– Otome Time ! – Musketeer : Le sang des chevaliers

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Musketeer : Le sang des chevaliers est un otome développé par Otomate sorti en 2011. Derrière son allure classe se cache un énorme nanar. Si vous ne savez pas ce que c’est, c’est une oeuvre qui fait involontairement rire. C’est le cas avec Musketeer qui, non seulement fait rire, mais provoque quelques moments de facepalm. Je n’ai pas l’habitude de critiquer les mauvais otome games, étant donné qu’à part dire que c’est vide, ce n’est pas intéressant mais je me suis tellement roulé par terre de rire avec celui-là qu’il mérite bien d’avoir sa critique.

Je précise, avant de me faire lyncher, que le jeu ayant été conçu sérieusement, il est certain qu’au Japon la réception a dû être beaucoup plus appréciée que par moi-même. Mais voilà, s’inspirer d’un roman français (Les trois mousquetaires de Alexandre Dumas), proposer une oeuvre aussi fantastique que uchronique et de conchier sur la crédibilité supposé de l’univers, il y a de quoi dire que ça serait moins vulgaire de faire caca sur la tombe de Monsieur Dumas.

— Fiche technique —

Musketeer: Le Sang des Chevaliers
Musketeer : Le sang des chevaliers 
Développé par : Otomate
Date de sortie initiale : Juillet 2011
Classification : Cero B
Support : PSP

— Synopsis —

D’Artagnan (oui, vraiment) est une jeune fille vivant paisiblement dans une petite maison en forêt avec son père (cliiichéééé). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce qu’elle soit attaqué par un monstre qui réussi à tuer le paternel. (moment émotion après 10 minutes de jeu). D’Artagnan y échappe de justesse grâce à l’intervention d’un gentilhomme du nom de Tréville. Ce dernier, face au désespoir de la jeune fille qui a tout perdu, lui propose de rejoindre une académie spéciale qui forme les Mousquetaires. Tréville indique également à D’Artagnan que la vérité derrière le monstre qui a tué son père se trouve là-bas. Notre héroïne prend son courage à deux mains et rentre ainsi dans l’Académie des Mousquetaires, prête à en découdre avec ceux qui ont détruit sa vie. Ou presque. N’oublions pas, nous sommes dans un otome games.

— Les personnages —

D'Artagnan

♣ D’Artagnan : L’héroïne de l’histoire. Après la mort de son père, elle décide de rejoindre l’Académie des Mousquetaires alors bien même qu’elle ne sait pas se battre…Malgré tout, on peut lui reconnaître une détermination sans faille pour retrouver le meurtrier de son père, n’hésitant pas à risquer sa vie. Loin d’être une cruche sans cervelle, D’Artagnan n’oublie jamais son objectif principal, au grand dam de ses prétendants…

Aramis

Aramis : Membre très populaire des Mousquetaires, de part son apparence efféminée (et le fait que D’Artagnan a réussi à le battre en duel…) et son côté classe. Victime des manigances de Richelieu, il peut se transformer en démon, ce qui se solde, dans son cas, par une perte progressive de la vue. A l’habitude de casser des vases quand ça ne va pas.

Athos

Athos : Président du Conseil des élèves (non ne rigolez pas, s’il vous plait). Stoïque et sérieux, il passe son temps à étudier. Comme Aramis, il est aussi sujet à la malédiction qui peut le transformer en démon. Chiant comme la pluie.

Porthos

Porthos : Dans la même classe que D’Artagnan, ce tsundere en puissance passe le plus clair de l’aventure à rougir, surtout après avoir vu l’héroïne à poil (bouh que c’est cliché !). Sa route est dans la continuité de celles de ses compères plus haut et se transforme en comédie WTF avec notamment une fin à s’étouffer de rire.

Rochefort

Rochefort : Professeur à l’Académie des Mousquetaires, Rochefort est étroitement lié au scénario puisqu’il fait figure, pendant une partie de sa route, comme l’un des antagonistes. Bon évidemment, comme tout bon méchant, il voit la lumière et envoie bouler son acolyte pour l’amour de D’Artagnan. Beaucoup trop prévisible. Beaucoup trop.

Richelieu

Richelieu : Attend, on va quand même pas draguer un vie- ! Eh si ! Enfin, ce n’est pas le premier otome game où l’on se retrouve avec un homme âgé dans son harem (coucou Kazeiro Surf). Braiffe, Richelieu est – en apparence – le méchant du jeu. On le voit comploter dans des ruines à plusieurs reprises et il est celui qu’on affronte dans les routes des Trois Mousquetaires. Son apparence de pépé est en réalité une illusion et, on vous rassure tout de suite, c’est un beau gosse caché.

Treville

Tréville : Professeur à l’Académie des Mousquetaires, il est également celui qui sauve D’Artagnan d’une mort certaine au début du jeu, n’ayant pas pu, hélas, sauver le paternel. Tréville pousse D’Artagnan à rejoindre l’Académie, arguant qu’elle doit se venger du meurtre de son père mais on se doute bien qu’il cache quelque chose.

Constantine

Constantine : L’ultime route du jeu, qui ne se débloque qu’une fois tous les autres personnages faits. Et autant vous dire que sa route est encore plus WTF que les autres avec l’ultime révélation qui donne envie de se fracasser la tête contre un mur.

— Malédiction, démonisme et uchronisme —

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Musketeer : le sang des chevaliers possède un scénario très sérieux, mélangeant aussi bien l’univers du roman de Alexandre Dumas que des éléments fantastiques et parfois même de science-fiction pur. En effet, le jeu se paie même le luxe d’être une uchronie fantastique sans oublier les habituels poncifs des otome games. Rien que l’Académie des Mousquetaires avec son conseil étudiant, ses cours et ses professeurs permet de bâtir une ambiance plutôt bien connue pour les joueuses.

Les démons étant à la mode depuis le phénomène Hakuoki, Otomate n’a donc pas hésité à reprendre une histoire similaire. C’est peut-être le plus gros point noir du jeu puisqu’au final toute la partie fantastique donne l’impression d’être du déjà-vu. Il suffit de jeter un oeil aux titres de la firme pour se rendre compte qu’ils ont over-abusé de cette faille pour en garnir une partie de leurs jeux. Sans dire que c’était forcément une mauvaise idée, il est pourtant clair que le fantastique est assez mal imbriqué dans l’univers. Sans parler des transformations démoniaques des personnages qui rappellent un peu trop Saint Seiya ou Power Ranger. La crédibilité n’est donc pas assurée et on a du mal à ne pas se bidonner tellement la chose n’est pas réaliste.

Et évidemment, Musketeer : le sang des chevaliers en rajoute une couche avec une uchronie mal placée qui donne envie de se taper la tête contre un mur. Là où le bât blesse c’est que le jeu n’hésite pourtant pas de placer des dates dans sa timeline, ainsi que des évènements historiques, ce qui pose rapidement problème par rapport à l’univers qui semble se situer dans une réalité alternative. Alors bon, Hakuoki le faisait bien mais la réalité historique n’était pas pour autant écarter et on assistait donc à un univers beaucoup plus crédible. Musketeer : le sang des chevaliers n’est malheureusement pas en capacité d’être pris au sérieux tellement les routes varient entre le sérieux de la mise en scène et le What The Fuck barré. En témoigne les secondes parties qui font exploser le scénario en plein vol. Le festival nanar dans toute sa splendeur.

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— Le système —

Musketeer : le sang des chevaliers fonctionne comme un visual novel classique avec des choix de réponses à donner. Le jeu se découpe en plusieurs chapitres (dont une belle faute de français à chaque fois, puisqu’au lieu de dire chapitre 1, chapitre 2 etc on a droit à 1 chapitre, 2 chapitres…) et on a la possibilité, dans la common route, de se déplacer sur une carte pour débloquer différents dialogues.

Rien de bien extraordinaire même si le jeu vous balance un mini-quizz un peu stupide au début de l’aventure rapidement torché pour la française que je suis…Des dialogues supplémentaires sont en revanche débloqués une fois une route finie, permettant d’approfondir le scénario (et voir les méchants faire leurs méchants à base de complots trop emo-dark).

Enfin, on y retrouve l’habituel galerie CG et compagnie et des options plutôt fournies.

— Les graphismes —

Si il y a bien un point sur lequel tout le monde peut s’accorder, c’est la qualité des graphismes qui est assez exceptionnelle. A croire que tout le budget est parti là-dedans au détriment du scénario. C’est beau, les personnages ont des animations réussies et les CG sont d’excellente facture. Je dois même vous dire que c’est le seul bon point du jeu ! Bref, rien à redire et le tout est très esthétique.

— Avis final —

Je dois vous avouer, je me suis rarement autant bidonné sur un otome game. En général, les mauvais jeux sont ridicules mais surtout vides et sans contenus qui ne valent pas la peine qu’on s’y attarde. Musketeer est une tout autre histoire avec un scénario absolument dantesque. Et quand je dis ça, ce n’est pas en qualité narrative même si l’histoire se suit bien…du moins jusqu’à la seconde partie où l’on commence à se demander si les scénaristes n’étaient pas tout simplement torchés. Pour autant, difficile de trouver de réels défauts à la narration tant l’intrigue a le mérite de pousser à l’intérêt. Le scénario est en effet plutôt sympathique à suivre et même si le ridicule était présent à de nombreuses reprises, je me suis rapidement prise au jeu.

Mais voilà, Musketeer souffre de nombreux travers, à savoir que si la première partie des routes nous ménage avec un bon suspens, on est moins convaincu quand la partie « démoniaque » du jeu prend le dessus. S’en suit alors des combats à la « hakuoki » avec des transformations qui font limite Power Ranger avec l’habituel schéma : les Mousquetaires se font poutrer par les monstres et ne passent en forme démoniaque que quand la situation devient critique. Et rebelotte dans CHAQUE ROUTE. Bref, le scénario part complètement en cacahuètes et ce qui devait être une oeuvre inspirée des Les trois mousquetaires devient un festival du nanar, capable de rivaliser avec l’adaptation de 2011 de Paul W.S Anderson.

Les mauvaises langues me diront que j’ai laissé passer la chose avec Hakuoki mais ce dernier avait quand même pour lui un scénario qui n’explosait pas en plein milieu et une intrigue fantastique ne prenant pas le dessus sur l’historique. Le problème avec Musketeer c’est que justement, ce qui relevait d’une réinterpréation originale du roman est éclaboussé par des choix scénaristiques douteux et l’impossible de prendre au sérieux l’intrigue tellement on se bidonne. Parce que oui, j’ai beaucoup rigolé, probablement pour ne pas sombrer face à une histoire surréaliste. Et parce que se faire violer sa propre culture littéraire par les japonais reste une expérience particulièrement difficile à encaisser.

Après, tout n’est pas à jeter et le jeu en jette niveau graphismes. J’ai même envie de lui mettre une note maximale car malgré la médiocrité de l’histoire et les personnages clichés à mort, j’ai passé un bon moment sur ce titre. Au lieu d’être une énième daube imbuvable et stupide, Musketeer est une oeuvre qui provoque l’hilarité et qui rien pour ça, mérite de figurer au panthéon des nanar. A découvrir rien que pour vous remettre d’une amère déception ou d’un jeu dépressif.

— Bilan—

Histoire

Note : 1.5 sur 5.

Ecriture

Note : 1.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 3.5 sur 5.

Graphisme

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 3 sur 5.

Musketeer : le sang des chevaliers est un mauvais otome game même s’il bénéficie d’un scénario tellement drôle qu’on se retrouve à rire plutôt que d’en pleurer. Cependant, c’est un titre que je vous déconseille d’acheter. 

– Otome Time ! – 7’scarlet

Je crache très souvent sur Otomate mais force est de constater que la filiale otome de Idea Factory ne fait pas que bouffer l’industrie entière : elle devient aussi spécialisée dans les co-productions en tout genre et nombre de studios, même les plus connus (coucou Kadokawa) viennent greffer Otomate à leurs projets. 7’scarlet est ainsi un otome développé par Toybox Inc à qui on doit la série VN/SRPG des Tokyo Twilight Ghost Hunters. Sorti durant l’été 2016 au Japon, le titre mélange thriller horrifique et romance avec une narration classique mais solide. ToyBox Inc ne semble pas s’arrêter en bon chemin puisque en 2017 ils ont sorti Side Kicks!un otome qui met en avant une enquête policière, toujours teintée de romance.

Pour revenir à 7’scarlet, le jeu est traduit en langue anglaise en 2018 par Aksys Games (qui a par ailleurs localisé les Tokyo Twilight Ghost Hunters). L’occasion rêvée pour découvrir un otome parfait pour vos vacances !

— Fiche technique —

7'scarlet
7'scarlet 
Développé par : ToyBox Inc
Date de sortie initiale : Juillet 2016
Classification : Cero B
Support : PSV

— Synopsis —

Ichiko Hanamaki (que vous pouvez totalement renommée) est une jeune étudiante d’université dont le frère ainé a disparu, un an plus tôt, dans un village de campagne du nom de Okunezato. Malgré une enquête policière, cette dernière a été clôturé pour des raisons assez obscures. Hino Kagutsuchi, amie d’enfance d’Ichiko, lui propose de passer quelques jours de « vacances » à Okunezato dans l’optique d’en savoir plus sur la mort supposée de son frère. Arrivés sur place, ils découvrent un village étrange où disparitions étranges, non-dits et traditionalisme vont transformer l’enquête de Hino et Ichiko en dangereuse excursion….

— Les personnages —

Hanamaki Ichiko

Ichiko Hanamaki (ou votre prénom et nom, histoire de se sentir concernée) : L’héroïne de l’histoire. Ichiko est une jeune fille déterminée mais parfois tête en l’air, au grand dam de ses amis, surtout de Hino. Malgré sa volonté de retrouver son frère, elle a tendance à avoir le gros défaut de nombre d’héroïnes d’otome game, à savoir vouloir systématiquement aider son prochain.

Kagutsuchi Hino

Hino Kagutsuchi : L’éternel ami d’enfance secrètement amoureux de l’héroïne qui EVIDEMMENT voit quedal, à l’exception de tous les autres personnages. Il est à l’origine du voyage à Okunezato et de la recherche du frère de Ichiko. Tout au long du jeu, Hino reste un allié de confiance, un peu trop protecteur mais cela est justifié jusqu’à l’ultime route du jeu. Malheureusement, son caractère plat en fait un personnage qu’on oublie assez vite alors qu’il est un garçon plutôt sympathique.

Amari Isora

Isora Amari : Chef-Cuisinier de l’hôtel Fuurinkan, il va m’être difficile de ne pas recopier tout ce que j’ai raconté sur Balance ton otome boy tellement le personnage réussi à devenir rapidement détestable. Le pire c’est que le bougre ne s’arrête pas à sa route pour continuellement ramener sa fraise, avec des phrases très sympathiques du genre « si tu lui fais du mal, je te défonce » ou « t’inquiètes, je serais là pour te remplacer si, par inadvenance, tu meurs ». LE FUN. Pour le reste, la route de Isora est, malgré quelques rebondissements, très moyenne et il est assez dommage de voir un développement de son passé dans les routes des autres, alors que cela aurait été intéressant de le faire dans la sienne.

Kushinada Toa

Toa Kushinada : Ce jeune homme étrange, que Hino et Ichiko rencontre le cul par terre, victimisé par des chats loge à l’hôtel Furinkan aussi pour les vacances. Pas spécialement bavard, Toa a tendance à éviter de se mêler au groupe. Sa route est la première à réellement lancer l’intrigue du jeu et se révèle plutôt agréable surtout après le calvaire de celle de Isora. M’est avis que ce n’est pas pour rien. Toa est un personnage qui risque de vous surprendre à bien des égards, et ça jusqu’au bout.

Tatehira Sousuke

Sosuke Tatehira : étudiant en médecine en vacances à Okunezato, Sosuke est un garçon en apparence difficile à approcher même s’il se révèle très vite un garçon attentionné, prêt à aider son prochain. De ce côté-là, il se complète bien avec l’héroïne et sa romance est ma préférée du jeu. Sa route, que l’on débloque après Toa, est le basculement vers la seconde partie du jeu où les intrigues trouvent enfin des réponses. Autant vous dire que j’étais bien contente après trois routes où il ne se passait PAS GRAND CHOSE.

Murakumo Yuzuki

Yuzuki Murakumo : Propriétaire de l’hôtel Fuurinkan, Yuzuki apparaît dans les routes des autres personnages comme un personnage tyrannique et froid. On apprend au début du jeu qu’il a licencié presque tout le personnel de l’hôtel, sans raisons apparentes. Bref, on ne rigole pas beaucoup avec Yuzuki et sa route, qui commence étrangement, met en évidence que les évènements qui se trament sont bien plus complexes qu’il n’y parait, tout en menant une sous-intrigue qui trouve enfin son développement. En passant, l’introduction de la route de Yuzuki est un petit bijou d’animation qui met directement dans l’ambiance.

