– Otome Time ! – Psychedelica of the Black Butterfly

Psychedelica of the Black Butterfly est un otome game développé par Sting (qui a co-développé avec Aquaplus et Leaf de nombreux hits (White Album, Date A Live, Utawararumono, Tears to Tiara II…)). Ce jeu marque leur première (et unique à ce jour) collaboration avec Otomate. Sorti d’abord en 2015 sur PSVita au Japon, il a été licencié par Aksys Games pour une sortie en langue anglaise au mois de mai 2018. Alors, qu’est-ce que ça donne quand un studio qui ne fait pas d’otome game se lance dans le genre ? Soyons honnête, Psychedelica of the Black Butterfly s’inscrit bien plus dans une logique visual novel que otome, grâce à un bon travail de narration. On aurait presque aimé voir une partie RPG même.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Fiche technique Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Kokuchou no Psychedelica
Psychedelica of the Black Butterfly 
Développé par : Sting
Date de sortie initiale : Janvier 2015
Classification : Cero C
Support : PSV / PC


Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Synopsis Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Vous incarnez Beniyuri, une jeune femme qui se réveille dans un manoir étrange. Sans aucun souvenir de son identité et de sa vie passée, elle est rapidement attaquée par un monstre et réussit à le fuir grâce à un jeune garçon aussi perdu qu’elle : Hikage. Très vite, ils font connaissance avec d’autres personnes amnésiques et doivent faire face à un défi particulier : le maître du manoir leur demande de compléter le kaleidoscope pour pouvoir sortir du manoir et retourner dans le monde réel.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Les personnages Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Minato Ai

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"Beniyuri : L’héroïne de l’histoire. Amnésique, elle ne se souvient pas de son nom, ni de sa vie passée. D’un naturel plutôt optimiste, Beniyuri tente du mieux qu’elle peut de ne pas être un fardeau pour les garçons, tout en menant sa quête des souvenirs. Evidemment, elle n’échappe pas, comme beaucoup d’héroïnes à se sacrifier pour autrui et affronter des dangers qu’elle aurait pu éviter. A noter qu’elle est entièrement doublée par une seiyuu, en l’occurence par Mai Nakahara, connue pour son rôle de Nagisa dans le chef d’oeuvre Clannad. De ce fait, Beniyuri n’est pas cantonnée à la place de potiche muette et on s’attache profondément au personnage, tant elle est considérée dans le jeu comme une protagoniste avec une histoire et un développement.

Hikage

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Hikage : Ce jeune homme, amnésique, sauve Beniyuri au début du jeu, quand elle est poursuivie par un des monstres du manoir. Sa capacité d’adaptation en fait très rapidement le leader du groupe dans leur quête pour retrouver les morceaux du kaléidoscope. Il forme en effet le groupe à se battre contre les différents monstres. Niveau caractère, Hikage n’a rien d’exceptionnel, étant plutôt renfermé tout en étant très protecteur de l’héroïne. Il n’hésite pas à la sauver à plusieurs reprises. Il gère également bien l’esprit de groupe, évitant au maximum les disputes entre les différents membres. Je vous laisse découvrir la raison pour laquelle le jeu le considère comme le main guy du groupe.

Kagiha

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Kagiha : Ce jeune homme est un peu le grand-frère du groupe, veillant sur chaque membre. D’un naturel sensible, Kagiha ne supporte pas les conflits et sa maturité s’impose assez vite face aux querelles parfois puériles des autres garçons. Il veille particulièrement sur Beniyuri en se montrant très attentionné, par exemple en lui apportant du chocolat chaud pour la réconforter ou tout simplement prenant de son temps pour l’écouter. Personnage central de la common route, il y tient un rôle aussi déconcertant que poignant et ce n’est pas sa route qui sauve les meubles tellement on est dévasté par le sort du personnage.

Karasuba

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Karasuba : DES CLAQUES. DES BAFFES. *ahem*. Karasuba c’est ce gars super cool, voire même assez sensationnel dans la common route à qui on a envie de mettre des méga claques au bout de quelques chapitres. Faisant office de joyeux luron aux blagues douteuses, Karasuba cache un profond traumatisme en plus d’un gros complexe d’infériorité. Vous savez, cette chose qui fait que dans un otome game, un gars peut soudainement devenir un vrai malade. Bref, la jalousie latente de Karasuba est révélée progressivement au cours du jeu et je dois vous avouer qu’il mérite lui aussi de rentrer dans la liste de Balance ton otome boy. Heureusement, sa vraie fin permet au personnage de faire son mea-culpa, ce qui est pas si mal vu que la majorité n’ose même pas s’excuser d’être un bâtard.

Monshiro

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Monshiro : Personnage énigmatique du jeu, Monshiro intervient à plusieurs reprises, d’abord pour sauver les protagonistes contre les monstres puis ensuite en guidant Beniyuri sur le chemin de la vérité. Caché derrière un masque de renard, Monshiro n’attire pas la sympathie des membres du groupe du fait qu’on ne sait rien de lui et qu’il n’est pas spécialement loquace. D’un naturel très calme, on se doute bien qu’il est présent dans le manoir depuis bien plus longtemps que les autres, ce qui amène bon nombre de suspicions. Cependant, il fait office de route cachée qui se débloque tardivement et assez difficilement vu l’énorme plot-twist qu’il représente. Assurément le meilleur personnage de tout le jeu.

