Un an plus tard…le temps du bilan !

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Il y a un an, je décidais, sur un coup de tête, d’ouvrir ce blog pour partager mes différentes critiques d’otome games et mes réflexions sur un genre de jeu que j’apprécie énormément. Je ne pensais pas que je tiendrais un an, n’étant pas confiante dans mon écriture. J’avais aussi peur d’arriver rapidement un peu à saturation, d’avoir fait le tour. En réalité, c’est rapidement devenu un plaisir d’écrire des critiques même si certains titres sont probablement peu ou pas accessibles du fait de leur ancienneté. C’est pourtant une chose que j’apprécie, les otome games ayant une longue histoire et que ce n’est pas toujours inutile de revenir sur des titres qui ont façonné le genre, à leur manière.

Alors, que retenir de cette année ? Déjà, ce fut la première où j’ai autant joué à des otome games, et ça depuis longtemps. La dernière fois, ça devait être en 2013 ou 2014. Par la suite, j’ai eu un gros blackout et j’ai repris les otomes début 2017. Il est temps de vous donner la liste des titres joués en 2018 :

  • Ken ga kimi (entamé en 2017 mais fini début 2018) : Un chef d’oeuvre tout simplement. J’ai rarement vu un otome game aussi soigné autant sur la narration, l’écriture et les personnages. Vous le savez, Ken ga kimi est devenu une référence pour moi et je vous encourage vivement à découvrir le jeu. 
  • Fortissimo : Dans la catégorie « Elesia passion seiyuu », Fortissimo montre une nouvelle fois que non, ce n’est pas parce que il y a des seiyuus super cools que le jeu sera bien. La narration pauvre n’aide pas un jeu qui possède pourtant un beau potentiel. Clairement ma déception de l’année et encore heureux, j’ai pu acheter la version limitée au prix de l’édition normale. 
  • If God were to exist in this world : Rarement un otome game aura cristallisé autant de problématiques. Acquis pour une poignée d’euros, je ne regrette absolument pas de m’être plongé dans une histoire aussi dramatique qu’intéressante. Clairement le jeu le plus ambitieux de Rejet mais définitivement pas à mettre entre toutes les mains. 
  • Psychedelica of the Black Butterfly : Vous me connaissez, je soutiens activement (enfin quand les titres me plaisent, je ne suis pas à ce point maso non plus) les localisations anglaises. Premier titre localisé par Aksys en 2018, Psychedelica of the Black Butterfly est un otome original par sa construction scénaristique qui n’est pas passé loin d’être un chef d’oeuvre. A découvrir sur PSVita et Steam depuis novembre 2018. 
  • 7’scarlet :  Parmi les localisations anglaises de 2018, 7’scarlet est le titre qui m’intéressait le plus. Sans parler de déception, je n’ai pas été entièrement conquise par ce titre qui, une nouvelle fois, fait la part belle à son scénario. 
  • Kenka Bancho Otome : Ma plus grosse claque de l’année, peut-être même de ces dix dernières années. Je pèse mes mots. J’en attendais pas grand chose de Kenka Bancho Otome et j’avais un peu peur de la misogynie ambiante…c’est au contraire l’otome le plus safe et le plus féministe jamais sorti. A faire absolument !
  • Side Kicks! : J’en attendais beaucoup de ce titre, notamment à la lecture des critiques qui le disait bien meilleur que 7’scarlet. Au final, c’est assez triste à dire mais je l’ai trouvé moins bon. Malgré une histoire qui démarre en fanfare, le scénario ne décolle jamais vraiment, sauf dans sa seconde partie. 