— La montagne, ça ne gagne pas pour tout le monde —

Que faire quand un membre de famille a disparu et que la police a classé l’enquête sans suite ? Eh bien on investi à la place voyons ! Voici le postulat de départ pour Ichiko et Hino : trouver des preuves de la disparition du frère de l’héroïne. Evidemment, l’enquête a des allures de colonie de vacances, surtout quand Hino s’inscrit au Surnatural Okunekato Club, consacré aux mystères de la ville. En effet, le village est sujet à nombreuses légendes et nos héros vont devoir découvrir la vérité derrière chacune. Parfois drôles, d’autres sont glaçantes, surtout quand on apprend que l’accès aux montagnes est condamné. Autant dire que l’investigation va rapidement piétiner dans la première partie du jeu.

Les choses ne s’arrangent pas d’avantage quand des morts étranges surviennent et que personne ne sait ce qui se passe. 7’scarlet vire ainsi donc au thriller et les moments de sursauts ponctuent quelques moments plus horrifiques. Rien de gore pour autant, le jeu reste accessible au plus grand nombre et l’aspect comédie est aussi mis en avant à de nombreuses reprises.

On est pourtant fasciné par Okunezato, ce village typique du Japon et de sa campagne. Le traditionalisme et le repli sont d’ailleurs sujet de l’intrigue, pour des raisons assez justifiés mais il est intéressant de voir que cette thématique est bien plus importante que l’on pense, dans un Japon qui s’ouvre au monde et des traditions ancrées dans le communautarisme. D’autant plus que ici, cela s’accompagne par une volonté de cacher la vérité au reste du monde sur des disparitions inquiétantes, comme si tout cela était l’effet de forces surnaturelles dont il vaut mieux éviter la confrontation…

— Le système —

7’scarlet fonctionne comme un visual novel classique, du moins dans sa première partie. En effet, contrairement à beaucoup d’otomes où vous avez le choix dès le départ entre différentes routes, Toybox Inc a préféré miser sur le scénario. Ainsi, au début du jeu, vous n’aurez accès uniquement aux routes de Hino et Isora. Une fois les deux complétées (oui hélas, on ne peut pas passer celle de Isora), vous débloquez alors la route de Toa, puis une fois faite, celle de Sosuke. Une fois ces quatre-là faits, vous aurez accès à la True End, à la route de Yuzuki et l’ultime fin du jeu.

Ce fonctionnement, plutôt intéressant, permet au jeu de se construire un scénario à plusieurs niveaux avec une intrigue qui se dévoile progressivement. Pour le reste, le jeu possède l’essentiel avec une galerie CG et une compilation des différents termes utilisés dans le jeu sous forme de dictionnaire. Sachez également que vous pouvez accéder librement aux différents moments du jeu en sélectionnant le scénario que vous souhaitez lire en cliquant sur « New Game ».

— Les graphismes —

Je suis assez partagée sur les graphismes car 7’scarlet. D’un côté, le jeu se dote d’animations pseudo-réalistes à différents moments du jeu qui mettent la pâtée tellement ça défonce et de l’autre, on se retrouve avec des sprites non-animés (mais plutôt dynamiques dans leur exécution) qui donne l’impression d’un petit gâchis tant le potentiel mis dans les animations n’a pas été exploité au maximum.

Les illustrations et le chara-design ne seront pas d’un grand mystère pour les fans d’otome puisque c’est la célèbre Chinatsu Kurahana (Togainu no chi, Lamento, la série Uta no prince-sama) aux commandes. On peut dire que son talent est toujours aussi brillant puisque encore une fois, les personnages possèdent des designs de qualité sans qu’on fasse un rapprochement évident avec ses précédents travaux.

— Avis final —

J’ai un sentiment très mitigé avec 7’scarlet. Je ne peux pas dire que j’ai détesté, ni même que le jeu m’a déçu. Au contraire, la construction du scénario est plutôt intelligente et permets à 7’scarlet d’être efficace. Cependant, cela se fait au détriment de l’aspect otome dont la sauce prend difficilement. De même, la façon dont la romance est construite est assez mal fichue, l’héroïne tombant (trop) rapidement amoureuse de ses prétendants, sans parler de la route de Yuzuki qui est très courte.

Il y a évidemment du bon et on peut dire que le jeu réussi à faire tenir le suspense jusqu’au bout, si on a pas le malheur de chercher des informations sur internet ou voire même VNDB. Avec le recul, le scénario met quand même du temps à se lancer, la faute à la route de Isora qui n’apporte réellement rien, là où celle de Hino fait une très bonne introduction.

Il faut également accrocher au dernier tiers du jeu qui balance ses révélations de façon assez brutales et parfois même spectaculaires. Je dirai même que si l’intention est très louable, on assiste, à partir de la True End, à un Gloubi-boulga qui pose beaucoup trop de questions alors que le jeu nous tend les réponses de toutes les intrigues menées. Autant dire que c’est tout l’inverse de Amnesia:memories ou Norn9 mais que le juste milieu semble difficile à attendre.

Reste finalement un otome game qui surprend par des effets d’animations bluffants, malgré l’absences de sprites animés. Pas de panique car Side kicks, le second otome de ToyBox Inc est par ailleurs un aboutissement technique qui met la misère à ses concurrents. Loin d’être exceptionnel, 7’scarlet vous plaira si vous aimez les ambiances mystérieuses et les histoires surnaturelles.

— Bilan—

Histoire

Note : 4 sur 5.

Ecriture

Note : 3.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 4 sur 5.

Graphismes

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 4 sur 5.

7scarlet est loin d’être un mauvais otome game, au contraire. Il possède une histoire captivante malheureusement entravé par des choix narratifs expédiés et des routes qui manquent clairement de relief. Dommage car avec un peu plus de développement pour certains personnages, on tiendrait un grand jeu. A découvrir chez Aksys. 

– Otome Time ! – If God Were to Exist in This World

Dans la famille des noms à rallonge, Moshi, Kono Sekai ni Kami-sama ga Iru to suru Naraba n’est pas si mal placé. Abrégé le plus souvent en MoshiKami ou même If God Were to Exist in This World (parce que ça fait plus classe) cet otome développé par Rejet est sorti en 2016 sur PSVita. Avant toute chose, sachez que le jeu a une réputation épouvantable, non pas à cause du scénario, des personnages ou des graphismes. Non, If God Were to Exist in This World n’est pas un kusoge. Vous verrez souvent des reviews qui vous diront de rester loin de ce jeu. Je peux comprendre car les personnages ont des passifs extrêmement lourds ce qui donne au jeu une ambiance assez pesante et malsaine.

Cependant c’est aussi ce qui rend ce titre intéressant car il traite de problématiques de façon cohérente et mature notamment concernant le harcèlement et les violences sur enfants. Oui vous n’allez pas beaucoup rigolé en lisant cette review. J’ai moi-même eu du mal à l’écrire, ne sachant pas comment aborder les sujets du jeu. C’est pourtant un des éléments qui m’ont poussé à acheter le jeu, pour une poignée d’euros et de découvrir un jeu à la puissance narrative et émotionnelle sans pareille.

— Fiche technique —

Moshi, Kono Sekai ni Kami-sama ga Iru to suru Naraba.
Moshi, kono seikai ni Kami-sama ga iru to suru naraba
Développé par : Rejet
Date de sortie initiale : Février 2016
Classification : Cero D
Support : PSV

— Synopsis —

Haruka est une jeune lycéenne en apparence normale. Un jour, elle reçoit une lettre écrite par elle-même, quand elle était enfant. Pensant à une blague, elle découvre assez vite que ses amis d’enfance en ont également reçues. Malgré la peur derrière les mots, nos cinq amis décident de découvrir ce qui se trame alors que des évènements surnaturels surviennent dans leur quotidien. Leur monde se révèle en effet une bulle, un univers parallèle, crée par la déesse Izanami. Tout en affrontant leurs démons du passé, nos héros vont apprendre à devenir des adultes pour enfin retrouver le monde réel.

— Les personnages —

♣ Haruka Kurumi : L’héroïne de l’histoire. Haruka est une jeune adolescente timide et réservée qui aimerait vivre normalement. Malheureusement pour elle, les êtres du sexe opposés lui tombent systématiquement dessus, ce qui l’oblige à utiliser ses amis d’enfance comme garde rapprochée, seuls êtres masculins à ne pas la considérer comme un morceau de viande. Haruka cache une enfance particulièrement atroce. Elle ne se considère elle-même pas comme une femme…

Ace Sasanami : Ami d’enfance de Haruka, Ace est un garçon également assez réservé voire même taciturne, ce qui ne le rend pas immédiatement sympathique. Passionné par le tennis depuis son enfance, il rêve de devenir un jour un joueur professionnel. De ce fait, il a tendance à ne pas s’intéresser au reste du monde même si il reste un ami fidèle et sérieux. Il cache lui aussi un traumatisme d’enfance qui est responsable en partie de son comportement.

Neiji Yumikura : Egalement ami d’enfance de Haruka, Neiji est le bon vivant du groupe, toujours à rire et s’amuser. Il est doué en sport et particulièrement en course d’athlétisme, étant par ailleurs le membre le plus performant de l’équipe d’athlétisme du lycée. D’une bonne humeur contagieuse, il est apprécié par ses camarades. Il cache lui aussi une enfance dramatique.

Kyou Kamizato : Moitié américain et moitié japonais, Kyou est l’adolescent rebelle du groupe, conduisant une moto (bouh cliché !) et jouant les gros durs avec les professeurs et les élèves. Rassurons-nous, Kyou est un garçon adorable avec un côté très protecteur aussi bien envers l’héroïne que ses copains. Ses origines mixtes en font un garçon populaire auprès des filles mais il n’y tient aucun intérêt.

Sashino Shuri

Shuri Sashino : Ami d’enfance de Haruka, il est premier à se rendre compte que le monde de If God Were to Exist in This World n’est pas le vrai. En effet, Shuri possède une capacité étonnante de se souvenir de chaque évènement qu’il a vu et vécu. De ce fait, il est très vite décontenancé par les diverses boucles temporelles. En dehors de ça, c’est un garçon renfermé et solitaire qui tente progressivement de s’ouvrir aux membres du groupe.

Kurumi Masato

Masato Kurumi : le frère de Haruka. Oui ils ont osé. Avant que vous partiez les jambes en courant, Masato est en effet loin d’être un personnage sain. En plus de ça, il fait office de boss caché du jeu. Plutôt effacé dans les premières parties de routes des héros, il revient généralement sur le devant de la scène sur les True End où il ne se montre pas particulièrement sympathique. Masato est un personnage complexe, en proie à un traumatisme qui l’a mené à faire des choses atroces. Cependant, à l’inverse de nombreux méchants, il est pleinement conscient de l’horreur de ce qu’il a commis même si sa route est un calvaire.

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Hikaru, Akira et Shizuka Kuki : Ils ne font pas partie du harem de Haruka (quoi que…) et représentent les principaux antagonistes du jeu. En effet, nos héros se confrontent rapidement à eux. On apprend alors qu’ils sont responsables des évènements dramatiques dans le monde de If God Were to Exist in This World et que leur objectif est de réunir Izanagi et Izanami. Pourtant, chacun est confronté à ses propres choix personnels et se révèlent parfois être des alliés inattendus. La plus grosse déception est l’absence de route pour les trois garçons. Bon heureusement ils ont droit à leur Black Post Scénario ainsi qu’une place de choix dans la route de Masato.

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— Si Dieu existait dans ce monde —

If God Were to Exist in This World c’est une histoire complexe et pas tellement accessible à tout le monde. On y parle d’abus en tout genre sur enfants et notamment sexuels. Autant dire que l’échec du jeu tient plus de ses thématiques trop sombres pour le public plus que de sa qualité narrative ou de ses personnages. En effet, c’est aussi l’histoire de personnes qui ont vécus des traumatismes et qui tentent de continuer à vivre et à ne jamais céder aussi bien aux comportements déviants qu’à une existence enfermée dans la tristesse. De ce côte-là le jeu est brillant et les personnages réalistes et crédibles, aussi bien dans leurs réactions que leurs passifs.

Ce réalisme, aussi bien dans les caractères que les réactions rend les personnages poignants et on s’y identifie beaucoup. C’est l’énorme force du jeu en plus d’avoir construit un groupe de protagonistes fort. Sans parler de bromance pure, l’amitié qui relie les personnages est tout aussi naturelle que essentielle à la progression de chacun. L’important n’est en effet pas tant la destination, mais le chemin à parcourir. Le monde dans lequel évolue les personnages n’existe en effet pas et leur retour dans le monde réel est conditionné par le fait que chacun surmonte ses traumatismes ou non.

De la même manière que l’on critique souvent les comportements abusifs dans les otome games, If God Were to Exist in This World les dénonce et évite de transformer ses personnages en clichés ambulants. Très peu d’otome games dénoncent ces problématiques, préférant les user, parce que c’est aussi une notion de fantasme dans l’imaginaire otome. Et visiblement le public japonais aime la souffrance, les scènes malsaines puisque la mauvaise réception du jeu semble réellement venir de la volonté des scénaristes de dénoncer et de ne donner aucune justification à la violence sexuelle. Reste Masato, le frère de l’héroïne mais dont jamais, JAMAIS, le jeu ne lui donnera raison sur ce qu’il a fait. Brillant mais également traumatisant tant l’histoire nous terrifie.

C’est cette justesse aussi bien dans l’écriture que dans la narration qui fait de cet otome un OVNI du genre, s’affranchissant des codes habituels des otome games tout en n’oubliant pas de construire une romance naturelle. La qualité, aussi bien narrative, la puissance émotionnelle et l’OST en font réellement une oeuvre aussi exceptionnelle que tragique.

1 Gameplay (8)
5 FUCKING SECONDES. Vous êtes cramés chez Rejet.

— Le système —

If God Were to Exist in This World fonctionne comme un visual novel classique avec des choix de réponses, même si, plus on avance dans le jeu, plus de choix apparaissent et une partie d’entre eux doivent être répondu sur une durée limité (5 secondes. 5 PUTAIN DE SECONDES, ils sont fous chez Rejet). Le jeu est donc assez stressant puisque ces choix ne sont pas anodins et vont influencer les embranchements scénaristiques.

Comme pour Ken ga Kimi, chaque protagoniste a droit à deux routes et quatre fins. En réalité le système est bien plus complexe qu’il n’y parait car on peut considérer que chaque route possède deux faces qui font évoluer le scénario différemment, jusqu’aux évènements centraux. Le jeu est donc loin d’être court et chaque route dévoile progressivement le scénario pour en arrivant à la True End. Sachez aussi qu’en dehors de la common route, les routes sont toutes uniques pour les personnages, avec seulement quelques points de scénarios qui prennent, à chaque fois, une tournure très différente. Autant dire que c’est plaisant de voir que le concept de « visual novel » est exploité à fond. Sans parler du fait que vous serez constamment en stress face aux réponses de rapidité.

Pour le reste, le jeu possède également une partie cachée dans les options, à savoir les Black Post Scenarios. Ces textes, qui ne sont pas doublés, approfondissent les différentes révélations de scénario et sont loin d’être très drôles. Enfin, le jeu possède l’essentiel avec une galerie CG et de BGM.

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— Les graphismes —

Ce qui est bien avec Rejet, c’est qu’on sait qu’on aura un jeu de qualité. Sans atteindre la qualité des graphismes de Ken ga kimi (le chara-design aide beaucoup), If God Were to Exist in This World est un jeu très beau et soigné. Les sprites des personnages sont vivants et le trait, léger et coloré, est aussi très plaisant.

En revanche, je n’ai pas complètement adhéré au chara-design. Mais ça, c’est uniquement une constatation personnelle car les personnages sont vraiment bien dessinés et techniquement le jeu est tout simplement irréprochable.

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— Avis final —

J’ai eu beaucoup de mal à écrire une critique sur If God Were to Exist in This World, de part ses thématiques qui sont évidemment loin d’être joyeuses mais aussi parce que finir le jeu fut…éprouvant. Pourtant j’ai aimé le jeu, je l’ai trouvé très intéressant et les personnages ont le mérité d’être extrêmement crédibles, voire même réalistes. Les situations rencontrées sont loin d’être faciles à aborder, même d’un point de vue narratif et pourtant, les personnages en sortent vraiment grandis. Il y a vraiment eu un travail de qualité de la part de Rejet et il serait dommage de ne pas en parler, tant c’est ce qui fait de ce jeu un titre aussi étrange que intéressant.

