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Musketeer : Le sang des chevaliers est un otome développé par Otomate sorti en 2011. Derrière son allure classe se cache un énorme nanar. Si vous ne savez pas ce que c’est, c’est une oeuvre qui fait involontairement rire. C’est le cas avec Musketeer qui, non seulement fait rire, mais provoque quelques moments de facepalm. Je n’ai pas l’habitude de critiquer les mauvais otome games, étant donné qu’à part dire que c’est vide, ce n’est pas intéressant mais je me suis tellement roulé par terre de rire avec celui-là qu’il mérite bien d’avoir sa critique.

Je précise, avant de me faire lyncher, que le jeu ayant été conçu sérieusement, il est certain qu’au Japon la réception a dû être beaucoup plus appréciée que par moi-même. Mais voilà, s’inspirer d’un roman français (Les trois mousquetaires de Alexandre Dumas), proposer une oeuvre aussi fantastique que uchronique et de conchier sur la crédibilité supposé de l’univers, il y a de quoi dire que ça serait moins vulgaire de faire caca sur la tombe de Monsieur Dumas.

— Fiche technique —

Musketeer: Le Sang des Chevaliers
Musketeer : Le sang des chevaliers 
Développé par : Otomate
Date de sortie initiale : Juillet 2011
Classification : Cero B
Support : PSP

— Synopsis —

D’Artagnan (oui, vraiment) est une jeune fille vivant paisiblement dans une petite maison en forêt avec son père (cliiichéééé). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce qu’elle soit attaqué par un monstre qui réussi à tuer le paternel. (moment émotion après 10 minutes de jeu). D’Artagnan y échappe de justesse grâce à l’intervention d’un gentilhomme du nom de Tréville. Ce dernier, face au désespoir de la jeune fille qui a tout perdu, lui propose de rejoindre une académie spéciale qui forme les Mousquetaires. Tréville indique également à D’Artagnan que la vérité derrière le monstre qui a tué son père se trouve là-bas. Notre héroïne prend son courage à deux mains et rentre ainsi dans l’Académie des Mousquetaires, prête à en découdre avec ceux qui ont détruit sa vie. Ou presque. N’oublions pas, nous sommes dans un otome games.

— Les personnages —

D'Artagnan

♣ D’Artagnan : L’héroïne de l’histoire. Après la mort de son père, elle décide de rejoindre l’Académie des Mousquetaires alors bien même qu’elle ne sait pas se battre…Malgré tout, on peut lui reconnaître une détermination sans faille pour retrouver le meurtrier de son père, n’hésitant pas à risquer sa vie. Loin d’être une cruche sans cervelle, D’Artagnan n’oublie jamais son objectif principal, au grand dam de ses prétendants…

Aramis

Aramis : Membre très populaire des Mousquetaires, de part son apparence efféminée (et le fait que D’Artagnan a réussi à le battre en duel…) et son côté classe. Victime des manigances de Richelieu, il peut se transformer en démon, ce qui se solde, dans son cas, par une perte progressive de la vue. A l’habitude de casser des vases quand ça ne va pas.

Athos

Athos : Président du Conseil des élèves (non ne rigolez pas, s’il vous plait). Stoïque et sérieux, il passe son temps à étudier. Comme Aramis, il est aussi sujet à la malédiction qui peut le transformer en démon. Chiant comme la pluie.

Porthos

Porthos : Dans la même classe que D’Artagnan, ce tsundere en puissance passe le plus clair de l’aventure à rougir, surtout après avoir vu l’héroïne à poil (bouh que c’est cliché !). Sa route est dans la continuité de celles de ses compères plus haut et se transforme en comédie WTF avec notamment une fin à s’étouffer de rire.

Rochefort

Rochefort : Professeur à l’Académie des Mousquetaires, Rochefort est étroitement lié au scénario puisqu’il fait figure, pendant une partie de sa route, comme l’un des antagonistes. Bon évidemment, comme tout bon méchant, il voit la lumière et envoie bouler son acolyte pour l’amour de D’Artagnan. Beaucoup trop prévisible. Beaucoup trop.

