– Otome Time ! – The men of Yoshiwara : kikuya

The men of Yoshiwara : Kikuya est à l’origine un otome game sorti sur mobile en 2014, développé par Dogenzaka Lab et édité par D3Publisher.  Il est porté sur PSVita l’année suivante sous le nom de Otoko Yuukaku, bénéficiant au passage d’un doublage intégral, de nouvelles illustrations, de scénarios inédits ainsi que de nouveaux personnages à conquérir. Le jeu est également porté de façon brut sur PC sans les voix mais avec les ajouts d’illustrations et de scènes issus de la version PSVita (mais sans les personnages bonus, tristesse). En février 2018, il est annoncé comme le premier otome game sur la Switch. En Occident, le jeu est sorti à la fois sur mobile, Switch et PC. C’est cette dernière version que j’ai testé. Et disons-le d’entrée : c’était bien naze.

— Fiche technique —

Gyakuten Yoshiwara
The men of Yoshiwara : kikuya 
Développé par : Dogenzaka Lab & Vridge
Date de sortie initiale : Avril 2014
Classification : Cero D
Support : iOS/ Android / PC / PSV / Switch

— Synopsis —

L’histoire nous emmène sur une île où les hommes sont de moins en moins nombreux et chaque naissance de sexe masculin est retirée à sa famille et envoyée à…Yoshiwara, le quartier des plaisirs. Les femmes, beaucoup plus nombreuses, accourent dans ce quartier aussi bien pour trouver l’amour que pour faire un enfant. Ben oui, tant qu’à faire, autant s’assurer une descendance. Vous – oui vous – êtes une fille de marchand, pas tellement riche. Après avoir aidé un couple à s’enfuir de l’île pour vivre leur amour –  l’amoureux étant un courtisan – vous vous retrouvez avec de beaux habits et de l’argent. Et vous faites quoi ? Ben vous allez à Yoshiwara bien sûr ! Charmée par ces beaux spécimens, le dirigeant d’une des maisons de plaisir vous prend pour une fille de bonne famille et vous amène à choisir votre amant du soir. C’est là que votre aventure débute.

— Chaud cacao en carton —

Originellement conçu comme un otome game sur mobile, The men of Yoshiwara : kikuya ne brille pas par son scénario, ni même son univers. Sans forcément attendre un jeu aux propos matures, j’attendais que la thématique pose des questions légitimes sur la condition des courtisans ainsi qu’un développement de l’univers dans lesquels les personnages évoluent. Malheureusement, la seule chose qui ressort du jeu est le caractère érotique, seulement en mots. La faible durée de vie des routes participe assurément à ce problème de développement. Les personnages ne sauvent pas non plus l’histoire (si il y en a une). Chacun a évidemment une problématique à résoudre durant leurs routes respectives, mais les retournements de situation et la résolution ne sont clairement pas assez développés pour qu’ils soient crédibles. Le jeu insiste lourdement sur la condition de courtisan et y échapper semble si simple à la fin de chaque route…

Le format mobile oppose aussi un autre problème : il n’y a que deux fins possibles : la normale et la fin heureuse. Je ne suis pas spécifiquement fan des mauvaises fins, je les évite même parfois comme la peste mais au vu de la thématique il y avait tant à développer pour ainsi montrer que le quartier de Yoshiwara n’est pas connu pour être entièrement safe. Que nenni. Notre potiche qui sert d’héroïne y rentre comme si c’était un moulin.

— Le système —

Comme tout bon visual novel qui se respecte, The men of Yoshiwara : kikuya base son gameplay à base de choix de réponses à donner. Le jeu garde son esthétisme héritée du format mobile, à savoir que chaque route est divisée en des chapitres de 10/15min. Il y en a une dizaine au total pour chaque personnage ainsi que des histoires supplémentaires à débloquer après avoir eu la meilleure fin. Vous avez peur d’avoir une mauvaise fin ? De ce côté-là pas de panique ! Chaque personnage a une bonne fin et une super bonne fin ! Voilà, pas de risque à choper une mauvaise fin atroce…du moins je n’ai jamais tenté à avoir une jauge faible avec les personnages. En effet, cette dernière est affichée systématiquement pour savoir si vous faites les bons choix ou pas. Autant dire que le jeu est loin d’être difficile et il vous proposera d’ailleurs de sauvegarder à chaque fin de chapitre.

Pour le reste, je vais être méchante mais l’interface est juste à chier avec des boutons énormes et moches. Le jeu ne propose d’ailleurs pas beaucoup d’options. Il n’y a pas, par exemple, d’auto-mode pour la lecture et les possibilités offertes consistent à supprimer ou pas la musique durant les scènes et la vitesse de lecture. Evidemment, le jeu bénéficie d’une galerie de CG pour chaque personnage et la possibilité de rejouer chaque chapitre comme on le souhaite, une fois qu’on les a fait une première fois. Et c’est tout. On en reparlera dans l’avis final mais le jeu n’est pas doublé dans les versions PC et Switch.

— Les graphismes —

C’est peut-être le seul bon point de The men of Yoshiwara : kikuya c’est que les graphismes sont soignés. Les illustrations sont très jolies et globalement l’esthétisme global du jeu rend le tout extrêmement satisfaisant. Du moins, comparé pas mal d’otome mobiles, The men of Yoshiwara : kikuya a le mérite d’être très honnête. Les sprites, malgré leur absence de diversités d’expressions sont plutôt sympathiques à voir. Au final, The men of Yoshiwara : kikuya est loin d’être moche, ce qui est évidemment un peu obvious quand on parle d’un visual novel mais pour avoir vu de vraies horreurs, je peux vous dire que c’est plutôt la bonne surprise du titre, c’est qu’il se défend vraiment de ce côté-là.

