– Otome Time ! – Fortissimo

29571126_1468673129909303_4033479501479593613_nJe vous avais promis la review d’un otome game sorti cette année au Japon. Le choix n’est jamais évident vu que je précommande rarement beaucoup de titres. Fortissimo est un de ceux qui m’a rapidement tapé dans l’oeil avec un casting très sympathique et une qualité graphique assez exceptionnelle. Et là vous vous dites « C’est Otomate derrière non ? ». Détrompez-vous ! Otomate produit effectivement le jeu mais c’est une réalisation de Kadokawa Games. Pour tout dire, c’est leur premier otome game. Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour rejoindre le business juteux de cette fabuleuse industrie.

Sorti en mars 2018 sur PSVita, Fortissimo est en réalité une sorte de suite « alternative » de Brothers Conflict puisque on y retrouve un des personnages du jeu ainsi que la direction artistique de Udajo. Si les jeux d’idols sont nombreux, au point de provoquer l’overdose, Fortissimo se démarque par un ton plus adulte et une ambiance très soap-opera. Cela vaut-il le coup ?

— Fiche technique —

Fortissimo
Fortissimo
Développé par : Kadokawa Games
Date de sortie initiale : Mars 2018
Classification : Cero D
Support : PSV

— Synopsis —

Vous – ou Futaba, d’autant plus que son prénom est prononcé dans le jeu – êtes une jeune étudiante qui, pour survenir à ses besoins, trouve un boulot comme assistante-manager dans une agence d’idols. Malheureusement pour vous, le groupe dont vous héritez est loin d’être un cadeau. forttê est en effet un groupe sur la pente descendante : leur leader, Fuuto (aka la tête à claque du jeu Brothers Conflict) s’est tiré aux Etats-Unis pour y lancer une carrière solo, laissant ses copains seuls sur scène. Le groupe étant encore à ses débuts et face à une concurrence rude, les relations sont tendues entre les différents membres qui doutent autant sur leur talent que leur capacité à mener une carrière…

— Les personnages —

Futaba Fujisaki : notre héroïne. Futaba n’est pas gâtée par son boulot et le groupe qu’elle doit gérer. Plutôt optimiste et ouverte d’esprit, elle essaie tant bien que mal de faire en sorte que la carrière de forttê prenne le bon chemin alors que chacun doit gérer ses propres passifs.

Eiichiro Akaboshi : Leader de forttê, Eiichiro est un garçon sympathique qui se lie dès le départ avec Futaba. En effet, cette dernière étant débutante, son arrivée n’est pas synonyme de beaucoup de sympathie pour certains membres. Eiichi lui au contraire, fait en sorte de faciliter le travail de Futaba même si le retour de Fuuto le place dans une position délicate : il a en effet peur de perdre sa place de leader….

Osamu Narimoto : Membre de forttê, Osamu en est également le compositeur de leurs chansons. Petit prodige du piano, il est d’ailleurs resté proche de son ancienne professeur de piano…Difficile à cerner de part son attitude assez sérieuse, voire un peu machiavélique, Osamu n’est pas un personnage simple à cerner même s’il se révèle plutôt mature de part sa capacité à bien distinguer les choses.

Towa Morishima : Plus jeune membre de la troupe, Towa a tout l’air du gars qui braille et qui rend fou alors qu’il est en réalité relativement mature malgré une arrogance mal placée qui rappelle douloureusement Fuuto. Ce n’est heureusement pas un mauvais bougre, souhaitant simplement suivre une carrière d’idol même s’il doit aussi gérer ses études. Il vit dans l’ombre de Fuuto et a peur de l’échec, ce qui provoque pas mal de conflits avec notre héroïne.

Takesue Takuma

Takuma Takesue : l’énergique du groupe. Takuma est censé être en couple avec quelqu’un au début du jeu mais évidemment vous n’avez pas de raison de vous inquiétez…plutôt pressant et parfois limite, il n’est pas non plus mauvais bougre mais sa relation avec l’héroïne reste assez mal construite, du fait que à plusieurs reprises, certains personnages viennent le remettre à sa place.

