Norn9 – War commons est un otome de Otomate d’abord sorti sur PSP en 2013 puis sur PSVita l’année suivante. En 2015, Aksys Games localise le titre en langue anglaise. Disponible en dématérialisé sur le PS Store européen, il faudra passer par la case import pour l’exemplaire physique. Doté de neuf routes au total, Norn9 est un otome plutôt long avec 3 héroïnes, ce qui n’est pas courant. Pour autant, le jeu a été une vraie déception, probablement parce que j’en attendais beaucoup trop.

— Fiche technique —

Norn9 ~Norn + Nonette~
Norn9 - War commons
Développé par : Otomate
Date de sortie initiale : Mai 2013
Classification : Cero C
Support : PSP / PSV

— Synopsis —

Tout commence lorsque un jeune garçon en sortie scolaire du nom de Sorata Suzuhara est appelé par une étrange et belle voix. D’un seul coup le voilà téléporté dans le passé. Il y rencontre Koharu qui lui annonce qu’elle va rejoindre un groupe de personnes sur un vaisseau appelé le Norn. Sorata la suit et rencontre 8 autres personnes sur ce vaisseau à destination de The World. Peu de temps après l’arrivée de Sorata et Koharu, le Norn est attaqué à un étrange individu. Le groupe se rend compte qu’il y a probablement un traitre sur le vaisseau et par conséquent des groupes de deux personnes sont formés afin que chacun puisse surveiller l’autre. Dans une ambiance tendue, le Norn lui, poursuit sa route vers The World…

— Les personnages —

Les héroïnes

♦ Koharu : Petite chose fragile, Koharu a toujours vécue seule, à l’écart du monde. Tout ce qu’elle apprit du monde vient des bouquins et c’est donc une personne naïve qui fait les frais des mesquineries de Kakeru. Koharu est donc l’archétype de la jeune fille gentille, prête à aider qui le demande et d’une volonté incroyable. En résumé : chiante comme la pluie.

Mikoto Kuga : La Madame en personne. Mikoto est l’archétype du protagoniste insupportable, prenant tout le monde de haut et, quelque part, méprisant quiconque n’est pas de son avis. Le seul point positif avec elle c’est qu’elle est l’unique membre du groupe à se soucier du traitre qui sévit sur le vaisseau, là où les autres en ont strictement…rien à foutre.

Nanami Shiranui : Souvent surnommée la Rei Ayanami du jeu par sa ressemble assez frappante et son caractère froid et distant avec les autres membres du Norn, Nanami est donc un personnage peu causant. Dans les routes de ses « copines » elle apparait relativement effacée. Au final, elle est une héroïne assez atypique, difficile à s’identifier puisque l’on connait moins ses pensées que celles des autres. Son pouvoir a la particularité d’être un des grands mystères du jeu (enfin, comme toutes les intrigues c’est assez vite grillé quand on s’attaque à ses routes dédiées).

Les nuisibles à draguer

Kakeru Yuiga : Fait partie du « harem » de Koharu. Ce drôle d’énergumène vous tapera rapidement sur le système par sa propension à prendre absolument tout à la légère. Curieusement la route de Kakeru est la moins pire du jeu, du fait qu’elle permet d’introduire l’un des antagonistes du jeu mais aussi qu’elle apporte beaucoup de réponses (mais aussi des questions). Pas inoubliable, il reste cependant un personnage assez sympathique et sa bonne fin a le mérite d’être une vraie bonne fin.

 Senri Ichinose : Fait partie du harem de Koharu. Senri est…une chose bizarre, difficile à décrire. Ce garçon ne supporte pas les rapports humains et se cloitre dans sa chambre une partie de l’aventure. Kakeru tente à sa manière de le faire sortir, soit en défonçant sa porte, ce qui n’arrange pas notre garçon effrayé. La route de Senri est plate, sans relief et j’ai cru m’endormir une bonne dizaine de fois tellement il n’y s’y passait absolument rien du tout.