Yamato

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Yamato : Ah, ce tsundere ! Il en faut toujours un n’est-ce pas ? Yamato, c’est ce garçon qui s’emporte pour un rien, même si Karasuba y est souvent pour quelque chose. D’un naturel plutôt froid, il disparait malheureusement assez vite dans le jeu, ce qui provoque une cassure évidente dans la confiance du groupe. Derrière son caractère renfermé, Yamato cache aussi de profondes blessures et trouve rapidement du réconfort auprès de Beniyuri qui est, on peut le dire, sa bouée de sauvetage. On peut également affirmer que sa romance est la mieux dosée du jeu et que le couple qu’il peut former avec l’héroïne est le plus crédible. Bref, un bon personnage qui a le mérite de ne pas s’embourber dans des mauvais travers.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Les papillons de la mort et le chemin de la rédemption Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Psychedelica of the Black Butterfly c’est un peu l’itinéraire de la vie et de la mort. Enfermés dans un manoir inquiétant, poursuivis par des créatures dangereuses, la vie de nos héros tient à un fil…s’ils n’étaient pas tout simplement dans un entre-monde étrange et rempli de désespoirs. La clé de leur retour : leurs souvenirs. Mais le maître du manoir est bien plus machiavélique et cherche autant la rédemption que à l’imposer à ceux qui dansent dans sa main. Pour guider nos héros, il suffit non pas de suivre le lapin blanc mais les papillons blancs. Les noirs mènent à l’horreur lorsqu’on succombe au désespoir qui sommeille en nous. Un terrible drame, des liens plus étroits et une histoire qui doit de nouveau être racontée pour continuer à vivre.

La rédemption c’est la thématique principale de ce titre où chaque personnage affronte son passé pour ainsi avoir le droit de continuer à vivre. Il n’est pourtant pas simple de se confronter à des souvenirs effacés qui deviennent soudainement un danger tant le désespoir peut prendre le dessus et transformer nos héros en monstres. Ainsi, pour sortir du manoir, il n’est pas tant question de retrouver ses souvenirs et la clé se trouve dans la capacité de chaque personnage à admettre sa propre situation. C’est ce qui rend Psychedelica of the Black Butterfly particulièrement dramatique, autant par son scénario que le passif des personnages. En effet il est difficile de ne pas être gagné par l’émotion.

Evidemment, tout n’est pas forcément rose et il appartient à chacun d’apprécier ou non les actions passées et futures des personnages et leur évolution. En cela, le personnage de Hikage divise particulièrement et je ne pense pas qu’on arrive à un consensus face à un protagoniste qui connait une évolution aussi originale que déroutante. C’est aussi pour cela qu’il est très difficile d’évoquer l’univers du jeu sans se mettre à spoiler tant la common route s’avère être un pan entier du scénario, les routes annexes ne faisant que développer assez banalement les personnages. Pourtant, malgré un scénario plutôt court, le tout est suffisamment développé pour ne pas provoquer la frustration, sauf peut-être pour ceux qui attendaient des routes réellement dédiées aux personnages avec des développements appropriés. Au final, ce choix de narration porte l’univers du jeu et ses personnages pour un résultat réussi.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Le système Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Alors autant vous le dire de suite, le système de choix de Psychedelica of the Black Butterfly est un vrai casse-tête. Comme n’importe quel visual novel vous aurez effectivement des choix de réponses, mais pas seulement. Pour vous donner une idée du merdier, voici un petit exemple :

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Le jeu est construit sur un sytème d’arborescence que vous complétez au fur et à mesure que vous avancez dans le jeu. Et pour avancer et débloquer les « routes » des personnages, il vous faudra lire des « shorts stories » qui approfondissent (ou pas) certains moments clés de l’histoire.  Sur le principe, je trouve le concept original et bien pensé dans le sens qu’il évite au joueur de se retaper quinze mille fois le prologue. Cependant, on ne va pas le cacher : sans guide, vous risquez avoir des difficultés à débloquer toutes les fins du jeu, sachant que le jeu ne vous guide pas spécialement et que les embranchements de routes interviennent de façon décousue.

Pour complexifier d’avantage le système et débloquer les shorts stories, vous aurez besoin de points qui s’obtiennent avec un mini-jeu de shoot. A savoir qu’il vous faudra presque 9000 points pour débloquer toutes les shorts stories. En progressant dans le scénario et en réalisant à chaque fois le mini-jeu, vous ne devriez pas avoir trop de problèmes à obtenir le nombre de points requis.

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Pour le reste, on y trouve l’essentiel avec une galerie CG et une compilation des musiques du jeu.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Les graphismes Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Le gros point fort de Psychedelica of the Black Butterfly sont évidemment ses dessins absolument sublimes qui retranscrivent aussi bien le désespoir que le bonheur. Autant dire que les CG sont splendides et qu’il m’est arrivé à plusieurs reprises de rester une bonne minute à les observer tant elles ont un travail de couleur et de mise en scène remarquables. On peut juste reprocher au jeu d’avoir des sprites un peu trop génériques et relativement statiques, surtout pour un titre de 2015. On pardonne facilement ce choix tant à côté le travail graphique est remarquable.

Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole" Avis final Résultat de recherche d'images pour "papillon symbole"

Je vais être franche, je m’attendais pas à ce que Psychedelica of the Black Butterfly me mette une claque. Bien que relativement court, il réussit à transmettre une vraie émotion et le suspense est particulièrement bien ficelé. D’ailleurs je vous conseille d’éviter de mettre les pieds sur VNDB ou même de voir les CG du jeu, vous risquez de vous prendre du beau spoil dans la tronche, ce qui serait dommage tant le climax du VN risque de vous mettre en PLS. D’ailleurs, c’est à ce moment-là que Psychedelica of the Black Butterfly prend son envol et qu’on assiste, complètement choqué, à une réalité bien plus sombre derrière l’histoire.