— Avis final —

The men of Yoshiwara : kikuya est un kusoge, à savoir un mauvais jeu. Si je le dis, c’est parce que Amazon JP essaie de me refourguer systématiquement le jeu sur PSV, avec ses copains de OperaHouse pour une somme dérisoire (-20€). Autant dire que ce n’est pas innocent comme démarche commerciale…Pour le reste, je n’ai pas tellement apprécié cet otome game. Les routes sont courtes, environ 2 petites heures sont nécessaires pour en finir une, ce qui est insuffisant pour apprécier suffisamment les personnages. Les développements sont donc très moyens et ce n’est pas l’aspect « chaud-cacao » que le jeu essaie de donner qui le rendra fabuleux. En effet, The men of Yoshiwara : kikuya est classé Cero D au Japon, soit déconseillé aux moins de 17 ans. Oui y’a des scènes de fesses puisque en plus de la thématique, on a droit à des scènes explicites mais non graphiques. Autant dire que le jeu joue énormément sur cet aspect pour se vendre.

Graphiquement, pour le prix auquel le jeu est vendu sur Steam, c’est de l’arnaque. Les arrières-plans sont relativement moches et les sprites affichent les trois mêmes expressions en boucle. On sent que malgré le soin apporté au passage à la HD au niveau des textures que le jeu ne se défait pas de quelques tares de son support original. Evidemment, le jeu n’est pas doublé et vu le casting de la version PSVita, on a un peu envie de pleurer. J’ai d’ailleurs du mal à comprendre ce qui s’est passé, vu que le contenu est semblable au portage sur la console portable de Sony. M’est avis que c’est une histoire d’argent et que ni D3Publisher, ni Dogenzaka Lab ont voulu investir dans les droits de diffusion internationaux des voix, histoire de ne pas avoir de frais supplémentaires.

Au final, on ne peut pas dire que The men of Yoshiwara : kikiya soit une bonne affaire. Vendu pour presque 30€ en version dématérialisée sur Steam et disponible sur Switch pour 19,99€, c’est cher payé pour un titre qui souffre d’autant de carences, que ce soit sur le plan visuel que technique ainsi que d’une écriture très moyenne. Certainement, sur mobile, c’est le haut du panier mais sur console/PC, les standards ne sont pas les mêmes. On attend des otome games plus dynamiques, avec des graphismes soignés, des histoires fouillées et des personnages qui sortent un peu des sentiers battus. Bref, un jeu à éviter !

— Bilan—

Histoire

Note : 1 sur 5.

Ecriture

Note : 0.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 1.5 sur 5.

Graphismes

Note : 1.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 0.5 sur 5.

Note finale : 2/10

The men of Yoshiwara : kikuya est un très mauvais otome game, rongé par une technique datée et un portage à la truelle effectué sur PC. Vendu pour plus de 20 euros sur Steam, l’achat n’en vaut pas la peine. Tracez votre chemin.

– Otome Time ! – Asaki, Yumemishi

Vous vous êtes sûrement demandé comment ma passion pour les otome games était née. Aujourd’hui je vais donc vous parler de mon premier grand amour : Asaki, Yumemishi.

D’abord sorti sur PC en 2008, le jeu a bénéficié d’un portage sur PSP en 2011, d’un sequel en 2012 et d’un fandisc en 2013 (auquel je n’ai pas joué). Pour cette review, on s’attardera sur le jeu principal. Si le coeur m’en dit, je vous ferais une review de la suite, appelée Wajin Ibunroku ~Asaki, Yumemishi~. 

J’ai découvert Asaki, Yumemishi un peu par hasard, cherchant un otome game sur PC pour progresser la langue japonaise. L’univers me branchait bien, s’inscrivant dans les traditions du folklore japonais avec sa ribambelle d’oni et de yokai et surtout ayakashi. Et puis surtout, j’aimais beaucoup le design du jeu et des personnages. Près de 8 années plus tard, il reste encore un jeu cher à mon coeur dont j’aime parfois relancer une partie.

— Fiche technique —

Asaki, Yumemishi
Asaki, Yumemishi
Développé par : MIO
Date de sortie initiale : Juillet 2007
Classification : Cero C
Support : PC / PSP



— Synopsis —

Saya est une lycéenne des plus banales, du moins en apparence. Elle est en réalité issue d’une famille d’exorcistes et réalise en marge de ses études quelques missions simples d’exorcisme. Durant un été, elle est informée par Rin, un informateur, de faits mystérieux dans un petit village encerclé par les montagnes. Des ayakashi hostiles sévissent et provoquent divers incidents. Accompagnée de Gio, un ayakashi, Saya prend les devants pour découvrir ce qu’y trame. Arrivé sur place, notre héroïne se sent étrange, comme si elle avait déjà mis les pieds dans ce lieu il y a longtemps. Sur place, elle rencontre Chihaya après une attaque d’ayakashi mais aussi Takatora, dont les objectifs semblent être liés à la vague d’attaques sur le village et ses alentours.

— Les personnages —

♦ Saya Iori : notre héroïne est une lycéenne des plus normales qui pourtant est dotée de pouvoirs d’exorcisme qu’elle tient de sa famille. Saya est une jeune fille déterminée, pleine de vie et qui se lie facilement avec les gens. Elle croit en l’amitié entre humains, oni et ayakashi, témoignant d’ailleurs de son lien fort avec Gio. Malgré tout, ses motivations sont ébranlées par des ayakashi hostiles qui en veulent terriblement aux humains pour le sort qu’ils subissent. Saya est également étrangement lié à l’ayakashi Aya.