Commencés mais non terminés :

  • Yuukyuu no Tierblade : je n’ai pas l’habitude de dropper mes jeux mais pour celui-là, ce fut une exception. Après un début prometteur, l’écriture lourde et peu engageante m’ont rapidement découragé. Promis, je le finirai en 2019, ne souhaitant pas rester sur une mauvaise impression. 
  • Ken ga kimi : momoyo tsuzuri : J’ai commencé le fandisc courant 2018 et j’y joue par sessions. D’une qualité rare, je freine des quatre fers pour ne pas avoir à le terminer. Cependant, il faudra bien que je dise un jour aurevoir à Tsuzu et sa bande…
  • KLAP – Kind love and punish : Un titre plutôt frais que j’aurai du tracer plutôt que d’arrêter en plein milieu. D’un autre côté, je me dis que ça ferait un bon décompresseur après Piofiore no Banshou. 
  • Piofiore no Banshou : J’avais initialement pré-commander ce jeu puis, ayant un peu peur d’un foirage total, j’ai préféré attendre les reviews. Pas mal de mutuals sur twitter (coucou KyuMyMiracle et son magnifique blog Otomeland) ont donné leur chance au jeu et progressivement la hype est montée. Rien de mieux que de terminer l’année sur un bon gros drama des familles avec des mafieux 🙂

Quoi de prévu pour 2019 ?

Vous avez pu le constater, je suis relativement très lente à jouer à des otome games. J’ai beau faire genre « oui oui je maîtrise le japonais » et tout, je reste une grosse bouse qui peut mettre six mois à finir un jeu, simplement parce que je peux rarement enchainer des lectures de 2h de japonais non stop. Il faut vraiment que ce soit du japonais basique et très scolaire pour que ça passe tout seul comme une crème…en moyenne, selon ma motivation et mon temps libre, c’est 2 à 3 mois de lecture pour finir un otome game. Ca peut être moins comme Kenka Bancho Otome que j’ai terminé en 3 semaines et ça peut être beaucoup plus comme Ken ga kimi qui m’a pris pratiquement 6 mois. 

Vous vous en doutez, mon backlog est un enfer. Donc pour 2019, j’ai commencé à établir une feuille de route qui va forcément exploser dans l’année. Déjà, comptez 4/5 mois finir ce que j’ai commencé (parce que je finis TOUJOURS mes otome games, oui je suis tarée). Pour le reste, sachez que j’ai déjà deux pré-commandes :

  • Kenka Bancho Otome 2nd Rumble. Parce que le premier jeu m’a mise une claque monumentale. Genre, c’est devenu mon second otome game préféré. La date de sortie est pour mars 2019 et j’ai évidemment sauté sur le collector de Stella Worth. Vous vous attendiez à quoi venant de moi ?
  • Variable Barricade. J’ai pris l’édition Stella Worth pour tester ce genre de collector. Entre temps le jeu a été repoussé…Grosse hype et je vais tenter d’en faire mon otome game de l’année. 

Et ensuite ? Oh bah…déjà je vais essayer de dépoussiérer un peu la PSP et la PS2 pour vous proposer pleins de reviews de titres qui m’ont marqué (en bien ou en mal…). Je ne vous cache pas, l’année va être difficile avec le CAPES Doc en ligne de mire et une situation professionnelle qui évolue. Du coup si j’arrive à faire genre cinq otome games dans l’année (ce qui me parait beaucoup…si on part du principe qu’il me faut deux mois pour en faire un) ça sera très bien ! 

Conclusion

Je vous remercie, lectrices et lecteurs de lire mon blog. Je n’ai aucun mérite d’écrire de telles croutes. Je fais ça d’avantage pour moi que pour ls gens, souhaitant simplement partager ce que j’aime. Je donne l’impression d’être assez dure dans mes critiques, comparées aux japonaises qui aiment tout et n’importe quoi mais je vous rassure, je recherche à chaque fois la perle rare. Merci encore de me lire et à l’année prochaine ^_^

– Otome Time ! – Bakumatsu Renka Shinsengumi

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Avant que Hakuoki devienne une référence majeure dans l’industrie otome game et emporte, dans son passage toute possibilité pour d’autres studios de surfer sur la vague du ShinsengumiVridge avait pourtant déjà lancé sa propre saga. En 2004 ils sortent Bakumatsu Renka Shinsengumi suivi de Bakumatsu Renka : Karyuu Kenshiden en 2007. Loin de la fantasy dans laquelle Hakuoki tire une partie de son scénario, Bakumatsu Renka Shinsengumi (abrégé BRS) raconte ses romances sans s’écarter trop de l’histoire réelle du Shinsengumi. Autant vous dire qu’on sort les mouchoirs plus souvent que d’habitude.