 Masamune Tooya : Fait partie du harem de Kokaru. Masamune est un personnage étrange dont les motivations sont très flous. Ainé du groupe, il est le seul qui est en lien direct avec The World et donne ainsi les directives du voyage. Sa route ne se débloque qu’après avoir terminé celles de Kakeru et Senri, ce qui fait de lui le « Main Guy » de Koharu. Et pourtant la relation ne passe absolument pas, à cause de la différence d’âge mais aussi de la construction romantique complètement foirée. La bonne fin, n’en parlons pas, j’avais envie de me tirer une balle.

 Sakuya Nijou : Fait partie du harem de Makoto. Sakuya est l’éternel ami d’enfance qui se meurt d’amour pour la belle brune qui évidemment, fait tout pour ne rien remarquer. En effet, la route de Sakuya est rempli de pathos, de moments lourds où lui et Mikoto se pourrissent la vie à base d’une promesse faite durant leur enfance. On rajoutera que le pouvoir de Sakuya est aussi inutile qu’exaspérant, créant une tension inutile et sans dommages collatéraux. Ou presque.

 Itsuki Kagami : Fait partie du harem de Mikoto. Itsuki est…insupportable. Ce personnage je le déteste et je n’ai qu’une seule envie à sa vision : l’éventrer, le découper en morceaux et jeter ces derniers dans une benne à ordure. Sa route pue le caca avec des problèmes de consentements extrêmement douteux et d’un comportement à la limite du harcèlement sexuel. Sa route fut un calvaire pour moi et j’ai bien cru que j’allais laisser tomber Norn9. Autant dire que ça n’arrive pas souvent mais c’est pourtant typiquement le genre de choses qui peut me faire décrocher d’un otome game.

 Natsuhiko Azuma : Fait partie du harem de Mikoto. Natsuhiko est le plus gros foirage de Norn9. Antagoniste principal du jeu, sa route a le mérite de proposer une alternative enfin nouvelle après avoir eu droit à du copier/coller de routes dans les précédentes. Malheureusement les scénaristes ont abusé de retournements bien trop clichés ne faisant qu’alourdir le récit plutôt que de lui donner une dimension tragique. Un gros gâchis pour un personnage qui avait énormément de potentiel.

 Akito Shukuri : Fait partie du harem de Nanami. Oh un tsundere, un vrai ! Akito a des meilleures routes du jeu, qui en plus permet de vraiment donner du relief à la dimension du groupe grâce à son passif. C’est l’une des mieux construites et j’ai recommencé à avoir foi en Norn9 grâce à lui. Sur le Norn, il occupe la fonction de chef cuisto pour le groupe.

 Heishi Otomaru : Fait partie du harem de Nanami. Heishi, c’est le gars cool dans les routes des autres, dont les pouvoirs latents sont malheureusement très mal mis à contribution alors que c’est peut-être celui qui a les plus utiles…Bref, sa route est malheureusement bien mauvaise, rassasiant pour la 8ème fois les mêmes informations que celles des autres. Clairement un personnage sous-exploité même si au moins il a le mérite ne de pas avoir été saccagé.

 Ron Muroboshi : Fait partie du harem de Nanami. Ron, c’est ce personnage froid, presque calculateur qui joue un rôle central dans le jeu, au point que lorsqu’on fait sa route, une grosse partie des révélations ont été grillées…C’est d’autant plus dommage car il émane un certain potentiel, autant au niveau de ses motivations que de ses actions qui en font un personnage assez insaisissable et difficile à cerner. Mais là encore sa bonne fin est une catastrophe…

Le vrai héros du jeu

 Sorata Suzuhara : Sorata est un cas particulier, de part sa non application dans le harem des filles, ce qui s’explique évidement par son jeune âge. Enfin, assez effacé durant les différentes routes, ne faisant que suivre les évènements, il revient sur le devant de la scène dans l’ultime épilogue. Malheureusement, malgré son importance, le fait qu’il soit éclipsé dans bon nombre de routes ne permet pas de le rendre réellement intéressant, au point que son implication narrative est remise en question.