Gio : ayakashi accompagnant Saya durant sa mission. Il est souvent confondue avec une femme à cause de son physique androgyne, ce qui l’énerve passablement. Gio est un garçon adorable, poli et sérieux. Il prend très au sérieux la sécurité de Saya et se sent souvent coupable de ne pas être plus puissant pour la protéger. Critiqué par des ayakashi hostiles, lui reprochant de protéger une humaine et ainsi s’attaquant à sa propre race, Gio restera fidèle à Saya, quoi qu’il arrive dans le jeu.

Shuuichiro Iori : cousin de Saya et exorciste de renom. Il est accompagné par Kokuu, un ayakashi qui est autant son assistant que faisant office de maman de substitution, n’hésitant jamais à reprocher à son « maître » un certain nombre de choses. Shuuichiro arrive tardivement, informé par Rin que sa cousine est confronté à des ayakashi plus dangereux qu’il n’y parait. Il intervient d’ailleurs à un moment critique du jeu et se révèle être un soutien de taille face à la violence de leurs opposants. Taciturne et sérieux, Shuuichiro n’en reste pas une personne de confiance.

Rin Shinonume : informateur étrange et un peu pervers ayant soumis une requête à Saya. Rin ne participe pas aux affrontements, restant plutôt confiné dans son bureau à lire des livres, au grand dam de tout le monde qui eux, doivent gérer des combats de plus en plus violents. Rin est évidemment bien plus qu’il n’y parait dans les routes des personnages et se révèle bien plus complexe, de par son passé et son histoire. Plutôt enjoué et pas spécialement concerné au premier abord, ce qui agacera surtout Gio, il assure également la résidence de tout ce petit monde dans sa maison.

Takatora Toshimitsu: lycéen d’un an plus jeune que Saya. Takatora est un jeune homme qui, derrière son attitude froide et pas très engageante cache un lourd secret : il court après l’assassin de son frère par un ayakashi. Il est découvert par Saya et les autres après avoir été blessé grièvement. Takatora hait les ayakashi et ne se montre pas sympathique vis-à-vis de Gio et Kokuu et devra pourtant compter sur leur aide pour affronter son ennemi. Bien que très froid, Takatora reste une personne fiable sur qui on peut compter.

Chihaya Yaegaki : jeune homme qui sauve Saya au début du jeu. On peut considérer sa route comme la Vraie Route étant donné qu’elle est fortement liée à la destinée de Saya. Chihaya participe aussi à l’enquête de Saya, étant lui aussi exorciste. D’un naturel plutôt calme, il est comme notre héroïne, persuadé de l’entente entre humains et ayakashi. Tout au long du jeu, il se révèle, après Gio et Shuu, le soutien le plus infaillible de Saya. Sa relation avec Takatora n’est pas au beau fixe et les deux passent leur temps à s’embrouiller.

— Guerre et paix chez les ayakashi —

Asaki, Yumemishi c’est avant tout l’itinéraire de Saya et de sa rencontre avec des ayakashi particulièrement hostiles et ne désirant pas vivre en paix avec les humains. Pourtant, rien n’est tout blanc ou tout noir dans cet univers où on l’on trouve aussi des ayakashi du côté des humains et les défendant. On a aussi en Ichito, principal grand méchant, un personnage violent et sans concessions pour faire du mal à ses adversaires. Contre toute attente, il est même une des routes cachées du jeu…eh oui on peut finir du côté obscur de la force ! C’est aussi une des forces de Asaki, Yumemishi c’est l’univers ne se veut pas entièrement noir ou blanc, chaque personnage possède son passif qui le conduit à mener sa vie d’une certaine façon. On est autant attristé de voir Takatora s’enfoncer dans la vengeance au péril de sa vie que de voir le jeune Kagachi suivre le mauvais chemin en s’enfermant dans une spirale de violence.

L’univers est loin d’être mignon malgré un effet tranche de vie très prononcé où l’on voit les personnages rire et s’amuser entre deux combats féroces. Loin de créer un clivage dans la narration, Asaki, Yumemishi s’inscrit comme un otome game qui fait du bien, sans jamais s’enfoncer dans le travers d’un scénario trop pompeux qui serait un vrai pétard mouillé. Pas mal de créateurs d’otome games devraient s’en inspirer car c’est ce qui rend cet otome game agréable aussi bien dans la narration que l’écriture des personnages.

Evidemment, je suis obligée de faire un aparté sur Giou, mon personnage préféré du jeu. Au-delà d’être un love interest potentiel, il a aussi cristallisé ce qui a fait de Asaki, Yumemeshi un de mes otome games préférés, à savoir son développement et sa personnalité. Loin d’être un cliché sur pattes ambulant, Giou est un personnage complexe qui m’a fasciné par son caractère, oscillant entre l’enfant et l’adulte confirmé. Etant donné que c’est un ayakashi, il est forcément plus vieux que son apparence laisse supposer et a un passé très noir qui m’a énormément ému. Giou est alors devenu bien plus qu’un personnage d’otome game mais un personnage de fiction qui a trouvé son existence au-delà de son support d’origine. Et croyez-moi, y’en a pas beaucoup des personnages comme ça.

— Système —

Asaki, Yumemishi fonctionne comme un visual novel classique avec des choix de réponse à différents dialogues. Rien de bien difficile à part qu’il est conseillé de régulièrement sauvegarder vu que les mauvais choix ne sont pas si évident à voir…En revanche, à la différence des straight visual novel, Asaki, Yumemishi propose également une carte sur laquelle on peut se déplacer. Au début du jeu, il est uniquement possible de s’y déplacer la journée mais en avançant dans le scénario, on accède à la carte de nuit, plus dangereuse. C’est là que de nombreuses bads ends peuvent survenir, notamment si on a, en plus, fait les mauvais choix de dialogue. Fourbe hein ?

