– Otome Time ! – 7’scarlet

Je crache très souvent sur Otomate mais force est de constater que la filiale otome de Idea Factory ne fait pas que bouffer l’industrie entière : elle devient aussi spécialisée dans les co-productions en tout genre et nombre de studios, même les plus connus (coucou Kadokawa) viennent greffer Otomate à leurs projets. 7’scarlet est ainsi un otome développé par Toybox Inc à qui on doit la série VN/SRPG des Tokyo Twilight Ghost Hunters. Sorti durant l’été 2016 au Japon, le titre mélange thriller horrifique et romance avec une narration classique mais solide. ToyBox Inc ne semble pas s’arrêter en bon chemin puisque en 2017 ils ont sorti Side Kicks!un otome qui met en avant une enquête policière, toujours teintée de romance.

Pour revenir à 7’scarlet, le jeu est traduit en langue anglaise en 2018 par Aksys Games (qui a par ailleurs localisé les Tokyo Twilight Ghost Hunters). L’occasion rêvée pour découvrir un otome parfait pour vos vacances !

— Fiche technique —

7'scarlet
7'scarlet 
Développé par : ToyBox Inc
Date de sortie initiale : Juillet 2016
Classification : Cero B
Support : PSV

— Synopsis —

Ichiko Hanamaki (que vous pouvez totalement renommée) est une jeune étudiante d’université dont le frère ainé a disparu, un an plus tôt, dans un village de campagne du nom de Okunezato. Malgré une enquête policière, cette dernière a été clôturé pour des raisons assez obscures. Hino Kagutsuchi, amie d’enfance d’Ichiko, lui propose de passer quelques jours de « vacances » à Okunezato dans l’optique d’en savoir plus sur la mort supposée de son frère. Arrivés sur place, ils découvrent un village étrange où disparitions étranges, non-dits et traditionalisme vont transformer l’enquête de Hino et Ichiko en dangereuse excursion….

— Les personnages —

Hanamaki Ichiko

Ichiko Hanamaki (ou votre prénom et nom, histoire de se sentir concernée) : L’héroïne de l’histoire. Ichiko est une jeune fille déterminée mais parfois tête en l’air, au grand dam de ses amis, surtout de Hino. Malgré sa volonté de retrouver son frère, elle a tendance à avoir le gros défaut de nombre d’héroïnes d’otome game, à savoir vouloir systématiquement aider son prochain.

Kagutsuchi Hino

Hino Kagutsuchi : L’éternel ami d’enfance secrètement amoureux de l’héroïne qui EVIDEMMENT voit quedal, à l’exception de tous les autres personnages. Il est à l’origine du voyage à Okunezato et de la recherche du frère de Ichiko. Tout au long du jeu, Hino reste un allié de confiance, un peu trop protecteur mais cela est justifié jusqu’à l’ultime route du jeu. Malheureusement, son caractère plat en fait un personnage qu’on oublie assez vite alors qu’il est un garçon plutôt sympathique.

Amari Isora

Isora Amari : Chef-Cuisinier de l’hôtel Fuurinkan, il va m’être difficile de ne pas recopier tout ce que j’ai raconté sur Balance ton otome boy tellement le personnage réussi à devenir rapidement détestable. Le pire c’est que le bougre ne s’arrête pas à sa route pour continuellement ramener sa fraise, avec des phrases très sympathiques du genre « si tu lui fais du mal, je te défonce » ou « t’inquiètes, je serais là pour te remplacer si, par inadvenance, tu meurs ». LE FUN. Pour le reste, la route de Isora est, malgré quelques rebondissements, très moyenne et il est assez dommage de voir un développement de son passé dans les routes des autres, alors que cela aurait été intéressant de le faire dans la sienne.

Kushinada Toa

Toa Kushinada : Ce jeune homme étrange, que Hino et Ichiko rencontre le cul par terre, victimisé par des chats loge à l’hôtel Furinkan aussi pour les vacances. Pas spécialement bavard, Toa a tendance à éviter de se mêler au groupe. Sa route est la première à réellement lancer l’intrigue du jeu et se révèle plutôt agréable surtout après le calvaire de celle de Isora. M’est avis que ce n’est pas pour rien. Toa est un personnage qui risque de vous surprendre à bien des égards, et ça jusqu’au bout.

Tatehira Sousuke

Sosuke Tatehira : étudiant en médecine en vacances à Okunezato, Sosuke est un garçon en apparence difficile à approcher même s’il se révèle très vite un garçon attentionné, prêt à aider son prochain. De ce côté-là, il se complète bien avec l’héroïne et sa romance est ma préférée du jeu. Sa route, que l’on débloque après Toa, est le basculement vers la seconde partie du jeu où les intrigues trouvent enfin des réponses. Autant vous dire que j’étais bien contente après trois routes où il ne se passait PAS GRAND CHOSE.

Murakumo Yuzuki

Yuzuki Murakumo : Propriétaire de l’hôtel Fuurinkan, Yuzuki apparaît dans les routes des autres personnages comme un personnage tyrannique et froid. On apprend au début du jeu qu’il a licencié presque tout le personnel de l’hôtel, sans raisons apparentes. Bref, on ne rigole pas beaucoup avec Yuzuki et sa route, qui commence étrangement, met en évidence que les évènements qui se trament sont bien plus complexes qu’il n’y parait, tout en menant une sous-intrigue qui trouve enfin son développement. En passant, l’introduction de la route de Yuzuki est un petit bijou d’animation qui met directement dans l’ambiance.