C’est la force de ce VN, de malmener ses personnages et de ne leur faire aucun cadeau. Même Beniyuri, notre héroïne s’en prend plein la tronche avec des évènements difficiles à encaisser et un traumatisme pas simple à surmonter. Autant dire qu’on sympathise beaucoup pour les personnages et qu’on a envie qu’ils s’en sortent, alors que pour certains, leur destinée est inéluctable. Cette tragédie sied parfaitement à l’ambiance et s’évite l’écueil des fins deus ex machina ou s’épanchant dans la facilité. Le risque est important mais fait de Psychedelica of the Black Butterfly un otome game qui assume pleinement d’être un pur visual novel et pas seulement un bête jeu de drague.

Cet aspect, probablement difficilement défendable, fait pourtant de ce titre un visual novel à part, assumant d’écarter sa romance au profit d’une histoire. Cependant, tout n’est pas parfait et Psychedelica of the Black Butterfly souffre justement de ce parti-pris scénaristique. En effet, difficile de ne pas avoir un goût d’inachevé tant les routes dédiées aux personnages sont courtes et, en dehors de celles de Hikage et Monshiro, n’apportent pas grand chose au scénario. Dommage tant l’histoire principale est absolument incroyable et pleine d’émotions.

— Bilan—

Histoire

Note : 4 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 5 sur 5.

Graphismes

Note : 4.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 4.5 sur 5.

Psychedelica of the Black Butterfly n’est pas passé loin du chef d’oeuvre grâce à son scénario ficelé et ses personnages convaincants. Malheureusement, les « routes » se révèlent très décevantes et n’apportent pas tellement à l’univers. Cependant, il reste un titre qui surprend et qui mérite d’être joué. 

Développeur, producteur, éditeur…quand on mélange tout

RTfN991ynIg.jpgJe vous rassure, pas de pavés de dix kilomètres cette fois-ci. On va plutôt remettre les pendules à l’heure sur une erreur commise bien trop souvent : la confusion entre développeur et producteur de jeux vidéo. Oui ce n’est pas du tout la même chose.

Point vocabulaire

Le développeur, comme il l’indique, développe un jeu vidéo. C’est lui qui le crée de A à Z. Il peut être seul tout comme il peut être accompagné par un autre compère dans le cas d’un co-développement. Dans le cas des visual novels, les sociétés de développement de jeux vidéo sont de petites structures qui font le plus souvent appel à des freelances, que ce soit dans l’écriture de scénario, la réalisation d’illustration ou la composition de musiques. Evidemment, ces sociétés ont généralement un noyau dur d’employés mais il est très courant, notamment pour les illustrations, de voir des illustrateurs/trices travailler avec plusieurs studios différents. Il faut bien être conscient qu’on ne vit pas uniquement de la réalisation de visual novels, et encore moins d’otome games.

Le producteur (et éditeur dans la majeure partie des cas) est concrètement le support financier, quand il ne vient pas se greffer comme développeur sur le projet. La production apporte donc aussi bien un apport d’argent dans le projet que des solutions techniques et bien sûr, marketing. Et c’est souvent-là que les gens font l’erreur : on a tendance à plus souvent voir le nom du producteur mis en avant plutôt que celui du développeur. Parce que logiquement, le producteur a du fric et que soutenir un projet financièrement n’est pas anodin, autant d’un point de vue médiatique que économique. Côté otome, Otomate et Idea Factory produisent de nombreux jeux de studios indépendants qui n’ont pas les moyens financiers de sortir leurs oeuvres sur console. En effet, autant le développement sur PC ne demande pas de coût de licence, autant sur console, il faut débourser une certaine somme pour avoir la chance de voir sortir son jeu.

Pourquoi faire la différence ?

Et bien déjà pour rendre hommage à ceux qui ont réellement bossé sur le jeu. On a beau donner beaucoup de crédits aux producteurs, ce ne sont pas eux qui ont forcément eu l’idée. Enfin, je ne nie pas, il y a beaucoup de commandes entièrement markétisées comme la série Diabolik Lovers. C’est à l’origine un co-développement entre deux studios bien distincts : Rejet et Otomate, le tout produit par Idea Factory. C’est un projet qui ne sort pas de nul part, qui a été murement réfléchi de bout en bout, calibré pour fonctionner (et ça a marché). Cependant, il en a pas toujours été ainsi (quoique Uta no prince-sama est une grosse opération marketing) et s’intéresser aux développeurs permet de découvrir des choses surprenantes. Comme par exemple pour Psychedelica of the Black Butterfly développé par Sting, un studio qui a bossé sur les portages consoles des jeux Aquaplus (To heart, Utawarerumono, White album). Et pourtant, dans la version américaine du jeu, Sting n’est mentionné nul part, on fait juste mention de Otomate et Idea Factory qui, pour le coup, ont juste produit le jeu.

Conclusion

Faire la différence entre développeur et producteur est réellement important. On limite trop souvent le succès d’une oeuvre à l’équipe de production, qui a eu, quelque part, le nez fin d’éditer le jeu. Dans le cas des visual novels et des otome games, c’est d’autant plus important puisque ce sont souvent de petites sociétés avec assez peu de visibilité. D’autant plus que si vous avez apprécié un jeu, n’hésitez pas à vous renseignez, vous aurez peut-être des surprises !

