles. Il faut quand même savoir que les gars ont parfois tendance à être un peu tarés dans certaines routes. A déconseiller aux âmes sensibles.

Paf ça fait des chocapics Onedari Sharemate (PC)

Ah vous voulez un synopsis ? Eh bien, vous êtes une héroïne lambda d’otome game qui cherche une collocation pas chère. Evidemment, on vous propose de beaux bishos avec qui partager le studio. Et paf ça fait des chocapics. Bon en réalité, Onedari Sharemate n’est pas si abominable que ça, il assume simplement d’être un pure nukige et les scènes de sexe s’enchainent alors sans trop de répit. Le jeu évite ainsi tout malaise en évitant de créer un passif lourd pour les personnages.

Je dois avouer que j’ai beaucoup rigolé sur ce jeu même si le consentement ne semble pas toujours être présent. D’un autre côté, avoir ce genre de titres qui sont de pures eroges et qui évitent les situations glauques et malsaines c’est aussi une bonne chose. Donc, si vous voulez simplement du fap, Onedari Sharemate est le candidat idéal.

Pétard mouillé Norn9 (PSP/PSV)

Je vais certainement me faire des ennemis mais Norn9 est l’exemple typique de l’otome qui aurait pu être un chef d’oeuvre. Avec trois héroïnes et 9 routes, il y avait de quoi faire. Pourtant, le jeu se prend les pieds dans le tapis, incapable de raconter son histoire et trainant certaines tares indécrottables comme des scènes de redites et un rythme ennuyeux. Dommage pour un titre qui affichait de l’ambition.

Bon après tout n’est pas à jeter. Les graphismes sont plus que correctes et certains moments brillent par leur qualité narrative. Cependant, le manque de rythme et l’impression que les personnages sont complètement teubés tuent un peu l’ambiance. On apprend en effet très vite qu’il y a un traitre sur le vaisseau et que par conséquent, chacun peut mourir à tout moment. Et pourtant, personne ne fait quoique ce soit pour démasquer ledit traître. Sachant qu’en plus, son identité est grillée assez vite dans les routes donc c’est assez blasant d’avancer en connaissant le déroulement…voire même le dénouement.

Le dessinateur s’est barré en plein milieu du développement Vampire Sweetie (PC)

Parce que oui ça arrive. Sans rentrer dans les détails car Vampire Sweetie est classé R-18,  c’est un des otome games les plus moches qui m’a été donné de faire. Il n’a même pas l’excuse d’être une vieillerie d’un autre temps. Il est juste raté de bout en bout. D’un autre côté, comme l’écriture et le dessin ne suivent pas, Vampire Sweetie rejoint la liste des belles bouses qu’on se doit d’éviter.

C’est d’autant plus dommage car le studio derrière le jeu a fait de bons titres. De très bons même comme Under the moon que j’ai adoré. A savoir que Vampire Sweetie est réalisé par une équipe entièrement renouvelée, jusqu’au scénario. Donc autant vous dire que le résultat est assez déplorable et que forcément depuis, ils n’ont plus rien sortis…

Somnifère pour nuits difficiles Hiiro no kakera (PS2/DS/PSP/PS3/PSV)

Je vais encore me faire des ennemis mais si je peux admettre que Hiiro no kakera a des graphismes sublimes, le rythme très lent de la narration en a fait un supplice. Bon aussi, le lire le soir avant d’aller au lit c’était pas le meilleur plan. En dehors de cet aspect, Hiiro no kakera est un jeu magnifique, servi par des dessins sublimes et un chara-design au petits oignons. Dommage qu’une nouvelle fois le manque de rythme rend le tout bien trop plat.

A faire si pour vous les visual novels sont de pures romans interactifs. Vraiment. Sinon vous risquez d’être très déçus, d’autant plus que techniquement le jeu accuse un peu le coup, sauf si vous prenez la version PS3 qui bénéficie d’une refonte graphique du jeu. En dehors de ça, si le folklore japonais vous passionne, le jeu est idéal grâce à son ambiance onirique.

Prend les gens pour des pigeons Starry Sky (PC/PSP/3DS/PSV)

4 jeux pour l’histoire principale, 4 autres pour l’After Story. Starry Sky est un vrai cas pour les écoles de marketing. Visiblement ça s’est suffisamment vendu pour qu’un anime voit le jour. Bref, pas grand chose à dire à part que cette mode de vendre les jeux en kits est une abomination.

