[Dossier] Quand les otome games racontent la période du Bakumatsu

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L’Histoire est une thématique qui ne parle pas à tout le monde. Pour autant, il arrive très souvent que nos oeuvres de fiction (romans, films, jeux vidéo) se décident à mettre en scène des personnages historiques dans des histoires plus ou moins réalistes. En découlent nombre d’erreurs historiques, anachronismes et personnages OOC (Out Of Character) qui provoquent urticaires chez les historiens mais ferveur chez nous autres.

Le Japon n’est pas en reste niveau adaptations de son Histoire et les otome games participent aussi à raconter – avec plus ou moins de libertés – certaines périodes. L’une d’entre-elles est bien connu pour ses bouleversements majeurs : le Bakumatsu. Et si vous pensiez que parce que la moitié ou presque des personnages emblématiques de cette période sont morts dans des circonstances bien malheureuses cette époque n’avait aucune chance d’être adapté en jeu de drague pour femmes : vous vous fourrez le doigt dans l’oeil.

C’est quoi le Bakumatsu ?

Je ne vais pas vous faire un cours d’Histoire Japonaise ici mais sachez le Bakumatsu est une période trouble s’étant déroulé de 1853 à 1868. Elle a marqué la fin de l’isolationnisme du Japon et son ouverture progressive vers l’Occident. Jusque là, le Japon se tenait à l’écart du reste du monde et l’arrivée des navires américains en 1853 a provoqué des chamboulements dans le pays menant à une guerre qui a opposé les partisans du Shogunat aux Impérialistes.

D’un côté, le Shogunat souhaitait une ouverture au commerce extérieur et un accueil des étrangers sur son territoire et de l’autre les Impérialistes, prenant peur face à l’occidentalisation de la société, ont participé à de nombreuses opérations pour expulser les étrangers du territoire japonais et pour rétablir le rôle de l’empereur.

En a découlé une période trouble et particulièrement violente qui s’est terminé par la fin du Shogunat et le rétablissement de la loi impériale durant la Restauration de Meiji. Et comme dans n’importe quelle période historique critique, de nombreux noms se sont démarqués du lot pour leurs idéologies et leur combat, dans un camp comme dans un autre. Ces « héros » sont devenus par la suite des personnages dans diverses oeuvres de fiction et les otome games nous permettent même de vivre une romance avec eux.

Pour ceux qui sont intéressés par la période et recherchent un ouvrage complet, je vous recommande l’ouvrage de Frédéric Laroche. Aussi je vous conseille la lecture du manga Peace Maker Kurogane de Nanae Chrono qui retrace fidèlement l’histoire du Shinsengumi et de cette époque trouble (mais prévoyez des mouchoirs, je suis toujours pas remise psychologiquement de la mort de Okita).

Pourquoi cette période fascine ?

Le Bakumatsu a été une période de changement politique pour le Japon et son entrée dans l’ère moderne. Jusque là le pays vivait sur un mode de vie très moyenâgeux et l’arrivée des Occidentaux avec leur technologie et leurs armes à feu a été un véritable choc culturel. Les partisans de la restauration de l’Empereur comme leader du pays ont ainsi profité à la fois de l’arrivée des étrangers et de l’affaiblissement du Shogunat pour mener à bien leur projet. Les Impérialistes craignaient surtout que le Japon devienne une colonie de plus aux mains des Occidentaux et leur combat était d’avantage pour assurer l’unité nationale du pays et la préservation de leur indépendance.

De nombreux personnages ont marqué cette période charnière de l’Histoire du Japon et certains comme Sakamoto Ryoma ont été érigé en héros national. De même, le Shinsengumi, de part son combat pour protéger le pays, est rapidement devenu célèbre lorsqu’un des derniers membres encore en vie publie ses mémoires au début des années 1900.

Cette période a surtout démontré qu’il n’y avait pas de camp meilleur que l’autre, simplement un choc entre des idéologies qui avaient chacune leurs forces et faiblesses. Il n’y a pas de grand méchant et chacun se battait pour ce qu’en quoi il croyait. Derrière les chamboulements politiques et sociaux de l’époque, il y a surtout des hommes qui ont confronté leurs idéaux.

