– Otome Time ! – Collar x Malice

On reproche souvent aux otome games d’avoir des scénarios un peu convenus. Ce n’est pas le cas de Collar x Malice, un jeu de Otomate sorti en 2016 au Japon puis l’année suivante dans le reste du monde en langue anglaise. Un fandisc a été annoncé à une date encore indéterminée. Crimes, complots, terrorisme et sens de la justice sont à l’honneur dans ce thriller aux thématiques sociétales loin d’êtres éloignées des problématiques actuelles…

— Fiche technique —

Collar x Malice
Collar x Malice
Développé par : Design Factory & Otomate
Date de sortie initiale : Aout 2016
Classification : Cero C
Support : PSV

— Synopsis —

Tokyo. Quartier de Shinjuku. Notre époque. L’organisation terroriste Adonis fait trembler le Japon depuis plusieurs mois avec une série de crimes appelés « Incidents X-Day ». La police est face à une impasse totale et la population ne se sent plus en sécurité, d’autant plus que le gouvernement japonais a établi une loi autorisant les civils à porter des armes pour se défendre. Dans une situation d’insécurité constante, Ichika Hoshino est une policière travaillant pour le bien de la population, gérant les troubles de l’ordre public. Un soir, elle reçoit un appel d’une personne annonçant un incident dans un jardin public et s’y rend, seule. Attaquée, Hoshino se réveille plusieurs heures plus tard dans une église avec un collier autour du coup. Une voix étrange en sort et lui annonce qu’elle doit régler l’affaire des meurtres d’Adonis sans révéler l’existence du collier. Peu de temps après, de jeunes hommes débarquent dans l’église. Ces anciens policiers ont quitté leurs postes pour enquêter par eux-mêmes sur les Incidents X-Day. Avec leur aide, notre héroïne va devoir confronter sa notion de la justice, du sens du devoir tout en résolvant chaque affaire.

— Personnages —

♦ Ichika Hoshino : notre héroïne. Hoshino est une jeune policière au fort sens de la justice. Elle a décidé de faire ce métier après avoir aidé un homme à retrouver ses papiers. Elle vit avec son frère, Kazuki, lycéen avec qui les rapports sont difficiles.

♦ Mineo Enomoto : Ancien policier membre d’une unité d’intervention de terrain, Enomoto a quitté son poste suite au premier Incident X-day impliquant son ancien collègue et supérieur. Passionné par la culture samouraï et leur code d’honneur, Enomoto est un garçon gentil qui malheureusement est sujet à de nombreuses désillusions. Il rejoint le groupe d’enquêteurs formé par Yanagi pour mener sa propre enquête et rétablir la justice pour son ancien collègue.

Kei Okazaki : Ce drôle d’énergumène est chargé de surveiller le groupe de Yanagi. Okazaki est en effet membre d’une police spéciale chargée d’escorte et de surveillance de personnalités. Pas vraiment discret, il énerve régulièrement les autres par sa propension à intervenir lorsque le moment est malvenu. Okazaki est loin d’être une mauvaise personne et il devient assez vite un allié de poids pour Yanagi et les autres par sa position.

Takeru Sasazuka : ce hacker est un véritable génie au comportement exécrable avec ceux qu’ils considèrent comme incapable d’être à son niveau intellectuel. Il respecte seulement Yanagi. Sasazuka est un vrai tsundere dont la passion des donuts le rend aussi malléable qu’un chamallow. Anciennement membre de la division cybercriminalité de la police, il a rejoint l’équipe de Yanagi principalement pour lutter contre la loi qui a autorisé le port d’armes par les civils. Il cache en effet un traumatisme.

♦ Kageyuki Shiraishi : directeur des équipes d’intervention sur le terrain de la police, Shiraishi est chargé de profiler les profils des criminels pour avoir une meilleure chance de les retrouver. Il a la particularité d’être le seul du groupe de Yanagi à n’avoir pas quitté son poste, en partie pour continuer à obtenir un certain nombre de preuves pour aider le groupe d’enquêteurs. Shiraishi est une personne difficile à cerner. Il cache un lourd passé.

Aiji Yanagi : Ancien inspecteur de police, Yanagi est le premier qui a quitté la police, souhaitant enquêter par ses propres moyens sur les Incidents X-Day, se doutant qu’il y a quelqu’un au sein de la police qui entrave l’enquête. Calme, mature et posé, Yanagi cache lui aussi un lourd passé. Sa route se débloque une fois les quatre premières complétées et on peut considérer la sienne comme la vraie route du jeu.