Le jeu propose aussi un système de collection d’objets à débloquer dans les différentes zones, sortes de trophées alternatifs. Pour le reste c’est du grand classique : le menu propose la galerie de CG et la possibilité d’écouter les pistes musicales du jeu. Quand à choisir entre la version PC ou PSP, le portage sur la console de Sony par QuinRose apporte une route supplémentaire et de nouvelles CG. Le minimum syndical donc. Ayant fait le jeu sur PC à la base, je peux dire que cette version est largement suffisante.

— Les graphismes —

Asaki, Yumemishi est un jeu de 2008, il ne faut donc pas attendre de la même qualité graphique qu’un titre récent. Les sprites n’ont pas d’animation mais les expressions des personnages sont suffisamment nombreuses et les combats offrent quelques effets animés du plus bel effet. Côté chara-design, on a des personnages plutôt soignés et les illustrations sont toutes jolies même si elles commencent à accuser un peu de l’âge…Cependant le tout garde un charme certain.

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— Avis final —

Asaki, Yumemishi fait partie de mes premiers otome games donc forcément il m’est difficile de lui trouver beaucoup de défauts. Déjà, ce que je continue d’apprécier toujours autant c’est le soin apporté aux personnages, d’autant plus qu’ils sortent tous un peu des sentiers battus. On évite bon nombre de clichés, ce qui les rend plus attachants et sympathiques. L’histoire quand à elle, n’est pas exceptionnelle mais s’attache à rendre intéressants ses personnages secondaires, notamment les antagonistes. Souvent considérés comme de la seconde main dont on ne prend pas la peine de développer, ils sont ici à l’honneur.

Ce n’est pas tant la romance qui importe dans Asaki, Yumemishi, ce qui peut déconcerter si on attend quelque chose de mielleux. Le scénario est plus une tranche de vie où se mêle folklore japonais et créatures surnaturelles. C’est l’un des rares otome games où je n’ai aucun problème à compléter toutes les routes, qui n’ont pas seulement un but romantique. Le jeu possède quelques routes cachées qui permettent, soit de ramener quelques brebis égarées dans la violence vers une existence plus heureuse et paisible soit de changer de camp. Il faut également savoir que le jeu comporte un certain nombre de mauvaises fins assez atroces où l’on peut mourir de la main des méchants…ou même de l’être aimé !

Asaki, Yumemishi est un otome game que je vous recommande chaudement. Vous pouvez vous le procurer sur PC mais également sur PSP où une nouvelle route est disponible. Je ne vous ai pas parlé de l’OST qui est une pure merveille ainsi que des inserts-songs. Bref, un must du genre !

— Bilan—

Histoire

Note : 4 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 5 sur 5.

Graphismes : 7/10

Note : 3.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 5 sur 5.

Asaki, Yumemishi fut mon premier gros coup de coeur otome et malgré les années, il garde une place très importante pour moi. Si les graphismes ont pris un petit coup de vieux, difficile de reprocher quoique ce soit au reste. Un petit bijou.

– Otome Time ! – Collar x Malice

On reproche souvent aux otome games d’avoir des scénarios un peu convenus. Ce n’est pas le cas de Collar x Malice, un jeu de Otomate sorti en 2016 au Japon puis l’année suivante dans le reste du monde en langue anglaise. Un fandisc a été annoncé à une date encore indéterminée. Crimes, complots, terrorisme et sens de la justice sont à l’honneur dans ce thriller aux thématiques sociétales loin d’êtres éloignées des problématiques actuelles…

— Fiche technique —

Collar x Malice
Collar x Malice
Développé par : Design Factory & Otomate
Date de sortie initiale : Aout 2016
Classification : Cero C
Support : PSV

— Synopsis —

Tokyo. Quartier de Shinjuku. Notre époque. L’organisation terroriste Adonis fait trembler le Japon depuis plusieurs mois avec une série de crimes appelés « Incidents X-Day ». La police est face à une impasse totale et la population ne se sent plus en sécurité, d’autant plus que le gouvernement japonais a établi une loi autorisant les civils à porter des armes pour se défendre. Dans une situation d’insécurité constante, Ichika Hoshino est une policière travaillant pour le bien de la population, gérant les troubles de l’ordre public. Un soir, elle reçoit un appel d’une personne annonçant un incident dans un jardin public et s’y rend, seule. Attaquée, Hoshino se réveille plusieurs heures plus tard dans une église avec un collier autour du coup. Une voix étrange en sort et lui annonce qu’elle doit régler l’affaire des meurtres d’Adonis sans révéler l’existence du collier. Peu de temps après, de jeunes hommes débarquent dans l’église. Ces anciens policiers ont quitté leurs postes pour enquêter par eux-mêmes sur les Incidents X-Day. Avec leur aide, notre héroïne va devoir confronter sa notion de la justice, du sens du devoir tout en résolvant chaque affaire.

— Personnages —

♦ Ichika Hoshino : notre héroïne. Hoshino est une jeune policière au fort sens de la justice. Elle a décidé de faire ce métier après avoir aidé un homme à retrouver ses papiers. Elle vit avec son frère, Kazuki, lycéen avec qui les rapports sont difficiles.

♦ Mineo Enomoto : Ancien policier membre d’une unité d’intervention de terrain, Enomoto a quitté son poste suite au premier Incident X-day impliquant son ancien collègue et supérieur. Passionné par la culture samouraï et leur code d’honneur, Enomoto est un garçon gentil qui malheureusement est sujet à de nombreuses désillusions. Il rejoint le groupe d’enquêteurs formé par Yanagi pour mener sa propre enquête et rétablir la justice pour son ancien collègue.