Construire la romance sur des personnages historiques

Pour autant, la période du Bakumatsu est loin d’être simple en terme d’adaptation type otome. Les personnages les plus marquants sont, comme dit plus haut, presque tous morts à l’époque, que ce soit au combat ou de la maladie (les épidémies étaient fréquentes, notamment la tuberculose et ses ravages dans tout le pays). Si on veut du drame et des larmes, on peut dire qu’on est servit ! Du coup, les studios qui se sont lancés dans l’entreprise d’en faire des love interests sont bien obligés d’user de deus ex machina plus ou moins crédibles afin de garantir des fins plus heureuses.

Evidemment, il serait toujours possible de faire des love-interests inventés pour le bien du scénario et d’utiliser les personnages historiques comme figures secondaires au service de l’histoire mais curieusement, vu le nombre d’otome games – au hasard, autour du Shinsengumi – on se doute qu’il est beaucoup plus intéressants de mettre en avant des personnages célèbres.

Et pourtant, rien n’est simple ! Déjà parce que la difficulté principale dans ce type d’oeuvre est de romancer les personnages pour qu’ils puissent coller à l’étiquette otome ; faisant alors table rase des réalités historiques. Personnage marié dans la réalité ? Pfiou ! La femme disparait dans un trou noir pour laisser place à notre héroïne. De même, niveau caractères, il est tout simplement impossible de savoir comment étaient réellement les personnages historiques. Certes, il y a toujours des écrits et des témoignages, d’autant plus que l’époque dont nous parlons n’est pas si éloignée de nous mais il faut bien garder à l’esprit que il y a très peu de chance que les personnages d’otome games soient représentatifs de leur version historique. Tout au plus, certaines caractéristiques connues et à l’avantage des personnages sont usées mais globalement ce que nous voyons dans ces oeuvres est bel et bien romancé.

PSP Game Review 花咲くまにまに Hanasaku Manimani (Blooming Flowers) | Otome's Log

Réalisme historique et aventure romantique

Pourtant, il ne faut pas croire que les développeurs d’otome games sont suffisamment zélés pour laisser tomber la trame de fond historique qui apporte, mine de rien, une sacrée base scénaristique. La période du Bakumatsu promet en effet tous les ingrédients d’un drame historique de qualité : personnages charismatiques, rebondissements, combats d’anthologie et idéologies dignes d’un shonen. L’histoire du Shinsengumi parait reprise ad nauseam mais elle est assez représentative de ce que recherche les scénaristes : un groupe de samouraï quittant leur campagne pour Kyoto pour former une milice. Par la suite, le groupe prend de l’ampleur avec l’affaire Ikedaya puis c’est la descente progressive vers une fin tragique pour nombre de ses membres. D’un point de vue purement romanesque, l’histoire de cette milice possède tous les ingrédients d’un grand drame historique.

Si d’un point de vue narratif, cette période historique représente beaucoup d’atouts, l’aspect romance parait presque impossible à mettre en place. Et pourtant, les otome games sur le Shinsengumi sont nombreux ! Comme quoi, les scénaristes ne sont pas spécialement embêtés par les embûches liés autant à la condition de la milice (pas de femmes admises dans le QG par exemple) que la destinée des membres. Mais après tout, rien n’empêche de rêver.

La difficulté du contexte historique se pose finalement plus quand les scénaristes se mettent en tête de rattraper les évènements historiques et là, ô joie !, les personnages ont tous eu des destins assez tragiques. Parfait pour les mauvaises fins, un peu moins pour les bonnes. Quoique, dans Bakumatsu Renka Shinsengumi, la bonne fin d’Okita est celle où il décède bien de sa maladie…mais a un enfant avec l’héroïne ! Le jeu (qui est d’ailleurs plutôt crédible d’un point de vue historique) se permet de tordre la réalité historique sans la dénaturer complètement. Dans Hakuouki l’Ochimizu permet au scénario de prendre une tournure inédite, introduisant un élément surnaturel qui amène de nouveaux embranchements scénaristiques. Dans Hanasaku Manimani Takasugi échappe à la tuberculose car l’héroïne – issue de notre époque – réussit à repartir dans son univers d’origine avec lui pour qu’il se fasse soigner.

Peut-on apprendre l’Histoire avec ces jeux ?