– Otome Time ! Spécial – Uta no☆Prince-sama♪

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Rappelez vous de l’année 2011. C’était l’été, il faisait chaud et un anime complètement barré déboulait sur nos écrans provoquant des rires hystériques et même quelques ricanements face à un délire…complètement assumé. Uta no Prince-sama c’est avant tout un otome game sorti l’année auparavant sur PSP au Japon, signé Broccoli, une filiale spécialisée dans les visual novels du studio Nippon Ichi Software. Voilà. Autant dire que ça en jette. Après Koei et Konami, Nippon Ichi Software (qu’on abrégera volontiers en NIS) s’est lancé lui aussi sur le juteux marché des otome games pour un succès instantané.

En effet, Uta no Prince-sama a rapidement trouvé son public grâce à une recette simple mais efficace : des personnages sympas, des musiques entraînantes et même du gros WTF bien barré mené par Monsieur Norio Wakamoto en personne dans le rôle de Shining SaotomeUta no Prince-sama c’est aussi un casting brillant avec des seiyuus en forme, au point que les concerts se font à guichets fermés. C’est aussi devenu l’un des plus gros succès de l’industrie des otome games avec des jeux se vendant comme des petits pains (+100 000 exemplaires chacun) sans parler des Uta no Prince-sama Music, série de jeux de rythme basés sur les chansons des jeux et des adaptations animes qui cumule plus de 200,000 ventes sur trois épisodes sortis. Le succès ne faiblit pas puisque l’ultime fandisc du jeu a dépassé les 80,000 exemplaires lors de sa sortie en 2015. Etant une grosse fana des chansons, je ne pouvais ne pas faire d’article sur cette licence culte.

♪ Synopsis ♪

Vous – oui vous ou Nanami si vous vous en foutez de mettre votre prénom – êtes une jeune fille passionnée de musique qui rêve de composer des chansons pour son idole, HAYATO. Pour cela, vous rejoignez la prestigieuse académie faiseuse d’idols : la Saotome Academy. Cette école a une seule règle : les relations amoureuses sont interdites. Mais ne vous inquiétez pas, l’amour pointera quand même le bout de son nez. En effet, vous ne tardez pas à rencontrer des jeunes hommes en quête d’une carrière d’idol. Votre choix de partenaire au début du jeu orientera l’histoire que vous vivrez et vos compositions.

♪ Casse-tête vidéoludique ♪

Avec pas moins de six jeux à ce jour pour l’histoire principale et trois jeux de rythmes, difficile de se retrouver. Le succès du premier jeu a poussé Broccoli à réaliser de nombreuses suites et fandiscs. Petit tour d’horizon de chaque épisode avec un avis général.

Uta no☆Prince-sama♪ (Sortie : Juin 2010)

Premier épisode de la série à succès. Le jeu se décompose en trois parties : Au début du jeu vous n’avez accès qu’aux routes des personnages de la Classe A : Otoya, Masato et Natsuki. Une fois l’une complétée, vous débloquez les routes de la classe S : Tokiya, Ren et Syo. Enfin en complétant les vraies fins de tout ce petit monde, la route de Cecil s’ouvre à vous.

Au niveau du jeu en lui-même, en dehors de phases de visual novel classique avec des choix de réponses (trois au total à chaque fois), Uta no☆Prince-sama♪ propose des mini-jeux à compléter sous trois formes : des quizz avec des questions sur la musique, un exercice de composition (qui devient fastoche maintenant vu que les paroles des chansons sont trouvables sur internet…) et enfin un jeu de rythme. A chaque épreuve, selon votre score, vous obtenez une note qui détermine votre score final. Pas de panique si vous êtes des quiches en composition ou sur les questions musicales : il est facile d’obtenir un score de rang S en jeu de rythme.

Uta no☆Prince-sama♪ se révèle intéressant dans sa structure même si elle est assez répétitive avec les mêmes mini-jeux en boucle. En revanche, une fois complétés, vous pouvez les skipper, ce qui fais gagner un temps fou pour débloquer les fins alternatives. De ce côté-là, pas de « mauvaise fin » classique : la pire fin que vous pouvez obtenir est la fin « Meilleurs Amis ». C’est mignon hein ? En revanche, la fin « Happy Ending » que l’on peut considéré comme la « Love Ending » est un peu plus difficile à obtenir.

Évaluation personnelle : 

Note : 4 sur 5.
Le pouvoir de l’amour…et de la musique !

Uta no☆Prince-sama♪ -Amazing Aria- (Sortie : Décembre 2010)

Premier fandisc de la franchise se concentrant sur les personnages de la Classe A et de Cecil ainsi que d’un personnage caché. Pas réellement indispensable, en racontant de nouvelles histoires et de moments mignons et romantiques se plaçant après les évènements du premier jeu. On y retrouve l’indispensable jeu de rythme qui s’intercale entre chaque épisode des routes. Il y a quatre épisodes au total pour chaque route, le jeu n’est donc pas très long.

Enfin, comme pour le précédent, une fois les vraies fins complétées, la route secrète se débloque. Pour le coup, plus qu’un vrai fan service, c’est peut-être la seule vraie route intéressante du jeu, les autres prolongeant juste les fins des précédents jeux sans forcément ajouter du contenu exclusif, en dehors des scènes romantiques. Je dois pourtant dire que c’est le fandisc qui m’a le moins plu, par son intérêt plus que moyen, ne relevant le niveau que dans sa route cachée qui apporte un peu plus à l’univers déjanté de la série.

Évaluation personnelle : 

Note : 1 sur 5.

