Dix ans d’otome games (2009 – 2019)

2019 est une année spéciale pour moi puisque il y a dix ans, je découvrais les otome games avec le titre Yo-Jin-Bo – Unmei no freude – sur PC, en langue anglaise. A l’époque, fascinée par la culture visual novel, je me suis mise à chercher des titres destinés aux jeunes femmes. J’en avais un peu marre de tous ces jeux montrant un mec entouré de son harem de gonzesses. Si Yo-Jin-Bo ne fut pas un coup de coeur direct, il m’a mené vers un monde incroyable : celui des otome games.

Dix années, cela représente plus de 100 otome games joués sur des plateformes diverses : PC, PS2, PSP et PSVita. J’ai vu évoluer le genre, l’émergence de la communauté internationale (bien que principalement américaine) et la création de nombreux fandoms. J’ai donc eu envie de vous présenter ces dix années passées à jouer à ces jeux si atypiques.

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Asaki, Yumemishi (PC/PSP, 2008)

2009-2010 Découverte et premiers coups de coeur.

La particularité de découvrir les otome games à l’aube des années 2010, c’est de voir la richesse des titres sortis à l’époque. Pourtant, il fallait avoir le goût de la recherche sur internet pour dénicher des jeux avec un certain potentiel. A la lumière de l’adaptation animé de Hakuouki Shinsengumi Kitan, les blogs et forums en tout genre ont commencé à pousser un peu partout sur le web. La masse d’informations étant essentiellement en japonais (et c’est toujours encore majoritairement le cas), des sites ont même tenté de se spécialiser dans l’information relative aux otome games, comme feu Otome Jikan.

De mon côté, je me suis tournée vers les fandoms naissants pour y dénicher les licences d’otome games populaires. Ceux de QuinRose se démarquaient particulièrement avec leur jeu Heart no Kuni no Alice duquel émanait un potentiel certain. Otomate n’était pas en reste mais creuser dans leurs otomegraphie c’était se confronter – déjà- à des jeux très moyens. Pas évident de faire la part des choses face au manque cruel de retours sur les jeux.

Pourtant, c’est en 2010 que je rencontre le jeu qui va bouleverser ma petite vie : Asaki, Yumemishi. La bande sonore est une carte postale, l’univers incroyable et les personnages deviennent bien plus que de stupides love interests à mes yeux. Le coup de coeur est intense et le jeu me convainc que les otome games peuvent être d’avantage que de bêtes jeux de drague neuneus.

Beast Master and Prince (PS2/PSP/PSV/Switch, 2010)

2011-2014 Rythme effréné et découverte des otome érotiques.

Probablement la période la plus faste de ma vie de joueuse d’otome games. Je les enchaine, à la pelle. Certains titres, comme Moujuutsukai no Ouji-sama, Uta no Prince-samaToki no Kizuna, Zettai Meikyuu Grimm vont devenir des oeuvres cultes à mes yeux tandis que d’autres vont me faire éprouver que de la consternation.

Par ailleurs les adaptations animées se succèdent, gonflant les fandoms étrangers. Je dois être la seule à n’avoir jamais parié un centime sur le succès de Diabolik Lovers. Découvrant le jeu en même temps que l’anime, je tremble d’effroi et n’arrive même pas à orienter ma lecture au 15 degrés tellement le jeu me débecte. Alors qu’à côté des trucs hyper cool comme Toki no Kizuna ou Glass Heart Princess sortent, le public japonais n’a de yeux que pour de dangereux vampires…Pendant ce temps-là je me mets à rêver d’une adaptation anime de Asaki, Yumemishi. 

En 2012, je m’enfonce un peu plus loin en enfer en touchant au tabou des jeux érotiques. Pour femmes. Je flash sur l’esthétisme très coloré et « mignon » de Akazukin to Mayoi no Mori, pensant naïvement que ce n’est rien de plus que de l’érotisme gentillet. Première chose à savoir : les otome érotiques n’ont absolument RIEN de différents des jeux pornos pour mecs. Mais portée par le délire – et pas seule en plus – je commence à découvrir un pan du genre, relativement peu fournis en titres mais suffisamment intéressant pour y jeter des coups d’oeil curieux. Ce qui me mènera à ma perte.