J’ai envie de dire : bien sûr ! En mettant de côté que les personnages sont très fortement romancés pour les besoins du scénario, la plupart des otome games sur le sujet restent très « politico-historiques ». Cependant, il faut bien garder à l’esprit que ces oeuvres adaptent l’histoire d’un point de vue très spécifique : jouer à un otome mettant en scène le Shinsengumi, c’est avoir une vision étroitement lié à celle du Shogunat et à l’inverse, le camp des Impérialistes offre une tout autre version de l’Histoire. De même, les protagonistes choisis le sont d’avantage pour leur histoire tragique et leur relatif notoriété que réellement pour avoir été des acteurs de premier plan du Bakumatsu. Cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas été important (loin de là ! ) mais curieusement on retrouve très souvent les mêmes personnages romancés.

De ce fait, j’aurai tendance à dire que les jeux ne montrent qu’une petite partie des évènements de cette période trouble et que quand on décide de mettre le nez dans les bouquins d’Histoire on se rend compte que la situation était bien plus complexe et les acteurs les plus importants finalement assez absents des otome games…d’autant plus que les jeux s’attardent plus sur le drame historique se jouant à l’époque que sur les enjeux politiques.

Les jeux

Des otome games sur le Bakumatsu il y en a pleiiiiins. Surtout sur mobile où la mode des otome games avec des samouraïs ne semble pas s’étioler avec le temps. Beaucoup d’entre eux mettent en scène le Shinsengumi comme love interests, essayant tant bien que mal de surfer sur le succès de la licence Hakuouki. De mon côté, je ne vais citer que trois jeux que j’ai fais. Il en existe d’autres (dont un Boy’s Love…avis aux amateurs !) mais j’avoue ne pas courir après toutes les oeuvres sur le sujet et d’éviter comme la peste les jeux mobiles.

Bakumatsu Renka Shinsengumi (2004)

Bakumatsu Renka Shinsengumi

Quatre ans avant Hakuouki le studio Vridge offrait une aventure otome sur le thème du Bakumatsu et plus particulièrement le Shinsengumi. Pour le coup, Bakumatsu Renka Shinsengumi est l’oeuvre otome la plus respectueuse de l’Histoire puisque le jeu suit les évènements avec plus ou moins de justesse. D’ailleurs les bonnes fins ne sont pas toutes « heureuses » et il faut ainsi s’accrocher pour ne pas pleurer.

C’est probablement l’otome game le plus cohérent sur le Shinsengumi et la période du Bakumatsu même si le chara-design typiquement « shojo » n’est pas au goût de toutes. Pour autant, c’est probablement le jeu que je conseillerai à ceux qui chercheraient un otome game sur le Shinsengumi plutôt crédible.

Hanasaku Manimani (2013)

Hanasaku Manimani

Cette fois-ci, l’Histoire prend place du côté des Impérialistes et se déroule dans une maison close qui sert de QG secret aux samouraïs opposés au Bakufu. Catapultée à cette époque, l’héroïne découvre assez vite l’identité réelle des personnages qu’elle côtoie et essaie tant bien que mal de leur éviter une mort atroce connaissant leur destinée future….

D’un point de vue historique, le jeu se révèle plutôt cohérent et les personnages plutôt bien traités même si le voyage dans le temps de l’héroïne permet pas mal de retournements de situations pour éviter des fins trop malheureuses.

Hakuouki Shinsengumi Kitan (2008)

Hakuouki ~Shinsengumi Kitan~

Qui ne connait pas Hakuouki ? L’adaptation anime diffusé en 2010 a remporté un grand succès mondial et le jeu fut édité en langue anglaise deux ans plus tard. Tout en suivant les évènements historiques du Bakumatsu, Hakuouki Shinsengumi Kitan apporte une touche de surnaturel à son univers. En effet, un étrange médicament (le fameux Ochimizu) transforme les hommes en samouraïs-zombies sur-puissants et le scénario navigue ainsi entre l’intrigue historique et celle surnaturelle.

Il existe également un spin-off appelé Urakata Hakuouki sorti en 2013 qui place l’action du côté des Impérialistes avec une nouvelle héroïne. Là où le Hakuouki original est un pur visual novel, Urakata mélange visual novel et combat RPG. Le jeu permet de voir l’action d’un autre point de vue même si niveau intrigue c’est une redite quasi parfaite de Hakuouki.