— Fiche technique —

Bakumatsu Renka Shinsengumi
Bakumatsu Renka Shinsengumi - 
Développé par : Vridge
Date de sortie initiale : Décembre 2004
Classification : Cero B
Support : PS2 / Nintendo DS

— Synopsis —

On y suit Suzuka Sakuraba, une jeune fille dont le père est propriétaire d’un dojo. Ayant appris le maniement du sabre depuis son plus jeune âge, la mort de son paternel la laisse dans une position délicate puisque ce dernier a surtout laissé sa famille avec une montagne de dettes. Ne pouvant s’en sortir, Suzuka demande de l’aide auprès de la princesse de la province de Aizu pour pouvoir rentrer dans la milice appelée Shinsengumi. L’objectif n’est pas tant pour Suzuka de prouver ses capacités comme sabreuse que de se sauver d’une existence condamnée…

— Les personnages —

Sakuraba Suzuka

Suzuka Sakuraba : L’héroïne du jeu. Suzuka est loin, trèèèès loin de l’archétype de l’héroïne d’otome. En effet, par rapport à Chizuru qui vous aura donné de la claquer très fort contre un mur, Suzuka est une jeune fille plutôt douée pour les arts martiaux. Elle se révèle être un élément indispensable au Shinsengumi et ne se met jamais au travers de la route des personnages. Autant dire que cela fait du bien d’avoir une héroïne qui sait ce qu’elle veut, ne fout pas le caca dans le scénario et s’occupe de ses fesses.

Kondou Isami

Isami Kondo : Capitaine du Shinsengumi, Kondo est vu comme un homme frivole dans la première partie du jeu, malgré son profond attachement aux règles du groupe militaire. Sa position de chef prend de l’ampleur une fois qu’il se retrouve comme l’unique dirigeant du Shinsengumi, ce qui vaut pour lui des décisions lourdes de conséquences.

Hijikata Toshizou

Toshizo Hijikata : Vice-commandant du Shinsengumi, il est vu comme un homme autoritaire et il est même considéré comme un vrai démon. En effet, il vaut mieux faire attention à nos paroles devant Hijikata, tant ses capacités de sabreur et son intelligence en font un pilier de la formation. En revanche, une fois sa confiance acquise, il devient un ami sincère.

Yamanami Keisuke

Keisuke Yamanami : Seconde vice-commandant du Shinsengumi, Yamanami passe pour une crème à côté de Hijikata et beaucoup ne font pas forcément gaffe à leurs paroles devant lui. Malgré ses talents de sabreur, c’est pour ses capacités en stratégie militaire que Kondo le garde près de lui. Son intelligence en font un homme lettré et cultivé.

Okita Souji

Soji Okita : Capitaine de la Première Division du Shinsengumi, Okita est connu pour être l’un des sabreurs le plus talentueux de la formation (et par extension, de son époque). Craint et respecté par ses hommes, notre jeune homme est bien loin d’être un tortionnaire et partage une passion pour les jeux avec les enfants. Okita est dévoué corps et homme au Shinsengumi et sa destinée tragique en font un personnage qu’on aurait aimé sauver.

Nagakura Shinpachi

Shinpachi Nagakura : Capitaine de la Seconde Division du Shinsengumi, Nagakura est connu pour son caractère rude, ce qui en fait également une personne respectée dans sa division. Bien moins craint que Hijikata et Okita, il forme avec Heisuke Todo et Sanosuke Harada un trio de comiques de service faisant le bonheur des membres du Shinsengumi.

Saitou Hajime

Hajime Saito : Commandant de la Troisième Division, Saito est un personnage froid et distant avec le reste du groupe. Reconnu pour ses qualités dans les arts martiaux, il est respecté mais relativement craint pour son manque d’émotions apparent qui en font un être sans sentiment. Une façade que Suzuka ne tardera pas à faire craquer.

Todou Heisuke

Heisuke Todo : Capitaine de la Huitième Division, Heisuke est un garçon idéaliste et naïf qui fera les frais lors de son positionnement du côté de Kashitaro Ito. Ses idéaux de justice sont mis à rude épreuve tout au long du jeu et il peut compter sur ses amis de toujours pour avancer.