En effet, pourquoi de pas aborder des thématiques violentes mais aussi sérieuses dans un otome game ? Je peux comprendre que cela révulse et que, si par ailleurs, on a connu une des situations rencontrées, on soit incapable d’y jouer mais bon sang ! C’est aussi ce que les otome games peuvent faire : à savoir raconter une histoire sérieuse, voire triste et construire une romance qui soit crédible et bien amenée. En cela, If God Were to Exist in This World le fait parfaitement. Evidemment, le jeu s’aide en faisant des protagonistes des amis d’enfance de Haruka mais au final les relations ne sont pas forcées et construites logiquement autour des personnages et de leurs propres traumatismes. Cette maturité de propos fait de ce otome game un jeu à part mais essentiel, tant il va plus loin que ses confrères et s’évitant ainsi tous les écueils du genre.

Evidemment, il reste un titre qu’on ne met pas en toutes les mains mais quand je vois le succès, voire même le plébiscite de certains otome games ultra violents voire même malsains, je me dis que c’est quand même assez grave. Je veux bien admettre que les relations niaises peuvent soûler (mais il en faut, parce que les otomes dramatiques, ça vaut deux minutes) mais d’un autre côté on passe tellement d’un extrême à un autre sans juste milieu, ni même remise en question voire même justifications de certains comportements que If God Were to Exist in This World, sans être une bouffée d’air frais, reste un pilier, fer de lance d’un chemin que les otome games peuvent emprunter sans tomber dans le graveleux ou l’outrancier.

Pour moi, on est clairement pas loin d’un chef d’oeuvre, qui le place auprès des plus grands visual novels du genre. Je ne m’attendais tellement pas à apprécier un otome game, non pas pour l’aspect « fangirl » mais uniquement pour son histoire et sa maturité. Parce que désormais, difficile pour moi de revenir à des otome games où les comportements violents sont normalisés quand If God Were to Exist in This World les dénonce.

— Bilan—

Histoire

Note : 4 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 4 sur 5.

Graphismes

Note : 4.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 5 sur 5.

Les reviews de If God were to exist in this world n’étaient pas exceptionnelles mais force est de constater que cela serait une erreur de s’arrêter à leur lecture. C’est probablement l’otome game le plus difficile que j’ai pu faire mais aussi celui qui prouve que l’on peut bâtir une histoire mature avec une vraie maîtrise de la narration. If God were to exist in this world ne laisse pas indifférent et mérite d’être découvert.

– Otome Time ! – Under the moon – Crescent –

Under the moon est un otome game d’abord sorti sur PC en 2006 avant d’être porté en 2009…sur PS2. Un fandisc est sorti en 2007, racontant les évènements d’avant le premier jeu. Le jeu original est un otome R-18, à savoir avec des scènes de sexe. Cependant, c’est la version PS2 qui sera à l’honneur sur ce blog. Sans être l’otome game du siècle, Under the moon est un otome plutôt sympathique et aux personnages assez originaux et bien écrits.

— Fiche technique —

Under the Moon
Under the moon - Crescent - 
Développé par : Sugar Beans
Date de sortie initiale : Décembre 2006
Classification : Cero D
Support : PC / PS2

— Synopsis —

Ashe, la princesse des Démons a de gros ennuis. Son père, le Roi de Démons, subit des contestations de toute part du royaume. Malgré son statut de fille du Roi, elle ne peut accéder au trône (bonjour le sexisme). Un soir, alors qu’elle passe une soirée tranquille dans sa chambre, le château est pris d’assaut par des démons. Fuyant avec son familier, Kyle, elle se retrouve par hasard pris dans une faille spatio-temporelle en échappant à deux de ses poursuivants. Ashe atterrit dans le monde des Humains.  Ci-bas, tout est différent : il n’y a pas de magie et elle est la cible des Anges, des êtres surnaturels cherchant à éliminer les êtres démoniaques du monde des Humains. Sauvé par un charmant inconnu, Ashe décide alors de chercher d’autres démons vivant sur Terre et finit par squatter le domicile de jumeaux infernaux : Leni et Seizh. Malheureusement, aucun d’entre eux souhaite retourner dans le monde des Démons…

— Les personnages —

♥ Ashe : Princesse, elle est la fille du Roi des Démons. Echappant à une tentative de meurtre, elle atterrit dans le monde des Humains. Ashe est une personne très naïve et a passé l’intégralité de sa vie au château à être servie par des serviteurs. Autant vous dire que la vie sur Terre est loin de lui convenir…Parfois un peu cruche sur les bords, elle a méchamment tendance à se faire un peu malmener par tout ce beau monde…

Leni : Démon, il va au lycée où il s’y révèle très populaire. Leni a en effet tout de l’archétype du beau gosse tombeur. Il en profite d’ailleurs pour séduire des filles et les jeter une fois qu’il a obtenu ce qu’il voulait…Pas très sympathique au premier abord, Leni est bien sur bien plus qu’il n’y parait puis qu’il se révèle être lié à Ashe par son passé dans le monde des Démons.

Seizh : Démon, frère jumeau de Leni. Derrière leur apparente fraternité cordiale, Seizh est beaucoup plus fourbe, se montrant bien amical pour mieux duper son entourage. Il nourrit un gros complexe d’infériorité par rapport à Leni, ce dernier récoltant toutes les faveurs et les succès. Il ne tarde pas à devenir un antagoniste dans différentes routes.

Kyle : Familier de Ashe. Généralement, il apparait sous la forme d’un petit chat noir avec des ailes. Une fois dans le monde des Humains, il prend une forme plus humaine et se retrouve bonne à tout faire de la maison. En effet, il se révèle plutôt doué dans les tâches ménagères…Son statut de familier est une souffrance pour lui puisqu’il ne peut espérer plus de Ashe.

Sena Amamiya : Camarade de classe de Ashe. Toujours de bonne humeur et prêt à rire, Sena a tout l’air du bon copain. Evidemment il est bien plus que cela puisqu’on découvre dans sa route qu’il est en réalité un Ange. Et oui, c’est un peu incompatible avec une démone…encore plus avec une princesse.

???/ Zero : Oui, vous avez bien lu, ce personnage n’a pas de nom, jusqu’à ce que Ashe lui en donne un. Zero est aussi un démon, et particulièrement un vampire. Banni pour diverses raisons du monde des Démons, il zone dans celui des Humains. Il sauve à plusieurs reprises Ashe des attaques des Anges, jouant le rôle de l’ange gardien.

— Les démons sont vos amis —

Sous ses airs de shojo pour collégiennes, Under the moon est un otome game sympathique. Sans forcément révolutionner avec son scénario, on y suit les péripéties de Ashe dans le monde des Humains. Le jeu exploite plutôt bien la dualité entre les deux mondes mais également les problématiques qui en résulte. Les personnages sont en effet tous des démons déchus et Sena est lui un hybride ange/humain, son père étant tombé amoureux d’une humaine. Evidemment vous me dites que c’est furieusement classique comme histoire ! Je vous répondrai que ça fait aussi du bien d’avoir une histoire un peu « clichée », d’autant plus que la narration est plutôt efficace et qu’on évite pas mal de moments niais.

J’ai bien aimé également les problématiques de la route de Kyle. Familier de Ashe, il ne peut espérer une relation autre que celle d’un maître et de son familier et en souffre particulièrement. Plus que Ashe c’est pour dire…mais bon elle, comme je l’ai indiqué dans sa description elle a le soucis d’avoir toutes les tares de l’héroïne d’otome game. Cruche, pas bien intelligente, elle a grandie coupée du monde et des préoccupations de son propre peuple. De ce fait, elle n’est pas très dégourdie et il faut systématiquement la sauver à plusieurs reprises dans le jeu, n’étant pas capable d’utiliser ses pouvoirs. C’est aussi pour cette raison qu’elle fait du forcing auprès de Leni et Seizh pour les motiver à rentrer dans le monde des Démons. A ce moment-là, elle ignore qu’elle a été victime d’amnésie et que les deux garçons ont été bannis pour certaines raisons.

Malgré l’immersion un peu gâchée par une gourdasse, le jeu est assez intéressant et les personnages, sans forcément être révolutionnaires sont sympathiques. Leurs routes ont toutes leur intérêt même si le jeu n’hésite pas à user de certaines ficelles un peu malsaines. En effet, Under the moon est originalement un otome game R-18 avec des scènes érotiques. Du coup on échappe bien au viol dans la version PS2 mais certains personnages comme Seizh ou Sena gardent leur insanité. D’un autre côté, sans antagoniste, on s’embêterait bien. Cependant, m’étant évité la version PC, je pense que le rapport aux personnages est bien différent vu qu’ils n’ont pas été ruinés par des choix narratifs idiots propres aux eroges.

— Le système —

Under the moon fonctionne avec un système de balance Ange/Démon en fonction des réponses que vous apportez aux personnages. En effet, chaque personnage a deux routes, qui dépendent des choix que vous avez sélectionné. Il faut donc faire attention à bien choisir entre les deux balances, les personnages ne réagissant pas de la même manière selon la voie qu’on emprunte…Enfin, de nombreuses mauvaises fins ponctuent les différentes routes selon les choix effectués. Pour le reste, le jeu reste très classique avec une galerie CG et la possibilité de réécouter l’OST.

— Les graphismes —

On va être honnête, Under the moon a assez mal vieilli depuis le temps. Sorti en 2006, le portage sur PS2 est propre. Les CG sont plutôt soignées, signées par Sakana Toujou et le chara-design est réussi. Je dois vous avouer, j’ai eu un vrai coup de coeur pour les personnages et l’univers donc difficile pour moi de critiquer le style graphique. Cependant, il est certain que si vous êtes habitué à des otome games récents, vous risquez d’avoir les yeux qui piquent à l’écran…

— Avis final —

Under the moon est un de mes premiers otome games donc être partiale m’est difficile, tant j’ai apprécié le jeu. Bon évidemment, Ashe est loin d’être la meilleure héroïne d’otome game que j’ai pu croiser. Je dirai même que c’est une des pires car on fait rarement aussi neuneu des fois…Bon le jeu justifie ça par le fait qu’elle a vécue comme une princesse et que par conséquent la vie dans le monde des Humains est difficile….Ensuite il faut avouer qu’elle n’est pas entouré que par des gentils petits garçons. En effet tout ce petit monde nous fait régulièrement tourner en bourrique, pour le meilleur comme le pire. Chaque personnage a ses propres motivations et curieusement le jeu ne cherche pas à leur donner de fausses excuses. C’est probablement ce que j’ai le plus apprécié c’est que malgré des postulats assez clichés, les histoires sont résolues intelligemment, d’un point de vue narratif.

Peut-être parce que ce fut un de mes premiers otome games, les personnages m’ont aussi beaucoup marqué (et pas qu’en bien youhouhou) avec des caractères différents et des motivations que je trouvais intéressantes. Après je ne nie pas le fait que les comportements abusifs sont présents, que Leni se comporte comme le dernier des salauds durant sa route, que Seizh est un pur cancer et que Sena devrait finir dans un four crématoire tellement il nous en fait baver. Mais à côté, comme je l’ai expliqué plus haut, le jeu ne balance pas des justifications bidonslol pour expliquer le comportement déplorable de nos héros. C’est ce qui a rendu le jeu beaucoup plus vivable même si je pense qu’aujourd’hui certaines choses auraient beaucoup plus de mal à passer.

Si Under the moon n’est pas l’otome game que je conseillerai d’office à cause de ses graphismes un peu datés et de son héroïne qu’on a envie d’encastrer dans un mur, il reste un titre bien construit, avec des routes qui sont suffisamment diversifiées ainsi que des personnages qu’on a forcément envie de creuser un peu…même si évidemment cela se fait à nos risques et périls ! Et puis bon, on est dans une histoire avec des démons, on pouvait pas s’attendre à tomber sur des princes charmants…

— Bilan—

Histoire

Note : 3.5 sur 5.

Ecriture

Note : 4 sur 5.

Système de jeu

Note : 4 sur 5.

Graphismes

Note : 3.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 4.5 sur 5.

Difficile pour moi d’être objective sur un titre que j’ai découvert lors de mes premiers pas dans les otome games. L’intrigue a beau avoir été vue et revue, on apprécie de voir des personnages qui ont chacun leur histoire et qui restent cohérents dans leurs choix. Si le jeu n’est pas indispensable à sa collection, il constitue l’un des tires les plus sympathiques de son époque.

– Otome Time ! – Amnesia : memories

Amnesia : memories est un otome game développé par Otomate d’abord sorti sur PSP en 2011 puis réédité sur PSVita courant 2013. En Occident, le jeu sort en 2015 à la fois sur PSVita et PC sous la tutelle de Idea Factory. Amnesia est un otome game dont le succès repose presque sur une seule route : celle où notre cruche finit enfermée dans une cage. Ni plus, ni moins. Le monde entier a voulu découvrir cette scène et les ventes sur Steam sont suffisamment paradoxales (presque 100,000 exemplaires, sans compter la version PSVita) pour s’interroger sur les qualités latentes de ce titre. Retour sur le jeu qui m’a fait revenir dans le fandom Otome en 2017.

— Fiche technique —

Amnesia
Amnesia: memories 
Développé par : Otomate
Date de sortie initiale : Août 2011
Classification : Cero C
Support : PSP / PSV / PC

— Synopsis —

Vous – et là oui c’est vraiment vous, pas de nom random mis pour les flemmards – vous réveillez un beau matin en ayant oublié l’intégralité de vos souvenirs. La cause ? Un esprit un peu stupide sur les bords vous a percuté, ou plutôt a percuté votre tête et ce choc a provoqué la perte totale de votre mémoire. Vous vous ne souvenez de rien, aussi bien de votre histoire familiale que de vos amis…bref, la grosse galère ! L’esprit en question, qui s’appelle Orion, dont vous êtes la seule à pouvoir le voir, vous demande de retrouver vos souvenirs tout en évitant d’éveiller les soupçons. Spoiler: ça marche pas.

— Les personnages —

Heroine

♦ Héroïne (oui elle a vraiment pas de nom) : C’est vous ! Pour une fois, vous avez face à vous une coquille vide. Pas d’histoire de famille, pas de passé, rien qu’une poupée sans âme qui doit rechercher la vérité derrière ses souvenirs perdus. En effet, les personnages ne sont pas tous honnêtes avec vous et il vous faudra déceler le vrai du faux dans leurs témoignages. Orion a la particularité de vous faire voyager entre différents mondes parallèles où la situation n’est pas la même et de vous amener progressivement à retrouver votre mémoire.

Ikki

Ikki : personnage principal du Spade World, Ikki est le gars populaire avec son escorte de groupies qui le suit constamment. Censé être en couple avec l’héroïne dans son monde, il est connu pour être un playboy et de sortir avec de nombreuses filles. Bon évidemment c’est plus compliqué que ça et sa route se révèle assez vite plan-plan malgré une mise en abîme du monde astral d’où vient Orion.

Kent

Kent : Vous aimez les maths ? Moi non et ce n’est pas Kent qui m’a redonné le goût de cette matière. Personnage central du Clover World, il se révèle particulièrement ancré dans une logique impénétrable, ce qui le rend difficile à soudoyer vu qu’il voit très vite que quelque chose ne tourne pas rond avec vous. Sa route a été un vrai calvaire tellement elle est plate, sans relief et avec un personnage aussi chiant que la pluie. Dommage car il est doublé par Akira Ishida, un de mes seiyuus préférés.

Shin

Shin : Personnage central du Heart World, Shin est ce gars gentil qui, évidemment, comprend assez vite que quelque chose n’est pas clair lorsqu’il vient vous rendre visite suite à votre perte de souvenirs. D’autant plus que sa route tourne au thriller psychologique pour savoir qui a tenté de vous tuer, sachant qu’il est le suspect numéro 1 dans cette affaire. Peut-être la meilleure route du jeu vu que l’intrigue est intéressante, faite de complots, de mystères et que l’ambiance est réellement sympathique quoique angoissante.

Touma

Toma : LA CAGE. LA PUTAIN DE CAGE. Pardon, c’est nerveux. Bref, vous le savez tous, la raison pour laquelle tout le monde a joué à Amnesia : memories c’est Toma. Personnage principal du Diamond World, sa route tourne autour du sujet du harcèlement, d’abord sous la forme d’un groupe de filles qui vous pourrisse la vie mais aussi de celui de Toma. Sa route est particulièrement dérangeante et l’ambiance finie par devenir glauque, assez difficile à supporter tout autant que la jalousie grandissante du personnage. Cependant, malgré l’aspect ultra dramatique de sa route, c’est la meilleure du jeu, d’autant plus qu’elle s’évite de tomber dans le travers de glorifier le personnage et son acte. Aussi, il est doublé par Hino Satoshi au sommet de son art.

Ukyo

Ukyo : Une fois toutes les routes faites, le Joker World s’ouvre à vous. Ukyo vous poursuit dans les autres mondes, tentant de vous tuer à plusieurs reprises. Sa route fait office de True End et de résoudre – en partie – le scénario.