Conclusion

J’ai eu l’idée de ce dossier en jouant à Hanasaku Manimani. Pour une fois qu’un jeu sur la période du Bakumatsu ne tourne pas autour du Shinsengumi, j’avais envie de voir ce que cela donnait. Et puis évidemment, comme je connais assez bien la période j’ai grillé assez vite les identités des personnages, me suis mise à lire différents ouvrages et pages internet et même rattrapé mon retard sur Peace Maker Kurogane !

Je ne prétends pas être historienne et je n’ai pas fais tous les jeux sur le sujet – l’overdose, non merci – mais j’ai toujours adoré l’Histoire et je trouvais ça intéressant d’analyser comment cette période était usée dans un média comme l’otome game.

– Otome Time ! – Ken ga Kimi – Momoyo Tsuzuri

Ken ga Kimi. Difficile pour moi d’être partiale sur un chef d’oeuvre du genre. Tellement qu’une fois l’aventure terminée, on se dit qu’on a affaire à un jeu complet. Pourtant, au moins de décembre 2016, Rejet sort un fandisc appelé Momoyo Tsuzuri. Si on s’attend au premier abord à avoir affaire à du stupide fanservice pour vendre la licence, ce nouvel opus est pourtant loin d’être ridicule. D’une durée de vie de près de 50h, Ken ga Kimi : Momoyo Tsuzuri raconte de nouvelles histoires tout en approfondissant l’univers et les personnages. C’est avec un plaisir non dissimulé que je me permets de vous présenter ce fandisc qui, à bien des égards, est un modèle du genre.

— Fiche technique —

Ken ga Kimi: Momoyo Tsuzuri
Ken ga Kimi : Momoyo Tsuzuri
Développé par : Rejet
Date de sortie initiale : Décembre 2016
Classification : Cero C (15 ans et plus)
Support : PSV



— Synopsis —

Sur la forme de livres, retrouvez les personnages dans de nouvelles scènes inédites et de nouvelles conclusions aux différentes fins du jeu original.

De plus, replonger dans l’enfance de nos héros afin de comprendre leur destinée et partager de nouvelles aventures avec les personnages secondaires du jeu.

— Les personnages —

Les mêmes que sur la fiche originale.

— Le système —

Contrairement au jeu original, Ken ga Kimi : Momoyo Tsuzuri fonctionne sur un système de livres et d’histoires qui se débloquent au fur et à mesure de la lecture. Evidemment, le jeu vous propose des choix de réponses mais surtout des choix de personnages qui permettent de voir différentes situations se conclure différemment. Pour le reste, chaque héros possède son propre « livre » avec les quatre premiers chapitres prolongeant les fins originales puis trois racontant leur enfance avec de nombreux détails, permettant de mieux comprendre leur état d’esprit au commencement du jeu. De plus, chaque personnage secondaire possède également son chapitre dédié.

— Les graphismes —

Je vous ai déjà dis que c’était le plus beau otome game du monde ? Ken ga kimi était tellement magnifique que ça en devenait vulgaire face à d’autres titres. Le fandisc est tout aussi beau et renouvelle ses lieux et les sprites des personnages. L’animation des visages est d’ailleurs une grande réussite du jeu et il manquerait plus que le tout soit entièrement animé…

— Avis final —

Je dois vous avouer que je ne suis pas spécialement fan des fandiscs qui sont pour moi de véritables pièges à pigeon. Le plus souvent on essaie de vous vendre trois/quatre scènes romantiques supplémentaires payées le prix d’un vrai jeu. Donc autant dire que Ken ga Kimi : Momoyo tsuzuri n’a rien d’une arnaque. D’une durée de vie phénoménale, le jeu ne s’arrête pas à mettre du gnan-gnan inutile et nous raconte des histoires qui sont des pans entiers de scénario (notamment le Livre 11). Certes, une partie du jeu est là pour raconter la suite des fins de chaque personnage du jeu, ce qui en soit n’est pas forcément une mauvaise idée même si on est un peu plus mal sur les bads ends…oui, Rejet ne nous épargne pas ça.

