Amnesia : memories est un otome game développé par Otomate d’abord sorti sur PSP en 2011 puis réédité sur PSVita courant 2013. En Occident, le jeu sort en 2015 à la fois sur PSVita et PC sous la tutelle de Idea Factory. Amnesia est un otome game dont le succès repose presque sur une seule route : celle où notre cruche finit enfermée dans une cage. Ni plus, ni moins. Le monde entier a voulu découvrir cette scène et les ventes sur Steam sont suffisamment paradoxales (presque 100,000 exemplaires, sans compter la version PSVita) pour s’interroger sur les qualités latentes de ce titre. Retour sur le jeu qui m’a fait revenir dans le fandom Otome en 2017.

— Fiche technique —

Amnesia
Amnesia: memories 
Développé par : Otomate
Date de sortie initiale : Août 2011
Classification : Cero C
Support : PSP / PSV / PC

— Synopsis —

Vous – et là oui c’est vraiment vous, pas de nom random mis pour les flemmards – vous réveillez un beau matin en ayant oublié l’intégralité de vos souvenirs. La cause ? Un esprit un peu stupide sur les bords vous a percuté, ou plutôt a percuté votre tête et ce choc a provoqué la perte totale de votre mémoire. Vous vous ne souvenez de rien, aussi bien de votre histoire familiale que de vos amis…bref, la grosse galère ! L’esprit en question, qui s’appelle Orion, dont vous êtes la seule à pouvoir le voir, vous demande de retrouver vos souvenirs tout en évitant d’éveiller les soupçons. Spoiler: ça marche pas.

— Les personnages —

Heroine

♦ Héroïne (oui elle a vraiment pas de nom) : C’est vous ! Pour une fois, vous avez face à vous une coquille vide. Pas d’histoire de famille, pas de passé, rien qu’une poupée sans âme qui doit rechercher la vérité derrière ses souvenirs perdus. En effet, les personnages ne sont pas tous honnêtes avec vous et il vous faudra déceler le vrai du faux dans leurs témoignages. Orion a la particularité de vous faire voyager entre différents mondes parallèles où la situation n’est pas la même et de vous amener progressivement à retrouver votre mémoire.

Ikki

Ikki : personnage principal du Spade World, Ikki est le gars populaire avec son escorte de groupies qui le suit constamment. Censé être en couple avec l’héroïne dans son monde, il est connu pour être un playboy et de sortir avec de nombreuses filles. Bon évidemment c’est plus compliqué que ça et sa route se révèle assez vite plan-plan malgré une mise en abîme du monde astral d’où vient Orion.

Kent

Kent : Vous aimez les maths ? Moi non et ce n’est pas Kent qui m’a redonné le goût de cette matière. Personnage central du Clover World, il se révèle particulièrement ancré dans une logique impénétrable, ce qui le rend difficile à soudoyer vu qu’il voit très vite que quelque chose ne tourne pas rond avec vous. Sa route a été un vrai calvaire tellement elle est plate, sans relief et avec un personnage aussi chiant que la pluie. Dommage car il est doublé par Akira Ishida, un de mes seiyuus préférés.

Shin

Shin : Personnage central du Heart World, Shin est ce gars gentil qui, évidemment, comprend assez vite que quelque chose n’est pas clair lorsqu’il vient vous rendre visite suite à votre perte de souvenirs. D’autant plus que sa route tourne au thriller psychologique pour savoir qui a tenté de vous tuer, sachant qu’il est le suspect numéro 1 dans cette affaire. Peut-être la meilleure route du jeu vu que l’intrigue est intéressante, faite de complots, de mystères et que l’ambiance est réellement sympathique quoique angoissante.