— Action ou vérité —

Contrairement à ce qu’on pense, le monde de Amnesia : memories est plutôt complexe avec une importance du monde astral et de ses esprits qui font danser les humains dans leurs mains. Du moins, c’est ce qu’on est en droit de penser avec une true end qui laisse plus de questions que de réelles réponses. Pour ainsi dire, la quête de vérité de notre héroïne est parsemée d’embuches et nos héros ne lui font aucun cadeau. Entre celui qui la fait patauger dans le faux et l’autre qui l’enferme dans une cage, profitant de son amnésie (et de sa non-réaction) pour faire n’importe quoi, on est en droit de se demander dans quel jeu à la con on est tombé. Pourtant, la sauce prend étrangement et on finit par compléter toutes les routes pour connaître le dénouement final. De ce côté-là, n’espérez pas obtenir de réponses claires et attendez une éventuelle localisation de Amnesia World, qui parait-il, répond à toutes les questions laissées en suspense.

Amnesia : memories n’est pour ainsi dire pas un otome très reposant, tant l’angoisse est présente dans la majorité des routes. On s’interroge assez vite du pourquoi du comment tant notre héroïne (enfin nous, on a tendance à l’oublier, elle n’a pas d’identité) se fait malmener, et pas seulement par les protagonistes mais aussi les personnages secondaires qui agissent rarement pour son bien, à l’exception de deux amies qui, fort heureusement, relèvent la balance dans une traversée des mondes dangereuse. D’ailleurs, si vous pensez que Orion, votre esprit de compagnie, vous viendra en aide, sachez qu’il ne peut être vu des personnes ordinaires et qu’il s’entêtera à vous parler tout au long de l’aventure, voire même à s’exprimer envers les autres personnages alors que personne ne peut l’entendre, ni le voir. Autant dire que le désespoir des situations tient plus de sa nullité en tant que esprit que les gaffes de notre gourdasse. Ambiance.

Tout n’est pas pour autant à jeter et le jeu fait la part belle au mystères et on enchaine les routes assez facilement, tellement on veut connaître la vérité. Si certaines routes sont moins enclines à nous en révéler, on se régale par cette ambiance qui navigue entre le glauque, l’horreur et le thriller psychologique. Les personnages sont tellement difficiles à cerner qu’on doute beaucoup et que la confiance n’est pas toujours facile à accorder alors qu’on a besoin d’eux pour avancer et comprendre ce qui se trame. Le fait est que chacun veut imposer sa propre vérité au risque de ne jamais permettre au joueur d’être libéré, comme notre héroïne.

— Le système —

Contrairement à nombre de visual novels, Amnesia : memories ne possède pas de common route ; du moins vous commencez l’aventure une fois le prologue passé avec Orion, après que ce dernier vous a percuté la tronche. Suite à cet évènement aussi WTF, le jeu vous propose alors de choisir quel monde vous souhaitez visiter. Chaque monde correspond à un garçon et ainsi à sa route. De ce côté-là, Amnesia : memories ne se fout pas de vous puisque chaque route a le mérite d’être unique, avec ses propres enjeux et sa propre histoire.

Evidemment, dans chaque route, vous avez des choix de dialogue. A vous de répondre avec prudence : n’oubliez pas que votre cruche est amnésique et que selon les bons  foireux conseils d’Orion, vous devez éviter de trop en dire sur votre perte de mémoire, au risque de finir dans un hôpital psychiatrique. Enfin, le jeu possède une série de mini-jeux assez dispensables que l’on débloque au fur et à mesure. Une galerie CG est disponible pour revoir les illustrations.

— Les graphismes —

Pour avoir fait le jeu sur PC, j’ai été bluffé par la qualité des graphismes du jeu. Outre le fait que le jeu soit passé en HD, absolument aucune perte est à déplorer durant ce passage en haute définition. Les personnages possèdent également des sprites animés qui rendent le jeu très vivant. En dehors du chara-design qui est à l’appréciation de chacun, Amnesia : memories est un otome game soigné et qui ne lésine pas sur sa qualité. Je vous recommande d’ailleurs fortement la version PC plutôt que la version PSVita, puisque tant qu’à faire, autant profiter du jeu en haute résolution.

— Avis final —

Amnesia : memories est l’otome game qui m’a fait revenir dans ce fabuleux monde du jeu de drague pour nanas. Sur les conseils d’une amie qui avait passée un moment particulièrement intéressant sur le jeu, je m’y suis lancée. Je ne peux clairement pas dire que j’ai détesté. Malgré deux routes ennuyantes, le tout est étonnamment digeste et les routes de Shin et Toma brillent par leur écriture. Oui, aussi incroyable que ce soit, la route de Toma est peut-être la plus réussie, grâce à un gros travail d’ambiance, qui on peut le dire, met très mal à l’aise. En revanche, les routes de Ikki et Kent ont été un supplice, tant elles étaient plates et sans reliefs. C’est réellement dommage car il faut avouer que le rythme du jeu en prend un sérieux coup avec eux, là où Shin et Toma font progresser l’intrigue.

Mon seul regret avec ce jeu, c’est que l’intrigue manque clairement de développement et que ce n’est pas la true end qui résous les choses. On en apprend effectivement pas mal dans cette ultime route mais pour moi, ils ont volontairement laissé en suspense beaucoup trop d’éléments pour se permettre ensuite de faire un fucking fandisc et une suite. En fait, on retrouve un peu la même problématique que Norn9 : war commons avec une intrigue qui s’arrête en plein milieu. Force est de constater que Otomate semble avoir corrigé le tir en proposant des suites qui mettent le scénario au centre du jeu mais je trouve le principe assez scandaleux, surtout que cela dépend beaucoup de l’appréciation ou non du jeu.

Pour le reste, c’est un otome que j’aime recommander, pour son scénario assez originale dans la mise en forme, une qualité graphique qui défonce et un univers qui a le mérité d’être intéressant. Il restera cependant pour moi quelques points difficiles à apprécier au niveau des routes et de la mise en abîme de l’intrigue dans la narration. Cependant, là où pour certains titres j’aurai décroché rapidement, Amnesia : memories m’a amené au bout de son histoire.

— Bilan—

Histoire

Note : 3 sur 5.

Ecriture

Note : 3 sur 5.

Système de jeu

Note : 4 sur 5.

Graphismes

Note : 5 sur 5.

Bande sonore

Note : 3 sur 5.

Malgré un scénario intéressant et prenant, Amnesia:memories possède de nombreux défauts qui n’entachent pas le plaisir de la lecture mais qui peut, pour ceux qui accrochent moins à certains personnages, d’ennuyer. Enfin, le final n’apporte pas suffisamment de réponses et on reste sur notre faim. A découvrir sur Steam et sur le PS Store.

– Otome Time ! – Fortissimo

29571126_1468673129909303_4033479501479593613_nJe vous avais promis la review d’un otome game sorti cette année au Japon. Le choix n’est jamais évident vu que je précommande rarement beaucoup de titres. Fortissimo est un de ceux qui m’a rapidement tapé dans l’oeil avec un casting très sympathique et une qualité graphique assez exceptionnelle. Et là vous vous dites « C’est Otomate derrière non ? ». Détrompez-vous ! Otomate produit effectivement le jeu mais c’est une réalisation de Kadokawa Games. Pour tout dire, c’est leur premier otome game. Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour rejoindre le business juteux de cette fabuleuse industrie.

Sorti en mars 2018 sur PSVita, Fortissimo est en réalité une sorte de suite « alternative » de Brothers Conflict puisque on y retrouve un des personnages du jeu ainsi que la direction artistique de Udajo. Si les jeux d’idols sont nombreux, au point de provoquer l’overdose, Fortissimo se démarque par un ton plus adulte et une ambiance très soap-opera. Cela vaut-il le coup ?

— Fiche technique —

Fortissimo
Fortissimo
Développé par : Kadokawa Games
Date de sortie initiale : Mars 2018
Classification : Cero D
Support : PSV

— Synopsis —

Vous – ou Futaba, d’autant plus que son prénom est prononcé dans le jeu – êtes une jeune étudiante qui, pour survenir à ses besoins, trouve un boulot comme assistante-manager dans une agence d’idols. Malheureusement pour vous, le groupe dont vous héritez est loin d’être un cadeau. forttê est en effet un groupe sur la pente descendante : leur leader, Fuuto (aka la tête à claque du jeu Brothers Conflict) s’est tiré aux Etats-Unis pour y lancer une carrière solo, laissant ses copains seuls sur scène. Le groupe étant encore à ses débuts et face à une concurrence rude, les relations sont tendues entre les différents membres qui doutent autant sur leur talent que leur capacité à mener une carrière…

— Les personnages —

Futaba Fujisaki : notre héroïne. Futaba n’est pas gâtée par son boulot et le groupe qu’elle doit gérer. Plutôt optimiste et ouverte d’esprit, elle essaie tant bien que mal de faire en sorte que la carrière de forttê prenne le bon chemin alors que chacun doit gérer ses propres passifs.

Eiichiro Akaboshi : Leader de forttê, Eiichiro est un garçon sympathique qui se lie dès le départ avec Futaba. En effet, cette dernière étant débutante, son arrivée n’est pas synonyme de beaucoup de sympathie pour certains membres. Eiichi lui au contraire, fait en sorte de faciliter le travail de Futaba même si le retour de Fuuto le place dans une position délicate : il a en effet peur de perdre sa place de leader….

Osamu Narimoto : Membre de forttê, Osamu en est également le compositeur de leurs chansons. Petit prodige du piano, il est d’ailleurs resté proche de son ancienne professeur de piano…Difficile à cerner de part son attitude assez sérieuse, voire un peu machiavélique, Osamu n’est pas un personnage simple à cerner même s’il se révèle plutôt mature de part sa capacité à bien distinguer les choses.

Towa Morishima : Plus jeune membre de la troupe, Towa a tout l’air du gars qui braille et qui rend fou alors qu’il est en réalité relativement mature malgré une arrogance mal placée qui rappelle douloureusement Fuuto. Ce n’est heureusement pas un mauvais bougre, souhaitant simplement suivre une carrière d’idol même s’il doit aussi gérer ses études. Il vit dans l’ombre de Fuuto et a peur de l’échec, ce qui provoque pas mal de conflits avec notre héroïne.

Takesue Takuma

Takuma Takesue : l’énergique du groupe. Takuma est censé être en couple avec quelqu’un au début du jeu mais évidemment vous n’avez pas de raison de vous inquiétez…plutôt pressant et parfois limite, il n’est pas non plus mauvais bougre mais sa relation avec l’héroïne reste assez mal construite, du fait que à plusieurs reprises, certains personnages viennent le remettre à sa place.

Seike Ryou

Ryou Seike : Sub-leader de forttê et ami d’enfance de Eiichi. Ryou est le seul à ne pas accueillir à bras ouverts notre potiche, du fait de son inexpérience avec le milieu des idols. Malgré tout, voyant que le reste du groupe l’accepte, il prend sur lui pour lui offrir quelques conseils de shopping. En effet, Ryou mène en parallèle une carrière de mannequin. Sa route se révèle particulièrement étrange.

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Sota Tsukishiro : Chef manager de l’héroïne, il l’épaule lors de son arrivée dans l’entreprise. A l’origine, il a lui aussi eu une carrière comme idol mais a très vite regretté le milieu avant de mener une carrière en mode fucking destroy. Il est la route cachée du jeu qu’on débloque sous certaines conditions.

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— Paillettes et star system —

Dur la vie d’idol. Surtout quand on débute et que le moindre faux pas peut vous coûter votre carrière. Et encore plus quand on vous attribue comme manager une novice aussi naïve que un peu cruche…Pour ne rien arranger, le milieu est loin d’être pleins de gentils bishos tout mignons et bon nombre de cafards à piétiner viendront vous chercher des ennuis. En effet, notre potiche ne se méfie pas spécialement de son entourage professionnel et tout le monde en profite. Heureusement, les petits gars de forttê sont là pour elle. Si ils sont d’abord un peu réticents à accueillir leur nouvelle manager, ils réalisent que la prendre en grippe n’amènera que des problèmes et qu’ils ont besoin d’elle.  Après tout, la recherche de la gloire est bien plus importante.

Voilà le point de départ de Fortissimo. Futaba se lie rapidement d’amitié (et plus si affinités !) avec l’un des membre du groupe, ce qui mène à un scandale lorsque un photographe véreux vient vous pourrir la vie bien comme il faut. Chaque route aborde les démons qu’affrontent les personnages. De ce côté-là on est gâté, ils ont chacun des vices assez « originaux » et même malsains. Mentions spéciales pour celles de Osamu et Ryou qui abordent des thématiques assez étranges et même terribles. Cependant, la route la plus intéressante est celle qui est cachée : celle de Sota. Elle montre d’une façon réaliste que la carrière d’idols est faite de sacrifices et d’un certain abandon de ses propres choix artistiques. Dans un milieu dont l’importance du physique passe avant les qualités artistiques et vocales, on réalise que nos héros sont parfois d’une naïveté presque puérile, prêts à sacrifier leur âme pour devenir célèbre.

C’est là où Fortissimo tape dans le mile : au lieu de présenter une vie de starlette sympa et cool, où les personnages arrivent à concilier leurs ambitions artistiques avec la carrière qu’ils vont mener, le jeu prend le revers en présentant une vision réaliste des idols au Japon. En cela, la route finale est plutôt intéressante puisqu’elle montre toute la difficulté pour une idol d’assumer d’être un fantasme ambulant alors que beaucoup aimeraient être reconnues pour leur talent. Finalement, l’ambiance paillettes est vite matinée de tâches noires, parfois bien trop difficiles à enlever…

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— Le système —

A l’inverse d’un visual novel normal qui vous demanderait de gentiment répondre à des questions random, Fortissimo innove un peu avec un système de réponses qui se font…par sms/mails. A chaque fin de chapitre, plusieurs conversations s’offrent à vous et vous devez tâcher d’y répondre. Le reste du jeu se déroule comme un pur visual novel avec des découpages de l’histoire en différents chapitres. Chaque personnage a trois fins à débloquer, dont une bad end. Rien de bien transcendant et le jeu offre, pour ainsi dire, peu d’interactions.

— Les graphismes —

Je dois vous avouer, depuis Ken ga kimi la vie devenait un peu dur à se taper des otome games où les personnages vous regardent avec leurs yeux de veau…Aucune crainte avec Fortissimo qui est une grosse claque. C’est beau, c’est bien animé, les personnages changent régulièrement de vêtements et de style à l’écran. On a en plus réellement l’impression de les voir bouger avec des animations propres et bien faites. Autant dire que cela fait plaisir en 2018 de voir enfin des otome games qui mettent le paquet. L’immersion est donc totale dans ce monde aussi grinçant que peu fréquentable que celui des agences d’idols…

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— Avis final —

Fortissimo est relativement décevant. Le postulat de base avait pourtant de quoi séduire avec des thématiques par routes plus adultes, un monde médiatique loin d’être rose avec une réalité du monde des idols au Japon. Malheureusement, le jeu n’est pas toujours à la hauteur malgré une mise en abîme de situations intéressantes et d’une romance relativement bien dosée. Déjà, ce qui m’a profondément ennuyé c’est que les routes se déroulent toutes de la même manière. Bon rassurez-vous on est pas au niveau du copy/paste d’un Snow bound land. On se rapproche plus de Norn9 : War Commons avec des évènements qui se répètent d’une route à une autre. C’est dommage d’autant plus que la principale problématique de chaque route n’est jamais résolue de manière claire. C’est comme si les scénaristes n’avaient jamais réfléchis à la résolution alors que c’est l’un des points essentiels de la romance qui se noue entre l’héroïne et les protagonistes.

Evidemment, tout n’est pas à jeter dans Fortissimo. Déjà, techniquement, le jeu est très beau, avec de belles animations et c’est plutôt appréciable. Les personnages sont plutôt intéressants et ont tous des problématiques qui sont assez…originales même si des fois c’est assez malsain (la route de Osamu). D’ailleurs le Cero D est complètement assumé, ce qui est aussi un bon point. Sans tomber dans du graveleux, le jeu s’évite bon nombre de clichés habituels des otome games. En effet, pas de violences physiques, ni même sexuelles. L’héroïne n’est pas toujours très fine et les garçons en jouent un peu mais jamais on se retrouve dans une situation de malaise quand la romance est mise en place. Du coup, c’est tout mignon et on adhère complètement à l’aspect romantique du jeu.

Malheureusement, cela ne sauve pas l’intégralité du jeu puisque il reste toujours des routes trop courtes et des développements qui manquent de profondeur. Il y a beaucoup de potentiel dans Fortissimo et les personnages gagnent à y être développés. J’ai vraiment été frustrée, et dès la première route, en voyant la fin. « Déjà ? ». Oui c’est vraiment court. Pourtant le jeu ne se termine pas en une après-midi et je pense qu’il faut une vingtaine d’heures pour faire toutes les fins. Je ne sais pas comment l’expliquer mais j’ai eu une impression d’inachevée durant ma lecture, impression qui s’est renforcée au fur et à mesure que j’avançais, étant donné que les routes ont pas mal d’évènements qui se répètent.