Richelieu

Richelieu : Attend, on va quand même pas draguer un vie- ! Eh si ! Enfin, ce n’est pas le premier otome game où l’on se retrouve avec un homme âgé dans son harem (coucou Kazeiro Surf). Braiffe, Richelieu est – en apparence – le méchant du jeu. On le voit comploter dans des ruines à plusieurs reprises et il est celui qu’on affronte dans les routes des Trois Mousquetaires. Son apparence de pépé est en réalité une illusion et, on vous rassure tout de suite, c’est un beau gosse caché.

Treville

Tréville : Professeur à l’Académie des Mousquetaires, il est également celui qui sauve D’Artagnan d’une mort certaine au début du jeu, n’ayant pas pu, hélas, sauver le paternel. Tréville pousse D’Artagnan à rejoindre l’Académie, arguant qu’elle doit se venger du meurtre de son père mais on se doute bien qu’il cache quelque chose.

Constantine

Constantine : L’ultime route du jeu, qui ne se débloque qu’une fois tous les autres personnages faits. Et autant vous dire que sa route est encore plus WTF que les autres avec l’ultime révélation qui donne envie de se fracasser la tête contre un mur.

— Malédiction, démonisme et uchronisme —

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Musketeer : le sang des chevaliers possède un scénario très sérieux, mélangeant aussi bien l’univers du roman de Alexandre Dumas que des éléments fantastiques et parfois même de science-fiction pur. En effet, le jeu se paie même le luxe d’être une uchronie fantastique sans oublier les habituels poncifs des otome games. Rien que l’Académie des Mousquetaires avec son conseil étudiant, ses cours et ses professeurs permet de bâtir une ambiance plutôt bien connue pour les joueuses.

Les démons étant à la mode depuis le phénomène Hakuoki, Otomate n’a donc pas hésité à reprendre une histoire similaire. C’est peut-être le plus gros point noir du jeu puisqu’au final toute la partie fantastique donne l’impression d’être du déjà-vu. Il suffit de jeter un oeil aux titres de la firme pour se rendre compte qu’ils ont over-abusé de cette faille pour en garnir une partie de leurs jeux. Sans dire que c’était forcément une mauvaise idée, il est pourtant clair que le fantastique est assez mal imbriqué dans l’univers. Sans parler des transformations démoniaques des personnages qui rappellent un peu trop Saint Seiya ou Power Ranger. La crédibilité n’est donc pas assurée et on a du mal à ne pas se bidonner tellement la chose n’est pas réaliste.

Et évidemment, Musketeer : le sang des chevaliers en rajoute une couche avec une uchronie mal placée qui donne envie de se taper la tête contre un mur. Là où le bât blesse c’est que le jeu n’hésite pourtant pas de placer des dates dans sa timeline, ainsi que des évènements historiques, ce qui pose rapidement problème par rapport à l’univers qui semble se situer dans une réalité alternative. Alors bon, Hakuoki le faisait bien mais la réalité historique n’était pas pour autant écarter et on assistait donc à un univers beaucoup plus crédible. Musketeer : le sang des chevaliers n’est malheureusement pas en capacité d’être pris au sérieux tellement les routes varient entre le sérieux de la mise en scène et le What The Fuck barré. En témoigne les secondes parties qui font exploser le scénario en plein vol. Le festival nanar dans toute sa splendeur.

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— Le système —

Musketeer : le sang des chevaliers fonctionne comme un visual novel classique avec des choix de réponses à donner. Le jeu se découpe en plusieurs chapitres (dont une belle faute de français à chaque fois, puisqu’au lieu de dire chapitre 1, chapitre 2 etc on a droit à 1 chapitre, 2 chapitres…) et on a la possibilité, dans la common route, de se déplacer sur une carte pour débloquer différents dialogues.