Touma

Toma : LA CAGE. LA PUTAIN DE CAGE. Pardon, c’est nerveux. Bref, vous le savez tous, la raison pour laquelle tout le monde a joué à Amnesia : memories c’est Toma. Personnage principal du Diamond World, sa route tourne autour du sujet du harcèlement, d’abord sous la forme d’un groupe de filles qui vous pourrisse la vie mais aussi de celui de Toma. Sa route est particulièrement dérangeante et l’ambiance finie par devenir glauque, assez difficile à supporter tout autant que la jalousie grandissante du personnage. Cependant, malgré l’aspect ultra dramatique de sa route, c’est la meilleure du jeu, d’autant plus qu’elle s’évite de tomber dans le travers de glorifier le personnage et son acte. Aussi, il est doublé par Hino Satoshi au sommet de son art.

Ukyo

Ukyo : Une fois toutes les routes faites, le Joker World s’ouvre à vous. Ukyo vous poursuit dans les autres mondes, tentant de vous tuer à plusieurs reprises. Sa route fait office de True End et de résoudre – en partie – le scénario.

— Action ou vérité —

Contrairement à ce qu’on pense, le monde de Amnesia : memories est plutôt complexe avec une importance du monde astral et de ses esprits qui font danser les humains dans leurs mains. Du moins, c’est ce qu’on est en droit de penser avec une true end qui laisse plus de questions que de réelles réponses. Pour ainsi dire, la quête de vérité de notre héroïne est parsemée d’embuches et nos héros ne lui font aucun cadeau. Entre celui qui la fait patauger dans le faux et l’autre qui l’enferme dans une cage, profitant de son amnésie (et de sa non-réaction) pour faire n’importe quoi, on est en droit de se demander dans quel jeu à la con on est tombé. Pourtant, la sauce prend étrangement et on finit par compléter toutes les routes pour connaître le dénouement final. De ce côté-là, n’espérez pas obtenir de réponses claires et attendez une éventuelle localisation de Amnesia World, qui parait-il, répond à toutes les questions laissées en suspense.

Amnesia : memories n’est pour ainsi dire pas un otome très reposant, tant l’angoisse est présente dans la majorité des routes. On s’interroge assez vite du pourquoi du comment tant notre héroïne (enfin nous, on a tendance à l’oublier, elle n’a pas d’identité) se fait malmener, et pas seulement par les protagonistes mais aussi les personnages secondaires qui agissent rarement pour son bien, à l’exception de deux amies qui, fort heureusement, relèvent la balance dans une traversée des mondes dangereuse. D’ailleurs, si vous pensez que Orion, votre esprit de compagnie, vous viendra en aide, sachez qu’il ne peut être vu des personnes ordinaires et qu’il s’entêtera à vous parler tout au long de l’aventure, voire même à s’exprimer envers les autres personnages alors que personne ne peut l’entendre, ni le voir. Autant dire que le désespoir des situations tient plus de sa nullité en tant que esprit que les gaffes de notre gourdasse. Ambiance.

Tout n’est pas pour autant à jeter et le jeu fait la part belle au mystères et on enchaine les routes assez facilement, tellement on veut connaître la vérité. Si certaines routes sont moins enclines à nous en révéler, on se régale par cette ambiance qui navigue entre le glauque, l’horreur et le thriller psychologique. Les personnages sont tellement difficiles à cerner qu’on doute beaucoup et que la confiance n’est pas toujours facile à accorder alors qu’on a besoin d’eux pour avancer et comprendre ce qui se trame. Le fait est que chacun veut imposer sa propre vérité au risque de ne jamais permettre au joueur d’être libéré, comme notre héroïne.

— Le système —

Contrairement à nombre de visual novels, Amnesia : memories ne possède pas de common route ; du moins vous commencez l’aventure une fois le prologue passé avec Orion, après que ce dernier vous a percuté la tronche. Suite à cet évènement aussi WTF, le jeu vous propose alors de choisir quel monde vous souhaitez visiter. Chaque monde correspond à un garçon et ainsi à sa route. De ce côté-là, Amnesia : memories ne se fout pas de vous puisque chaque route a le mérite d’être unique, avec ses propres enjeux et sa propre histoire.