Seike Ryou

Ryou Seike : Sub-leader de forttê et ami d’enfance de Eiichi. Ryou est le seul à ne pas accueillir à bras ouverts notre potiche, du fait de son inexpérience avec le milieu des idols. Malgré tout, voyant que le reste du groupe l’accepte, il prend sur lui pour lui offrir quelques conseils de shopping. En effet, Ryou mène en parallèle une carrière de mannequin. Sa route se révèle particulièrement étrange.

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Sota Tsukishiro : Chef manager de l’héroïne, il l’épaule lors de son arrivée dans l’entreprise. A l’origine, il a lui aussi eu une carrière comme idol mais a très vite regretté le milieu avant de mener une carrière en mode fucking destroy. Il est la route cachée du jeu qu’on débloque sous certaines conditions.

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— Paillettes et star system —

Dur la vie d’idol. Surtout quand on débute et que le moindre faux pas peut vous coûter votre carrière. Et encore plus quand on vous attribue comme manager une novice aussi naïve que un peu cruche…Pour ne rien arranger, le milieu est loin d’être pleins de gentils bishos tout mignons et bon nombre de cafards à piétiner viendront vous chercher des ennuis. En effet, notre potiche ne se méfie pas spécialement de son entourage professionnel et tout le monde en profite. Heureusement, les petits gars de forttê sont là pour elle. Si ils sont d’abord un peu réticents à accueillir leur nouvelle manager, ils réalisent que la prendre en grippe n’amènera que des problèmes et qu’ils ont besoin d’elle.  Après tout, la recherche de la gloire est bien plus importante.

Voilà le point de départ de Fortissimo. Futaba se lie rapidement d’amitié (et plus si affinités !) avec l’un des membre du groupe, ce qui mène à un scandale lorsque un photographe véreux vient vous pourrir la vie bien comme il faut. Chaque route aborde les démons qu’affrontent les personnages. De ce côté-là on est gâté, ils ont chacun des vices assez « originaux » et même malsains. Mentions spéciales pour celles de Osamu et Ryou qui abordent des thématiques assez étranges et même terribles. Cependant, la route la plus intéressante est celle qui est cachée : celle de Sota. Elle montre d’une façon réaliste que la carrière d’idols est faite de sacrifices et d’un certain abandon de ses propres choix artistiques. Dans un milieu dont l’importance du physique passe avant les qualités artistiques et vocales, on réalise que nos héros sont parfois d’une naïveté presque puérile, prêts à sacrifier leur âme pour devenir célèbre.

C’est là où Fortissimo tape dans le mile : au lieu de présenter une vie de starlette sympa et cool, où les personnages arrivent à concilier leurs ambitions artistiques avec la carrière qu’ils vont mener, le jeu prend le revers en présentant une vision réaliste des idols au Japon. En cela, la route finale est plutôt intéressante puisqu’elle montre toute la difficulté pour une idol d’assumer d’être un fantasme ambulant alors que beaucoup aimeraient être reconnues pour leur talent. Finalement, l’ambiance paillettes est vite matinée de tâches noires, parfois bien trop difficiles à enlever…

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— Le système —

A l’inverse d’un visual novel normal qui vous demanderait de gentiment répondre à des questions random, Fortissimo innove un peu avec un système de réponses qui se font…par sms/mails. A chaque fin de chapitre, plusieurs conversations s’offrent à vous et vous devez tâcher d’y répondre. Le reste du jeu se déroule comme un pur visual novel avec des découpages de l’histoire en différents chapitres. Chaque personnage a trois fins à débloquer, dont une bad end. Rien de bien transcendant et le jeu offre, pour ainsi dire, peu d’interactions.