2014 Traversée du désert et doutes

En 2014, je découvre le pire otome game du monde. Celui qui donne envie de vomir, qui fait perdre foi en l’humanité et qui rappelle la dure vérité à laquelle je me dérobais depuis cinq années : le sexisme déplorable de ces jeux. Le coupable de cette révélation : Jooubachi no Oubou. Retenez bien ce nom et oubliez-le (et surtout ARRÊTEZ, TOUT DE SUITE, de le citer dans le sondage annuel de MangaGamer, merci.).

Juste parce que j’attendais de ce jeu à être ce que je souhaitais : un otome mature et avec un vrai scénario. Aveuglée par la hype, je me suis enfoncée dans une expérience traumatisante qui m’a forcé à mettre de côté les otome games pendant de longs mois. A partir de ce jour, j’ai arrêté de toucher aux otomes R-18 et commencé à faire le tri dans ce que je voulais voir dans un jeu de drague.

Pour autant, je reste marquée et commence à envisager d’arrêter les otome games. Je me mets même à revendre une partie de ma collection, ne gardant que mon collector de Asaki, Yumemishi, unique vestige d’une passion aussi éphémère que violente. Alors que je pensais que je passerai à autre chose, ma destinée a pris un autre chemin.

2017 – 2018 Comeback et confirmation d’une passion

J’ai repris doucement le chemin des otome games au moment où l’Occident accueillait de nombreux titres en langue anglaise. Tout est parti de la sortie internationale de Amnesia:memories sur Steam. Ni une, ni deux, je sors la carte bancaire et replonge grâce à une amie qui y a joué. Entre temps, je décide de dépoussiérer mon affreux backlog de jeux sur PSP et PS2. J’attendrai 2017 avant d’acquérir une PSVita et de reprendre le chemin des achats compulsifs. Comme quoi, la passion ne meure jamais.

Je me suis aussi vite aperçue en retrouvant des jeux comme Ken ga kimi, Collar x Malice et très récemment Kenka Bancho Otome que le choix d’être plus restrictive et de mieux choisir ses otomes étant le bon. Evidemment, je n’échappe pas aux déceptions et je continuerai à maudire tous les titres qui décident de sombrer dans la violence sexuelle et physique (coucou Piofiore no Banshou…meilleur jeu pour démarrer l’année…Ou pas). Cependant, j’ai désormais les armes pour affronter la violence qui me faisait mal à l’écran. D’où le fameux Balance ton Otome Boy destiné à prouver que les otomes ce n’est pas seulement de la romance mignonne.

J’ai également fini par assumer complètement en 2018 d’afficher ma passion sur internet. Voir de plus en plus de joueuses occidentales sur les réseaux sociaux m’a poussé à affirmer mon choix d’aimer ce type de jeu alors qu’avant, je le cachais.

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Kenka Bancho Otome (PSV, 2016)

2019 – ???

Avec une telle passion qui s’est consolidée ses dernières années, difficile de revenir en arrière maintenant. Est-ce que je regrette ? Non. Par contre, je pense que si j’avais opté dès le départ avec un meilleur choix de jeux, je serai moins amère aujourd’hui et je n’aurai alors pas balancé ma passion à travers la fenêtre en 2014. Le retour fut difficile et je ne sais pas si dans 5 ans on me verra encore jouer à ce type de jeu. Je ne vais pas vous mentir mais il est certainement probable que je joue moins à l’avenir. Déjà, j’arrive au bout de mon rattrapage de la génération PSVita et celle de la Switch vient tout juste de se mettre en route. Evidemment il reste toujours à farfouiller dans les tréfonds des jeux PS2 et PSP mais on va être honnête : les perles sont beaucoup trop rares pour y mettre autant d’investissement.

L’autre fait que vous n’ignorez pas, c’est que le marché des otome games est en perte de vitesse depuis environ 5 ans, ce qui se traduit par moins de jeux. Donc forcément, maintenant qu’on peut prendre le temps de choisir sans se faire envahir, les joueuses en profite pour faire des choix. C’est également le mien.

Alors, est-ce que je suis partie pour une nouvelle décennie ? L’avenir nous le dira.

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