Pour finir, Fortissimo est un jeu sympathique dont je ne regrette pas l’achat. En revanche, si vous attendez une histoire profonde et des personnages fouillés, ce n’est pas là qu’ils faut les chercher. En revanche, le jeu fait office d’un entre-deux -jeux plutôt sympa. Je l’ai fais en même temps que j’avançais sur If God were to exist in this world et ce fut plutôt profitable pour ne pas trop souffrir sur un jeu dense.

— Bilan—

Histoire

Note : 1.5 sur 5.

Ecriture

Note : 2.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 1.5 sur 5.

Graphismes

Note : 4.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 4 sur 5.

Je ne regrette pas mon achat de Fortissimo mais ce n’est clairement pas un titre que je conseillerai tant le jeu parait peu développé au niveau de son histoire malgré des personnages intéressants. Dommage car vu les thématiques, il y avait moyen de faire quelque chose. Pas indispensable. 

BONUS : Le photographe : faut lui faire bouffer son appareil.

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– Otome Time ! – Psychedelica of the Black Butterfly

Psychedelica of the Black Butterfly est un otome game développé par Sting (qui a co-développé avec Aquaplus et Leaf de nombreux hits (White Album, Date A Live, Utawararumono, Tears to Tiara II…)). Ce jeu marque leur première (et unique à ce jour) collaboration avec Otomate. Sorti d’abord en 2015 sur PSVita au Japon, il a été licencié par Aksys Games pour une sortie en langue anglaise au mois de mai 2018. Alors, qu’est-ce que ça donne quand un studio qui ne fait pas d’otome game se lance dans le genre ? Soyons honnête, Psychedelica of the Black Butterfly s’inscrit bien plus dans une logique visual novel que otome, grâce à un bon travail de narration. On aurait presque aimé voir une partie RPG même.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Fiche technique Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Kokuchou no Psychedelica
Psychedelica of the Black Butterfly 
Développé par : Sting
Date de sortie initiale : Janvier 2015
Classification : Cero C
Support : PSV / PC


Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Synopsis Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Vous incarnez Beniyuri, une jeune femme qui se réveille dans un manoir étrange. Sans aucun souvenir de son identité et de sa vie passée, elle est rapidement attaquée par un monstre et réussit à le fuir grâce à un jeune garçon aussi perdu qu’elle : Hikage. Très vite, ils font connaissance avec d’autres personnes amnésiques et doivent faire face à un défi particulier : le maître du manoir leur demande de compléter le kaleidoscope pour pouvoir sortir du manoir et retourner dans le monde réel.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Les personnages Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Minato Ai

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"Beniyuri : L’héroïne de l’histoire. Amnésique, elle ne se souvient pas de son nom, ni de sa vie passée. D’un naturel plutôt optimiste, Beniyuri tente du mieux qu’elle peut de ne pas être un fardeau pour les garçons, tout en menant sa quête des souvenirs. Evidemment, elle n’échappe pas, comme beaucoup d’héroïnes à se sacrifier pour autrui et affronter des dangers qu’elle aurait pu éviter. A noter qu’elle est entièrement doublée par une seiyuu, en l’occurence par Mai Nakahara, connue pour son rôle de Nagisa dans le chef d’oeuvre Clannad. De ce fait, Beniyuri n’est pas cantonnée à la place de potiche muette et on s’attache profondément au personnage, tant elle est considérée dans le jeu comme une protagoniste avec une histoire et un développement.

Hikage

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Hikage : Ce jeune homme, amnésique, sauve Beniyuri au début du jeu, quand elle est poursuivie par un des monstres du manoir. Sa capacité d’adaptation en fait très rapidement le leader du groupe dans leur quête pour retrouver les morceaux du kaléidoscope. Il forme en effet le groupe à se battre contre les différents monstres. Niveau caractère, Hikage n’a rien d’exceptionnel, étant plutôt renfermé tout en étant très protecteur de l’héroïne. Il n’hésite pas à la sauver à plusieurs reprises. Il gère également bien l’esprit de groupe, évitant au maximum les disputes entre les différents membres. Je vous laisse découvrir la raison pour laquelle le jeu le considère comme le main guy du groupe.

Kagiha

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Kagiha : Ce jeune homme est un peu le grand-frère du groupe, veillant sur chaque membre. D’un naturel sensible, Kagiha ne supporte pas les conflits et sa maturité s’impose assez vite face aux querelles parfois puériles des autres garçons. Il veille particulièrement sur Beniyuri en se montrant très attentionné, par exemple en lui apportant du chocolat chaud pour la réconforter ou tout simplement prenant de son temps pour l’écouter. Personnage central de la common route, il y tient un rôle aussi déconcertant que poignant et ce n’est pas sa route qui sauve les meubles tellement on est dévasté par le sort du personnage.

Karasuba

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Karasuba : DES CLAQUES. DES BAFFES. *ahem*. Karasuba c’est ce gars super cool, voire même assez sensationnel dans la common route à qui on a envie de mettre des méga claques au bout de quelques chapitres. Faisant office de joyeux luron aux blagues douteuses, Karasuba cache un profond traumatisme en plus d’un gros complexe d’infériorité. Vous savez, cette chose qui fait que dans un otome game, un gars peut soudainement devenir un vrai malade. Bref, la jalousie latente de Karasuba est révélée progressivement au cours du jeu et je dois vous avouer qu’il mérite lui aussi de rentrer dans la liste de Balance ton otome boy. Heureusement, sa vraie fin permet au personnage de faire son mea-culpa, ce qui est pas si mal vu que la majorité n’ose même pas s’excuser d’être un bâtard.

Monshiro

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Monshiro : Personnage énigmatique du jeu, Monshiro intervient à plusieurs reprises, d’abord pour sauver les protagonistes contre les monstres puis ensuite en guidant Beniyuri sur le chemin de la vérité. Caché derrière un masque de renard, Monshiro n’attire pas la sympathie des membres du groupe du fait qu’on ne sait rien de lui et qu’il n’est pas spécialement loquace. D’un naturel très calme, on se doute bien qu’il est présent dans le manoir depuis bien plus longtemps que les autres, ce qui amène bon nombre de suspicions. Cependant, il fait office de route cachée qui se débloque tardivement et assez difficilement vu l’énorme plot-twist qu’il représente. Assurément le meilleur personnage de tout le jeu.

Yamato

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Yamato : Ah, ce tsundere ! Il en faut toujours un n’est-ce pas ? Yamato, c’est ce garçon qui s’emporte pour un rien, même si Karasuba y est souvent pour quelque chose. D’un naturel plutôt froid, il disparait malheureusement assez vite dans le jeu, ce qui provoque une cassure évidente dans la confiance du groupe. Derrière son caractère renfermé, Yamato cache aussi de profondes blessures et trouve rapidement du réconfort auprès de Beniyuri qui est, on peut le dire, sa bouée de sauvetage. On peut également affirmer que sa romance est la mieux dosée du jeu et que le couple qu’il peut former avec l’héroïne est le plus crédible. Bref, un bon personnage qui a le mérite de ne pas s’embourber dans des mauvais travers.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Les papillons de la mort et le chemin de la rédemption Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Psychedelica of the Black Butterfly c’est un peu l’itinéraire de la vie et de la mort. Enfermés dans un manoir inquiétant, poursuivis par des créatures dangereuses, la vie de nos héros tient à un fil…s’ils n’étaient pas tout simplement dans un entre-monde étrange et rempli de désespoirs. La clé de leur retour : leurs souvenirs. Mais le maître du manoir est bien plus machiavélique et cherche autant la rédemption que à l’imposer à ceux qui dansent dans sa main. Pour guider nos héros, il suffit non pas de suivre le lapin blanc mais les papillons blancs. Les noirs mènent à l’horreur lorsqu’on succombe au désespoir qui sommeille en nous. Un terrible drame, des liens plus étroits et une histoire qui doit de nouveau être racontée pour continuer à vivre.

La rédemption c’est la thématique principale de ce titre où chaque personnage affronte son passé pour ainsi avoir le droit de continuer à vivre. Il n’est pourtant pas simple de se confronter à des souvenirs effacés qui deviennent soudainement un danger tant le désespoir peut prendre le dessus et transformer nos héros en monstres. Ainsi, pour sortir du manoir, il n’est pas tant question de retrouver ses souvenirs et la clé se trouve dans la capacité de chaque personnage à admettre sa propre situation. C’est ce qui rend Psychedelica of the Black Butterfly particulièrement dramatique, autant par son scénario que le passif des personnages. En effet il est difficile de ne pas être gagné par l’émotion.

Evidemment, tout n’est pas forcément rose et il appartient à chacun d’apprécier ou non les actions passées et futures des personnages et leur évolution. En cela, le personnage de Hikage divise particulièrement et je ne pense pas qu’on arrive à un consensus face à un protagoniste qui connait une évolution aussi originale que déroutante. C’est aussi pour cela qu’il est très difficile d’évoquer l’univers du jeu sans se mettre à spoiler tant la common route s’avère être un pan entier du scénario, les routes annexes ne faisant que développer assez banalement les personnages. Pourtant, malgré un scénario plutôt court, le tout est suffisamment développé pour ne pas provoquer la frustration, sauf peut-être pour ceux qui attendaient des routes réellement dédiées aux personnages avec des développements appropriés. Au final, ce choix de narration porte l’univers du jeu et ses personnages pour un résultat réussi.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Le système Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Alors autant vous le dire de suite, le système de choix de Psychedelica of the Black Butterfly est un vrai casse-tête. Comme n’importe quel visual novel vous aurez effectivement des choix de réponses, mais pas seulement. Pour vous donner une idée du merdier, voici un petit exemple :

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Le jeu est construit sur un sytème d’arborescence que vous complétez au fur et à mesure que vous avancez dans le jeu. Et pour avancer et débloquer les « routes » des personnages, il vous faudra lire des « shorts stories » qui approfondissent (ou pas) certains moments clés de l’histoire.  Sur le principe, je trouve le concept original et bien pensé dans le sens qu’il évite au joueur de se retaper quinze mille fois le prologue. Cependant, on ne va pas le cacher : sans guide, vous risquez avoir des difficultés à débloquer toutes les fins du jeu, sachant que le jeu ne vous guide pas spécialement et que les embranchements de routes interviennent de façon décousue.

Pour complexifier d’avantage le système et débloquer les shorts stories, vous aurez besoin de points qui s’obtiennent avec un mini-jeu de shoot. A savoir qu’il vous faudra presque 9000 points pour débloquer toutes les shorts stories. En progressant dans le scénario et en réalisant à chaque fois le mini-jeu, vous ne devriez pas avoir trop de problèmes à obtenir le nombre de points requis.

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Pour le reste, on y trouve l’essentiel avec une galerie CG et une compilation des musiques du jeu.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Les graphismes Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Le gros point fort de Psychedelica of the Black Butterfly sont évidemment ses dessins absolument sublimes qui retranscrivent aussi bien le désespoir que le bonheur. Autant dire que les CG sont splendides et qu’il m’est arrivé à plusieurs reprises de rester une bonne minute à les observer tant elles ont un travail de couleur et de mise en scène remarquables. On peut juste reprocher au jeu d’avoir des sprites un peu trop génériques et relativement statiques, surtout pour un titre de 2015. On pardonne facilement ce choix tant à côté le travail graphique est remarquable.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Avis final Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Je vais être franche, je m’attendais pas à ce que Psychedelica of the Black Butterfly me mette une claque. Bien que relativement court, il réussit à transmettre une vraie émotion et le suspense est particulièrement bien ficelé. D’ailleurs je vous conseille d’éviter de mettre les pieds sur VNDB ou même de voir les CG du jeu, vous risquez de vous prendre du beau spoil dans la tronche, ce qui serait dommage tant le climax du VN risque de vous mettre en PLS. D’ailleurs, c’est à ce moment-là que Psychedelica of the Black Butterfly prend son envol et qu’on assiste, complètement choqué, à une réalité bien plus sombre derrière l’histoire.

C’est la force de ce VN, de malmener ses personnages et de ne leur faire aucun cadeau. Même Beniyuri, notre héroïne s’en prend plein la tronche avec des évènements difficiles à encaisser et un traumatisme pas simple à surmonter. Autant dire qu’on sympathise beaucoup pour les personnages et qu’on a envie qu’ils s’en sortent, alors que pour certains, leur destinée est inéluctable. Cette tragédie sied parfaitement à l’ambiance et s’évite l’écueil des fins deus ex machina ou s’épanchant dans la facilité. Le risque est important mais fait de Psychedelica of the Black Butterfly un otome game qui assume pleinement d’être un pur visual novel et pas seulement un bête jeu de drague.

Cet aspect, probablement difficilement défendable, fait pourtant de ce titre un visual novel à part, assumant d’écarter sa romance au profit d’une histoire. Cependant, tout n’est pas parfait et Psychedelica of the Black Butterfly souffre justement de ce parti-pris scénaristique. En effet, difficile de ne pas avoir un goût d’inachevé tant les routes dédiées aux personnages sont courtes et, en dehors de celles de Hikage et Monshiro, n’apportent pas grand chose au scénario. Dommage tant l’histoire principale est absolument incroyable et pleine d’émotions.

— Bilan—

Histoire

Note : 4 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 5 sur 5.

Graphismes

Note : 4.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 4.5 sur 5.

Psychedelica of the Black Butterfly n’est pas passé loin du chef d’oeuvre grâce à son scénario ficelé et ses personnages convaincants. Malheureusement, les « routes » se révèlent très décevantes et n’apportent pas tellement à l’univers. Cependant, il reste un titre qui surprend et qui mérite d’être joué. 

– Otome Time ! Spécial – Uta no☆Prince-sama♪

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Rappelez vous de l’année 2011. C’était l’été, il faisait chaud et un anime complètement barré déboulait sur nos écrans provoquant des rires hystériques et même quelques ricanements face à un délire…complètement assumé. Uta no Prince-sama c’est avant tout un otome game sorti l’année auparavant sur PSP au Japon, signé Broccoli, une filiale spécialisée dans les visual novels du studio Nippon Ichi Software. Voilà. Autant dire que ça en jette. Après Koei et Konami, Nippon Ichi Software (qu’on abrégera volontiers en NIS) s’est lancé lui aussi sur le juteux marché des otome games pour un succès instantané.

En effet, Uta no Prince-sama a rapidement trouvé son public grâce à une recette simple mais efficace : des personnages sympas, des musiques entraînantes et même du gros WTF bien barré mené par Monsieur Norio Wakamoto en personne dans le rôle de Shining SaotomeUta no Prince-sama c’est aussi un casting brillant avec des seiyuus en forme, au point que les concerts se font à guichets fermés. C’est aussi devenu l’un des plus gros succès de l’industrie des otome games avec des jeux se vendant comme des petits pains (+100 000 exemplaires chacun) sans parler des Uta no Prince-sama Music, série de jeux de rythme basés sur les chansons des jeux et des adaptations animes qui cumule plus de 200,000 ventes sur trois épisodes sortis. Le succès ne faiblit pas puisque l’ultime fandisc du jeu a dépassé les 80,000 exemplaires lors de sa sortie en 2015. Etant une grosse fana des chansons, je ne pouvais ne pas faire d’article sur cette licence culte.

♪ Synopsis ♪

Vous – oui vous ou Nanami si vous vous en foutez de mettre votre prénom – êtes une jeune fille passionnée de musique qui rêve de composer des chansons pour son idole, HAYATO. Pour cela, vous rejoignez la prestigieuse académie faiseuse d’idols : la Saotome Academy. Cette école a une seule règle : les relations amoureuses sont interdites. Mais ne vous inquiétez pas, l’amour pointera quand même le bout de son nez. En effet, vous ne tardez pas à rencontrer des jeunes hommes en quête d’une carrière d’idol. Votre choix de partenaire au début du jeu orientera l’histoire que vous vivrez et vos compositions.

♪ Casse-tête vidéoludique ♪

Avec pas moins de six jeux à ce jour pour l’histoire principale et trois jeux de rythmes, difficile de se retrouver. Le succès du premier jeu a poussé Broccoli à réaliser de nombreuses suites et fandiscs. Petit tour d’horizon de chaque épisode avec un avis général.

Uta no☆Prince-sama♪ (Sortie : Juin 2010)

Premier épisode de la série à succès. Le jeu se décompose en trois parties : Au début du jeu vous n’avez accès qu’aux routes des personnages de la Classe A : Otoya, Masato et Natsuki. Une fois l’une complétée, vous débloquez les routes de la classe S : Tokiya, Ren et Syo. Enfin en complétant les vraies fins de tout ce petit monde, la route de Cecil s’ouvre à vous.