A part ça, je n’ai pas testé le jeu donc je me garderai bien de donner un jugement hâtif. D’après ce que j’en sais, c’est que à la base, c’était des Drama CD et qu’ils les ont adapté en otome games. Je suppose que pour vendre chaque jeu à 3000yens, ils doivent avoir un minimum de contenus. Il n’empêche que si vous souhaitez obtenir les 8 jeux, il vous faudra dépenser un peu plus de 20 000yens…

Refait l’Histoire avec un grand H Hakuoki Shinsengumi kitan (PS2/PSP/DS/PS3/3DS/PSV/PS4/PC)

Mais pas que. Hakuoki Shinsengumi kitan c’est aussi une histoire teintée de surnaturel directement inspirée du folklore japonais. Pourtant, si les otome games sur le Shinsengumi sont nombreux, rarement une oeuvre aura tant conquis les japonaises. L’Occident y cédera quelques années plus tard avec l’anime puis la localisation du jeu. Certains diront que le jeu est lent, long et pénible par ses référentiels historiques. Il est au contraire, l’oeuvre la plus accessible, dotés de graphismes sublimes et d’une histoire pouvant séduire un public très large.

Pour les allergiques aux distorsions historiques, Bakumatsu renka Shinsengumi fera votre plus grand bonheur. Bon par contre il faut s’accrocher avec une dizaine de personnages à séduire et des graphismes moins soignés. Cependant, le jeu respecte la réalité historique et il ne fait donc clairement pas dans la dentelle…même si rassurez-vous le jeu est classé Cero B au Japon.

Se veut trash pour se vendre Diabolik Lovers (PSP/PSV/PS4)

Parce que aux dernières nouvelles, ils ne semblent pas y avoir de scénario ? Diabolik Lovers fait partie de ces titres dont le succès parait improbable. Après tout, qui apprécieraient une bande de connards sadiques et masochistes ? Il faut croire que au Japon l’épopée de ces vampires continue son bout de chemin. On peut au moins reconnaître que leurs aventures sont bien plus dans le ton des oeuvres d’Anne Rice que du récent Twilight. Justice est faite.

N’attendez pas de Diabolik Lovers d’être profond ou de proposer des personnages fouillés. Chacun possède effectivement ses propres traumatismes même si il est assez difficile de compatir quand on a affaire à de tels sociopathes…

Raconte la même histoire deux fois Black wolves saga (PC/PSP/PSV)

J’ai adoré Last hope sur PSP et je suis dubitative de la version alternative au doux nom de Bloody Nightmare que je n’ai pas encore faite. Connu pour sa violence, Black wolves saga est aussi bluffant techniquement et graphiquement. Il propose un univers loin d’être rose avec des personnages qui cèdent facilement à la rage ou au sadisme. Le jeu assume ses personnages virant fous pour un résultat qui fera trembler les plus sensibles.

En revanche, pour revenir à l’histoire, difficile de justifier que deux jeux racontant une histoire de points de vue différents ont été édités. Heureusement la version PSVita permet de profiter des deux versions. Mais quand même, c’est un peu prendre les gens pour des pigeons ?

La cruche est bien pleine Amnesia:memories (PSP/PSV/PC)

Elles nous provoquent de nombreux facepalm mais rarement une héroïne a été aussi inexistante que celle de Amnesia:memories. Ceux qui ont eu le  courage de se lancer dans la version anglaise ont découvert un personnage qui ne décroche pas un mot de toute l’aventure. Etrange. En découle une ambiance malsaine, parfois glauque, face à des personnages qui ne comprennent pas notre mutisme.

En mention honorable, je mettrais bien l’héroïne de Under the moon qui pleurniche d’un rien ou celle de Diabolik Lovers dont l’instinct de survie est mort en même temps qu’elle a décidé de franchir le pas de la porte du manoir des frères Sakamaki. Souvent dotée d’une personnalité inexistante pour aider la joueuse à s’identifier, on est beaucoup plus choqué quand elle passe à la casserole sans broncher. Oui il y a des baffes qui se perdent.

Malaise Otome Kuro to kin no akanai kagi (PC)

J’ai hésité à placer Tsundere S Otome qui souffre un peu des mêmes tares. A savoir une héroïne placée dans une situation qui crée de suite un malaise. Celle de Kuro to kin no akanai kagi est une hikikomori qui finit par franchir le pas de la porte de sa chambre. Pour le meilleur et surtout le pire. J’aurai pu m’arrêter aux bonnes fins mais c’est bien trop facile. Déjà car le malaise est palpable avec des personnages qui profitent de la naïveté de notre héroïnes pour la manipuler. Ensuite parce que le jeu essaie de t’endormir avec de belles paroles mais le malaise reste toujours fort. Glauque. Trop glauque.

Dans Tsundere S Otome, l’héroïne souffre d’un gros complexe (spoiler : elle est un peu ronde) et se fait quitter par son copain juste à cause de ça. Oui, dans le fabuleux monde des otome games, il vaut mieux être belle sinon on tombe que sur des abrutis. Cependant, on se met à croire que les personnage à draguer sont de bons gars. GRAVE ERREUR. Et il y a un prêtre dans le lot. Et c’est le sadique du groupe.  JE.NE.VEUX.PAS.SAVOIR.