Harada Sanosuke

Sanosuke Harada : Capitaine de la Dixième Division, Harada est connu pour sa joie de vivre (alors que n’oublions pas il a loupé son seppuku), son caractère affirmé et sa capacité à motiver les troupes. Il est souvent rabroué par Yamanami dès qu’il se met à boire plus de raison.

Yamazaki Susumu

Susumu Yamazaki : Espion attitré du Shinsengumi, Yamazaki porte le plus souvent une tenue de femme pour ainsi récupérer de précieuses informations sans soulever de suspicion. Plus doué pour manipuler son apparence que pour le combat, Yamazaki est un personnage complexe et qui ne laisse pas de marbre.

Saidani Umetaro

Umetaro Saidani : Ce personnage n’est pas un membre du Shinsengumi. Je vous spoile un peu car son identité est le sujet de sa route mais difficile de ne pas résister face à un des plus grands personnages historiques de son époque : Monsieur Ryoma Sakamoto en personne. Sa route est donc très différente de celles des autres puisque Umetaro/Ryoma s’oppose au Shinsengumi. En effet, il souhaite la fin du Shogunat et voir le Japon progresser vers un modèle social et politique hérité des Etats-Unis.

— Vis ma vie de femme au Shinsengumi —

Faire un otome historique est loin d’être facile, voire même carrément casse-gueule si on se base sur des personnages qui sont parfois morts dans des conditions tragiques. De ce côté-là, Bakumatsu Renka Shinsengumi n’a pas pris la période la plus sympathique, ni même les protagonistes à draguer les plus simples. En effet, les membres du Shinsengumi ont presque tous eu une mort atroce. Et ce n’est pas tellement un spoil, notamment pour les japonaises qui ont forcément étudiée cette période en cours.

Et Suzuka dans tout ça ? Parce que oui, on a ici une héroïne forte, qui dès le départ en impose. Et d’ailleurs, pour une fois, le maniement de l’épée n’est pas une pseudo idée stupide pour justifier la présence de l’héroïne dans un environnement masculin. Certes, dès le départ, son identité n’est un secret pour personne mais ses capacités dans les arts martiaux sont réelles. On est donc pas face à une gourdasse qui attend gentiment qu’on vienne la sauver des méchants pas beaux. De la même manière que si les garçons sont parfois un peu sexistes, Suzuka ne se laisse pas démonter et peu à peu elle est acceptée, autant comme femme que combattante. Le respect de se gagnera pas de suite mais progressivement tout au long de l’aventure et il est plaisant d’enfin voir un otome game qui assume d’avoir une héroïne avec du caractère.

La réalité historique forme une trame de fond et se répercute sur le quotidien de nos héros. Les batailles s’enchainent et on sait qu’elles seront perdues. C’est un désespoir à peine camouflée mais point sujet au drama qui traverse le jeu. En effet, malgré une ambiance militaire et historiquement mouvementée, Bakumatsu Renka Shinsengumi ne verse jamais dans le glauque ni le pathos inutile. C’est probablement l’énorme force de ce titre mais aussi sa principale faiblesse. En effet, on pourra reprocher un design et une ambiance moins violence qu’elle ne laisse suggérer mais cela ne dénature pas l’univers. Après tout, il est tout aussi bien d’aller à une forme de « pudeur » plutôt que de creuser dans le malsain au risque de choquer.

Aussi réaliste que crédible, Bakumatsu Renka Shinsengumi s’inscrit bien évidemment dans une logique plus proche du dating sim que du pur visual novel. Un choix plutôt intéressant qui permet, entre deux tirades de blabla historiques de ne pas oublier le principal objectif du jeu. Alors certes, c’est toujours moins soigné que Hakuoki mais beaucoup plus réaliste puisque dénué de fantastique. Les rebondissements sont ainsi donc plus prévisibles même si, en fonction des choix, le destin de certains héros change drastiquement. Les bonnes surprises sont présentes et les moins bonnes rappellent que non, un otome game n’est pas seulement censé se terminer en happy ending. Prenez vos mouchoirs et plonger la tête dans une aventure romantique qui vous prendra aux tripes.

