– Otome Time ! – The men of Yoshiwara : kikuya

The men of Yoshiwara : Kikuya est à l’origine un otome game sorti sur mobile en 2014, développé par Dogenzaka Lab et édité par D3Publisher.  Il est porté sur PSVita l’année suivante sous le nom de Otoko Yuukaku, bénéficiant au passage d’un doublage intégral, de nouvelles illustrations, de scénarios inédits ainsi que de nouveaux personnages à conquérir. Le jeu est également porté de façon brut sur PC sans les voix mais avec les ajouts d’illustrations et de scènes issus de la version PSVita (mais sans les personnages bonus, tristesse). En février 2018, il est annoncé comme le premier otome game sur la Switch. En Occident, le jeu est sorti à la fois sur mobile, Switch et PC. C’est cette dernière version que j’ai testé. Et disons-le d’entrée : c’était bien naze.

— Fiche technique —

Gyakuten Yoshiwara
The men of Yoshiwara : kikuya 
Développé par : Dogenzaka Lab & Vridge
Date de sortie initiale : Avril 2014
Classification : Cero D
Support : iOS/ Android / PC / PSV / Switch

— Synopsis —

L’histoire nous emmène sur une île où les hommes sont de moins en moins nombreux et chaque naissance de sexe masculin est retirée à sa famille et envoyée à…Yoshiwara, le quartier des plaisirs. Les femmes, beaucoup plus nombreuses, accourent dans ce quartier aussi bien pour trouver l’amour que pour faire un enfant. Ben oui, tant qu’à faire, autant s’assurer une descendance. Vous – oui vous – êtes une fille de marchand, pas tellement riche. Après avoir aidé un couple à s’enfuir de l’île pour vivre leur amour –  l’amoureux étant un courtisan – vous vous retrouvez avec de beaux habits et de l’argent. Et vous faites quoi ? Ben vous allez à Yoshiwara bien sûr ! Charmée par ces beaux spécimens, le dirigeant d’une des maisons de plaisir vous prend pour une fille de bonne famille et vous amène à choisir votre amant du soir. C’est là que votre aventure débute.

— Chaud cacao en carton —

Originellement conçu comme un otome game sur mobile, The men of Yoshiwara : kikuya ne brille pas par son scénario, ni même son univers. Sans forcément attendre un jeu aux propos matures, j’attendais que la thématique pose des questions légitimes sur la condition des courtisans ainsi qu’un développement de l’univers dans lesquels les personnages évoluent. Malheureusement, la seule chose qui ressort du jeu est le caractère érotique, seulement en mots. La faible durée de vie des routes participe assurément à ce problème de développement. Les personnages ne sauvent pas non plus l’histoire (si il y en a une). Chacun a évidemment une problématique à résoudre durant leurs routes respectives, mais les retournements de situation et la résolution ne sont clairement pas assez développés pour qu’ils soient crédibles. Le jeu insiste lourdement sur la condition de courtisan et y échapper semble si simple à la fin de chaque route…

Le format mobile oppose aussi un autre problème : il n’y a que deux fins possibles : la normale et la fin heureuse. Je ne suis pas spécifiquement fan des mauvaises fins, je les évite même parfois comme la peste mais au vu de la thématique il y avait tant à développer pour ainsi montrer que le quartier de Yoshiwara n’est pas connu pour être entièrement safe. Que nenni. Notre potiche qui sert d’héroïne y rentre comme si c’était un moulin.

— Le système —

Comme tout bon visual novel qui se respecte, The men of Yoshiwara : kikuya base son gameplay à base de choix de réponses à donner. Le jeu garde son esthétisme héritée du format mobile, à savoir que chaque route est divisée en des chapitres de 10/15min. Il y en a une dizaine au total pour chaque personnage ainsi que des histoires supplémentaires à débloquer après avoir eu la meilleure fin. Vous avez peur d’avoir une mauvaise fin ? De ce côté-là pas de panique ! Chaque personnage a une bonne fin et une super bonne fin ! Voilà, pas de risque à choper une mauvaise fin atroce…du moins je n’ai jamais tenté à avoir une jauge faible avec les personnages. En effet, cette dernière est affichée systématiquement pour savoir si vous faites les bons choix ou pas. Autant dire que le jeu est loin d’être difficile et il vous proposera d’ailleurs de sauvegarder à chaque fin de chapitre.