Uta no☆Prince-sama♪ -Sweet Serenade- (Sortie : Février 2011)

Second volet de la micro-série de fandiscs du premier jeu, Uta no☆Prince-sama♪ -Sweet Serenade se concentre cette fois-ci sur les élèves de la Classe S et…les deux professeurs. Vous avez toujours soupiré de les voir uniquement en personnages secondaires dans le jeu principal ? Ce fandisc est pour vous ! Pour le reste, Uta no☆Prince-sama♪ -Sweet Serenade fonctionne à l’identique du précédent fandisc : des scènes supplémentaires et de la romance. Des mini-jeux de rythmes agrémentent les routes, comme à leur habitude.

Pourtant, j’ai apprécié ce fandisc, probablement parce que je voulais une route pour Ringo depuis le début. C’est typiquement le genre de personnage au passif qui intrigue puisqu’on apprend assez vite qu’il ne se travesti pas pour le plaisir mais parce que c’était pour sa carrière. Les enjeux sont finalement intéressants et sa route brosse une réalité de la carrière des idols qui n’est pas aussi géniale que l’on pense. On retrouve finalement un peu la thématique de la route originale de Tokiya qui souffrait de la personnalité hystérique qu’on lui demandait d’incarner.

En dehors des routes de Ringo et Ryuuya, les autres ne sont que des prolongements romantiques du jeu précédent. Ce qui en fait un jeu moyennement indispensable même si les routes des profs des deux classes relèvent le niveau d’intérêt de ce jeu, plus que le précédent où la route cachée était complètement WTF. Et puis surtout, ce fandisc permet de conclure l’arc du jeu original en douceur.

Évaluation personnelle : 

Note : 3 sur 5.
Tokiya, t’as une belle gueule mais t’es un peu chiant.

Uta no☆Prince-sama♪ Debut (Sortie : Mai 2012)

La véritable suite du premier Uta no☆Prince-sama♪. Dans la vraie fin des précédentes routes, nos personnages accédaient enfin au statut d’artiste professionnel. Pour le coup le jeu se dote d’une nouvelle interface et de graphismes améliorés.  Le chara-design et les illustrations sont d’ailleurs de qualité. Comme toujours des jeux de rythme égaient les différentes phases de dialogues. Dès le début, l’intégralité des routes sont disponibles et il n’y a pas de bonus cachés à débloquer comme pour les précédents jeux. Ainsi, les routes de Saotome, Ringo et Ryuuya ne trouvent pas de conclusions dans cet épisode. Oui je sais c’est triste.

Ma déception ira plus au système du jeu que j’ai trouvé assez pauvre. J’aurai bien aimé retrouver les exercices de compositions qui, même s’ils sont assez complexes, donnaient un certain challenge de réussite. Or ici, il n’y a que des jeux de rythme qui ne rendent pas les routes difficiles. Evidemment ce n’est qu’un petit détail mais les exercices de composition donnaient aussi vie aux chansons du jeu et quelque part, c’était un peu les nôtres. Broccoli ne s’est donc pas tellement foulé.

Pour le reste, Uta no☆Prince-sama♪ Debut fait largement le job en proposant une suite aux aventures de nos héros sur le chemin de leur carrière d’idol. Pour ceux qui seront plus romantiques, le jeu vous propose toujours les Happy Endings où l’amour triomphe ainsi qu’une fin alternative qui remplace les Best Friends Endings. Le jeu introduit également des personnages qui vont rapidement devenir centraux : les mentors des personnages principaux.

Évaluation personnelle :

Note : 3 sur 5.
La version jeune de Shining Saotome ou comment draguer Norio Wakamoto. C’est pas rien.

Uta no☆Prince-sama♪ All Star (Sortie : Mars 2013)

Nos sept héros principaux laissent leur place dans cet opus à leurs quatre mentors et à leurs deux profs. Techniquement, le jeu fonctionne comme son prédécesseur : des phases de jeux de rythmes parsèment les différents chapitres. Le jeu se découpe en trois parties : la première, Quartet Night se concentrant sur Reiji, Ranmaru, Ai et Camus ; la seconde sur Ringo et Ryuuya et enfin la troisième appelée Rainbow Route consacrée à nos sept idoles des précédents jeux.

Cet opus se démarque en mettant en lumière les personnages secondaires de la série. Si Ringo et Ryuuya avaient eu droit à des routes bonus dans le fandisc Sweet Serenade, on n’attendait pas qu’ils soient de nouveau développés. Ce fut une surprise plutôt agréable même si les fans de la première heure déploreront la mise en retrait des héros originaux de la série. Pourtant, il est assez logique de voir le jeu changer d’angle, la carrière de nos idols étant lancée, notre héroïne devient alors parolière pour l’Agence Saotome et ne travaille plus seulement pour ses anciens partenaires. En effet, les romances développées dans All Star partent du principe que vous n’avez pas eu de une relation amoureuse précédemment.

L’autre force de All Star est que les protagonistes sont enfin adultes et ainsi les thématiques sont bien plus travaillées. Malgré tout, l’univers continue d’être développé faisant intervenir des personnages aux origines surprenantes mais plutôt cohérent vu ce que la série a montré jusque-là. Quelque part, je dirais même qu’on a évité le délire complètement assumé du fandisc Amazing Aria avec la route caché. Concernant les fins, le jeu continue de proposer une vraie fin, une fin heureuse et une fin alternative.

Évaluation personnelle : 

Note : 4 sur 5.
Ai, un des meilleurs personnages de la saga.

Uta no☆Prince-sama♪ All Star After Secret (Sortie : Mars 2015)

Ultime fandisc de la franchise. All Star After Secret conclue les routes des quatre mentors mais également celles de nos 7 premiers protagonistes. Cependant, si la recette reste efficace, elle trouve ici ses limites après un précédent titre que j’avais trouvé excellent. En effet, All Star était déjà à mes yeux une conclusion plutôt évidente de la série. Cependant, Broccoli, dont les ambitions monétaires ne sont plus à démontrer (suffit de voir ce qu’ils ont foutu avec Kamigami no Asobi) ne semble pas revoir sa copie et exploite ainsi à fond la licence pour un résultat…mitigé.