Rien de bien extraordinaire même si le jeu vous balance un mini-quizz un peu stupide au début de l’aventure rapidement torché pour la française que je suis…Des dialogues supplémentaires sont en revanche débloqués une fois une route finie, permettant d’approfondir le scénario (et voir les méchants faire leurs méchants à base de complots trop emo-dark).

Enfin, on y retrouve l’habituel galerie CG et compagnie et des options plutôt fournies.

— Les graphismes —

Si il y a bien un point sur lequel tout le monde peut s’accorder, c’est la qualité des graphismes qui est assez exceptionnelle. A croire que tout le budget est parti là-dedans au détriment du scénario. C’est beau, les personnages ont des animations réussies et les CG sont d’excellente facture. Je dois même vous dire que c’est le seul bon point du jeu ! Bref, rien à redire et le tout est très esthétique.

— Avis final —

Je dois vous avouer, je me suis rarement autant bidonné sur un otome game. En général, les mauvais jeux sont ridicules mais surtout vides et sans contenus qui ne valent pas la peine qu’on s’y attarde. Musketeer est une tout autre histoire avec un scénario absolument dantesque. Et quand je dis ça, ce n’est pas en qualité narrative même si l’histoire se suit bien…du moins jusqu’à la seconde partie où l’on commence à se demander si les scénaristes n’étaient pas tout simplement torchés. Pour autant, difficile de trouver de réels défauts à la narration tant l’intrigue a le mérite de pousser à l’intérêt. Le scénario est en effet plutôt sympathique à suivre et même si le ridicule était présent à de nombreuses reprises, je me suis rapidement prise au jeu.

Mais voilà, Musketeer souffre de nombreux travers, à savoir que si la première partie des routes nous ménage avec un bon suspens, on est moins convaincu quand la partie « démoniaque » du jeu prend le dessus. S’en suit alors des combats à la « hakuoki » avec des transformations qui font limite Power Ranger avec l’habituel schéma : les Mousquetaires se font poutrer par les monstres et ne passent en forme démoniaque que quand la situation devient critique. Et rebelotte dans CHAQUE ROUTE. Bref, le scénario part complètement en cacahuètes et ce qui devait être une oeuvre inspirée des Les trois mousquetaires devient un festival du nanar, capable de rivaliser avec l’adaptation de 2011 de Paul W.S Anderson.

Les mauvaises langues me diront que j’ai laissé passer la chose avec Hakuoki mais ce dernier avait quand même pour lui un scénario qui n’explosait pas en plein milieu et une intrigue fantastique ne prenant pas le dessus sur l’historique. Le problème avec Musketeer c’est que justement, ce qui relevait d’une réinterpréation originale du roman est éclaboussé par des choix scénaristiques douteux et l’impossible de prendre au sérieux l’intrigue tellement on se bidonne. Parce que oui, j’ai beaucoup rigolé, probablement pour ne pas sombrer face à une histoire surréaliste. Et parce que se faire violer sa propre culture littéraire par les japonais reste une expérience particulièrement difficile à encaisser.

Après, tout n’est pas à jeter et le jeu en jette niveau graphismes. J’ai même envie de lui mettre une note maximale car malgré la médiocrité de l’histoire et les personnages clichés à mort, j’ai passé un bon moment sur ce titre. Au lieu d’être une énième daube imbuvable et stupide, Musketeer est une oeuvre qui provoque l’hilarité et qui rien pour ça, mérite de figurer au panthéon des nanar. A découvrir rien que pour vous remettre d’une amère déception ou d’un jeu dépressif.

— Bilan—

Histoire

Note : 1.5 sur 5.

Ecriture

Note : 1.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 3.5 sur 5.

Graphisme

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 3 sur 5.

Musketeer : le sang des chevaliers est un mauvais otome game même s’il bénéficie d’un scénario tellement drôle qu’on se retrouve à rire plutôt que d’en pleurer. Cependant, c’est un titre que je vous déconseille d’acheter. 

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