Pour le reste, je vais être méchante mais l’interface est juste à chier avec des boutons énormes et moches. Le jeu ne propose d’ailleurs pas beaucoup d’options. Il n’y a pas, par exemple, d’auto-mode pour la lecture et les possibilités offertes consistent à supprimer ou pas la musique durant les scènes et la vitesse de lecture. Evidemment, le jeu bénéficie d’une galerie de CG pour chaque personnage et la possibilité de rejouer chaque chapitre comme on le souhaite, une fois qu’on les a fait une première fois. Et c’est tout. On en reparlera dans l’avis final mais le jeu n’est pas doublé dans les versions PC et Switch.

— Les graphismes —

C’est peut-être le seul bon point de The men of Yoshiwara : kikuya c’est que les graphismes sont soignés. Les illustrations sont très jolies et globalement l’esthétisme global du jeu rend le tout extrêmement satisfaisant. Du moins, comparé pas mal d’otome mobiles, The men of Yoshiwara : kikuya a le mérite d’être très honnête. Les sprites, malgré leur absence de diversités d’expressions sont plutôt sympathiques à voir. Au final, The men of Yoshiwara : kikuya est loin d’être moche, ce qui est évidemment un peu obvious quand on parle d’un visual novel mais pour avoir vu de vraies horreurs, je peux vous dire que c’est plutôt la bonne surprise du titre, c’est qu’il se défend vraiment de ce côté-là.

— Avis final —

The men of Yoshiwara : kikuya est un kusoge, à savoir un mauvais jeu. Si je le dis, c’est parce que Amazon JP essaie de me refourguer systématiquement le jeu sur PSV, avec ses copains de OperaHouse pour une somme dérisoire (-20€). Autant dire que ce n’est pas innocent comme démarche commerciale…Pour le reste, je n’ai pas tellement apprécié cet otome game. Les routes sont courtes, environ 2 petites heures sont nécessaires pour en finir une, ce qui est insuffisant pour apprécier suffisamment les personnages. Les développements sont donc très moyens et ce n’est pas l’aspect « chaud-cacao » que le jeu essaie de donner qui le rendra fabuleux. En effet, The men of Yoshiwara : kikuya est classé Cero D au Japon, soit déconseillé aux moins de 17 ans. Oui y’a des scènes de fesses puisque en plus de la thématique, on a droit à des scènes explicites mais non graphiques. Autant dire que le jeu joue énormément sur cet aspect pour se vendre.

Graphiquement, pour le prix auquel le jeu est vendu sur Steam, c’est de l’arnaque. Les arrières-plans sont relativement moches et les sprites affichent les trois mêmes expressions en boucle. On sent que malgré le soin apporté au passage à la HD au niveau des textures que le jeu ne se défait pas de quelques tares de son support original. Evidemment, le jeu n’est pas doublé et vu le casting de la version PSVita, on a un peu envie de pleurer. J’ai d’ailleurs du mal à comprendre ce qui s’est passé, vu que le contenu est semblable au portage sur la console portable de Sony. M’est avis que c’est une histoire d’argent et que ni D3Publisher, ni Dogenzaka Lab ont voulu investir dans les droits de diffusion internationaux des voix, histoire de ne pas avoir de frais supplémentaires.

Au final, on ne peut pas dire que The men of Yoshiwara : kikiya soit une bonne affaire. Vendu pour presque 30€ en version dématérialisée sur Steam et disponible sur Switch pour 19,99€, c’est cher payé pour un titre qui souffre d’autant de carences, que ce soit sur le plan visuel que technique ainsi que d’une écriture très moyenne. Certainement, sur mobile, c’est le haut du panier mais sur console/PC, les standards ne sont pas les mêmes. On attend des otome games plus dynamiques, avec des graphismes soignés, des histoires fouillées et des personnages qui sortent un peu des sentiers battus. Bref, un jeu à éviter !

— Bilan—

Histoire

Note : 1 sur 5.

Ecriture

Note : 0.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 1.5 sur 5.

Graphismes

Note : 1.5 sur 5.

Bande sonore

Note : 0.5 sur 5.

Note finale : 2/10

The men of Yoshiwara : kikuya est un très mauvais otome game, rongé par une technique datée et un portage à la truelle effectué sur PC. Vendu pour plus de 20 euros sur Steam, l’achat n’en vaut pas la peine. Tracez votre chemin.

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