[Test] Fate/hollow ataraxia

Suite officielle du visual novel unanimement acclamé et moult fois adapté en anime qu’est Fate/stay night, Fate/hollow ataraxia brille paradoxalement par son absence d’adaptation animé à ce jour. Sorti en 2005 sur PC, il aura fallu attendre 2014 pour un remaster en bonne et due forme sur PSVita. Plus qu’un bête fan-disc rigolo, ce jeu est une vraie suite au jeu original que je me propose à vous faire découvrir.

Fate/Hollow Ataraxia游戏CG图集(106P)

Synopsis

La 5ème Guerre du Graal est terminé depuis maintenant six mois. Après que Rin Tohsaka ait malencontreusement fusionné toutes les temporalités dans ce que l’histoire retient comme l’Incident de la Tour de l’Horloge, les Servants sont de nouveau matérialisés et chacun mène sa petite vie tranquille (et Shirou a un harem à lui tout seul).

Tous sauf Bazett qui se réveille d’un long sommeil. A son réveil elle est accueilli par un étrange individu se disant être son Servant. Persuadée d’être au début de la 5ème Guerre, Bazett se met en quête de trouver les autres Masters et Servants ennemis mais est tuée précipitamment.

Se rendant compte que quelque chose ne tourne pas rond, Shirou décide d’enquêter mais se retrouve coincé dans une boucle temporelle de 4 jours et finit, au bout de celle-ci de systématiquement mourir.

Boucle temporelle et tracas de joueur

Tout le monde s’attendait un fandisc bourré de fan-service mais c’est oublié que Type-Moon ne fait jamais les choses comme tout le monde. Parce que oui, Fate/hollow ataraxia est bourré de fan-service du fait que Shirou possède à lui tout seul à un super harem, le tout vivant d’ailleurs sous son toit. Oui les jaloux je vous vois de loin mais c’est comme ça.

Pour autant, au lieu de bêtement proposer des histoires secondaires, le gameplay va s’articuler autour des boucles temporelles où il faudra aider Shirou à trouver un moyen d’en sortir. C’est par cette structure répétitive que de nombreuses scènes vont se dérouler, alternant tranches de vie et serious business. Oui parce que n’oublions pas que tout ne tourne pas qu’autour de Shirou qui même s’il reste le protagoniste principal, partage l’affiche avec Bazett, l’héroïne présentée dans le prologue.

Et autant vous dire que la galère vécue par les personnages l’est aussi par le joueur qui doit se dépêtrer de nombreux choix pour sortir des boucles temporelles. En théorie bien évidemment parce que la difficulté n’est pas tant d’arriver au bout de la fin mais de débloquer tous les évènements avec les personnages afin d’obtenir le trophée platine.

– Avenger ou Tout le Mal de ce Monde –

Avengercard

Là où Fate/hollow ataraxia fait fort c’est de réussir, malgré l’enrobage fanservice de construire un scénario solide développant un peu plus le lore autour de la saga. En effet, malgré sa longueur, Fate/stay night laissait, mine de rien, beaucoup de questions en suspens.

!! SPOIL FATE/STAY NIGHT !!

On apprenait, dès le scénario Fate que le Graal de Fuyuki était corrompu et par extension incapable de réaliser son objectif initial, à savoir exaucer des voeux. Pour autant, les trois scénarios du jeu original ne nous éclaire pas d’avantage sur l’origine de cette corruption. Quand a-t-elle eu lieu ? Pourquoi et de quelle manière ? Après tout, on sait également que la corruption date d’avant la 4ème Guerre du Graal.

Pour cela, il faut remonter à la précédente. Les Einzbern, marre d’être systématiquement les perdants décident à l’insu de tous, d’invoquer un 8ème Servant. Alors qu’il est normalement interdit d’invoquer d’invoquer des Servants supplémentaires, ils réussissent cependant à le faire avec au passage la création d’une nouvelle classe spécifique à cette invocation : Avenger.

Bouleversant l’équilibre du Graal, la forme qui sort de l’invocation des Einsbern n’est absolument pas en état de se battre et disparaît quelques jours seulement. C’est là que les choses se compliquent. Avenger étant une anomalie dans le processus du Graal de Fuyuki, celui-ci ne retourne pas au Trône des Héros et finit par corrompre le système.

Avenger est en réalité Angra Mainyu, surnommé Tout le Mal de ce Monde. Ce n’est pas un esprit héroïque et son invocation va parasiter le système d’invocation du Graal permettant aux anti-héros qui ont des regrets de pouvoir eux aussi le convoiter. La corruption ne s’arrête pas là puisque désormais le Graal ne peut provoquer que le mal, devenant une arme capable de détruire le monde.