— Traitrise en carton —

Norn9 est un jeu ambitieux, du moins en apparence. Avec trois héroïnes, le jeu se permet de proposer des alternatives d’immersion très différentes tant elles sont différentes niveau personnalité. Encore mieux, au lieu de faire ce que pas mal de studios font, à savoir sortir les jeux en plusieurs parties, Otomate nous gratifie d’un jeu entier avec les neuf routes, trois par héroïnes. De ce côte-là on en a pour notre argent…sauf que l’illusion de la qualité apparente du scénario est vite brisée. Déjà parce que la tension « dramatique » tombe comme un soufflé au fromage avec des personnages qui en ont strictement RIEN A FOUTRE de la situation. Mais surtout les personnages sont particulièrement énervants à ne pas juger la situation à part Mikoto qui passe pour la chieuse de service. D’autant plus que les routes souffrent d’un copier/coller de scénario particulièrement effarant. Je sais bien que dans un visual novel et particulièrement dans un otome game, il est essentiel pour la joueuse de lui permettre de choisir entre les personnages ceux qu’elle va faire. Dans un otome game sans véritable scénario, cette construction passe pour la raison qu’il n’y a pas de scénario global. Dans un jeu comme Norn9 où le scénario est censé jouer une place prépondérante, c’est difficile à avaler.

L’autre gros problème de Norn9 c’est sa capacité à minimaliser les comportements abusifs. Après tous les otome games que j’ai fais, je serais censée fermer les yeux sur ces problématiques, telle une moule lobotomisée. En réalité, si je ferme parfois les yeux sur certains comportements abusifs dans certains otome, c’est essentiellement parce que le scénario essaie de sauver les-dits problèmes de comportements. Or dans Norn9 absolument rien n’est dénoncé. Le jeu laisse faire ses personnages qui sont parfois réellement des têtes à claques. Sans parler que la résolution des problématiques des routes vont dans ce sens. Sans spoiler l’utilisation de l’amnésie comme solution ultime dans certaines routes donne envie de se taper la tête contre un mur. On est face à une incompréhension de comment les personnages peuvent admettre que la fin heureuse consiste à effacer les souvenirs de l’être aimé…

C’est dommage car l’univers de Norn9 est riche, suffisamment pour qu’on ne pige pas tout, le jeu laissant volontairement des zones d’ombres. Pourtant, avec plus de maîtrise de la narration je suis certaine que le jeu aurait pu être excellent. Malheureusement, les personnages souffrent beaucoup à cause de la narration et ne sont pas développés comme ils le devraient. Et c’est bien dommage car de base, ils sont tous relativement intéressants avec des personnalités diverses et variées et des passifs qui méritaient qu’on s’attarde dessus. Sauf que le jeu préfère nous montrer des scènes inutiles ne servant clairement pas le scénario.

— Système —

Norn9 est un visual novel classique, très classique même à l’exception que certains choix sont chronométrés. Ce qui donne un peu de piquant à l’aventure à choisir les bonnes réponses dans un temps limite. En dehors de ça, le jeu bénéficie d’un soin plutôt agréable apportée à la réalisation. Les personnages ont des sprites animés et les animations, sans êtres transcendantes…font le job. Pour le reste le jeu nous gratifie d’une galerie de CG etc…et d’un magasin. En effet, tout au long du jeu, on récolte des points, notamment via la Hiyoko Channel, sorte d’émission télévisée débile dont on s’en serait bien passée ainsi lorsqu’on fini les routes des personnages. Ces points permettent de débloquer des scènes supplémentaires dont l’intérêt est…discutable. Autant dans Ken ga kimi, les after stories sont de vraies petites histoires, dans Norn9 ils se sont pas foulés.