— Naissance d’une nouvelle justice —

Collar x Malice n’est pas un bête otome game. Il se permet même de dénoncer pas mal de travers que l’on retrouve dans certains de ces jeux, notamment les faits de harcèlement. On peut même dire qu’on y retrouve beaucoup des problèmes judiciaires de notre société, de ces gens qui portent plaintes pour finalement voir que ça ne sert à rien. Cette dénonciation de faits de harcèlement envers une femme sont une première dans un otome game où les personnages masculins n’hésitent pas à forcer la relation. Evidemment, il n’y a pas que ça de dénoncer : il y a aussi tous ces faits qui échappent à la vigilance policière et judiciaire et qui détruisent des vies. Et ça fait mal. Difficile de ne pas faire le parallèle avec notre époque, nos faits de société et le nombre de faits divers qui rappellent que beaucoup de choses ne sont pas résolues par la justice.

Malgré les crimes, les membres d’Adonis ont tous de bonnes raisons d’agir, souvent liées à la défaillance de la justice. Evidemment que d’arriver à de telles extrémités n’est pas la solution idéale mais on a du mal à rester de marbre face aux situations et ce n’est pas la constante naïveté de nos héros qui changera les choses. La fin douce-amère est d’ailleurs un choix scénaristique assumé par Otomate et j’avoue avoir été très surprise.

— Système —

Collar x Malice fonctionne comme un visual novel classique même s’il y a la possibilité, à plusieurs reprises durant le jeu, de se déplacer sur une mini-carte du poste de police de Shinjinku pour faire avancer l’enquête. On est même convié à explorer quelques scènes de crimes pour récolter des indices. Pas extraordinaire en soit mais l’initiative est sympathique et permet de rendre l’enquête plus fluide. N’attendez cependant pas à un casse-tête judiciaire vu que la résolution des problématiques se fait naturellement.

Le jeu propose une vingtaine de mauvaises fins à compléter pour obtenir le trophée platine. C’est peut-être le plus compliqué car sans guide, vous aurez du mal à savoir comment les obtenir…sachant que le jeu ne propose aucune indication ainsi que de listes pour connaître notre progression. C’est peut-être le plus gros point noir de Collar x Malice et malgré un guide, je me suis quand même retrouvée à devoir « farmer » les routes pour savoir quelles fins j’avais loupée.

— Les graphismes —

Graphiquement, Collar x Malice est loin d’être moche même si on regrette que les sprites soient dénués d’animation. Si encore c’était un titre sorti il y a plusieurs années, on aurait moins d’exigence mais le jeu date de 2016 quand même. En dehors de ça, les décors sont soignés et le chara-design est plutôt sympa. Les illustrations sont magnifiques même si j’ai eu mal avec les visages que je trouvais trop différents (surtout Sasazuka). En dehors de ça, pas grand chose à signaler, le jeu fait le job de ce côté.

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— Avis final —

Collar x Malice fut une véritable claque. Je me n’attendais pas à une telle qualité narrative, étant habituée aux fails de Otomate. Pour le coup, le jeu assume jusqu’au bout ses thématiques avec un chapitre caché lourd de sens qui secoue la tête. Brillant car le jeu aurait pu se suffire à la Vraie Fin et ainsi garder une certaine naïveté dans le traitement final des thématiques. Autant vous dire que j’attends le fandisc de pied ferme et que Otomate ne fera pas mentir ce qu’ils ont bâtis avec ce jeu.

Les personnages sont très justement traités, chacun ayant un passé plus ou moins difficile. Les fans de romantisme seront peut-être déçus car la romance est passée au second plan. Vu la situation, difficile d’en vouloir aux scénaristes qui ont privilégiés l’histoire à la romance même si je l’ai trouvée plus naturelle. En effet, l’attachement se fait progressivement, évitant des romances forcées. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et ont chacun un développement à la hauteur, notamment Kazuki, le frère de l’héroïne. D’une route à une autre, on fait également face aux problèmes qu’ils rencontrent dans leur relation frère-soeur.

Si le scénario, le travail sur les personnages et les thématiques m’ont énormément marqués, je dois admettre que j’ai été moins séduite par les personnages que sur d’autres otome games. Mais à l’inverse de certains que j’aurai volontairement eu du mal à apprécier, ce sont les qualités autres de Collar x Malice qui m’ont fait apprécier ce jeu. Ce qui prouve que derrière son argument d’être un jeu de drague, Collar x Malice s’apprécie pour son histoire et ses personnages. Je pense même qu’il peut être apprécié par n’importe quel fan de visual novel.

— Bilan—

Histoire

Note : 4.5 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 4.5 sur 5.

Graphismes

Note : 3 sur 5.

Bande sonore

Note : 3.5 sur 5.

Si Collar x Malice n’est pas parfait, la qualité du scénario et son développement en font un titre où l’on décroche difficilement. L’ultime chapitre apporte aussi une belle claque, s’écartant clairement de l’ambiance otome. Un must à lire que vous pouvez découvrir en anglais grâce à Aksys Games.

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