Kei Okazaki : Ce drôle d’énergumène est chargé de surveiller le groupe de Yanagi. Okazaki est en effet membre d’une police spéciale chargée d’escorte et de surveillance de personnalités. Pas vraiment discret, il énerve régulièrement les autres par sa propension à intervenir lorsque le moment est malvenu. Okazaki est loin d’être une mauvaise personne et il devient assez vite un allié de poids pour Yanagi et les autres par sa position.

Takeru Sasazuka : ce hacker est un véritable génie au comportement exécrable avec ceux qu’ils considèrent comme incapable d’être à son niveau intellectuel. Il respecte seulement Yanagi. Sasazuka est un vrai tsundere dont la passion des donuts le rend aussi malléable qu’un chamallow. Anciennement membre de la division cybercriminalité de la police, il a rejoint l’équipe de Yanagi principalement pour lutter contre la loi qui a autorisé le port d’armes par les civils. Il cache en effet un traumatisme.

♦ Kageyuki Shiraishi : directeur des équipes d’intervention sur le terrain de la police, Shiraishi est chargé de profiler les profils des criminels pour avoir une meilleure chance de les retrouver. Il a la particularité d’être le seul du groupe de Yanagi à n’avoir pas quitté son poste, en partie pour continuer à obtenir un certain nombre de preuves pour aider le groupe d’enquêteurs. Shiraishi est une personne difficile à cerner. Il cache un lourd passé.

Aiji Yanagi : Ancien inspecteur de police, Yanagi est le premier qui a quitté la police, souhaitant enquêter par ses propres moyens sur les Incidents X-Day, se doutant qu’il y a quelqu’un au sein de la police qui entrave l’enquête. Calme, mature et posé, Yanagi cache lui aussi un lourd passé. Sa route se débloque une fois les quatre premières complétées et on peut considérer la sienne comme la vraie route du jeu.

— Naissance d’une nouvelle justice —

Collar x Malice n’est pas un bête otome game. Il se permet même de dénoncer pas mal de travers que l’on retrouve dans certains de ces jeux, notamment les faits de harcèlement. On peut même dire qu’on y retrouve beaucoup des problèmes judiciaires de notre société, de ces gens qui portent plaintes pour finalement voir que ça ne sert à rien. Cette dénonciation de faits de harcèlement envers une femme sont une première dans un otome game où les personnages masculins n’hésitent pas à forcer la relation. Evidemment, il n’y a pas que ça de dénoncer : il y a aussi tous ces faits qui échappent à la vigilance policière et judiciaire et qui détruisent des vies. Et ça fait mal. Difficile de ne pas faire le parallèle avec notre époque, nos faits de société et le nombre de faits divers qui rappellent que beaucoup de choses ne sont pas résolues par la justice.

Malgré les crimes, les membres d’Adonis ont tous de bonnes raisons d’agir, souvent liées à la défaillance de la justice. Evidemment que d’arriver à de telles extrémités n’est pas la solution idéale mais on a du mal à rester de marbre face aux situations et ce n’est pas la constante naïveté de nos héros qui changera les choses. La fin douce-amère est d’ailleurs un choix scénaristique assumé par Otomate et j’avoue avoir été très surprise.

— Système —

Collar x Malice fonctionne comme un visual novel classique même s’il y a la possibilité, à plusieurs reprises durant le jeu, de se déplacer sur une mini-carte du poste de police de Shinjinku pour faire avancer l’enquête. On est même convié à explorer quelques scènes de crimes pour récolter des indices. Pas extraordinaire en soit mais l’initiative est sympathique et permet de rendre l’enquête plus fluide. N’attendez cependant pas à un casse-tête judiciaire vu que la résolution des problématiques se fait naturellement.

Le jeu propose une vingtaine de mauvaises fins à compléter pour obtenir le trophée platine. C’est peut-être le plus compliqué car sans guide, vous aurez du mal à savoir comment les obtenir…sachant que le jeu ne propose aucune indication ainsi que de listes pour connaître notre progression. C’est peut-être le plus gros point noir de Collar x Malice et malgré un guide, je me suis quand même retrouvée à devoir « farmer » les routes pour savoir quelles fins j’avais loupée.

— Les graphismes —

Graphiquement, Collar x Malice est loin d’être moche même si on regrette que les sprites soient dénués d’animation. Si encore c’était un titre sorti il y a plusieurs années, on aurait moins d’exigence mais le jeu date de 2016 quand même. En dehors de ça, les décors sont soignés et le chara-design est plutôt sympa. Les illustrations sont magnifiques même si j’ai eu mal avec les visages que je trouvais trop différents (surtout Sasazuka). En dehors de ça, pas grand chose à signaler, le jeu fait le job de ce côté.

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— Avis final —

Collar x Malice fut une véritable claque. Je me n’attendais pas à une telle qualité narrative, étant habituée aux fails de Otomate. Pour le coup, le jeu assume jusqu’au bout ses thématiques avec un chapitre caché lourd de sens qui secoue la tête. Brillant car le jeu aurait pu se suffire à la Vraie Fin et ainsi garder une certaine naïveté dans le traitement final des thématiques. Autant vous dire que j’attends le fandisc de pied ferme et que Otomate ne fera pas mentir ce qu’ils ont bâtis avec ce jeu.

Les personnages sont très justement traités, chacun ayant un passé plus ou moins difficile. Les fans de romantisme seront peut-être déçus car la romance est passée au second plan. Vu la situation, difficile d’en vouloir aux scénaristes qui ont privilégiés l’histoire à la romance même si je l’ai trouvée plus naturelle. En effet, l’attachement se fait progressivement, évitant des romances forcées. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et ont chacun un développement à la hauteur, notamment Kazuki, le frère de l’héroïne. D’une route à une autre, on fait également face aux problèmes qu’ils rencontrent dans leur relation frère-soeur.