Là où ce fandisc fait fort, c’est le développement inédit des personnages. Les héros ont droit chacun à des chapitres sur leur enfance et adolescence, permettant de saisir leur évolution. Si on connait, pour la plupart, ce qui s’était passé, le fait de le vivre à travers des flashbacks est bien plus fort émotionnellement. D’ailleurs, si vous n’aimez pas les histoires avec des enfants, je vous déconseille fortement de jouer ces moments-là car honnêtement j’ai été vraiment mal pour certains passages. Cétait très dur de vivre certains évènements du jeu (la mort de la famille de Sakyou, le village décimé de Kei etc) et on se rend par ailleurs compte que les personnages ont vraiment gagné en maturité au fil du temps.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste puisque eux aussi ont droit à des histoires bonus offrant ainsi une conclusion plus que satisfaisante pour un « simple fandisc ». Pire encore, on a envie d’une suite !

— Bilan—

Histoire / Scénario :

Note : 5 sur 5.

Ecriture

Note : 5 sur 5.

Graphismes / Illustrations :

Note : 5 sur 5.

Son / Bande originale : 

Note : 4.5 sur 5.

Système / Ergonomie : 

Note : 4 sur 5.

Mon top 10 otome games

Il y a quelques temps j’avais écrit que j’étais incapable de faire un top 10. Pourtant, quand je vois tout le monde réussir, je me dis que ce n’est sûrement pas impossible…Et donc voilà mon top 10 personnel !

10. Bara ni Kakusareshi Vérité (2016)

Plateforme : PSVita

La première fois que j’ai découvert l’existence de ce titre j’étais en mode « what the fuck is this shit ? ». Et puis Lulee en a fait une review et je me suis dis qu’en tant que française ça pouvait être drôle. Bara ni Kakusareshi Vérité est un drame historique plutôt convainquant malgré un scénario rocambolesque se déroulant durant la Révolution Française. En plus de proposer une partie visual novel classique, le jeu permet de se déplacer dans différents lieux afin de récolter items et faire des quêtes qui permettent de d’obtenir différents points nécessaires pour les fins des personnages. Si historiquement le jeu prend des largeurs, on sent que le studio Ichi Column s’est vraiment renseigner sur cette période historique et j’ai été charmée jusqu’au bout. Et Robespierre est devenu un de mes Best Boy avec ce jeu.

9. Prince of Stride (2015)

Plateforme : PSVita

Prince of Stride est un otome game qui n’a pas fait l’unanimité à sa sortie mais j’ai personnellement adoré. Certes, le gameplay n’est pas poussé aussi loin que certains jeux de simulation mais la tension est vraiment présente durant les courses qui demandent un minimum d’investissement afin d’être réussies. J’ai également adoré les personnages qui sont attachants avec des dynamiques de groupe qui renforcent la cohésion de l’histoire. Une belle surprise donc et une expérience qui m’a marquée. Bref, peut-être pas le meilleur otome game du monde mais une bulle de fraicheur nécessaire qui permet au jeu de rejoindre mon top 10.

8. Dance with devils (2016)

Plateforme : PSVita

Je me rappellerai toujours de ma réaction assez déconfite en découvrant la licence avec l’anime. Il faut dire que le parti pris d’une comédie musicale était plus qu’osé pour un jeu qui est finalement loin d’être drôle. Dance with devils est un vrai drame qui m’a séduit par sa galerie de personnages et ses routes façon « roller-coaster ». Autant vous dire qu’on ne s’ennuie jamais et les personnages gagnent en profondeur. L’univers, à peine exploré, mériterait un développement conséquent. Une très bonne surprise et un de mes otome games de coeur. Et Shiki est clairement devenu un de mes Best boy aussi.

7. Koezaru wa Akai Hana (2012)

Plateformes : PC, PSP et PSVita

Probablement l’un des otome games avec l’un des scénarios les plus travaillés qui soit. Pas étonnant que Dramatic Create se soit mis à produire une version dite « tous publics » d’abord sur PSP puis ensuite sur PSVita. Pour autant, le jeu n’est clairement pas pour les plus jeunes de part son ambiance mature et son histoire. Les personnages sont incroyablement bien développés et l’histoire mérite vraiment qu’on s’y attarde. Même Nala, l’héroïne est incroyable durant les routes. Un très bel otome game qui ne tombe pas dans les travers habituels du genre et offre le mieux de ce que les otome games peuvent faire en matière d’histoire.