Se finit comme une merde Tsubasa no okai no hime (PC)

Il arrive que certains otome games se montrent beaucoup plus ambitieux ou plutôt nous font croire qu’ils ont des scénarios poussés. Tsubasa no okai no hime c’est un opening qui déchire les oreilles et les yeux, une ambiance mystérieuse et fantastique et une héroïne qui semble enfin décider de son destin. Malheureusement, les routes sont d’un vide intersidéral et les personnages d’une crétinerie sans nom. Dommage pour un titre qui avait beaucoup de potentiel.

Tsubasa no okai no hime n’est pas le seul à s’embourber dans des choix aussi peu ingénieux. Cependant, on reprochera également une héroïne qui loin d’être nunuche, se tape tout le monde un peu près en même temps. De quoi tuer l’intérêt de la drague dans le coeur. Oui, même si on essaie de choper un gars, on se retrouve avec des scènes de cul qui déboulent de nul part…avec un autre. Quand au scénario, il ne trouve jamais de conclusion.

fsdfsdasdfas

Trop beau que ça en devient ridicule Ken ga kimi (PC/PSV)

Parce que peser 11Go sur un PC, c’est pas rien pour un visual novel. Ken ga kimi c’est l’otome qui fait rêver par sa qualité graphique et technique mais pas seulement. Chaque personnage a le droit à deux routes et quatre fins dévoilant leurs passifs. Si graphiquement c’est d’une beauté sans pareille, la qualité narrative et les personnages font de ce jeu un bijou. D’ailleurs, les passés des personnages sont tous très émouvants et j’ai eu les larmes aux yeux sur la plupart. Aussi, Ken ga kimi c’est l’otome où l’intégralité du casting est formidable et ne comporte pas d’imbéciles pour brutaliser l’héroïne.

Cependant, en étant aussi abouti techniquement, on a dû mal à revenir sur des otome games plus statiques et c’est en cela que ça en devient ridicule une telle surenchère graphique. Sachez cependant que le jeu est également disponible sur PSVita.

RPG en carton Arabian’s lost the engagement of the desert (PC/PS2/DS/PSP)

Etant une grande amatrice de RPG, les otomes mélangeant visual novel et RPG m’intéressaient beaucoup. Malheureusement, dans la majorité des cas, ce sont des déceptions avec une partie RPG souvent à chier et des histoires vraiment nazes. Arabian’s lost c’est aussi des dessins très moches (dans sa première version puisqu’il y a eu un remake sur PSP) et des personnages navrants. Ils ont tous de sérieux problèmes psychologiques et notre cruche se fait trop souvent malmener durant son expédition.

Dans la catégorie grosse bouse je rajouterai aussi Real Rode, toujours un RPG en carton. C’est vraiment dommage alors que du côté des garçons on a d’excellents RPG/Visual Novels. A croire que parce que on est une fille, il faut lui éviter toute activité cérébrale qui demanderait de la stratégie ou de la tactique. Le machisme à la japonaise donne envie de se tirer une balle.

Prend les gens pour des pigeons #2 Heart no kuni no alice (PC/PS2/PSP/PSV)

Parce que faire un seul jeu ne suffisait pas. Les multiples suites et préquelles de Heart no kuni no alice ont un peu tué QuinRose. D’autant  plusque le jeu original est bien long et complexe (sans guide vous êtes morts). En dehors de ça, Heart no kuni no alice est un jeu au scénario vraiment intéressant et à la conclusion qui déroute autant qu’elle apporte une vraie fin. Par contre, vu le succès du jeu, QuinRose fut déterminé à produire pleins de jeux autour de la licence.

A vous dire, je vous conseillerai la version PSVita du jeu qui est en réalité un remake avec de nouveaux graphismes. Le jeu de base a effet des dessins assez moyens même si pour l’époque ça restait pas trop mal. Et évidemment, prenez un guide sinon vous risquez de devenir fous.

Chronophage Tokimeki memorial Girl’s Side 3 (DS/PSP)

Si perdre une centaine d’heures sur un jeu vidéo ne vous fait pas peur et encore moins sur un otome game, allez-y. La saga des Tokimeki memorial girl’s side c’est à chaque fois une dizaine de personnes à séduire en plus d’une simulation presque réelle. En même temps, c’est Konami derrière donc il y a du budget. BEAUCOUP de budget. Je vous conseille la version PSP de Tokimeki memorial girl’s side 3 complète avec beaucoup de personnages et une durée de vie absolument dantesque.

Et quand je vous dis que c’est réaliste c’est que les garçons prononceront VRAIMENT votre doux prénom et bougeront à l’écran, comme s’ils étaient devant vous. De quoi devenir complètement gaga. Moi je l’ai été et j’assume complètement.


Pffiou ! Alors, qu’avez-vous à rajouter ? N’hésitez pas à dire en commentaires si vous êtes d’accord ou pas et/ou si vous rajouterez bien un titre dans ces catégories !