Si le scénario, le travail sur les personnages et les thématiques m’ont énormément marqués, je dois admettre que j’ai été moins séduite par les personnages que sur d’autres otome games. Mais à l’inverse de certains que j’aurai volontairement eu du mal à apprécier, ce sont les qualités autres de Collar x Malice qui m’ont fait apprécier ce jeu. Ce qui prouve que derrière son argument d’être un jeu de drague, Collar x Malice s’apprécie pour son histoire et ses personnages. Je pense même qu’il peut être apprécié par n’importe quel fan de visual novel.

— Bilan—

Histoire

Note : 4.5 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 4.5 sur 5.

Graphismes

Note : 3 sur 5.

Bande sonore

Note : 3.5 sur 5.

Si Collar x Malice n’est pas parfait, la qualité du scénario et son développement en font un titre où l’on décroche difficilement. L’ultime chapitre apporte aussi une belle claque, s’écartant clairement de l’ambiance otome. Un must à lire que vous pouvez découvrir en anglais grâce à Aksys Games.

– Otome Time ! – Ken ga kimi

Ken ga kimi est un otome game développé par Rejet d’abord sorti sur PC en 2013 puis sur PSVita en 2015. Un fandisc est sorti l’année suivante sur la console portable de Sony. Considéré comme un des meilleurs otome games sortis, Ken ga kimi n’a pourtant bénéficié d’aucune adaptation animé ni de localisation anglaise. Il est devenu mon otome game fétiche grâce à des personnages aux histoires fouillées et ses thématiques intéressantes impliquant l’acceptation de la différence et le brassage culturel.

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— Fiche technique —

Ken ga Kimi
Ken ga kimi 
Développé par : Rejet
Date de sortie initiale : Décembre 2013
Classification : Cero C
Support : PC / PSV

— Synopsis —

Kayo est une jeune femme vivant paisiblement avec son père, restaurateur. Un jour, les hommes du Shogun lui demande de remplacer la princesse durant sa procession maritale car il y a un risque qu’elle soit attaquée. Kayo a en effet la particularité de beaucoup lui ressembler physiquement. D’abord réticente à l’idée de laisser son père gérer seul le restaurant, elle s’y résigne sous la menace de ne plus pouvoir retrouver sa famille. Accompagnée de six jeunes hommes durant ce voyage, Kayo découvre que le monde dans lequel elle vit est aussi dangereux que difficile. Humains et onis se livrent une guerre raciale. Ces derniers ont perdu de nombreux droits comme le port d’armes suite à leurs attaques répétées. De nombreux groupes terroristes se forment dans l’optique de faire payer aux humains leur condition d’être inférieur.  Le cortège sera en effet attaqué par un groupe d’onis désireux de s’emparer d’un sabre du nom de Juzumaru. En marge du pèlerinage de Kayo, de terribles évènements se trament et il appartiendra au choix de nos héros de mener la bataille ou non contre les forces en présence.

L’amour ou le sabre, quel sera leur choix ?

Le fandisc, appelé Ken ga kimi : Momoyo Tsuzuri s’attardent sur des histoires supplémentaires et le développement des personnages secondaires.

— Les personnages —

♦ Kayo : notre héroïne. Loin d’être une cruche écervelée, elle se révèle mature, sûre d’elle et très optimiste. C’est un personnage sympathique à incarner car elle est honnête, droite et qui essaie d’être compréhensive pour les gens qui l’entoure. Réticente d’être utilisée à la place d’une autre, sa rencontre avec ses six chevaliers servants vont profondément la changer. Kayo est profondément humaniste et croit au meilleur de chacun, ce qui explique sa volonté d’aider au maximum les personnes autour d’elle.

♦Tsuzuramaru : Samouraï originaire de la province de Mutsu. Il participe d’abord à la procession maritale comme garde du corps et sabreur accompli. Par la suite, se retrouvant sans boulot, il se lance dans la Compétition Impériale organisé par le Shogun dans l’optique de la remporter et de devenir un réel samouraï. Il travaillera également au restaurant de Kayo. Tsuzuramaru est un garçon attachant, plein de vie et passionné par la cuisine et la nourriture. Sa pâleur de peau fait peur à beaucoup de personnes et pour cause…elle est étroitement lié à une des intrigues du jeu (mais je dirais rien :p).

♦Suzukake : ce jeune garçon originaire de la province de Musashi a été abandonné dans la forêt par ses parents quand il était encore petit. Elevé par un yokai vivant dans les bois, Suzukake y a appris les arts martiaux ainsi que des compétences médicales.  Mais surtout, le plus important, il y a gagné une compréhension de la nature, des yokai et milite pour que chaque peuple vive en paix. Malheureusement, son optimisme est ébranlé par la nature humaine…Suzukake est un garçon adorable qui se soucie beaucoup des autres et notamment de ses camarades. Suite à la procession maritale, il ouvrira un cabinet de médecine à Edo.

♦Sahihara Sakyou : Originaire de la province de Yamashiro, Sakyou fait partie d’une famille de forgerons de sabre, protectrice des 5 épées légendaires dans le passé.  Ses parents et sa soeur ont été tués par des onis alors qu’il n’était encore un enfant. Renonçant à l’héritage familial, Sakyou part sur les routes du Japon avec l’objectif de retrouver la trace de ceux qui ont détruit sa vie. Derrière son comportement calme et une certaine maturité se cache un homme meurtri, incapable de faire confiance à ses propres camarades ou à se lier d’amitié avec une personne.