6. Bakumatsu Renka Shinsengumi (2004)

Tags: Anime, D3 PUBLISHER, Bakumatsu Koi Hana, Kondou Isami (Bakumatsu Koi Hana), CG Art

Plateformes : PS2, Nintendo DS

En voilà un vieux jeu ! Bien avant que la vague Hakuouki, le studio Vridge dégainait déjà l’histoire tragique du Shinsengumi à travers un otome game d’aventure historique dense et particulièrement ardu. Avec une dizaine de personnages draguables, Bakumatsu Renka Shinsengumi (BRS) propose en effet de très nombreux choix au travers d’un système de dating simulation. Niveau histoire : pas de fantastique et les fins heureuses n’en sont pas toujours…Pour autant j’ai adoré me replonger dans cette période historique qui a le mérite, dans ce jeu-là du moins, d’être explorée et documentée. En revanche, je n’ai jamais eu le courage de compléter toutes les routes et fins tellement c’est long…

5. Kenka Bancho Otome (2016)

Plateforme : PSVita

Ce spin-off de la série des Kenka Bancho (ça ne s’invente pas !) propose le mariage improbable de baston et romance pour un résultat complètement dingue. Sans renouveler les poncifs de la narration, Kenka Bancho Otome est diablement efficace avec une héroïne qui en met plein la vue (et la tronche). Un otome game devenu rapidement culte par son ambiance originale et ses personnages. Il faut dire que les otome games trainent souvent une image de jeux assez machistes…tout l’inverse de Kenka Bancho Otome. Un must du genre que je recommande à quiconque souhaite se lancer dans les otome games.

4. Asaki, Yumemishi (2008)

Plateformes : PC et PSP

Je l’avoue, la présence d’Asaki, Yumemishi dans ce classement est plus d’ordre sentimental qu’autre chose même si on est assez nombreuses à avoir aimer cet otome game si on se fit au nombreuses reviews. Développé par un petit studio, Asaki, Yumemishi est servi par une narration de qualité, des personnages développés et des routes qui nous mettent face à des antagonistes différents. Le jeu est pourtant loin d’être facile puisque un seul faux pas peut mener à la mort ! C’est avec cet otome game que j’ai rencontré mon premier gros crush aussi.

3. Tokimeki Memorial Girl’s Side The 3rd Story (2010)

Plateformes : Nintendo DS et PSP

S’il y a bien un jeu qui m’a fait perdre la boule, c’est celui-là. Quand une de mes amies me l’a prêté, je n’aurai jamais cru autant accrocher. Dans la catégorie simulation de drague pure, Konami est un maître en la matière et le pendant otome de leur licence est loin de tout repos ! Pendant les trois années de lycée de notre héroïne, il faudra de la patience pour séduire le garçon de son choix. Mini-jeux, raising sim et interactions tactiles sont au programme ! Une de mes meilleures expériences du genre même si il faut une certaine patience, surtout quand vos crush vous envoient bouler au téléphone…j’attends le 4ème opus de la licence de pied ferme et rêvons, une localisation un jour ?

2. Kin’iro no Corda 3 (2010)

Tags: CG Art, Koei, Kiniro no Corda 3, Mizushima Arata, Official Art, Kure Yuki, Tecmo Koei

Plateformes : PS2, PSP, 3DS, PSVita

La série des Kin’iro no Corda m’est tellement chère et j’aurai pu mettre le 2 à cette place mais au final c’est bien la nouvelle génération de musiciens introduits avec l’épisode 3 qui m’a convaincue. Doté d’un gameplay solide et de personnages hauts en couleur, Kin’iro no Corda 3 est à mes yeux l’un des meilleurs otome games jamais sortis. J’aime mes loulous d’une telle force et le jeu a été d’une aide prodigieuse quand je fus dans le fond du trou. Certes, c’est un titre loin d’être simple à prendre en main et même difficile mais il y a un réel intérêt à découvrir les personnages, leurs passifs et de les voir évoluer tout au long du jeu. Pas étonnant que j’ai craqué pour l’édition collector ultime sur PSVita.