Evidemment, dans chaque route, vous avez des choix de dialogue. A vous de répondre avec prudence : n’oubliez pas que votre cruche est amnésique et que selon les bons  foireux conseils d’Orion, vous devez éviter de trop en dire sur votre perte de mémoire, au risque de finir dans un hôpital psychiatrique. Enfin, le jeu possède une série de mini-jeux assez dispensables que l’on débloque au fur et à mesure. Une galerie CG est disponible pour revoir les illustrations.

— Les graphismes —

Pour avoir fait le jeu sur PC, j’ai été bluffé par la qualité des graphismes du jeu. Outre le fait que le jeu soit passé en HD, absolument aucune perte est à déplorer durant ce passage en haute définition. Les personnages possèdent également des sprites animés qui rendent le jeu très vivant. En dehors du chara-design qui est à l’appréciation de chacun, Amnesia : memories est un otome game soigné et qui ne lésine pas sur sa qualité. Je vous recommande d’ailleurs fortement la version PC plutôt que la version PSVita, puisque tant qu’à faire, autant profiter du jeu en haute résolution.

— Avis final —

Amnesia : memories est l’otome game qui m’a fait revenir dans ce fabuleux monde du jeu de drague pour nanas. Sur les conseils d’une amie qui avait passée un moment particulièrement intéressant sur le jeu, je m’y suis lancée. Je ne peux clairement pas dire que j’ai détesté. Malgré deux routes ennuyantes, le tout est étonnamment digeste et les routes de Shin et Toma brillent par leur écriture. Oui, aussi incroyable que ce soit, la route de Toma est peut-être la plus réussie, grâce à un gros travail d’ambiance, qui on peut le dire, met très mal à l’aise. En revanche, les routes de Ikki et Kent ont été un supplice, tant elles étaient plates et sans reliefs. C’est réellement dommage car il faut avouer que le rythme du jeu en prend un sérieux coup avec eux, là où Shin et Toma font progresser l’intrigue.

Mon seul regret avec ce jeu, c’est que l’intrigue manque clairement de développement et que ce n’est pas la true end qui résous les choses. On en apprend effectivement pas mal dans cette ultime route mais pour moi, ils ont volontairement laissé en suspense beaucoup trop d’éléments pour se permettre ensuite de faire un fucking fandisc et une suite. En fait, on retrouve un peu la même problématique que Norn9 : war commons avec une intrigue qui s’arrête en plein milieu. Force est de constater que Otomate semble avoir corrigé le tir en proposant des suites qui mettent le scénario au centre du jeu mais je trouve le principe assez scandaleux, surtout que cela dépend beaucoup de l’appréciation ou non du jeu.

Pour le reste, c’est un otome que j’aime recommander, pour son scénario assez originale dans la mise en forme, une qualité graphique qui défonce et un univers qui a le mérité d’être intéressant. Il restera cependant pour moi quelques points difficiles à apprécier au niveau des routes et de la mise en abîme de l’intrigue dans la narration. Cependant, là où pour certains titres j’aurai décroché rapidement, Amnesia : memories m’a amené au bout de son histoire.

— Bilan—

Histoire

Note : 3 sur 5.

Ecriture

Note : 3 sur 5.

Système de jeu

Note : 4 sur 5.

Graphismes

Note : 5 sur 5.

Bande sonore

Note : 3 sur 5.

Malgré un scénario intéressant et prenant, Amnesia:memories possède de nombreux défauts qui n’entachent pas le plaisir de la lecture mais qui peut, pour ceux qui accrochent moins à certains personnages, d’ennuyer. Enfin, le final n’apporte pas suffisamment de réponses et on reste sur notre faim. A découvrir sur Steam et sur le PS Store.

2 réflexions sur “– Otome Time ! – Amnesia : memories

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