♦ Kuroba Saneaki : D’origine espagnole et japonaise, Saneaki est l’ainé de la troupe de samouraï qui accompagne Kayo durant la procession maritale. Son air strict et son attitude pieuse en font un personnage difficile à aborder. Cependant Saneaki est une personne sincère et gentille qui ne souhaite pas faire du mal aux autres. Pour cette raison, il a précédemment abandonné le sabre pour se consacrer à une vie d’ermite. Il a également la capacité de voir les yokai et est accompagné de Habakitsuki, un yokai résidant dans son sabre qui passe son temps à l’embêter.

♦ Kei : Originaire de la province de Kibi, Kei travaille comme officier à Edo et assure, avec d’autres samouraïs la paix dans la ville. C’est un vrai tsundere qui derrière son attitude parfois sec se révèle être un véritable chamallow. Comme les autres, il cache aussi un lourd passé. Sa famille a été tuée et son village rasé. Cependant, au lieu de céder à la haine, Kei lutte pour garantir la paix. C’est un garçon sincère et droit qui fera son maximum pour aider ses amis dans le besoin.

♦Enishi : Ce grand baraqué (185cm quand même !) est un coureur de jupons invétéré et a tendance à partir dans des délires dont seul il a le secret. Ses camarades sont régulièrement dépités par son attitude. Enishi est évidemment bien plus que l’image du dragueur lourd qu’il laisse entrevoir. Il mène en effet une mission top secrète pour le compte du Bakufu. Son attitude désinvolte lui permet d’agir au-delà de tout soupçons. Si on est souvent un peu agacé par son comportement, Enishi est tiraillé entre sa mission et ses sentiments.

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— L’amour ou la voie du sabre ? —

Je vais tenter de vous parler un peu de l’univers de Ken ga kimi sans trop vous divulgâcher l’histoire. Ce qui interpelle c’est la profondeur qui se dégage de chaque route. Chaque personne possède des passifs difficiles qu’ils affrontent dans leurs routes respectives. Oui, on pleure beaucoup dans Ken ga kimi. On est aussi effrayé de la folie des hommes. La guerre onis/humains est particulièrement féroce et montre ses pires travers. Si la famille de Sakyou s’est faite tuée par des onis, celle de Kei c’est par des humains. Pourtant, malgré leurs passifs similaires, les deux personnages ne traversent pas les évènements de la même manière. C’est l’énorme force du jeu, c’est de montrer qu’il n’y a jamais une seule façon de progresser dans la vie. Le jeu propose d’ailleurs un développement des personnages en marge de leurs routes respectives, montrant aussi une amitié réelle qui les lient, au delà de l’histoire d’amour qu’ils peuvent vivre avec Kayo. Cette dernière est bien accompagnée et se reposera souvent sur ses amis.

Le travail des personnages est assez exceptionnel et chaque nouvelle route emprunte des embranchements assez inattendus. Selon que les héros choisissent la voie de l’amour ou celle du sabre, les conséquences sont assez différentes pour chacun. Les mauvaises fins n’arrivent pas toujours là où l’on attende. On suppose souvent que la voie du sabre mène à la perte, comme pour Sakyou. Pourtant, la mauvaise fin de Tsuzuramaru est dans celle où il choisi Kayo. Le jeu réussi donc à ne jamais se reposer sur ses acquis et à surprendre. Le tout reste cohérent et certaines fins abruptes montrent aussi que les choix faits par les héros sont réellement terribles.

Les thématiques arrivent, malgré l’époque, de s’inscrire dans notre actualité. Racisme, lutte de pouvoirs, problèmes d’identité et la vie après un traumatisme sont abordés avec justesse. Je m’attendais pas à être autant touché par les personnages et leurs histoires. D’autant plus que chacun possède sa propre manière d’aborder son passé et de vivre. Aussi le jeu aborde un fait historique assez peu traité : la persécution des chrétiens, notamment espagnols au Japon et la xénophobie montante des japonais envers les étrangers. On a beau le savoir, voir cette thématique abordée dans un otome game avec autant de justesse fait de Ken ga kimi une oeuvre aux propos matures.

On trouve souvent dans les otome games que certains personnages sont lésés mais en l’état chacun a droit à un traitement égal. Sans jamais se répéter. C’est clairement l’un des rares otome games où j’ai eu le plaisir de faire chaque route car chaque personnage avait un passif suffisamment intéressant pour que même si on ait pas le coup de coeur, on les apprécient. J’ai par exemple eu du mal avec Enishi et son comportement mais il est curieusement celui qui a une de mes routes préférées.

— Système —

Ken ga kimi fonctionne comme un visual novel classique. Le jeu vous propose des choix de dialogues qui influenceront, d’abord les routes que vous allez emprunter et ensuite les deux scénarios par personnages. Oui vous avez bien lu, chaque personnage a le droit à deux histoires : l’une, appelée Kimi est la voie où nos samouraïs vont choisir l’amour, la seconde appelé Ken, est la voie du sabre que les personnages peuvent emprunter, menant souvent à des mauvaises fins.

Au niveau de l’histoire, la route commune raconte la procession maritale où Kayo remplace la princesse officielle. Relativement longue, les choix vont déterminer quel personnage vous allez choisir pour la suite de votre histoire. Une fois sur la route d’un personnage, vous allez donc devoir faire les choix en faveur des routes Kimi ou Ken. Sachez que ce système est basé sur des couleurs : doré et rose pour Kimi et bleu et vert pour Ken. Dit comme ça, c’est pas super sexy mais cela permet, pour le joueur, de savoir d’avoir un indicatif des choix qu’il a fait. Et autant vous dire que vu la longueur du jeu, c’est pas un mal d’être un peu aidé.