1. Ken ga Kimi (2013)

Tags: CG Art, Official Art, Rejet, Ken ga Kimi, Sagihara Sakyou, Kayo (Ken ga Kimi), Yomi (Pixiv390297)

Platformes : PC et PSVita

Et voilà le NUMBER ONE. Ken ga Kimi c’est la rencontre entre l’otome et le visual novel de qualité. La romance fonctionne incroyablement bien, l’histoire est écrite avec justesse et on s’attache énormément aux personnages, même secondaires. Les routes, comme habituellement chez Rejet, nous font passer par toutes les émotions et le jeu se révèle aussi long que prenant. La récente sortie sur Steam en langue chinoise donne à espérer une localisation anglaise et c’est tout ce que je souhaite à Ken ga Kimi.

PS : Tsuzu’ tu me manques. Beaucoup.


Et voilà ! C’est difficile de faire un top 10 sachant que chaque année de nouveaux jeux sortent et que niveau otome game il y a de quoi faire. Si j’ai mis autant de temps à sortir cet article c’est parce que j’ai toujours peur de devoir encore changer pour un nouveau jeu qui casse la baraque. Pour autant, je pense que le top 10 ne changera pas tant que ça, d’une part car je joue à de moins en moins d’otomes mais aussi parce que je suis bien obligée de faire une comparaison avec ces jeux présents dans ce top.

Et vous, quels sont vos otome games préférés ?

– Otome Time ! – Nil Admirari no Tenbin : Kuroyuri En’youtan

Après avoir mis trois années à boucler Nil Admirari no Tenbin, me voilà à enchainer directement sur le sequel. Malgré l’écriture calamiteuse, l’histoire s’était révélé bien plus intéressante sur la fin, suffisamment du moins pour me motiver à faire le sequel.

— Fiche technique —

Nil Admirari no Tenbin: Kuroyuri En'youtan
Nil Admirari no Tenbin : Kuroyuri En'youtan -
Développé par : Otomate
Date de sortie initiale : Septembre 2017
Classification : Cero D 
PSV / Switch

— Synopsis —

L’histoire prend place, dans chaque route, un an après les évènements du premier jeu. Chaque route se situe après l’happy ending obtenu dans le premier jeu. Tsugumi (notre héroïne) coule des jeux heureux avec son amoureux jusqu’à ce que de nouveaux ennuis pointent le bout de leur nez, tout comme l’arrivée de nouveaux antagonistes.

— Le système —

Pas de grosses surprises pour ceux qui ont joué le jeu original puisque Nil Admirari no Tenbin 2 reprend le même système de choix parfois nébuleux avec cette fois-ci deux fins possibles pour chaque personnage : une bonne et une mauvaise. Comme pour le jeu original, une fois les routes des garçons complétées, une dernière route, qu’on peut appeler Story Route se débloque qui ici fait effectivement suite aux évènements de la route cachée du premier épisode.

— Les graphismes —

Graphiquement, rien à redire ; les personnages ont même droit à de nouveaux outfits, ce qui est toujours sympa ! En revanche, les arrière-plans restent les mêmes, offrant peu de nouvelles itérations de lieux existants.

— Avis —

Nil Admirari no Tenbin 2 a clairement le cul entre deux chaises à savoir que le jeu navigue entre le fandisc destiné à proposer de nouvelles scènes romantiques et la suite de l’histoire principale. Il est vrai que le jeu original avait beau proposer une route finale pour boucler l’intrigue, il restait de nombreuses zones d’ombres ; les routes des garçons ne faisant qu’effleurer la surface d’un scénario mis en retrait au profit…de quoi exactement ?

C’est pourtant bien une vraie suite que le jeu nous propose ici, les routes se déroulant un an après les évènements du premier jeu. De nouveaux personnages sont introduits même si malheureusement on grille assez vite qui seront les méchants ; à mon grand regret. La narration ne brille pas tellement par la subtilité mais je dois dire que l’ensemble est bien mieux écrit que le jeu original. Les scènes romantiques sont d’ailleurs réussies, aidées par l’ellipse d’un an qui permet de mettre en avant des relations d’avantage solides que dans le premier jeu.