Alors oui c’est toujours génial de revoir les personnages et j’ai fondu durant la route de Ai car c’est un de mes chouchous mais en voulant faire un ultime épisode, le jeu se prend les pieds dans le tapis avec un certain nombre de problèmes : en premier lieu, la pauvreté des routes. Constat déjà vu dans les premiers fandiscs dont l’intérêt était parfois relatif, Broccoli semble fournir le minimum de travail d’écriture et malheureusement pour eux, si on pouvait encore leur pardonner en 2010, c’est moins le cas en 2015. Le seul point de qualité du jeu se trouve dans ses graphismes très honorables mais ce n’est pas assez pour sauver du naufrage ce titre.

Si All Star avait fait souffler un vent de fraicheur sur la saga avec le développement des personnages secondaires du jeu, on y trouvait déjà quelques prémisses d’un relâchement de qualité globale mais j’étais conquise par le développement de Quartet Night. Leurs routes dans After Secret ne sont pas mauvaises et elles offrent deux embranchements d’histoires mais on ne peut pas en dire moins pour les 7 membres de Starish. Si évidemment chaque personnage avait été développé dans les précédents jeux, on est moins convaincu de nous servir quelques scènes qui n’apportent rien, ni à l’histoire, ni à la romance. Bref, le jeu est une énorme déception et finir sur ça…ben ça fait assez mal.

Évaluation personnelle : 

Note : 1 sur 5.

♪ Les personnages ♪

-> Jeu original

♪ Otoya Ittoki : ce joyeux garçon à la bonne humeur contagieuse fait partie de la Classe A au début du jeu et partage sa chambre avec Tokiya. Otoya c’est le gars sympa, le bon copain qui te soutient toujours en cas de coup dur, bref un personnage adorable avec qui on irait faire une virée en auto en chantant comme des tarés. Clairement pas le plus original de la bande mais suffisamment attachant, d’autant plus que sa route est techniquement la première que l’on doit faire.

Masato Hijirikawa : ce fils d’un magna de la finance fait partie de la Classe A et se révèle particulièrement vieux jeu, du fait de son éducation stricte. Bien que adorable, Masato est clairement le gars un peu coincé du derrière qui mériterait d’être secoué comme un prunier pour enfin agir réellement comme il le souhaite au fond de lui. En rivalité directe avec Ren du fait que les sociétés de leurs familles soient concurrentes. Il est doublé par Ken’ichi Suzumura qui pour le coup, intervient dans un registre assez différent.

♪ Natsuki Shinomiya : Cet énergumène s’extasiant sur la moindre chose mignonne fait partie de la Classe A. Derrière son insouciance apparente se cache en réalité un dangereux individu si on a le malheur de lui retirer les lunettes. Oui c’est complètement pété mais Natsuki devient alors Satsuki et les ennuis pleuvent tant son autre personnalité se révèle assez violente. Nos héros ont du mal à s’en sortir face à un personnage aussi déroutant. Si Natsuki n’est pas foncièrement le meilleur personnage du jeu, il possède incontestablement parmi les meilleures chansons de la série.

♪ Tokiya Ichinose : Tokiya fait partie de la Classe S. C’est l’archétype du beau gosse chiant comme la pluie. On apprend dans sa route qu’il est en réalité l’idol HAYATO mais qu’il ne supporte plus d’incarner une personnalité hystérique. Et pour cause, Tokiya est tout sauf un personnage joyeux et drôle. Taciturne, froid et solitaire, il lui faudra du temps avant d’accepter l’amitié des autres. Au moins on peut lui reconnaître de tenter à trouver son équilibre en retournant à la Saotome Academy.

♪ Ren Jinguuji : Ren fait partie de la Classe S et est l’archétype du beau gosse qui fait tomber les filles comme des mouches. Et il aime ça le bougre. Rival de Masato par leurs familles respectives, Ren est bien plus que l’image du playboy qu’il laisse transparaître. Cependant, son comportement peut assez vite agacé vu qu’on ne sait jamais si il est sincère ou il se fout ouvertement de notre poire. Personnellement, j’ai eu un mal fou à accrocher au personnage à cause de son caractère qui a tendance à me gonfler plus qu’autre chose.

♪ Syo Kurusu : Petit excité de service qui a tendance à prendre la mouche dès que sa taille est sujet à plaisanteries. Syo fait aussi partie de la Classe S…et c’est peut-être le truc le plus improbable du jeu tant ses capacités de chanteur sont remises en question par pas mal de joueuses. Oui il est mignon mais il chante un peu faux. Il reste cependant un personnage adorable et gentil dont les moments de mignoneries font craquer.

♪ Cecil Aijima : Personnage caché du jeu original, Cecil n’appartient à aucune classe de l’académie. Il a longtemps été victime d’une malédiction qui l’a transformé en chat. Sa rencontre avec notre héroïne lui permet de retrouver son apparence originale. Prince héritier du trône de Agnapolis, son retour dans son pays d’origine est au centre de l’intrigue. On peut considérer sa route comme la True End du jeu.