Les menus du jeu comportent l’essentiel : une galerie CG, la possibilité d’écouter les OST et autres petites features sympathiques. Sur PSV, le jeu possède de nouvelles CG et des histoires supplémentaires ont été rajoutées, complétant différents évènements du jeu que l’on débloque une fois les routes des personnages finies. Je vous conseille d’ailleurs la version console, supérieure sur beaucoup de points.

Le fandisc lui fonctionne sur un système d’histoires, symbolisées par des livres à l’écran. Chaque lecture de libre ouvre la possibilité de lire de nouvelles histoires. Le principe est intéressant et certains livres permettent de développer les passifs et histoires des personnages secondaires. L’idée, ingénieuse, permet de mieux comprendre leurs motivations durant le premier jeu.

— Les graphismes —

J’ai du le dire un bon nombre de fois mais Ken ga kimi est un des plus beaux otome games qui m’a été donné de faire. Les illustrations de Yomi sont magnifiques et épousent parfaitement l’univers. Les sprites des personnages sont animés, ce qui donne un côté très vivant aux dialogues. Les combats sont aussi animés avec des effets. Mon seul regret est que les opening montrent quelques séquences entièrement animées…et j’aurai aimé que le jeu ait cette qualité tout le long. Je sais que c’est faisable (coucou School Days ou même Ef – a fairy tale of two) et ça aurait rendu le jeu encore plus incroyable. Je suppose que ça reste un budget assez important, surtout pour une structure comme Rejet.

Bon après je donne l’impression de cracher dans la soupe pour une broutille alors que le jeu a une qualité de graphisme et d’animation supérieures à bon nombre d’otome games. Après avoir joué à Ken ga kimi vous risquez même d’être frustré de vous taper des personnages aux regards de veau tout le long des dialogues. C’est peut-être le seul réel défaut du jeu c’est qu’en plus d’avoir une qualité narrative exceptionnelle, il est techniquement irréprochable.

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— Avis final —

Vous vous en doutez, Ken ga kimi est mon otome game préféré. Rarement un otome game aura été aussi complet. Les histoires sont diversifiées et ont le mérite d’être toutes captivantes. Chaque personnage possède des passifs relativement lourds, ce qui ne les empêchent pas d’être incroyablement adorables avec l’héroïne. Ce sont vraiment de bons gars et ils sont capables d’agir pour le bien de leurs compagnons. Il suffit de voir la route de Sakyou pour comprendre que l’amitié qui les lient est réelle et qu’ils déplaceront des montagnes pour sauver leurs amis. Ça fait vraiment du bien parce que beaucoup d’otome games mettent en avant des rivalités entre personnages pour créer une tension alors que la possibilité de créer une réelle amitié rend leurs histoires beaucoup plus captivantes.

J’ai aussi trouvé que les histoires se diversifiaient suffisamment pour avoir envie de faire toutes les routes. Le jeu ne possède pas de true end comme dans certains titres, il y a donc pas réellement d’ordre précis pour faire les personnages, à part peut-être terminer par Enishi et Tsuzuramaru, du fait que leurs histoires respectives sont liées aux sous-intrigues du jeu. Cependant, j’avais commencé par celle de Tsuzuramaru et c’était plutôt intéressant de mieux comprendre ce qui se tramait dès le départ derrière certains faits. Surtout que chaque route est suffisamment différente pour ne pas trop pourrir celles des autres. Evidemment il y a toujours des indices distillés ici et là qui conduisent à se poser des questions. Par exemple, dans la route de Suzukake, Tsuzuramaru est empoisonné par Kamui mais il ne semble pas en subir les répercussions…ce qui pose question.

Ken ga kimi réussi aussi à avoir un propos mature sans forcément être graveleux ou extrême. Evidemment il y a de la violence, certaines routes sont assez difficiles, sans parler des fins parfois très gores…mais le jeu ne verse jamais dans le morbide. Aussi étrange qu’il n’y parait quand on connait les délires habituels de Rejet (suffit de voir Black Wolves Saga…), Ken ga kimi garde une justesse dans son propos.

Au niveau de la version du jeu à choisir, je vous conseille celle sur PSV du fait qu’elle soit sortie après celle sur PC. Les arrières-plans ont été retravaillés, on a le droit à de nouvelles illustrations et la version collector est composée d’un Drama CD, d’un booklet d’illustrations ainsi que de cartes postales. Pas indispensable et on peut la trouver à un prix raisonnable en occasion. La version PC est loin d’être mauvaise et a le mérite d’être très belle aussi.

Ken ga kimi est un must du genre, proposant des personnages aux histoires variées, s’évitant bon nombre de clichés bien pourris et construisant des personnages qu’on garde en mémoire longtemps après. Le jeu a placé la barre très haut et il est difficile de ne pas se sentir parfois agacer par tant de perfection. Difficile de revoir ses ambitions à la baisse sur d’autres titres quand on est face à une telle justesse de propos, de maturité et de narration.

— Bilan—

Histoire

Note : 5 sur 5.

Ecriture

Note : 5 sur 5.

Système de jeu : 10/10

Note : 5 sur 5.

Graphismes : 10/10

Note : 5 sur 5.

Bande sonore : 10/10

Note : 4.5 sur 5.

Un chef d’oeuvre tout simplement. Ken ga Kimi marque pour sa maturité d’écriture, sa narration maîtrisée sur le bout des doigts et ses personnages qui sont tous formidables. Il faut juste du courage pour se lancer dans une oeuvre aussi longue que prenante mais l’aventure en vaut la peine.