— Les graphismes —

Norn9 – War commons est un bel otome. Les sprites sont dotées d’animations faciales, ce qui rend les dialogues vivants et les illustrations absolument magnifiques. De ce côté-là, aucun reproche à faire au jeu tant c’est soigné. Le chara-design ne m’a pas spécialement convaincu mais il y a de la recherche avec des personnages aux designs très différents. Les couleurs employées ont un effet terne qui donne un effet sympathique à l’oeil même si j’ai trouvé assez vite que ça manquait d’éclat.

— Avis final —

Je n’ai pas beaucoup aimé Norn9 – War commons –. Probablement parce que on me l’avait survendu comme un excellent otome game, avec un soi-disant scénario solide et d’excellents personnages. Pourtant, il y avait de quoi faire avec trois héroïnes et neuf routes, ce qui donnait des possibilités assez nombreuses pour explorer l’univers. Malheureusement, les routes sont, en majorité, mauvaises. Déjà, ce qui m’a rapidement gonflé, c’est évidemment cette tension inexistante après avoir appris qu’il y avait un traitre sur le Norn. Du  coup, tout l’intérêt du jeu s’envole et on se tape alors des scènes de slice of life absolument chiantes et inutiles. Et 9 routes (ou presque, celle de Natsuhiko change évidemment beaucoup le décor) qui ont le même déroulé scénaristique c’est très très embêtant. Surtout quand le jeu n’hésite pas à nous faire du bon vieux copier/coller des familles. On échappe donc pas à se taper plusieurs fois les mêmes explications. Les seules scènes inédites venant des moments tranche de vie rébarbatifs.

Au niveau des personnages c’est pas vraiment mieux. Les héroïnes déjà sont de bêtes clichés des otome games avec Koharu la vierge éfarouchée, Mikoto la Watashi qui se sent plus pisser et Nanami la Mary Sue par excellence. Ce sont des stéréotypes ambulants malgré l’effort de leur avoir donné une personnalité assez visible. Concernant leurs romances possibles, je dois vous avouer que n’ai finalement apprécié aucun personnage, à part peut-être Akito ou Heishi qui sont clairement les plus sains du groupe. Le reste, on navigue entre des poissons morts (Senri), les pervers sexuels (Itsuki) et les frappés d’amnésie ridicules (Ron, Natsuhiko). En réalité, les personnages auraient pu être excellents si l’écriture avait suivie et si les scénaristes n’utilisaient pas la facilité pour venir à bout des difficultés rencontrées.

C’est ce qui pèche avec Norn9, l’écriture est catastrophique et le jeu peine à dérouler son scénario, privilégiant le vide intersidéral plutôt que d’expliquer ce que le joueur attend. Je ne suis évidemment pas contre la tension narrative et le fait de poser des mystères qui vont se résoudre au fur et à mesure des routes. Le problème c’est que la structure narrative, qui se veut progressive avec des routes déblocables sur certaines conditions ne fonctionne pas vu que les révélations sont très mal amenées, ne trouvant même pas de conclusions véritables avec l’épilogue final. De ce côte-là, Norn9 a le même soucis que Amnesia:memories où la narration trouvait enfin ses qualités sur la fin mais en laissant le joueur les bras baillants. Et évidemment tout ça pour qu’on achète les fucking fandiscs…

— Bilan—

Histoire

Note : 2.5 sur 5.

Ecriture

Note : 1.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 3.5 sur 5.

Graphismes

Note : 4 sur 5.

Bande sonore

Note : 4 sur 5.

Norn9 avait tout d’un grand jeu mais malheureusement les choix de scénario et le manque de développement des personnages en font un titre qui nous laisse sur la fin. Ce n’est pas l’ultime épilogue qui répond à l’ensemble de nos questions. La narration est également en souffrance et seules quelques routes méritent l’intérêt. Un énorme gâchis.

2 réflexions sur “– Otome Time ! – Norn9 – War Commons

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