— Les graphismes —

Je dois vous avouer, depuis Ken ga kimi la vie devenait un peu dur à se taper des otome games où les personnages vous regardent avec leurs yeux de veau…Aucune crainte avec Fortissimo qui est une grosse claque. C’est beau, c’est bien animé, les personnages changent régulièrement de vêtements et de style à l’écran. On a en plus réellement l’impression de les voir bouger avec des animations propres et bien faites. Autant dire que cela fait plaisir en 2018 de voir enfin des otome games qui mettent le paquet. L’immersion est donc totale dans ce monde aussi grinçant que peu fréquentable que celui des agences d’idols…

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— Avis final —

Fortissimo est relativement décevant. Le postulat de base avait pourtant de quoi séduire avec des thématiques par routes plus adultes, un monde médiatique loin d’être rose avec une réalité du monde des idols au Japon. Malheureusement, le jeu n’est pas toujours à la hauteur malgré une mise en abîme de situations intéressantes et d’une romance relativement bien dosée. Déjà, ce qui m’a profondément ennuyé c’est que les routes se déroulent toutes de la même manière. Bon rassurez-vous on est pas au niveau du copy/paste d’un Snow bound land. On se rapproche plus de Norn9 : War Commons avec des évènements qui se répètent d’une route à une autre. C’est dommage d’autant plus que la principale problématique de chaque route n’est jamais résolue de manière claire. C’est comme si les scénaristes n’avaient jamais réfléchis à la résolution alors que c’est l’un des points essentiels de la romance qui se noue entre l’héroïne et les protagonistes.

Evidemment, tout n’est pas à jeter dans Fortissimo. Déjà, techniquement, le jeu est très beau, avec de belles animations et c’est plutôt appréciable. Les personnages sont plutôt intéressants et ont tous des problématiques qui sont assez…originales même si des fois c’est assez malsain (la route de Osamu). D’ailleurs le Cero D est complètement assumé, ce qui est aussi un bon point. Sans tomber dans du graveleux, le jeu s’évite bon nombre de clichés habituels des otome games. En effet, pas de violences physiques, ni même sexuelles. L’héroïne n’est pas toujours très fine et les garçons en jouent un peu mais jamais on se retrouve dans une situation de malaise quand la romance est mise en place. Du coup, c’est tout mignon et on adhère complètement à l’aspect romantique du jeu.

Malheureusement, cela ne sauve pas l’intégralité du jeu puisque il reste toujours des routes trop courtes et des développements qui manquent de profondeur. Il y a beaucoup de potentiel dans Fortissimo et les personnages gagnent à y être développés. J’ai vraiment été frustrée, et dès la première route, en voyant la fin. « Déjà ? ». Oui c’est vraiment court. Pourtant le jeu ne se termine pas en une après-midi et je pense qu’il faut une vingtaine d’heures pour faire toutes les fins. Je ne sais pas comment l’expliquer mais j’ai eu une impression d’inachevée durant ma lecture, impression qui s’est renforcée au fur et à mesure que j’avançais, étant donné que les routes ont pas mal d’évènements qui se répètent.

Pour finir, Fortissimo est un jeu sympathique dont je ne regrette pas l’achat. En revanche, si vous attendez une histoire profonde et des personnages fouillés, ce n’est pas là qu’ils faut les chercher. En revanche, le jeu fait office d’un entre-deux -jeux plutôt sympa. Je l’ai fais en même temps que j’avançais sur If God were to exist in this world et ce fut plutôt profitable pour ne pas trop souffrir sur un jeu dense.

— Bilan—

Histoire

Note : 1.5 sur 5.

Ecriture

Note : 2.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 1.5 sur 5.

Graphismes

Note : 4.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 4 sur 5.

Je ne regrette pas mon achat de Fortissimo mais ce n’est clairement pas un titre que je conseillerai tant le jeu parait peu développé au niveau de son histoire malgré des personnages intéressants. Dommage car vu les thématiques, il y avait moyen de faire quelque chose. Pas indispensable. 

BONUS : Le photographe : faut lui faire bouffer son appareil.

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2 réflexions au sujet de « – Otome Time ! – Fortissimo »

  1. […] Fortissimo : Dans la catégorie « Elesia passion seiyuu », Fortissimo montre une nouvelle fois que non, ce n’est pas parce que il y a des seiyuus super cools que le jeu sera bien. La narration pauvre n’aide pas un jeu qui possède pourtant un beau potentiel. Clairement ma déception de l’année et encore heureux, j’ai pu acheter la version limitée au prix de l’édition normale.  […]

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