Une partie du cahier des charges est rempli mais pour autant, Nil Admirari no Tenbin 2 manque clairement de développement, notamment au niveau de son scénario toujours aussi maladroit. De même, les différentes intrigues des routes manquent de relief et engluées par l’idée qu’il faut forcément apporter des problèmes dans le couple formé par l’héroïne et un des garçons pour « pimenter » le tout alors qu’il y avait clairement mieux à faire, surtout après les évènements du premier jeu qui montrait un univers intéressant.

Pour autant, les fans seront comblés par ce jeu et je ne peux que le recommander si vous avez apprécier l’original. En revanche, si vous n’aimez ni les personnages et que l’histoire vous a laissé de marbre : rien ne sert de vous faire souffrir, vous pouvez passer votre chemin.

— Bilan—

Histoire

Note : 3.5 sur 5.

Ecriture

Note : 2 sur 5.

Graphismes

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 2 sur 5.

Bande sonore

Note : 3 sur 5.

Aparté

[Disclaimer : Cet aparté concerne le sujet du transgenre dans une des routes du jeu. Si vous ne souhaitez pas être spoilé, ne lisez pas. Pour les autres : si le sujet est sensible chez vous et vous intéresse, voici ma vision des choses sur comment Otomate l’a abordé.]

Cette suite de Nil Admirari avait beau être très moyenne, la route de Rui a réussi à me mettre dans une colère assez incroyable. En cause : le traitement d’un personnage transgenre. Ren est un jeune homme qui apparait dans cette route, présentée comme une actrice de talent car c’est en réalité une femme jouant principalement des rôles masculins. Ren souhaite être vu comme un homme et non une femme, ce qui en fait un homme trans et c’est par le pronom « il » qu’il se désigne.

Le sujet du transgenre n’est pas à prendre à la légère et si le cross-dressing est fréquemment vu dans les oeuvres japonaises, l’idée de proposer un personnage trans est loin d’être complètement aberrant. Le problème c’est que Otomate n’a pas les épaules, ni la documentation propre à ce sujet et cela se ressent dans l’écriture de Ren comme personnage. En effet, TOUS les personnages la considèrent comme une femme et la désigne sous le pronom « elle » alors même que le personnage se considère en « il ». POURQUOI ? Alors, on peut supposer plein de choses : du fait de la période, le transgenre n’est assurément pas admis dans les moeurs et Otomate a souhaité resté cohérent. Ou simplement parce que Otomate semble considéré que cross-dressing et transidentité c’est du pareil au même et qu’il fallait considérer le personnage comme il est physiquement alors même que le-dit personnage va répéter durant TOUTE LA ROUTE qu’il est un homme.

Sauf que voilà, Nil Admirari no Tenbin n’est pas une oeuvre historique mais fantastique et par conséquent, il n’y pas rien qui justifie que le personnage de Ren ne soit pas respectée pour ce qu’elle est. A part, visiblement, pour pouvoir lui faire subir de nombreuses agressions (dont un viol) balayant son identité trans au profit de « c’est une femme alors c’est normal qu’elle finisse comme cela ». Pourtant, il y a de nombreux passages dans le jeu qui montre que Ren se considère réellement comme un homme, de ses difficultés familiales de faire accepter ce fait et les protagonistes l’acceptent comme tel…enfin sauf en utilisant ce putain de pronom « elle » absolument tout le temps.

Sans parler du fait que Otomate cristallise en Ren toutes les horreurs possibles à faire subir à un personnage trans ; entre son viol et le fait qu’elle soit la cible d’un homme qui, sous couvert d’être un gros malade mental, n’accepte pas d’être repoussé, ni d’admettre que son amour est voué à l’échec préfère donc se défouler en violant et tuant de pauvres femmes…Alors bon, je sais bien qu’on est dans un otome game classé Cero D, mais on remarquera que c’est spécifiquement Ren qui va subir toutes ces horreurs et avec la mise en abîme de son identité sexuelle dans l’histoire de la route de Rui, on est plus qu’horrifié.

Le problème c’est que le sujet du transgenre est clairement dangereux et que je comprends difficilement ce qui a motivé Otomate à s’embourber dans ce choix. Autant je soutiens la présence de personnages transgenre dans les oeuvres de fiction, autant j’adhère absolument pas à ce qu’ont fait les scénaristes de Nil Admirari et je pense qu’il est important de le mettre en avant, d’une manière ou d’une autre, dans cette critique.