10 choses qu’on ne veut plus voir dans les otome games

Vous aimez la romance, n’est-ce pas ? Mais est-ce que vous aimez être brutalisée ? Etre entourée de sadiques ? Ou alors simplement être en situation désespérée ? Eh bien non. Je vous parle ici des dix choses que l’on ne veut plus voir dans les otome games. Vous êtes prêts ? C’est parti !

Black Wolves Saga – Bloody Nightmare -, PC, 2012

Non, taper son love-interest, ce n’est pas de l’amour

Vous pensiez que ce garçon au comportement brutal vous aime ? FOURBERIE. Autant la violence envers autrui ne m’inquiète pas outre mesure dans un otome game – quand c’est justifié hein car le psychopathe en carton on en a déjà  vu – autant quand c’est l’héroïne qui prend les coups j’ai un peu plus de mal. Alors oui, elles sont cruches les héroïnes et elles nous énervent mais ne croyez-vous pas que les gars abusent aussi à côté ? A ce jeu-là Black Wolves Saga est un des champions de cette catégorie.

Dance with devils, PSV, 2016

Les yandere, non merci !

Il avait l’air gentil avec son regard de veau…mais c’est en réalité un psychopathe fou qui par amour mais surtout à cause de beaucoup de jalousie va se transformer en être horrible et méchant. Le Yandere c’est cet archétype à la mode dans les otome games qui transforme vos romances en cauchemars. Si certains ont la chance d’avoir quelques passifs qui expliquent leur comportement de psychopathes, on est moins convaincu quand ça devient tendance d’en foutre plusieurs dans le harem. Pour le lulz. Sans parler des Drama CD spécialement consacrés aux yandere…bonjour le traumatisme.

Norn9 – War Commons, PSV, 2014

La séquestration, c’est pas de l’amour non plus. Ni l’amnésie.

Dingue ces otome games où la forme ultime d’amour c’est d’effacer la mémoire de l’être cher pour qu’elle vive…modelée à vos souhaits. Et l’enfermer pour qu’elle ne soit pas au contact d’un humain susceptible de la séduire aussi (ça serait trop bête). Après on s’étonne que La Belle et la Bête soit considérée comme un classique du romantisme…Certains otomes ont une vision d’une fin heureuse assez atypique où le consentement est une notion inconnue. Et non c’est pas de l’amour de penser que l’amnésie règle tous les soucis. Encore moins la séquestration.

Diabolik Lovers, PSP, 2012

Le harcèlement c’est puni par la loi

Parce que on a pas beaucoup de temps pour poser la romance, autant forcer la relation. Et donc harceler l’être qu’on aime pour que cette dernière tombe dans vos bras. Y’en a certains qui vont en taule pour moins que ça. Comme l’héroïne ne dit rien, terrifiée, le jeu te fait passer ces actes comme de la normalité. Non, c’est non ! Y’a d’autres façons bien plus romantiques pour prouver à la jeune femme qu’on veut séduire qu’on l’aime. Et c’est certainement pas en la pelotant ou et en l’embrasant de force. Achetez-vous une poupée gonflable les gars.

Amnesia:memories, PC, 2011

Arrête de pleurnicher, ce sont juste des méchants

C’est vrai t’es cruche, pas vraiment maligne à croire le premier abruti rencontré mais ça ne sert à rien de te lamenter, ce sont juste des connards. Certes, tu fais parfois tout pour les énerver mais crois-moi ils ne te méritent pas. Vraiment pas. Défends-toi plutôt en montrant que tu as du caractère et que tu ne te laisses pas marcher sur les pieds. Oh oui ils ne vont certainement pas aimer mais quand même, à force de te faire écraser, plus personne ne veut te ressembler. Mais vraiment plus personne.

Vous pensiez pas que j'aurai mis une image quand même si ?

Non le viol, ça ne marche pas comme preuve d’amour

Oui je vous regarde les otome R-18. Vous voulez la jouer trash avec des scènes de viols, même de personnages qui ont aucune raison de le faire. Ben oui tant qu’à faire, transformons le gars gentil en serial violeur. C’est juste le meilleur moyen de ruiner un personnage en lui faisant faire tout le contraire de sa personnalité. Des claques qui se perdent, vraiment. Surtout que comme pour la séquestration ça finit forcément en « mais non je t’aime vraiment en fait ! J’avais juste peur que tu ailles voir ailleurs ». Comment voulez-vous que la relation soit saine…(et comment voir du romantisme après ça ?)

Snow bound land, PSP, 2013

La personnalité c’est pas juste en bonus

T’es beau mais t’es con. Voilà. Avec la masse d’otome games qui sortent, les développeurs ne savent plus quoi raconter. Alors on met des bishos. On copie/colle une histoire tragique reprise 100 fois. Sauf que la sympathie c’est aussi ce qui fait le succès d’un jeu et pour la joueuse, l’heureuse histoire à vivre. Comment voulez-vous qu’on est envie de suivre une histoire si les personnages ne sont pas intéressants ? Sans forcément chercher l’originalité, la qualité d’écriture des personnages est importante pour se sentir concerner par leurs problématiques. Malheureusement, des développeurs comme Otomate qui produit une dizaine de nouveaux titres chaque année sort des titres de seconde zone où les histoires sont du déjà-vu et les personnages creux.