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— Le système —

Alors là accrochez-vous bien. Bakumatsu Renka Shinsengumi ne fait pas dans la facilité. En plus des choix de réponses traditionnels à donner, vous avez l’occasion à plusieurs reprises dans le jeu de parler à des personnages et il y a un ordre précis pour débloquer des events exclusifs apparentés à des « rendez-vous ». Et là encore il faudra faire les bons choix de dialogue pour ainsi orienter l’histoire sur la route du personnage que vous convoitez.

Autant dire que le jeu est loin d’être facile et qu’en absence de guide vous risquez de patiner dans la semoule. On ne vous guide en effet pas spécialement sur les choix et la seule indication sera la disparition progressive de personnages avec qui engager les dialogues, ce qui signifie que vous ne pouvez plus accéder à leur route. A savoir qu’en fonction des rendez-vous et des events, les fins seront très différentes. Autant dire que les choix ne sont pas anodins et qu’il faudra faire preuve de vigilance…ou tout simplement recourir à un guide.

— Les graphismes —

Vous vous en doutez, Bakumatsu Renka Shinsengumi est un « vieux » otome game. Sorti en 2004, il ne tient pas la comparaison avec les jeux d’aujourd’hui. On peut également avoir de grosses réticences sur le chara-design over-shojo. Kondo blond par exemple, ça fait un peu « tâche ».

Malgré tout, le jeu est incroyablement bien soigné avec des CG d’excellentes qualités et des sprites animés (oui en 2004, le truc de fou. Quand je vois des otomes de 2018 qui en ont pas, je pleure). Bref, Bakumatsu Renka Shinsengumi se défend encore très bien aujourd’hui.

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— Avis final —

Bakumatsu Renka Shinsengumi est un de mes tous premiers otome games alors forcément c’est un peu sentimental. J’ai été happé dans l’histoire et j’ai suivi toutes les routes avec beaucoup d’intérêt. Evidemment, c’est rarement gais vu que le jeu suit plutôt bien l’Histoire réelle du Shinsengumi. Je vous rassure, il est possible d’éviter pour certains (comme Heisuke Todo) une fin cruelle mais pour d’autres, notamment Soji Okita, la mort l’attend peu importe nos choix…De quoi finir une soirée en PLS en pleurant sur un personnage qui ne mérite pas ça. Malheureusement, dans un soucis de cohérence, Bakumatsu Renka Shinsengumi s’évite ainsi le cliché d’offrir une vie heureuse à chacun des personnages. Un choix ô combien risqué mais nécessaire pour bâtir une histoire qui nous transporte d’émotions.

Le jeu peut paraître complexe au premier abord et il est évident que pour les néophytes c’est un véritable casse-tête, d’autant plus que la période historique est ici exploitée au maximum. On est loin de Ken ga Kimi dont les évènements historiques n’étaient qu’une toile de fond, ici l’Histoire avec un grand H fait corps avec le jeu, transformant l’expérience comme un cours scolaire imbriqué avec la romance. Autant dire que si vous êtes allergique à l’Histoire japonaise, vous risquez de souffrir encore plus.

Là où Bakumatsu Renka Shinsengumi est une réussite c’est que le jeu évite nombre de clichés faciles. Les personnages ont certes chacun leur personnalité bien distincte mais leurs développements sont plutôt bien amenés et on s’y attache. Le contexte historique aide beaucoup, surtout si on connait la finalité de certains…L’émotion est donc au rendez-vous et difficile de retenir ses larmes. Pour autant, ne croyez pas que le jeu s’aventure uniquement sur le terrain dramatique. L’humour est également présent avec des scènes de vie sympathiques qui participent à découvrir et apprécier l’ambiance. Le Shinsengumi n’est pas seulement une milice où on ne bronche pas (quoique, dans la réalité, c’était probablement le cas). On assiste donc à une tranche de vie à une époque critique pour le Japon avec des personnages ne saisissant pas encore toutes les subtilités des évènements à venir.

Au final, malgré des graphismes assez datés, Bakumatsu Renka Shinsengumi est une valeur sûre grâce à un travail sur la partie historique très pointu, une imbrication de la romance très bien mise en scène (c’était pas gagné vu l’univers) et des personnages attachants. Sans oublier Suzuka, une héroïne qui a de la personnalité, ne se fait pas marcher sur les pieds et existe réellement à l’écran. En revanche, comptez plus de 50h de lecture pour terminer toutes les routes.