Au niveau du jeu en lui-même, en dehors de phases de visual novel classique avec des choix de réponses (trois au total à chaque fois), Uta no☆Prince-sama♪ propose des mini-jeux à compléter sous trois formes : des quizz avec des questions sur la musique, un exercice de composition (qui devient fastoche maintenant vu que les paroles des chansons sont trouvables sur internet…) et enfin un jeu de rythme. A chaque épreuve, selon votre score, vous obtenez une note qui détermine votre score final. Pas de panique si vous êtes des quiches en composition ou sur les questions musicales : il est facile d’obtenir un score de rang S en jeu de rythme.

Uta no☆Prince-sama♪ se révèle intéressant dans sa structure même si elle est assez répétitive avec les mêmes mini-jeux en boucle. En revanche, une fois complétés, vous pouvez les skipper, ce qui fais gagner un temps fou pour débloquer les fins alternatives. De ce côté-là, pas de « mauvaise fin » classique : la pire fin que vous pouvez obtenir est la fin « Meilleurs Amis ». C’est mignon hein ? En revanche, la fin « Happy Ending » que l’on peut considéré comme la « Love Ending » est un peu plus difficile à obtenir.

Évaluation personnelle : 

Note : 4 sur 5.
Le pouvoir de l’amour…et de la musique !

Uta no☆Prince-sama♪ -Amazing Aria- (Sortie : Décembre 2010)

Premier fandisc de la franchise se concentrant sur les personnages de la Classe A et de Cecil ainsi que d’un personnage caché. Pas réellement indispensable, en racontant de nouvelles histoires et de moments mignons et romantiques se plaçant après les évènements du premier jeu. On y retrouve l’indispensable jeu de rythme qui s’intercale entre chaque épisode des routes. Il y a quatre épisodes au total pour chaque route, le jeu n’est donc pas très long.

Enfin, comme pour le précédent, une fois les vraies fins complétées, la route secrète se débloque. Pour le coup, plus qu’un vrai fan service, c’est peut-être la seule vraie route intéressante du jeu, les autres prolongeant juste les fins des précédents jeux sans forcément ajouter du contenu exclusif, en dehors des scènes romantiques. Je dois pourtant dire que c’est le fandisc qui m’a le moins plu, par son intérêt plus que moyen, ne relevant le niveau que dans sa route cachée qui apporte un peu plus à l’univers déjanté de la série.

Évaluation personnelle : 

Note : 1 sur 5.

Uta no☆Prince-sama♪ -Sweet Serenade- (Sortie : Février 2011)

Second volet de la micro-série de fandiscs du premier jeu, Uta no☆Prince-sama♪ -Sweet Serenade se concentre cette fois-ci sur les élèves de la Classe S et…les deux professeurs. Vous avez toujours soupiré de les voir uniquement en personnages secondaires dans le jeu principal ? Ce fandisc est pour vous ! Pour le reste, Uta no☆Prince-sama♪ -Sweet Serenade fonctionne à l’identique du précédent fandisc : des scènes supplémentaires et de la romance. Des mini-jeux de rythmes agrémentent les routes, comme à leur habitude.

Pourtant, j’ai apprécié ce fandisc, probablement parce que je voulais une route pour Ringo depuis le début. C’est typiquement le genre de personnage au passif qui intrigue puisqu’on apprend assez vite qu’il ne se travesti pas pour le plaisir mais parce que c’était pour sa carrière. Les enjeux sont finalement intéressants et sa route brosse une réalité de la carrière des idols qui n’est pas aussi géniale que l’on pense. On retrouve finalement un peu la thématique de la route originale de Tokiya qui souffrait de la personnalité hystérique qu’on lui demandait d’incarner.

En dehors des routes de Ringo et Ryuuya, les autres ne sont que des prolongements romantiques du jeu précédent. Ce qui en fait un jeu moyennement indispensable même si les routes des profs des deux classes relèvent le niveau d’intérêt de ce jeu, plus que le précédent où la route cachée était complètement WTF. Et puis surtout, ce fandisc permet de conclure l’arc du jeu original en douceur.

Évaluation personnelle : 

Note : 3 sur 5.
Tokiya, t’as une belle gueule mais t’es un peu chiant.

Uta no☆Prince-sama♪ Debut (Sortie : Mai 2012)

La véritable suite du premier Uta no☆Prince-sama♪. Dans la vraie fin des précédentes routes, nos personnages accédaient enfin au statut d’artiste professionnel. Pour le coup le jeu se dote d’une nouvelle interface et de graphismes améliorés.  Le chara-design et les illustrations sont d’ailleurs de qualité. Comme toujours des jeux de rythme égaient les différentes phases de dialogues. Dès le début, l’intégralité des routes sont disponibles et il n’y a pas de bonus cachés à débloquer comme pour les précédents jeux. Ainsi, les routes de Saotome, Ringo et Ryuuya ne trouvent pas de conclusions dans cet épisode. Oui je sais c’est triste.

Ma déception ira plus au système du jeu que j’ai trouvé assez pauvre. J’aurai bien aimé retrouver les exercices de compositions qui, même s’ils sont assez complexes, donnaient un certain challenge de réussite. Or ici, il n’y a que des jeux de rythme qui ne rendent pas les routes difficiles. Evidemment ce n’est qu’un petit détail mais les exercices de composition donnaient aussi vie aux chansons du jeu et quelque part, c’était un peu les nôtres. Broccoli ne s’est donc pas tellement foulé.

Pour le reste, Uta no☆Prince-sama♪ Debut fait largement le job en proposant une suite aux aventures de nos héros sur le chemin de leur carrière d’idol. Pour ceux qui seront plus romantiques, le jeu vous propose toujours les Happy Endings où l’amour triomphe ainsi qu’une fin alternative qui remplace les Best Friends Endings. Le jeu introduit également des personnages qui vont rapidement devenir centraux : les mentors des personnages principaux.

Évaluation personnelle :

Note : 3 sur 5.
La version jeune de Shining Saotome ou comment draguer Norio Wakamoto. C’est pas rien.

Uta no☆Prince-sama♪ All Star (Sortie : Mars 2013)

Nos sept héros principaux laissent leur place dans cet opus à leurs quatre mentors et à leurs deux profs. Techniquement, le jeu fonctionne comme son prédécesseur : des phases de jeux de rythmes parsèment les différents chapitres. Le jeu se découpe en trois parties : la première, Quartet Night se concentrant sur Reiji, Ranmaru, Ai et Camus ; la seconde sur Ringo et Ryuuya et enfin la troisième appelée Rainbow Route consacrée à nos sept idoles des précédents jeux.

Cet opus se démarque en mettant en lumière les personnages secondaires de la série. Si Ringo et Ryuuya avaient eu droit à des routes bonus dans le fandisc Sweet Serenade, on n’attendait pas qu’ils soient de nouveau développés. Ce fut une surprise plutôt agréable même si les fans de la première heure déploreront la mise en retrait des héros originaux de la série. Pourtant, il est assez logique de voir le jeu changer d’angle, la carrière de nos idols étant lancée, notre héroïne devient alors parolière pour l’Agence Saotome et ne travaille plus seulement pour ses anciens partenaires. En effet, les romances développées dans All Star partent du principe que vous n’avez pas eu de une relation amoureuse précédemment.

L’autre force de All Star est que les protagonistes sont enfin adultes et ainsi les thématiques sont bien plus travaillées. Malgré tout, l’univers continue d’être développé faisant intervenir des personnages aux origines surprenantes mais plutôt cohérent vu ce que la série a montré jusque-là. Quelque part, je dirais même qu’on a évité le délire complètement assumé du fandisc Amazing Aria avec la route caché. Concernant les fins, le jeu continue de proposer une vraie fin, une fin heureuse et une fin alternative.

Évaluation personnelle : 

Note : 4 sur 5.
Ai, un des meilleurs personnages de la saga.

Uta no☆Prince-sama♪ All Star After Secret (Sortie : Mars 2015)

Ultime fandisc de la franchise. All Star After Secret conclue les routes des quatre mentors mais également celles de nos 7 premiers protagonistes. Cependant, si la recette reste efficace, elle trouve ici ses limites après un précédent titre que j’avais trouvé excellent. En effet, All Star était déjà à mes yeux une conclusion plutôt évidente de la série. Cependant, Broccoli, dont les ambitions monétaires ne sont plus à démontrer (suffit de voir ce qu’ils ont foutu avec Kamigami no Asobi) ne semble pas revoir sa copie et exploite ainsi à fond la licence pour un résultat…mitigé.

Alors oui c’est toujours génial de revoir les personnages et j’ai fondu durant la route de Ai car c’est un de mes chouchous mais en voulant faire un ultime épisode, le jeu se prend les pieds dans le tapis avec un certain nombre de problèmes : en premier lieu, la pauvreté des routes. Constat déjà vu dans les premiers fandiscs dont l’intérêt était parfois relatif, Broccoli semble fournir le minimum de travail d’écriture et malheureusement pour eux, si on pouvait encore leur pardonner en 2010, c’est moins le cas en 2015. Le seul point de qualité du jeu se trouve dans ses graphismes très honorables mais ce n’est pas assez pour sauver du naufrage ce titre.

Si All Star avait fait souffler un vent de fraicheur sur la saga avec le développement des personnages secondaires du jeu, on y trouvait déjà quelques prémisses d’un relâchement de qualité globale mais j’étais conquise par le développement de Quartet Night. Leurs routes dans After Secret ne sont pas mauvaises et elles offrent deux embranchements d’histoires mais on ne peut pas en dire moins pour les 7 membres de Starish. Si évidemment chaque personnage avait été développé dans les précédents jeux, on est moins convaincu de nous servir quelques scènes qui n’apportent rien, ni à l’histoire, ni à la romance. Bref, le jeu est une énorme déception et finir sur ça…ben ça fait assez mal.

Évaluation personnelle : 

Note : 1 sur 5.

♪ Les personnages ♪

-> Jeu original

♪ Otoya Ittoki : ce joyeux garçon à la bonne humeur contagieuse fait partie de la Classe A au début du jeu et partage sa chambre avec Tokiya. Otoya c’est le gars sympa, le bon copain qui te soutient toujours en cas de coup dur, bref un personnage adorable avec qui on irait faire une virée en auto en chantant comme des tarés. Clairement pas le plus original de la bande mais suffisamment attachant, d’autant plus que sa route est techniquement la première que l’on doit faire.

Masato Hijirikawa : ce fils d’un magna de la finance fait partie de la Classe A et se révèle particulièrement vieux jeu, du fait de son éducation stricte. Bien que adorable, Masato est clairement le gars un peu coincé du derrière qui mériterait d’être secoué comme un prunier pour enfin agir réellement comme il le souhaite au fond de lui. En rivalité directe avec Ren du fait que les sociétés de leurs familles soient concurrentes. Il est doublé par Ken’ichi Suzumura qui pour le coup, intervient dans un registre assez différent.

♪ Natsuki Shinomiya : Cet énergumène s’extasiant sur la moindre chose mignonne fait partie de la Classe A. Derrière son insouciance apparente se cache en réalité un dangereux individu si on a le malheur de lui retirer les lunettes. Oui c’est complètement pété mais Natsuki devient alors Satsuki et les ennuis pleuvent tant son autre personnalité se révèle assez violente. Nos héros ont du mal à s’en sortir face à un personnage aussi déroutant. Si Natsuki n’est pas foncièrement le meilleur personnage du jeu, il possède incontestablement parmi les meilleures chansons de la série.

♪ Tokiya Ichinose : Tokiya fait partie de la Classe S. C’est l’archétype du beau gosse chiant comme la pluie. On apprend dans sa route qu’il est en réalité l’idol HAYATO mais qu’il ne supporte plus d’incarner une personnalité hystérique. Et pour cause, Tokiya est tout sauf un personnage joyeux et drôle. Taciturne, froid et solitaire, il lui faudra du temps avant d’accepter l’amitié des autres. Au moins on peut lui reconnaître de tenter à trouver son équilibre en retournant à la Saotome Academy.

♪ Ren Jinguuji : Ren fait partie de la Classe S et est l’archétype du beau gosse qui fait tomber les filles comme des mouches. Et il aime ça le bougre. Rival de Masato par leurs familles respectives, Ren est bien plus que l’image du playboy qu’il laisse transparaître. Cependant, son comportement peut assez vite agacé vu qu’on ne sait jamais si il est sincère ou il se fout ouvertement de notre poire. Personnellement, j’ai eu un mal fou à accrocher au personnage à cause de son caractère qui a tendance à me gonfler plus qu’autre chose.

♪ Syo Kurusu : Petit excité de service qui a tendance à prendre la mouche dès que sa taille est sujet à plaisanteries. Syo fait aussi partie de la Classe S…et c’est peut-être le truc le plus improbable du jeu tant ses capacités de chanteur sont remises en question par pas mal de joueuses. Oui il est mignon mais il chante un peu faux. Il reste cependant un personnage adorable et gentil dont les moments de mignoneries font craquer.

♪ Cecil Aijima : Personnage caché du jeu original, Cecil n’appartient à aucune classe de l’académie. Il a longtemps été victime d’une malédiction qui l’a transformé en chat. Sa rencontre avec notre héroïne lui permet de retrouver son apparence originale. Prince héritier du trône de Agnapolis, son retour dans son pays d’origine est au centre de l’intrigue. On peut considérer sa route comme la True End du jeu.

-> Les fandiscs

♪ Ringo Tsukimiya : Professeur de la Classe A, c’est également une des idols les plus populaires du moment. Contrairement à ce qui est laissé croire dans l’anime ou dans le premier jeu, Ringo ne se travesti pas par plaisir. Au début de sa carrière, on l’a obligé à adopter ce rôle, lui garantissant un succès instantané. Hélas, comme Tokiya, le choc entre la personnalité qu’il est censé avoir et ses réels sentiments sont au centre de sa route dans Sweet Serenade ainsi que dans All Star. Clairement un des meilleurs personnages du jeu, d’autant plus que c’est un rôle à contre-emploi pour Yuichi Nakamura (Tomoya dans Clannad).

♪ Ryuuya Hyuuga : Professeur de la Classe S. Après avoir embrassé une carrière d’idol, il s’est tourné vers des rôles d’acting plutôt badass. Ryuuya est d’ailleurs l’idole de Syo qui aimerait bien être comme lui. Comme Ringo, il cache un profond traumatisme de son expérience comme idol et tente du mieux qu’il peut, d’accompagner les élèves de la Classe S pour qu’ils ne fassent pas les mêmes erreurs que lui.

♪ Shining Saotome : Le directeur excentrique et complètement barré de la Saotome Academy. Il est par ailleurs doublé par un monument du monde des seiyuu et se caractérise par son rire particulièrement contagieux. Dans le fandisc Amazing Aria, après avoir utilisé une machine à remonter le temps, sa version jeune se retrouve à notre époque. On apprend qu’il était dans sa jeunesse une idol réputée et a crée son école pour accompagner les jeunes souhaitant réaliser leur carrière. Saotome est également particulièrement fourbe et fait tourner en bourrique tout son petit monde, pour son plus grand plaisir.

-> All Star

♪ Reiji Kotobuki : Il apparait dans le jeu Debut en supervisant les premiers pas de Tokiya et Ottoya. D’un caractère jovial, se permettant même d’être familier avec tout le monde, Reiji est pourtant un personnage complexe. En effet, derrière son enthousiasme, se cache une personne mature et mélancolique qui essaie tant bien que mal de paraître cool auprès de ses amis.

♪ Ranmaru Kurosaki : Dans Debut, il s’occupe de Masato et Ren. On apprend plus tard que les trois se connaissent depuis l’enfance. Ce coeur de rockeur joue volontiers les gros durs alors qu’on le sait tous, ce sont des chamallows :D. Ranmaru ne fait pas facilement confiance aux autres et ne supporte pas le caractère de Reiji qui en profite pour lui jouer des tours. Son manque de confiance est au coeur de sa route.

♪ Ai Mikaze : Mentor de Natsuki et de Syo. Très souvent impassible, Ai en réalité une intelligence artificielle conçue par Saotome, toujours le premier à se lancer dans des délires improbables. Cependant, si Ai est doué comme idol, il a beaucoup apprendre des autres et c’est au contact de ses élèves mais aussi de notre héroïne qu’il acquiert la compréhension du monde et des humains.

♪ Camus : Il supervise Cecil dans son apprentissage comme idol. Comme lui, il vient d’un autre monde où il a le statut de Conte, ce qui explique son attitude classe et autoritaire. Il ne s’entend pas très bien avec Reiji et Ranmaru.

♪ Humour, chansons et WTF : une recette efficace ♪

Uta no prince-sama c’est quoi ? Beaucoup de WTF au premier abord. Mais c’est surtout un univers qui fait la part belle aux beaux sentiments, à l’amitié et aux chansons qui donnent le moral. Bref, un otome qui fait du bien ! Evidemment on échappe pas à quelques drames qui ponctuent les routes comme l’enfance esseulée, les problèmes familiaux mais pas seulement. Le jeu évite, avec adresse, de dresser un portrait lisse du milieu des idols au Japon. C’est d’abord Tokiya qui a ouvert le bal dans le premier jeu avec une vraie réflexion sur la carrière d’idol et ses impératifs qui détruisent la santé mais aussi le moral. Ensuite, les routes de Ringo et Huuga montrent également les pendants négatifs d’une carrière.