-> Les fandiscs

♪ Ringo Tsukimiya : Professeur de la Classe A, c’est également une des idols les plus populaires du moment. Contrairement à ce qui est laissé croire dans l’anime ou dans le premier jeu, Ringo ne se travesti pas par plaisir. Au début de sa carrière, on l’a obligé à adopter ce rôle, lui garantissant un succès instantané. Hélas, comme Tokiya, le choc entre la personnalité qu’il est censé avoir et ses réels sentiments sont au centre de sa route dans Sweet Serenade ainsi que dans All Star. Clairement un des meilleurs personnages du jeu, d’autant plus que c’est un rôle à contre-emploi pour Yuichi Nakamura (Tomoya dans Clannad).

♪ Ryuuya Hyuuga : Professeur de la Classe S. Après avoir embrassé une carrière d’idol, il s’est tourné vers des rôles d’acting plutôt badass. Ryuuya est d’ailleurs l’idole de Syo qui aimerait bien être comme lui. Comme Ringo, il cache un profond traumatisme de son expérience comme idol et tente du mieux qu’il peut, d’accompagner les élèves de la Classe S pour qu’ils ne fassent pas les mêmes erreurs que lui.

♪ Shining Saotome : Le directeur excentrique et complètement barré de la Saotome Academy. Il est par ailleurs doublé par un monument du monde des seiyuu et se caractérise par son rire particulièrement contagieux. Dans le fandisc Amazing Aria, après avoir utilisé une machine à remonter le temps, sa version jeune se retrouve à notre époque. On apprend qu’il était dans sa jeunesse une idol réputée et a crée son école pour accompagner les jeunes souhaitant réaliser leur carrière. Saotome est également particulièrement fourbe et fait tourner en bourrique tout son petit monde, pour son plus grand plaisir.

-> All Star

♪ Reiji Kotobuki : Il apparait dans le jeu Debut en supervisant les premiers pas de Tokiya et Ottoya. D’un caractère jovial, se permettant même d’être familier avec tout le monde, Reiji est pourtant un personnage complexe. En effet, derrière son enthousiasme, se cache une personne mature et mélancolique qui essaie tant bien que mal de paraître cool auprès de ses amis.

♪ Ranmaru Kurosaki : Dans Debut, il s’occupe de Masato et Ren. On apprend plus tard que les trois se connaissent depuis l’enfance. Ce coeur de rockeur joue volontiers les gros durs alors qu’on le sait tous, ce sont des chamallows :D. Ranmaru ne fait pas facilement confiance aux autres et ne supporte pas le caractère de Reiji qui en profite pour lui jouer des tours. Son manque de confiance est au coeur de sa route.

♪ Ai Mikaze : Mentor de Natsuki et de Syo. Très souvent impassible, Ai en réalité une intelligence artificielle conçue par Saotome, toujours le premier à se lancer dans des délires improbables. Cependant, si Ai est doué comme idol, il a beaucoup apprendre des autres et c’est au contact de ses élèves mais aussi de notre héroïne qu’il acquiert la compréhension du monde et des humains.

♪ Camus : Il supervise Cecil dans son apprentissage comme idol. Comme lui, il vient d’un autre monde où il a le statut de Conte, ce qui explique son attitude classe et autoritaire. Il ne s’entend pas très bien avec Reiji et Ranmaru.

♪ Humour, chansons et WTF : une recette efficace ♪

Uta no prince-sama c’est quoi ? Beaucoup de WTF au premier abord. Mais c’est surtout un univers qui fait la part belle aux beaux sentiments, à l’amitié et aux chansons qui donnent le moral. Bref, un otome qui fait du bien ! Evidemment on échappe pas à quelques drames qui ponctuent les routes comme l’enfance esseulée, les problèmes familiaux mais pas seulement. Le jeu évite, avec adresse, de dresser un portrait lisse du milieu des idols au Japon. C’est d’abord Tokiya qui a ouvert le bal dans le premier jeu avec une vraie réflexion sur la carrière d’idol et ses impératifs qui détruisent la santé mais aussi le moral. Ensuite, les routes de Ringo et Huuga montrent également les pendants négatifs d’une carrière.

Cependant, jamais Uta no Prince-sama verse dans le pathos ou le drame larmoyant. Les graphismes colorés, les musiques et les personnages, tout est fait pour donner un enrobage qui sent bon la bonne humeur. Evidemment, on pourra toujours reproché aux jeux d’être complètement WTF, de ne jamais développer à fond ses personnages et de n’avoir aucun scénario. Mais au fond, ce n’est pas ce qui importe. On ne joue pas à UtaPri pour avoir un scénario développé. On y joue pour y passer un bon moment, y écouter des chansons et apprécier l’ambiance. En revanche, je suis moins convaincue du nombre exponentiel de suites sorties. Autant je conseille volontiers le premier épisode (qui a par ailleurs, connu un remake sur PSVita), j’ai un peu plus de mal à vous motiver à vous lancer dans les titres suivants, d’autant plus que le dernier est clairement catastrophique.

Le succès de UtaPri se base énormément sur ses musiques, son casting et surtout son chara-design. Les mauvaises langues diront que c’est un pur produit marketing. Evidemment mais il ne faut pas oublier que en 2011, les jeux consacrés aux idols n’étaient pas courants et que malgré lui, UtaPri a lancé une mode dévastatrice avec ses multiples clones cherchant à surfer sur la vague. On peut donc reprocher à la série d’être devenue très commerciale, avec des jeux à l’intérêt douteux mais les chansons restent toujours aussi efficaces et le plaisir est intact lorsqu’on replonge dans la licence. L’esprit UtaPri a le mérite de miser sur la bonne humeur et le fun, alors autant dire que cela ne fait pas de mal entre tous ces otome games sérieux.