— La montagne, ça ne gagne pas pour tout le monde —

Que faire quand un membre de famille a disparu et que la police a classé l’enquête sans suite ? Eh bien on investi à la place voyons ! Voici le postulat de départ pour Ichiko et Hino : trouver des preuves de la disparition du frère de l’héroïne. Evidemment, l’enquête a des allures de colonie de vacances, surtout quand Hino s’inscrit au Surnatural Okunekato Club, consacré aux mystères de la ville. En effet, le village est sujet à nombreuses légendes et nos héros vont devoir découvrir la vérité derrière chacune. Parfois drôles, d’autres sont glaçantes, surtout quand on apprend que l’accès aux montagnes est condamné. Autant dire que l’investigation va rapidement piétiner dans la première partie du jeu.

Les choses ne s’arrangent pas d’avantage quand des morts étranges surviennent et que personne ne sait ce qui se passe. 7’scarlet vire ainsi donc au thriller et les moments de sursauts ponctuent quelques moments plus horrifiques. Rien de gore pour autant, le jeu reste accessible au plus grand nombre et l’aspect comédie est aussi mis en avant à de nombreuses reprises.

On est pourtant fasciné par Okunezato, ce village typique du Japon et de sa campagne. Le traditionalisme et le repli sont d’ailleurs sujet de l’intrigue, pour des raisons assez justifiés mais il est intéressant de voir que cette thématique est bien plus importante que l’on pense, dans un Japon qui s’ouvre au monde et des traditions ancrées dans le communautarisme. D’autant plus que ici, cela s’accompagne par une volonté de cacher la vérité au reste du monde sur des disparitions inquiétantes, comme si tout cela était l’effet de forces surnaturelles dont il vaut mieux éviter la confrontation…

— Le système —

7’scarlet fonctionne comme un visual novel classique, du moins dans sa première partie. En effet, contrairement à beaucoup d’otomes où vous avez le choix dès le départ entre différentes routes, Toybox Inc a préféré miser sur le scénario. Ainsi, au début du jeu, vous n’aurez accès uniquement aux routes de Hino et Isora. Une fois les deux complétées (oui hélas, on ne peut pas passer celle de Isora), vous débloquez alors la route de Toa, puis une fois faite, celle de Sosuke. Une fois ces quatre-là faits, vous aurez accès à la True End, à la route de Yuzuki et l’ultime fin du jeu.

Ce fonctionnement, plutôt intéressant, permet au jeu de se construire un scénario à plusieurs niveaux avec une intrigue qui se dévoile progressivement. Pour le reste, le jeu possède l’essentiel avec une galerie CG et une compilation des différents termes utilisés dans le jeu sous forme de dictionnaire. Sachez également que vous pouvez accéder librement aux différents moments du jeu en sélectionnant le scénario que vous souhaitez lire en cliquant sur « New Game ».

— Les graphismes —

Je suis assez partagée sur les graphismes car 7’scarlet. D’un côté, le jeu se dote d’animations pseudo-réalistes à différents moments du jeu qui mettent la pâtée tellement ça défonce et de l’autre, on se retrouve avec des sprites non-animés (mais plutôt dynamiques dans leur exécution) qui donne l’impression d’un petit gâchis tant le potentiel mis dans les animations n’a pas été exploité au maximum.

Les illustrations et le chara-design ne seront pas d’un grand mystère pour les fans d’otome puisque c’est la célèbre Chinatsu Kurahana (Togainu no chi, Lamento, la série Uta no prince-sama) aux commandes. On peut dire que son talent est toujours aussi brillant puisque encore une fois, les personnages possèdent des designs de qualité sans qu’on fasse un rapprochement évident avec ses précédents travaux.

— Avis final —

J’ai un sentiment très mitigé avec 7’scarlet. Je ne peux pas dire que j’ai détesté, ni même que le jeu m’a déçu. Au contraire, la construction du scénario est plutôt intelligente et permets à 7’scarlet d’être efficace. Cependant, cela se fait au détriment de l’aspect otome dont la sauce prend difficilement. De même, la façon dont la romance est construite est assez mal fichue, l’héroïne tombant (trop) rapidement amoureuse de ses prétendants, sans parler de la route de Yuzuki qui est très courte.

Il y a évidemment du bon et on peut dire que le jeu réussi à faire tenir le suspense jusqu’au bout, si on a pas le malheur de chercher des informations sur internet ou voire même VNDB. Avec le recul, le scénario met quand même du temps à se lancer, la faute à la route de Isora qui n’apporte réellement rien, là où celle de Hino fait une très bonne introduction.

Il faut également accrocher au dernier tiers du jeu qui balance ses révélations de façon assez brutales et parfois même spectaculaires. Je dirai même que si l’intention est très louable, on assiste, à partir de la True End, à un Gloubi-boulga qui pose beaucoup trop de questions alors que le jeu nous tend les réponses de toutes les intrigues menées. Autant dire que c’est tout l’inverse de Amnesia:memories ou Norn9 mais que le juste milieu semble difficile à attendre.

Reste finalement un otome game qui surprend par des effets d’animations bluffants, malgré l’absences de sprites animés. Pas de panique car Side kicks, le second otome de ToyBox Inc est par ailleurs un aboutissement technique qui met la misère à ses concurrents. Loin d’être exceptionnel, 7’scarlet vous plaira si vous aimez les ambiances mystérieuses et les histoires surnaturelles.

— Bilan—

Histoire

Note : 4 sur 5.

Ecriture

Note : 3.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 4 sur 5.

Graphismes

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 4 sur 5.

7scarlet est loin d’être un mauvais otome game, au contraire. Il possède une histoire captivante malheureusement entravé par des choix narratifs expédiés et des routes qui manquent clairement de relief. Dommage car avec un peu plus de développement pour certains personnages, on tiendrait un grand jeu. A découvrir chez Aksys. 

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