Cependant, jamais Uta no Prince-sama verse dans le pathos ou le drame larmoyant. Les graphismes colorés, les musiques et les personnages, tout est fait pour donner un enrobage qui sent bon la bonne humeur. Evidemment, on pourra toujours reproché aux jeux d’être complètement WTF, de ne jamais développer à fond ses personnages et de n’avoir aucun scénario. Mais au fond, ce n’est pas ce qui importe. On ne joue pas à UtaPri pour avoir un scénario développé. On y joue pour y passer un bon moment, y écouter des chansons et apprécier l’ambiance. En revanche, je suis moins convaincue du nombre exponentiel de suites sorties. Autant je conseille volontiers le premier épisode (qui a par ailleurs, connu un remake sur PSVita), j’ai un peu plus de mal à vous motiver à vous lancer dans les titres suivants, d’autant plus que le dernier est clairement catastrophique.

Le succès de UtaPri se base énormément sur ses musiques, son casting et surtout son chara-design. Les mauvaises langues diront que c’est un pur produit marketing. Evidemment mais il ne faut pas oublier que en 2011, les jeux consacrés aux idols n’étaient pas courants et que malgré lui, UtaPri a lancé une mode dévastatrice avec ses multiples clones cherchant à surfer sur la vague. On peut donc reprocher à la série d’être devenue très commerciale, avec des jeux à l’intérêt douteux mais les chansons restent toujours aussi efficaces et le plaisir est intact lorsqu’on replonge dans la licence. L’esprit UtaPri a le mérite de miser sur la bonne humeur et le fun, alors autant dire que cela ne fait pas de mal entre tous ces otome games sérieux.

♪ Une direction musicale de qualité ♪

Ne le cachons pas, le principal attrait de Uta no Prince-sama c’est évidemment sa musique. Le casting est, pour le coup, d’une qualité rare même si pour certains, on se demande ce qu’ils font là (coucou Syo !). Pourtant, les chansons ont le mérite de faire bouger le popotin et d’être musicalement loin d’être dégueulasses. On retrouve pour chaque personnage un style musical assez particulier, raison de plus d’apprécier des tires variés et originaux. D’autant plus qu’au fur et à mesure, la saga s’est constituée une setlist conséquente, marquée par les concerts organisés chaque année où les seiyuus se donnent à coeur joie pour incarner leurs personnages.

Pas étonnant d’ailleurs qu’à l’été 2017, Broccoli et Klab Games ont lancé Uta no Prince-sama : Shining Live, un jeu de rythme sur mobile particulièrement dévastateur. D’ailleurs, Klab a même réussi l’exploit à localiser le jeu en langue anglaise avec une sortie internationale en janvier 2018. Exploit oui puisque les fans de la première heure de UtaPri connaissent les déboires de Broccoli avec les fans occidentaux. Si les jeux orignaux ne franchiront probablement jamais la frontière du Japon, la sortie de Shining Live permet de profiter de l’incroyable richesse musicale de la saga, d’autant plus que même en 2018 de nouvelles chansons sont produites.

Evidemment, si vous n’êtes pas fan de pop japonaise, vous risquez avoir du mal à apprécier les chansons des jeux et des différentes séries animées.

♪ Système et Gameplay ♪

Le premier jeu Uta no Prince-sama a la particularité d’être le plus abouti au niveau de son gameplay avec des mini-jeux variés, allant du traditionnel jeu de rythme au questionnaire sur la musique en passant par un jeu de composition particulièrement difficile…A partir du second jeu, les jeux de composition et les quizz ont disparus, laissant uniquement place aux jeux de rythme. C’est ma plus grosse déception de la licence même si les jeux de rythme vous donneront du fil à retordre si vous choisissez le mode Hard.

Le jeu propose bien évidemment des choix de réponses aux dialogues. Il existe 3 fins : Happy, Love et Bests Friends dépendant à chaque fois d’une jauge d’affection qui évoluent à chaque chapitre. Cependant, une fois une première fin complétée, vous pouvez accéder librement aux différents chapitres de chaque route, afin de gagner un temps précieux (même si les jeux ne sont pas très longs).

♪ Les graphismes ♪

Honnêtement, le premier jeu Uta no Prince-sama fait aujourd’hui pâle figure. Je ne saurais que vous recommander le remake sur PSVita qui a connu une refonte graphique complète. Pour le reste, les jeux restent assez classiques avec des sprites simples et des illustrations colorées. Cependant, malgré une amélioration graphique effective tout au long des nouvelles sorties, Broccoli en est toujours resté aux sprites non-animés. J’ose espérer que pour leurs prochaines productions ils mettent le paquet là-dessus.

A la direction artistique on retrouve Chinatsu Kurahana, une artiste qui s’est fait connaître en travaillant sur les jeux Togainu no Chi et Lamento. Etant plutôt fan de son travail, je dois dire que j’ai tout de suite accroché au chara-design des personnages. C’est d’ailleurs ce qui a fait le succès de UtaPri, au-delà des chansons entraînantes, c’est que graphiquement les personnages sont reconnaissables et que chacun y trouve son compte.

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♪ Avis final ♪

Ce n’est pas facile de faire une critique de la série Uta no Prince-sama. Je tenais pourtant à le faire car c’est une saga qui a marqué ma vie de joueuse d’otome games, tout autant qu’elle a été l’un des plus grands succès populaires du genre. Depuis la sortie du premier jeu, le succès ne s’est jamais arrêté grâce à une armada de produits dérivés, de nouvelles chansons et évidemment de concerts. UtaPri a même lancé le phénomène idol, aujourd’hui popularisé par de nombreux mobage, otome game, drama CD, manga et anime.

Peut-être parce que j’ai découvert le premier jeu grâce à l’anime, je n’ai pas le recul nécessaire pour y voir des défauts évidents mais j’ai passé de bons moments sur chacun des jeux, sauf pour Amazing Aria que j’ai trouvé très moyen et qui avait manqué de me faire décrocher à l’époque (et parce que draguer Norio Wakamoto c’était au-dessus de mes forces). UtaPri a toujours gardé sa fraicheur et a représenté cette catégorie d’otome games qui n’ont pas la prétention d’être sérieux ou de vouloir faire avancer le genre. Et c’est pas plus mal ! Evidemment il y a beaucoup à dire en reproches : déjà la multitude de spin-offs/suites qui n’apportent pas énormément, étant juste développées pour continuer à grappiller facilement des sous. Et je dois avouer que si All Star m’a énormément plu, se concentrant sur des personnages que j’appréciais je l’ai moins été pour son fandisc.

Je vous conseillerai au moins de tenter l’aventure avec le premier jeu, pour comprendre le phénomène autour de cette licence. On a souvent l’impression d’avoir un succès abusé pour un jeu qui n’en mérite pas autant. Pourtant, UtaPri c’est aussi une ode à l’amour, l’amitié, aux projets et à l’importance de croire en ses rêves. C’est une oeuvre qui peut paraître bien niaise mais c’est aussi un besoin, tant la série s’est inscrite dans une mouvance instaurée depuis Kin’iro no Corda. Ce sont des jeux qui font du bien, qui instaure une image colorée et positive des otome games. En revanche, l’ultime fandisc n’aura fait que démontrer que à force de tirer sur la corde, le résultat est de moins en moins intéressant.

– Otome Time ! – OZMAFIA !!

OZMAFIA !! est un otome game de Poni-Pachet d’abord sorti en 2013 sur PC puis porté sur PSVita en 2016. La même année, l’éditeur américain MangaGamer achète les droits de la version PC pour lui fournir une localisation anglaise. Si l’accueil est mitigé, OZMAFIA!! est un otome game relativement ambitieux, servi par une direction artistique royale et des personnages aussi fantasques que assez brillants. Sans être l’otome game du siècle, OZMAFIA !! est un visual novel intéressant de part ses choix narratifs et de son univers.

— Fiche technique —

Ozmafia!!
OZMAFIA !!
Développé par : Poni-Pachet
Date de sortie initiale : Juin 2013
Classification : Cero C
Support : PC / PSV / Nintendo Switch

— Synopsis —

Fuuka (que vous pouvez renommez) se réveille dans une ville étrange, sans aucun souvenir de sa vie passée. Pire encore, la première personne qu’elle rencontre lui déclare calmement qu’il compte la tuer, sans expliquer la raison. Alors que Fuuka fuit, elle tombe sur Caramia, le don de la famille Oz. Après avoir mis en déroute son agresseur, il propose à la jeune fille la sécurité et un toit. Cependant la ville où a atterri Fuuka est tout aussi étrange puisque  différentes familles mafieuses se livrent une guerre de gang fantasque.

— Les personnages —

♦ Fuuka : Notre héroïne. Fuuka est une jeune femme amnésique et par conséquent elle hérite de toutes les tares de la bonne cruche d’otome game : naïve, gentille (trop), pas spécialement intelligente et se faisant embarquer dans certaines situations particulièrement…malsaines. Autant vous dire qu’on a clairement envie de lui en coller une de temps à autre.

Caramia : le chef de la famille Oz. Caramia est une personne serviable, gentille et optimiste. Il est régulièrement en conflit avec Kyrie. Il prend sous son aile Fuuka, lui garantissant sa sécurité. Sur pas mal de points de vue, il a tout du prince charmant. Il est le lion du roman Le Magicien d’Oz.

♦Kyrie : consigliere de la famille Oz. D’un tempérament sec et particulièrement pas aimable, Kyrie prend très au sérieux son rôle dans la famille ainsi que de la guerre de gang qui sévit en ville. Il rentre souvent en conflit avec Caramia, qu’il juge trop flexible et sans autorité. Il est l’épouvantail dans Le Magicien d’Oz.

♦ Axel : Un des capitaines de la famille d’Oz. Axel est un personnage taciturne, pas particulièrement souriant mais que sous son air glacial se révèle un vrai guimauve. Il assure la sécurité de Fuuka sous les ordres de Caramia, ce qui sera d’ailleurs son excuse bidon durant une partie de sa route. S’il n’est pas intéressé par l’héroïne, il finit par s’y attacher. Il est le bûcheron en fer blanc du roman Le Magicien d’Oz.

♦ Caesar : Le chef des Loups, vivant à l’extérieur de la ville et attaquant régulièrement les habitants. Caesar est celui qui tente, à plusieurs reprises, de tuer Fuuka. Ses motivations sont alors très flous et il faudra attendre l’ultime route pour enfin avoir des réponses. Sa route, plutôt courte, n’apporte pas grand chose à l’univers.

♦ Pashet : La chef des chats bottés. Oui ils ont osé. Pashet est un personnage féminin qui possède sa propre route. D’un tempérament de guerrière, elle se lit pourtant d’amitié avec Fuuka alors qu’elles ne sont pas dans le même camp.

♦ Robin Hood :  Le médecin de la ville. Inspiré évidemment du personnage de Robin des bois. Sa route permet de recoller les morceaux entre celle de Caramia et de Hamelin puisqu’il en est la victime indirecte.

♦ Scarlet : Un des capitaines de la famille Grimm. Scarlet est en effet Le petit chaperon rouge du conte en question. Il fallait bien un pur tsundere dans le jeu. Malgré qu’il soit dans une famille ennemie, Scarlet s’entend très bien avec les membres de la famille Oz et leur rend régulièrement visite, se posant aussi comme conciliateur de paix. Sa route, bien que courte, permet de mettre en avant l’un des antagonistes principaux du jeu.

♦ Soh : Bras droit de Caesar, Soh fait donc partie du groupe des Loups. Pourtant, à l’inverse des autres qui vivent en dehors du village, Soh s’y est installé avec son échoppe où il y cuisine des plats. Joyeux et positif, il s’entend très bien avec Axel. Sa route, l’une des plus étranges du jeu est liée au scénario.

♦ Dorian Gray : Dirigeant de la maison close de la ville (oh wait), Dorian est à l’extérieur un homme raffiné et un vrai gentleman qui se montre particulièrement attentionné envers Fuuka. En réalité c’est un prédateur dangereux qui tente d’enfermer les gens dans sa maison close afin qu’ils deviennent ses pantins. Heureusement, dans un de ses fins, il finit par obtenir ce qu’il mérite…

♦ Hamelin : Exilé de la ville pour avoir commis un crime, Hamelin apparait tardivement alors qu’il est le chef de la famille Grimm. Véritable psychopathe, il ne fait que provoquer la violence autour de lui, ses motivations n’étant pas toujours très avancées pour expliquer le pourquoi du comment. Il est évidemment inspiré du personnage de Hamelin.

— Voyage dans la dimension des contes —

OZMAFIA !! se veut bien plus profond que la simple histoire d’une pauvre amnésique tombée dans le pays des contes. En cela, la structure narrative a le mérite d’être intéressante même si elle demande de l’investissement aux joueurs, tant les routes sont nombreuses et certaines assez courtes. Pourtant, cela vaut le coup d’arriver à la vraie route finale qui m’a autant surprise que charmée. D’autant plus qu’elle se permettait de développer le roman Le Magicien d’Oz d’une façon originale, pleine d’ambitions même. En effet, si les routes ont chacune leurs histoires, très vite, les éléments des unes et des autres se recoupent jusqu’à la True End.

Les personnages sont dans l’ensemble plutôt fouillés et ont chacun leur caractère et leurs passifs. Evidemment, le jeu n’évite pas les bons vieux clichés du genre mais on ne peut reprocher au jeu d’avoir tenté de les rendre intéressants. La relecture du Magicien d’Oz dans les routes de Caramia, Kyrie et Axel est d’ailleurs. assez bien amenée. Il reste Dorian Gray, personnage détestable qui a rejoint la liste spéciale #balancetonotomeboy. La route du Bordel reste un moment assez déconnecté du jeu, limite hors propos mais assumée. Les Reverse Routes sont en revanche particulières et tranchent avec la monotonie du jeu.

L’utilisation de différents contes et romans jeunesse reste à l’appréciation de chacun et on regrette que certains personnages soient complètement sous-exploités. En effet, si les routes de Caramia, Kyrie et Axel permettent de mettre en avant l’oeuvre originale dont ils sont issus les autres personnages ne bénéficient pas de ce traitement scénaristique. Sans parler de bâclage, car le jeu ne l’est pas, il est dommage de voir que tous les personnages ne soient pas mis au même niveau de développement. De ce côté-là, on est loin de la mise en abîme des univers du conte comme dans Zettai Meikyuu Grimm.

— Le système —

OZMAFIA !! est un visual novel classique avec des choix de réponses. Cependant, à différents moments du jeu, vous avez la possibilité de vous déplacer et de choisir à qui parler. Rien de bien compliqué en soit. Là où le jeu se révèle « intéressant » c’est dans les Reverse Routes où, alors qu’on est déjà sur la route d’un personnage, on peut switcher avec un autre love interest. Pour débloquer le Grand Final, il vous faudra faire toutes les fins, même les plus mauvaises. Des guides sont disponibles un peu partout pour vous aider à y voir plus clair.

— Les graphismes —

De ce côté-là rien à redire. OZMAFIA !! possède des graphismes somptueux signés Satoi. Le chara-design est également aux petits oignons. Personnellement j’ai apprécié le côté très coloré du jeu mais également les décors très vivants et enchanteurs. Le jeu possède une belle identité graphique. Les CG sont également de qualité.

— Avis final —

J’ai bien aimé OZMAFIA !! malgré les routes parfois bancales, les Reverse Routes qui faisaient craindre le pire (quand on a touché à des jeux R-18 on a peur, croyez-moi) et la route du Bordel (oui vous avez bien lu) qui a été source de cauchemars. Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris l’objectif de cette route à part l’envie des développeurs de casser l’aspect mignon du jeu. D’autant plus qu’à part provoquer l’effroi, il n’y a absolument rien à en tirer de cette route. Bref, un délire un peu étrange qui visiblement avait l’objectif d’apporter un côté « mature » au jeu.

Quand au reste du jeu, j’ai apprécié de voir la double fin répondre à toutes les questions du scénario. Il y en a un peu marre de ces jeux qui proposent un scénario pour au final n’apporter aucune réponse à la fin (coucou Amnesia: memories ou Norn9). De ce côte-là OZMAFIA !! s’explique sur le double épilogue de la meilleure façon possible et on finit le jeu avec l’impression d’avoir lu une histoire complète. Autant dire que ça fait plaisir et que j’ai eu une satisfaction à aller au bout.