— Bilan—

Histoire

Note : 5 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 4 sur 5.

Graphismes

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 3 sur 5.

Réédité sur Nintendo DS durant la grande vague Hakuoki, il est évident que Bakumatsu renka Shinsengumi souffre de la comparaison. Il serait pourtant désolant de le limiter à une bête copie tant le jeu possède de nombreux atouts : une histoire plus réaliste, des personnages charmants et une ambiance qui fera le bonheur des fans des jeux purement historiques. A découvrir si les démons de Hakuoki vous ont laissé de marbre.

– Otome Time ! – Musketeer : Le sang des chevaliers

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Musketeer : Le sang des chevaliers est un otome développé par Otomate sorti en 2011. Derrière son allure classe se cache un énorme nanar. Si vous ne savez pas ce que c’est, c’est une oeuvre qui fait involontairement rire. C’est le cas avec Musketeer qui, non seulement fait rire, mais provoque quelques moments de facepalm. Je n’ai pas l’habitude de critiquer les mauvais otome games, étant donné qu’à part dire que c’est vide, ce n’est pas intéressant mais je me suis tellement roulé par terre de rire avec celui-là qu’il mérite bien d’avoir sa critique.

Je précise, avant de me faire lyncher, que le jeu ayant été conçu sérieusement, il est certain qu’au Japon la réception a dû être beaucoup plus appréciée que par moi-même. Mais voilà, s’inspirer d’un roman français (Les trois mousquetaires de Alexandre Dumas), proposer une oeuvre aussi fantastique que uchronique et de conchier sur la crédibilité supposé de l’univers, il y a de quoi dire que ça serait moins vulgaire de faire caca sur la tombe de Monsieur Dumas.

— Fiche technique —

Musketeer: Le Sang des Chevaliers
Musketeer : Le sang des chevaliers 
Développé par : Otomate
Date de sortie initiale : Juillet 2011
Classification : Cero B
Support : PSP

— Synopsis —

D’Artagnan (oui, vraiment) est une jeune fille vivant paisiblement dans une petite maison en forêt avec son père (cliiichéééé). Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce qu’elle soit attaqué par un monstre qui réussi à tuer le paternel. (moment émotion après 10 minutes de jeu). D’Artagnan y échappe de justesse grâce à l’intervention d’un gentilhomme du nom de Tréville. Ce dernier, face au désespoir de la jeune fille qui a tout perdu, lui propose de rejoindre une académie spéciale qui forme les Mousquetaires. Tréville indique également à D’Artagnan que la vérité derrière le monstre qui a tué son père se trouve là-bas. Notre héroïne prend son courage à deux mains et rentre ainsi dans l’Académie des Mousquetaires, prête à en découdre avec ceux qui ont détruit sa vie. Ou presque. N’oublions pas, nous sommes dans un otome games.

— Les personnages —

D'Artagnan

♣ D’Artagnan : L’héroïne de l’histoire. Après la mort de son père, elle décide de rejoindre l’Académie des Mousquetaires alors bien même qu’elle ne sait pas se battre…Malgré tout, on peut lui reconnaître une détermination sans faille pour retrouver le meurtrier de son père, n’hésitant pas à risquer sa vie. Loin d’être une cruche sans cervelle, D’Artagnan n’oublie jamais son objectif principal, au grand dam de ses prétendants…

Aramis

Aramis : Membre très populaire des Mousquetaires, de part son apparence efféminée (et le fait que D’Artagnan a réussi à le battre en duel…) et son côté classe. Victime des manigances de Richelieu, il peut se transformer en démon, ce qui se solde, dans son cas, par une perte progressive de la vue. A l’habitude de casser des vases quand ça ne va pas.

Athos

Athos : Président du Conseil des élèves (non ne rigolez pas, s’il vous plait). Stoïque et sérieux, il passe son temps à étudier. Comme Aramis, il est aussi sujet à la malédiction qui peut le transformer en démon. Chiant comme la pluie.