Mais plus que tout, Avenger souhaite exister et tentera à plusieurs reprises de sortir du Graal. La matérialisation échouera lors de la 4ème Guerre du Graal, ce qui conduira au grand incendie qui ravagea un quartier de Fuyuki. Dans le scénario Heaven’s Feel de Fate/stay night Angra Mainyu devient le Servant de Dark Sakura mais il tente également de s’incarner dans le premier scénario du jeu à travers Shirou.

!! FIN SPOIL FATE/STAY NIGHT !!

Temporalité et incarnation : l’existence d’Avenger

Comme évoqué dans le synopsis, la temporalité dans l’univers de Fate se base sur une succession de trames parallèles conduisant à des évènements qui se croisent ou non. Toute spéculation est balayée par l’Incident de la Tour de l’Horloge évoqué directement dans le prologue de Fate/hollow ataraxia. Avec la fusion de toutes les temporalités, Avenger peut enfin se matérialiser, non sans mal. En effet, son espérance de vie est limitée à 4 jours et il est tout aussi faible qu’il l’était durant son invocation originelle. Il décide alors de créer une boucle temporelle dans laquelle il recrée une nouvelle Guerre du Graal. Se basant sur ses propres connaissances – à savoir la 3ème Guerre du Graal -, le joueur se confronte à quelques mises en scènes tirées de cette Guerre.

L’existence de Avenger est étroitement liée à celle de Bazett dont il a fait son Master après l’avoir découverte au bord de la mort. Ce mage de l’Association des Mages envoyé à Fuyuki avait eu le malheur de croiser le chemin de Kotomine Kirei, se faisant au passage voler ses sorts de commandements et son Servent d’origine. Se réveillant amnésique sur les évènements récents, Bazett va également commencer à avoir des doutes, d’autant plus que des brides de souvenirs vont refaire surface progressivement et que la version d’Avenger ne collera pas.

– Narration et construction de genre –

Si Fate/stay night a autant marqué le Japon et l’industrie du visual novel, c’est avant tout par sa structure narrative inédite pour un jeu de ce genre. En revanche, Fate/hollow ataraxia s’éloigne de la narration spécifique au roman pour une expérience un poil plus interactive puisque le joueur est amené à se déplacer sur une carte de Fuyuki afin de débloquer des dialogues avec les personnages. Ici point de scénarios à suivre mais une logique narrative plus vicieuse où le joueur/Shirou est bloqué dans une boucle temporelle qui nous fait revivre quatre journées.

Au fur et à mesure de nos rencontres avec les différents personnages, le jeu nous fait progresser dans l’histoire. Pour le coup, pas de fins alternatives : c’est une seule et même story-line qui s’articule autour du jeu. Les plus téméraires iront jusqu’à débloquer chaque évènement (et il y en a !) quand d’autres se contenteront de chercher à sortir de la boucle en franchissant différents obstacles. En défaisant la construction narrative initiale de Fate/stay night, Fate/hollow ataraxia permet d’explorer différemment l’univers.

Fate/Hollow Ataraxia游戏CG图集(106P)

Conclusion

Fate/hollow ataraxia est un jeu particulièrement étrange. Même d’un point de vue narratif, on alterne passages comiques/fanservice/tranche de vie et scénario sérieux. En effet, derrière l’aspect comique de voir tous les Servants interagir joyeusement, le mystère autour de Avenger et de Bazett nous pousse à continuer et on finit par s’attacher à ce duo improbable.

Le portage PSVita amène un certain nombre de nouveautés dont un doublage intégral là où le jeu original ne l’était pas. Graphiquement le jeu se dote de nouveaux openings signés Ufotable et d’une refonte des sprites et arrière-plans. De nouvelles illustrations sont également de la partie mais l’effet est moins incroyable que Fate/stay night. Qu’à cela ne tienne, le jeu se révèle bien sympathique en plus d’être particulièrement dense et long.

Ayant acheté la version collector, on y retrouve deux artbooks exclusifs ainsi qu’une mini-nendo de Avenger.

Evaluation personnelle :

Note : 4 sur 5.

Pourquoi Ken ga Kimi est un chef d’oeuvre

J’en ai parlé dans mon article sur les otome games qui m’ont marqué, Ken ga Kimi est une oeuvre à part. Seul otome game sans traduction anglaise à ce jour à se placer tranquilou dans le top 10 des meilleurs du genre, son aura est telle que sa récente annonce de sortie sur Steam a défrayé la chronique. Le monde entier attend une localisation et beaucoup se demande bien de quoi est fait cet otome game pour être considéré – à juste titre – comme un chef d’oeuvre.