Petit point sur les Reverse Routes. Beaucoup les ont trouvé scandaleuses. De mon côté, parce que j’ai peut-être eu l’habitude des otome games où les gars se déchirent pour une nana, parfois en venant à faire des trucs vraiment pas nets (coucou Akazukin to mayoi no mori), mais j’ai trouvé que c’était plutôt bien construit au final. Evidemment, sur le concept, ça fait pas très « otome game » mais OZMAFIA !! n’est pas le seul jeu du même type à proposer ces choix. Dans Storm Lover on avait aussi la possibilité de changer de copain au cours du jeu, voire même de provoquer un triangle amoureux. Alors bon, c’est pas les Reverse Routes qui vont forcément être plus choquantes. Elles évitent même de devenir malsaines avec des personnages qui s’entretuent pour le coeur de la cruche.

OZMAFIA !! a des défauts mais j’ai apprécié la lecture de l’histoire et les personnages qui, sans être originaux, ont tous leur personnalité. Le jeu est d’ailleurs somptueux grâce aux illustrations de Satoi. Moi qui l’avait juste vu sur Diabolik Lovers j’ai été surprise de voir qu’elle était capable de créer des personnages très différents au niveau du design. Bref, le jeu est disponible sur Steam pour 32€. Vu la longueur du jeu (Environ 50h) et l’histoire c’est un prix plus que correct ! Si les éditions dématérialisées ne sont pas votre dada, sachez que vous pouvez acheter le jeu chez MangaGamer en édition physique pour 28€ (oui le dollar est avantageux !)

— Bilan—

Histoire

Note : 3 sur 5.

Ecriture

Note : 3 sur 5.

Système de jeu

Note : 3.5 sur 5.

Graphismes

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 3 sur 5.

OZMAFIA!! n’est pas dénué de défauts mais le jeu s’en sort grâce à une narration plutôt solide, des personnages originaux et une belle bande sonore. On regrettera juste des « subs-routes » aux intérêts très contestables et les Reverse Routes qui craignent un peu. 

– Otome Time ! – Norn9 – War Commons

Norn9 – War commons est un otome de Otomate d’abord sorti sur PSP en 2013 puis sur PSVita l’année suivante. En 2015, Aksys Games localise le titre en langue anglaise. Disponible en dématérialisé sur le PS Store européen, il faudra passer par la case import pour l’exemplaire physique. Doté de neuf routes au total, Norn9 est un otome plutôt long avec 3 héroïnes, ce qui n’est pas courant. Pour autant, le jeu a été une vraie déception, probablement parce que j’en attendais beaucoup trop.

— Fiche technique —

Norn9 ~Norn + Nonette~
Norn9 - War commons
Développé par : Otomate
Date de sortie initiale : Mai 2013
Classification : Cero C
Support : PSP / PSV

— Synopsis —

Tout commence lorsque un jeune garçon en sortie scolaire du nom de Sorata Suzuhara est appelé par une étrange et belle voix. D’un seul coup le voilà téléporté dans le passé. Il y rencontre Koharu qui lui annonce qu’elle va rejoindre un groupe de personnes sur un vaisseau appelé le Norn. Sorata la suit et rencontre 8 autres personnes sur ce vaisseau à destination de The World. Peu de temps après l’arrivée de Sorata et Koharu, le Norn est attaqué à un étrange individu. Le groupe se rend compte qu’il y a probablement un traitre sur le vaisseau et par conséquent des groupes de deux personnes sont formés afin que chacun puisse surveiller l’autre. Dans une ambiance tendue, le Norn lui, poursuit sa route vers The World…

— Les personnages —

Les héroïnes

♦ Koharu : Petite chose fragile, Koharu a toujours vécue seule, à l’écart du monde. Tout ce qu’elle apprit du monde vient des bouquins et c’est donc une personne naïve qui fait les frais des mesquineries de Kakeru. Koharu est donc l’archétype de la jeune fille gentille, prête à aider qui le demande et d’une volonté incroyable. En résumé : chiante comme la pluie.

Mikoto Kuga : La Madame en personne. Mikoto est l’archétype du protagoniste insupportable, prenant tout le monde de haut et, quelque part, méprisant quiconque n’est pas de son avis. Le seul point positif avec elle c’est qu’elle est l’unique membre du groupe à se soucier du traitre qui sévit sur le vaisseau, là où les autres en ont strictement…rien à foutre.

Nanami Shiranui : Souvent surnommée la Rei Ayanami du jeu par sa ressemble assez frappante et son caractère froid et distant avec les autres membres du Norn, Nanami est donc un personnage peu causant. Dans les routes de ses « copines » elle apparait relativement effacée. Au final, elle est une héroïne assez atypique, difficile à s’identifier puisque l’on connait moins ses pensées que celles des autres. Son pouvoir a la particularité d’être un des grands mystères du jeu (enfin, comme toutes les intrigues c’est assez vite grillé quand on s’attaque à ses routes dédiées).

Les nuisibles à draguer

Kakeru Yuiga : Fait partie du « harem » de Koharu. Ce drôle d’énergumène vous tapera rapidement sur le système par sa propension à prendre absolument tout à la légère. Curieusement la route de Kakeru est la moins pire du jeu, du fait qu’elle permet d’introduire l’un des antagonistes du jeu mais aussi qu’elle apporte beaucoup de réponses (mais aussi des questions). Pas inoubliable, il reste cependant un personnage assez sympathique et sa bonne fin a le mérite d’être une vraie bonne fin.

 Senri Ichinose : Fait partie du harem de Koharu. Senri est…une chose bizarre, difficile à décrire. Ce garçon ne supporte pas les rapports humains et se cloitre dans sa chambre une partie de l’aventure. Kakeru tente à sa manière de le faire sortir, soit en défonçant sa porte, ce qui n’arrange pas notre garçon effrayé. La route de Senri est plate, sans relief et j’ai cru m’endormir une bonne dizaine de fois tellement il n’y s’y passait absolument rien du tout.

 Masamune Tooya : Fait partie du harem de Kokaru. Masamune est un personnage étrange dont les motivations sont très flous. Ainé du groupe, il est le seul qui est en lien direct avec The World et donne ainsi les directives du voyage. Sa route ne se débloque qu’après avoir terminé celles de Kakeru et Senri, ce qui fait de lui le « Main Guy » de Koharu. Et pourtant la relation ne passe absolument pas, à cause de la différence d’âge mais aussi de la construction romantique complètement foirée. La bonne fin, n’en parlons pas, j’avais envie de me tirer une balle.

 Sakuya Nijou : Fait partie du harem de Makoto. Sakuya est l’éternel ami d’enfance qui se meurt d’amour pour la belle brune qui évidemment, fait tout pour ne rien remarquer. En effet, la route de Sakuya est rempli de pathos, de moments lourds où lui et Mikoto se pourrissent la vie à base d’une promesse faite durant leur enfance. On rajoutera que le pouvoir de Sakuya est aussi inutile qu’exaspérant, créant une tension inutile et sans dommages collatéraux. Ou presque.

 Itsuki Kagami : Fait partie du harem de Mikoto. Itsuki est…insupportable. Ce personnage je le déteste et je n’ai qu’une seule envie à sa vision : l’éventrer, le découper en morceaux et jeter ces derniers dans une benne à ordure. Sa route pue le caca avec des problèmes de consentements extrêmement douteux et d’un comportement à la limite du harcèlement sexuel. Sa route fut un calvaire pour moi et j’ai bien cru que j’allais laisser tomber Norn9. Autant dire que ça n’arrive pas souvent mais c’est pourtant typiquement le genre de choses qui peut me faire décrocher d’un otome game.

 Natsuhiko Azuma : Fait partie du harem de Mikoto. Natsuhiko est le plus gros foirage de Norn9. Antagoniste principal du jeu, sa route a le mérite de proposer une alternative enfin nouvelle après avoir eu droit à du copier/coller de routes dans les précédentes. Malheureusement les scénaristes ont abusé de retournements bien trop clichés ne faisant qu’alourdir le récit plutôt que de lui donner une dimension tragique. Un gros gâchis pour un personnage qui avait énormément de potentiel.

 Akito Shukuri : Fait partie du harem de Nanami. Oh un tsundere, un vrai ! Akito a des meilleures routes du jeu, qui en plus permet de vraiment donner du relief à la dimension du groupe grâce à son passif. C’est l’une des mieux construites et j’ai recommencé à avoir foi en Norn9 grâce à lui. Sur le Norn, il occupe la fonction de chef cuisto pour le groupe.

 Heishi Otomaru : Fait partie du harem de Nanami. Heishi, c’est le gars cool dans les routes des autres, dont les pouvoirs latents sont malheureusement très mal mis à contribution alors que c’est peut-être celui qui a les plus utiles…Bref, sa route est malheureusement bien mauvaise, rassasiant pour la 8ème fois les mêmes informations que celles des autres. Clairement un personnage sous-exploité même si au moins il a le mérite ne de pas avoir été saccagé.

 Ron Muroboshi : Fait partie du harem de Nanami. Ron, c’est ce personnage froid, presque calculateur qui joue un rôle central dans le jeu, au point que lorsqu’on fait sa route, une grosse partie des révélations ont été grillées…C’est d’autant plus dommage car il émane un certain potentiel, autant au niveau de ses motivations que de ses actions qui en font un personnage assez insaisissable et difficile à cerner. Mais là encore sa bonne fin est une catastrophe…

Le vrai héros du jeu

 Sorata Suzuhara : Sorata est un cas particulier, de part sa non application dans le harem des filles, ce qui s’explique évidement par son jeune âge. Enfin, assez effacé durant les différentes routes, ne faisant que suivre les évènements, il revient sur le devant de la scène dans l’ultime épilogue. Malheureusement, malgré son importance, le fait qu’il soit éclipsé dans bon nombre de routes ne permet pas de le rendre réellement intéressant, au point que son implication narrative est remise en question.

— Traitrise en carton —

Norn9 est un jeu ambitieux, du moins en apparence. Avec trois héroïnes, le jeu se permet de proposer des alternatives d’immersion très différentes tant elles sont différentes niveau personnalité. Encore mieux, au lieu de faire ce que pas mal de studios font, à savoir sortir les jeux en plusieurs parties, Otomate nous gratifie d’un jeu entier avec les neuf routes, trois par héroïnes. De ce côte-là on en a pour notre argent…sauf que l’illusion de la qualité apparente du scénario est vite brisée. Déjà parce que la tension « dramatique » tombe comme un soufflé au fromage avec des personnages qui en ont strictement RIEN A FOUTRE de la situation. Mais surtout les personnages sont particulièrement énervants à ne pas juger la situation à part Mikoto qui passe pour la chieuse de service. D’autant plus que les routes souffrent d’un copier/coller de scénario particulièrement effarant. Je sais bien que dans un visual novel et particulièrement dans un otome game, il est essentiel pour la joueuse de lui permettre de choisir entre les personnages ceux qu’elle va faire. Dans un otome game sans véritable scénario, cette construction passe pour la raison qu’il n’y a pas de scénario global. Dans un jeu comme Norn9 où le scénario est censé jouer une place prépondérante, c’est difficile à avaler.

L’autre gros problème de Norn9 c’est sa capacité à minimaliser les comportements abusifs. Après tous les otome games que j’ai fais, je serais censée fermer les yeux sur ces problématiques, telle une moule lobotomisée. En réalité, si je ferme parfois les yeux sur certains comportements abusifs dans certains otome, c’est essentiellement parce que le scénario essaie de sauver les-dits problèmes de comportements. Or dans Norn9 absolument rien n’est dénoncé. Le jeu laisse faire ses personnages qui sont parfois réellement des têtes à claques. Sans parler que la résolution des problématiques des routes vont dans ce sens. Sans spoiler l’utilisation de l’amnésie comme solution ultime dans certaines routes donne envie de se taper la tête contre un mur. On est face à une incompréhension de comment les personnages peuvent admettre que la fin heureuse consiste à effacer les souvenirs de l’être aimé…

C’est dommage car l’univers de Norn9 est riche, suffisamment pour qu’on ne pige pas tout, le jeu laissant volontairement des zones d’ombres. Pourtant, avec plus de maîtrise de la narration je suis certaine que le jeu aurait pu être excellent. Malheureusement, les personnages souffrent beaucoup à cause de la narration et ne sont pas développés comme ils le devraient. Et c’est bien dommage car de base, ils sont tous relativement intéressants avec des personnalités diverses et variées et des passifs qui méritaient qu’on s’attarde dessus. Sauf que le jeu préfère nous montrer des scènes inutiles ne servant clairement pas le scénario.

— Système —

Norn9 est un visual novel classique, très classique même à l’exception que certains choix sont chronométrés. Ce qui donne un peu de piquant à l’aventure à choisir les bonnes réponses dans un temps limite. En dehors de ça, le jeu bénéficie d’un soin plutôt agréable apportée à la réalisation. Les personnages ont des sprites animés et les animations, sans êtres transcendantes…font le job. Pour le reste le jeu nous gratifie d’une galerie de CG etc…et d’un magasin. En effet, tout au long du jeu, on récolte des points, notamment via la Hiyoko Channel, sorte d’émission télévisée débile dont on s’en serait bien passée ainsi lorsqu’on fini les routes des personnages. Ces points permettent de débloquer des scènes supplémentaires dont l’intérêt est…discutable. Autant dans Ken ga kimi, les after stories sont de vraies petites histoires, dans Norn9 ils se sont pas foulés.

— Les graphismes —

Norn9 – War commons est un bel otome. Les sprites sont dotées d’animations faciales, ce qui rend les dialogues vivants et les illustrations absolument magnifiques. De ce côté-là, aucun reproche à faire au jeu tant c’est soigné. Le chara-design ne m’a pas spécialement convaincu mais il y a de la recherche avec des personnages aux designs très différents. Les couleurs employées ont un effet terne qui donne un effet sympathique à l’oeil même si j’ai trouvé assez vite que ça manquait d’éclat.

— Avis final —

Je n’ai pas beaucoup aimé Norn9 – War commons –. Probablement parce que on me l’avait survendu comme un excellent otome game, avec un soi-disant scénario solide et d’excellents personnages. Pourtant, il y avait de quoi faire avec trois héroïnes et neuf routes, ce qui donnait des possibilités assez nombreuses pour explorer l’univers. Malheureusement, les routes sont, en majorité, mauvaises. Déjà, ce qui m’a rapidement gonflé, c’est évidemment cette tension inexistante après avoir appris qu’il y avait un traitre sur le Norn. Du  coup, tout l’intérêt du jeu s’envole et on se tape alors des scènes de slice of life absolument chiantes et inutiles. Et 9 routes (ou presque, celle de Natsuhiko change évidemment beaucoup le décor) qui ont le même déroulé scénaristique c’est très très embêtant. Surtout quand le jeu n’hésite pas à nous faire du bon vieux copier/coller des familles. On échappe donc pas à se taper plusieurs fois les mêmes explications. Les seules scènes inédites venant des moments tranche de vie rébarbatifs.

Au niveau des personnages c’est pas vraiment mieux. Les héroïnes déjà sont de bêtes clichés des otome games avec Koharu la vierge éfarouchée, Mikoto la Watashi qui se sent plus pisser et Nanami la Mary Sue par excellence. Ce sont des stéréotypes ambulants malgré l’effort de leur avoir donné une personnalité assez visible. Concernant leurs romances possibles, je dois vous avouer que n’ai finalement apprécié aucun personnage, à part peut-être Akito ou Heishi qui sont clairement les plus sains du groupe. Le reste, on navigue entre des poissons morts (Senri), les pervers sexuels (Itsuki) et les frappés d’amnésie ridicules (Ron, Natsuhiko). En réalité, les personnages auraient pu être excellents si l’écriture avait suivie et si les scénaristes n’utilisaient pas la facilité pour venir à bout des difficultés rencontrées.

C’est ce qui pèche avec Norn9, l’écriture est catastrophique et le jeu peine à dérouler son scénario, privilégiant le vide intersidéral plutôt que d’expliquer ce que le joueur attend. Je ne suis évidemment pas contre la tension narrative et le fait de poser des mystères qui vont se résoudre au fur et à mesure des routes. Le problème c’est que la structure narrative, qui se veut progressive avec des routes déblocables sur certaines conditions ne fonctionne pas vu que les révélations sont très mal amenées, ne trouvant même pas de conclusions véritables avec l’épilogue final. De ce côte-là, Norn9 a le même soucis que Amnesia:memories où la narration trouvait enfin ses qualités sur la fin mais en laissant le joueur les bras baillants. Et évidemment tout ça pour qu’on achète les fucking fandiscs…

— Bilan—

Histoire

Note : 2.5 sur 5.

Ecriture

Note : 1.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 3.5 sur 5.

Graphismes

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 4 sur 5.

Norn9 avait tout d’un grand jeu mais malheureusement les choix de scénario et le manque de développement des personnages en font un titre qui nous laisse sur la fin. Ce n’est pas l’ultime épilogue qui répond à l’ensemble de nos questions. La narration est également en souffrance et seules quelques routes méritent l’intérêt. Un énorme gâchis.