Porthos

Porthos : Dans la même classe que D’Artagnan, ce tsundere en puissance passe le plus clair de l’aventure à rougir, surtout après avoir vu l’héroïne à poil (bouh que c’est cliché !). Sa route est dans la continuité de celles de ses compères plus haut et se transforme en comédie WTF avec notamment une fin à s’étouffer de rire.

Rochefort

Rochefort : Professeur à l’Académie des Mousquetaires, Rochefort est étroitement lié au scénario puisqu’il fait figure, pendant une partie de sa route, comme l’un des antagonistes. Bon évidemment, comme tout bon méchant, il voit la lumière et envoie bouler son acolyte pour l’amour de D’Artagnan. Beaucoup trop prévisible. Beaucoup trop.

Richelieu

Richelieu : Attend, on va quand même pas draguer un vie- ! Eh si ! Enfin, ce n’est pas le premier otome game où l’on se retrouve avec un homme âgé dans son harem (coucou Kazeiro Surf). Braiffe, Richelieu est – en apparence – le méchant du jeu. On le voit comploter dans des ruines à plusieurs reprises et il est celui qu’on affronte dans les routes des Trois Mousquetaires. Son apparence de pépé est en réalité une illusion et, on vous rassure tout de suite, c’est un beau gosse caché.

Treville

Tréville : Professeur à l’Académie des Mousquetaires, il est également celui qui sauve D’Artagnan d’une mort certaine au début du jeu, n’ayant pas pu, hélas, sauver le paternel. Tréville pousse D’Artagnan à rejoindre l’Académie, arguant qu’elle doit se venger du meurtre de son père mais on se doute bien qu’il cache quelque chose.

Constantine

Constantine : L’ultime route du jeu, qui ne se débloque qu’une fois tous les autres personnages faits. Et autant vous dire que sa route est encore plus WTF que les autres avec l’ultime révélation qui donne envie de se fracasser la tête contre un mur.

— Malédiction, démonisme et uchronisme —

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Musketeer : le sang des chevaliers possède un scénario très sérieux, mélangeant aussi bien l’univers du roman de Alexandre Dumas que des éléments fantastiques et parfois même de science-fiction pur. En effet, le jeu se paie même le luxe d’être une uchronie fantastique sans oublier les habituels poncifs des otome games. Rien que l’Académie des Mousquetaires avec son conseil étudiant, ses cours et ses professeurs permet de bâtir une ambiance plutôt bien connue pour les joueuses.

Les démons étant à la mode depuis le phénomène Hakuoki, Otomate n’a donc pas hésité à reprendre une histoire similaire. C’est peut-être le plus gros point noir du jeu puisqu’au final toute la partie fantastique donne l’impression d’être du déjà-vu. Il suffit de jeter un oeil aux titres de la firme pour se rendre compte qu’ils ont over-abusé de cette faille pour en garnir une partie de leurs jeux. Sans dire que c’était forcément une mauvaise idée, il est pourtant clair que le fantastique est assez mal imbriqué dans l’univers. Sans parler des transformations démoniaques des personnages qui rappellent un peu trop Saint Seiya ou Power Ranger. La crédibilité n’est donc pas assurée et on a du mal à ne pas se bidonner tellement la chose n’est pas réaliste.

Et évidemment, Musketeer : le sang des chevaliers en rajoute une couche avec une uchronie mal placée qui donne envie de se taper la tête contre un mur. Là où le bât blesse c’est que le jeu n’hésite pourtant pas de placer des dates dans sa timeline, ainsi que des évènements historiques, ce qui pose rapidement problème par rapport à l’univers qui semble se situer dans une réalité alternative. Alors bon, Hakuoki le faisait bien mais la réalité historique n’était pas pour autant écarter et on assistait donc à un univers beaucoup plus crédible. Musketeer : le sang des chevaliers n’est malheureusement pas en capacité d’être pris au sérieux tellement les routes varient entre le sérieux de la mise en scène et le What The Fuck barré. En témoigne les secondes parties qui font exploser le scénario en plein vol. Le festival nanar dans toute sa splendeur.