C’est beau à tomber par terre

La première fois que j’ai lancé Ken ga Kimi, j’ai été estomaquée par sa qualité graphique. La direction artistique dirigée par Yomi est tout simplement sublime, que ce soit le chara-design élaboré que les arrière-plans qui nous immergent dans le Japon du XVème siècle. J’ai même dis une fois que c’était tellement beau que ça en devenant indécent et encore aujourd’hui je n’ai pas trouvé d’otome game aussi magnifique.

Ce qui est dingue, c’est que le jeu cesse d’impressionner avec des environnements variés, les personnages changent également de tenues (même l’héroïne youhou) et les sprites ont droit au lip-sync. Bref, l’immersion est totale dans ce Japon d’époque.

Les personnages sont beaucoup trop bien

Si évidemment j’ai mes chouchous, c’est le seul otome game où je me suis surprise à les aimer tous pour leurs histoires et leur évolution tout au long du jeu. Mention spéciale à Enishi, personnage qui me faisait vraiment ni chaud ni froid à la base (le cliché du dragueur lourdingue, ce n’est absolument pas mon truc) mais qui s’est révélé dans ses routes d’une incroyable complexité. Dans une de ses fins il finit fermier et j’avais envie de tout claquer pour cultiver des pommes de terre avec lui.

Je rajouterai que c’est l’un des rares otome games où malgré le climat de violence dans lequel vivent les personnages, aucun ne lève la main sur Kayo, l’héroïne. Il y a un vrai respect tout au long du jeu et jamais une seule fois je me suis sentie en danger ou avec du dégoût pour les personnages.

Les seiyuus sont très très en forme

Alors oui je sais ce que vous allez me dire : c’est leur job mais on va pas se mentir, tous ne s’impliquent pas de la même manière quand ils ne font pas le minimum syndical. Ken ga Kimi c’est l’otome game où le travail des seiyuus est tout bonnement incroyable de qualité. Je peux même m’avancer sans trop de problème à dire que c’est l’un des rares otome games où on sent le boulot effectué afin de crédibiliser les personnages.

Il y a de la bromance

On aurait pu penser qu’à six cocos se disputant le coeur de la belle, il y allait avoir du carnage. Après tout, on est dans un jeu de Rejet. QUE NENNI. A la fin du voyage, les garçons deviennent tous copains et leurs interactions sont tellement géniales que j’oubliais en court de route que j’étais dans un otome game. La route de Sakyou notamment les montrent comment ils sont capable de soulever des montagnes pour sauver leur ami. Bref, c’est des potos, des vrais et c’est limite plus ce que j’ai retenu du jeu que le reste.

Un univers riche et dense

Si au départ le jeu nous présente juste sa fausse procession maritale où Kayo est accompagnée de ses chevaliers servants, le jeu fait le pari d’être une oeuvre hybride entre réalisme historique et fantastique. On y traite tout autant du racisme anti-européen que des problématiques liés à la pauvreté de l’époque tout en y ajoutant une bonne dose de mythologie japonaise et son folklore.

Le pire c’est que avec malgré deux jeux aussi longs, on en redemande encore tant il y a à explorer. Heureusement qu’il y a Ken ga Toki aujourd’hui pour en profiter quotidiennement.

Le fandisc est aussi long que le jeu de base.

Les fandiscs sont principalement des suites, faisant office de « bonus » avec du fanservice et dans lesquels les joueuses sont contentes de retrouver leurs husbandos. Et puis il y a Ken ga Kimi. Plus que de faire du fanservice bête et méchant le jeu propose pas moins d’explorer l’enfance des protagonistes (attention crise de choupi-kawaïsme inévitable) tout en apportant aux personnages secondaires un développement inattendu.

L’élément le plus pété étant les flashbacks d’enfance. Le jeu de base nous expliquait grosso-modo ce qui étaient arrivés aux personnages, ce qui était loin d’être marrant mais devoir le vivre c’est une autre histoire. A moins de n’avoir aucun coeur, certains passages sont vraiment durs.

Le jeu mobile est une tuerie

On a tous rêvé – enfin surtout moi – de voir un RPG Ken ga Kimi. L’univers du jeu s’y prête tellement qu’on regrette que le jeu original n’incorpore aucune mécanique de jeu de rôle. Ce n’est pas le cas de Ken ga Toki, spin-off de la licence. Sorti fin 2019, le jeu reprend l’univers sous la forme d’un RPG proche de Fate/Grand Order au niveau de ses mécanismes. Et devinez quoi ? C’est une réussite totale ! Les nouveaux personnages sont charismatiques et l’histoire, si elle commence un peu maladroitement, nous tient en haleine et on a qu’une hâte : continuer !