♪ Une direction musicale de qualité ♪

Ne le cachons pas, le principal attrait de Uta no Prince-sama c’est évidemment sa musique. Le casting est, pour le coup, d’une qualité rare même si pour certains, on se demande ce qu’ils font là (coucou Syo !). Pourtant, les chansons ont le mérite de faire bouger le popotin et d’être musicalement loin d’être dégueulasses. On retrouve pour chaque personnage un style musical assez particulier, raison de plus d’apprécier des tires variés et originaux. D’autant plus qu’au fur et à mesure, la saga s’est constituée une setlist conséquente, marquée par les concerts organisés chaque année où les seiyuus se donnent à coeur joie pour incarner leurs personnages.

Pas étonnant d’ailleurs qu’à l’été 2017, Broccoli et Klab Games ont lancé Uta no Prince-sama : Shining Live, un jeu de rythme sur mobile particulièrement dévastateur. D’ailleurs, Klab a même réussi l’exploit à localiser le jeu en langue anglaise avec une sortie internationale en janvier 2018. Exploit oui puisque les fans de la première heure de UtaPri connaissent les déboires de Broccoli avec les fans occidentaux. Si les jeux orignaux ne franchiront probablement jamais la frontière du Japon, la sortie de Shining Live permet de profiter de l’incroyable richesse musicale de la saga, d’autant plus que même en 2018 de nouvelles chansons sont produites.

Evidemment, si vous n’êtes pas fan de pop japonaise, vous risquez avoir du mal à apprécier les chansons des jeux et des différentes séries animées.

♪ Système et Gameplay ♪

Le premier jeu Uta no Prince-sama a la particularité d’être le plus abouti au niveau de son gameplay avec des mini-jeux variés, allant du traditionnel jeu de rythme au questionnaire sur la musique en passant par un jeu de composition particulièrement difficile…A partir du second jeu, les jeux de composition et les quizz ont disparus, laissant uniquement place aux jeux de rythme. C’est ma plus grosse déception de la licence même si les jeux de rythme vous donneront du fil à retordre si vous choisissez le mode Hard.

Le jeu propose bien évidemment des choix de réponses aux dialogues. Il existe 3 fins : Happy, Love et Bests Friends dépendant à chaque fois d’une jauge d’affection qui évoluent à chaque chapitre. Cependant, une fois une première fin complétée, vous pouvez accéder librement aux différents chapitres de chaque route, afin de gagner un temps précieux (même si les jeux ne sont pas très longs).

♪ Les graphismes ♪

Honnêtement, le premier jeu Uta no Prince-sama fait aujourd’hui pâle figure. Je ne saurais que vous recommander le remake sur PSVita qui a connu une refonte graphique complète. Pour le reste, les jeux restent assez classiques avec des sprites simples et des illustrations colorées. Cependant, malgré une amélioration graphique effective tout au long des nouvelles sorties, Broccoli en est toujours resté aux sprites non-animés. J’ose espérer que pour leurs prochaines productions ils mettent le paquet là-dessus.

A la direction artistique on retrouve Chinatsu Kurahana, une artiste qui s’est fait connaître en travaillant sur les jeux Togainu no Chi et Lamento. Etant plutôt fan de son travail, je dois dire que j’ai tout de suite accroché au chara-design des personnages. C’est d’ailleurs ce qui a fait le succès de UtaPri, au-delà des chansons entraînantes, c’est que graphiquement les personnages sont reconnaissables et que chacun y trouve son compte.

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♪ Avis final ♪

Ce n’est pas facile de faire une critique de la série Uta no Prince-sama. Je tenais pourtant à le faire car c’est une saga qui a marqué ma vie de joueuse d’otome games, tout autant qu’elle a été l’un des plus grands succès populaires du genre. Depuis la sortie du premier jeu, le succès ne s’est jamais arrêté grâce à une armada de produits dérivés, de nouvelles chansons et évidemment de concerts. UtaPri a même lancé le phénomène idol, aujourd’hui popularisé par de nombreux mobage, otome game, drama CD, manga et anime.

Peut-être parce que j’ai découvert le premier jeu grâce à l’anime, je n’ai pas le recul nécessaire pour y voir des défauts évidents mais j’ai passé de bons moments sur chacun des jeux, sauf pour Amazing Aria que j’ai trouvé très moyen et qui avait manqué de me faire décrocher à l’époque (et parce que draguer Norio Wakamoto c’était au-dessus de mes forces). UtaPri a toujours gardé sa fraicheur et a représenté cette catégorie d’otome games qui n’ont pas la prétention d’être sérieux ou de vouloir faire avancer le genre. Et c’est pas plus mal ! Evidemment il y a beaucoup à dire en reproches : déjà la multitude de spin-offs/suites qui n’apportent pas énormément, étant juste développées pour continuer à grappiller facilement des sous. Et je dois avouer que si All Star m’a énormément plu, se concentrant sur des personnages que j’appréciais je l’ai moins été pour son fandisc.

Je vous conseillerai au moins de tenter l’aventure avec le premier jeu, pour comprendre le phénomène autour de cette licence. On a souvent l’impression d’avoir un succès abusé pour un jeu qui n’en mérite pas autant. Pourtant, UtaPri c’est aussi une ode à l’amour, l’amitié, aux projets et à l’importance de croire en ses rêves. C’est une oeuvre qui peut paraître bien niaise mais c’est aussi un besoin, tant la série s’est inscrite dans une mouvance instaurée depuis Kin’iro no Corda. Ce sont des jeux qui font du bien, qui instaure une image colorée et positive des otome games. En revanche, l’ultime fandisc n’aura fait que démontrer que à force de tirer sur la corde, le résultat est de moins en moins intéressant.