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— Le système —

Musketeer : le sang des chevaliers fonctionne comme un visual novel classique avec des choix de réponses à donner. Le jeu se découpe en plusieurs chapitres (dont une belle faute de français à chaque fois, puisqu’au lieu de dire chapitre 1, chapitre 2 etc on a droit à 1 chapitre, 2 chapitres…) et on a la possibilité, dans la common route, de se déplacer sur une carte pour débloquer différents dialogues.

Rien de bien extraordinaire même si le jeu vous balance un mini-quizz un peu stupide au début de l’aventure rapidement torché pour la française que je suis…Des dialogues supplémentaires sont en revanche débloqués une fois une route finie, permettant d’approfondir le scénario (et voir les méchants faire leurs méchants à base de complots trop emo-dark).

Enfin, on y retrouve l’habituel galerie CG et compagnie et des options plutôt fournies.

— Les graphismes —

Si il y a bien un point sur lequel tout le monde peut s’accorder, c’est la qualité des graphismes qui est assez exceptionnelle. A croire que tout le budget est parti là-dedans au détriment du scénario. C’est beau, les personnages ont des animations réussies et les CG sont d’excellente facture. Je dois même vous dire que c’est le seul bon point du jeu ! Bref, rien à redire et le tout est très esthétique.

— Avis final —

Je dois vous avouer, je me suis rarement autant bidonné sur un otome game. En général, les mauvais jeux sont ridicules mais surtout vides et sans contenus qui ne valent pas la peine qu’on s’y attarde. Musketeer est une tout autre histoire avec un scénario absolument dantesque. Et quand je dis ça, ce n’est pas en qualité narrative même si l’histoire se suit bien…du moins jusqu’à la seconde partie où l’on commence à se demander si les scénaristes n’étaient pas tout simplement torchés. Pour autant, difficile de trouver de réels défauts à la narration tant l’intrigue a le mérite de pousser à l’intérêt. Le scénario est en effet plutôt sympathique à suivre et même si le ridicule était présent à de nombreuses reprises, je me suis rapidement prise au jeu.

Mais voilà, Musketeer souffre de nombreux travers, à savoir que si la première partie des routes nous ménage avec un bon suspens, on est moins convaincu quand la partie « démoniaque » du jeu prend le dessus. S’en suit alors des combats à la « hakuoki » avec des transformations qui font limite Power Ranger avec l’habituel schéma : les Mousquetaires se font poutrer par les monstres et ne passent en forme démoniaque que quand la situation devient critique. Et rebelotte dans CHAQUE ROUTE. Bref, le scénario part complètement en cacahuètes et ce qui devait être une oeuvre inspirée des Les trois mousquetaires devient un festival du nanar, capable de rivaliser avec l’adaptation de 2011 de Paul W.S Anderson.

Les mauvaises langues me diront que j’ai laissé passer la chose avec Hakuoki mais ce dernier avait quand même pour lui un scénario qui n’explosait pas en plein milieu et une intrigue fantastique ne prenant pas le dessus sur l’historique. Le problème avec Musketeer c’est que justement, ce qui relevait d’une réinterpréation originale du roman est éclaboussé par des choix scénaristiques douteux et l’impossible de prendre au sérieux l’intrigue tellement on se bidonne. Parce que oui, j’ai beaucoup rigolé, probablement pour ne pas sombrer face à une histoire surréaliste. Et parce que se faire violer sa propre culture littéraire par les japonais reste une expérience particulièrement difficile à encaisser.

Après, tout n’est pas à jeter et le jeu en jette niveau graphismes. J’ai même envie de lui mettre une note maximale car malgré la médiocrité de l’histoire et les personnages clichés à mort, j’ai passé un bon moment sur ce titre. Au lieu d’être une énième daube imbuvable et stupide, Musketeer est une oeuvre qui provoque l’hilarité et qui rien pour ça, mérite de figurer au panthéon des nanar. A découvrir rien que pour vous remettre d’une amère déception ou d’un jeu dépressif.

— Bilan—

Histoire

Note : 1.5 sur 5.

Ecriture

Note : 1.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 3.5 sur 5.

Graphisme

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 3 sur 5.

Musketeer : le sang des chevaliers est un mauvais otome game même s’il bénéficie d’un scénario tellement drôle qu’on se retrouve à rire plutôt que d’en pleurer. Cependant, c’est un titre que je vous déconseille d’acheter.