Enfin, les mauvais travers des développeurs d’otome game…

Le copier/coller de route, ça se voit. Et c’est nul.

Ecrire un scénario d’otome game c’est dur. Alors parfois certains scénaristes ne s’embarrassent pas à te refourguer une scène un paquet de fois. Si on admet que la route commune soit similaire à chaque personnage avec les variations de choix, on est moins convaincu quand on se tape 5 fois la scène de bal avec les 5 neuneus à draguer. A 6000yens le jeu, croyez-moi, vous commencez à le regretter. Amèrement. Alors il y aura toujours des redites dans ce type de scénario mais il m’est arrivé plusieurs fois de tomber sur des atrocités où l’histoire était exactement la même à chaque route (coucou Snow bound land). Donc chers scénaristes, retroussez vos manches et servez-nous des histoires qui valent le coup d’être racontées.

Taisho x Alice, PC, 2015

On arrête le pigeonnage avec les jeux en plusieurs parties

Une mode assez cruelle en plus d’être pas toujours justifiée. Le marché ultra concurrentiel a poussé certains développeurs à sortir leurs titres en plusieurs parties, comme pour Taisho x Alice de Primula. Cette pratique permet au développeur de mieux budgéter le développement du jeu sur le long terme. Heureusement le jeu est ressorti sur PSVita en version complète. On est en revanche moins convaincus pour ceux qui ont déboursés un peu plus de 3000 yens…4 fois. A ce prix, le jeu a intérêt d’être un chef d’oeuvre. Sans compter les fandiscs qui sont devenus aussi une vaste blague. Code:realize a même inventé le fandisc du fandisc. SERIEUSEMENT…Entre le marché des mobage et ça, on peut le dire: le marché des otome games abuse.

Otomate, STOP sortir 20 titres dans l’année

Parce que la moitié sont des bouses. Le marché des otome games est tellement concurrentiel que Otomate l’étouffe en sortant beaucoup mais vraiment BEAUCOUP de nouveaux titres chaque année, sans compter les fandiscs et sequels. De quoi devenir fous d’autant plus que si certains titres brillent par leurs qualités narratives ou graphiques, d’autres se révèlent de sombres étrons. Un autre jour j’écrirais sur le pourquoi d’une si grande différence de qualité mais sachez que beaucoup de jeux sont des commandes de Otomate avec un cahier des charges précis. Sauf que à force de sortir autant de titres aux succès parfois très discutables, le marché étouffe et les joueuses croulent sur la tonne de jeux à faire. Donc voilà, Otomate, on fait MOINS de jeux, on travaille MIEUX dessus et le public s’en portera pas plus mal.


Et voilà ! D’accord ? Pas d’accord ? Vous voyez autre chose qui devrait disparaître de ces jeux ?

– Otome Time ! – Collar x Malice

On reproche souvent aux otome games d’avoir des scénarios un peu convenus. Ce n’est pas le cas de Collar x Malice, un jeu de Otomate sorti en 2016 au Japon puis l’année suivante dans le reste du monde en langue anglaise. Un fandisc a été annoncé à une date encore indéterminée. Crimes, complots, terrorisme et sens de la justice sont à l’honneur dans ce thriller aux thématiques sociétales loin d’êtres éloignées des problématiques actuelles…

— Fiche technique —

Collar x Malice
Collar x Malice
Développé par : Design Factory & Otomate
Date de sortie initiale : Aout 2016
Classification : Cero C
Support : PSV

— Synopsis —

Tokyo. Quartier de Shinjuku. Notre époque. L’organisation terroriste Adonis fait trembler le Japon depuis plusieurs mois avec une série de crimes appelés « Incidents X-Day ». La police est face à une impasse totale et la population ne se sent plus en sécurité, d’autant plus que le gouvernement japonais a établi une loi autorisant les civils à porter des armes pour se défendre. Dans une situation d’insécurité constante, Ichika Hoshino est une policière travaillant pour le bien de la population, gérant les troubles de l’ordre public. Un soir, elle reçoit un appel d’une personne annonçant un incident dans un jardin public et s’y rend, seule. Attaquée, Hoshino se réveille plusieurs heures plus tard dans une église avec un collier autour du coup. Une voix étrange en sort et lui annonce qu’elle doit régler l’affaire des meurtres d’Adonis sans révéler l’existence du collier. Peu de temps après, de jeunes hommes débarquent dans l’église. Ces anciens policiers ont quitté leurs postes pour enquêter par eux-mêmes sur les Incidents X-Day. Avec leur aide, notre héroïne va devoir confronter sa notion de la justice, du sens du devoir tout en résolvant chaque affaire.

— Personnages —

♦ Ichika Hoshino : notre héroïne. Hoshino est une jeune policière au fort sens de la justice. Elle a décidé de faire ce métier après avoir aidé un homme à retrouver ses papiers. Elle vit avec son frère, Kazuki, lycéen avec qui les rapports sont difficiles.

♦ Mineo Enomoto : Ancien policier membre d’une unité d’intervention de terrain, Enomoto a quitté son poste suite au premier Incident X-day impliquant son ancien collègue et supérieur. Passionné par la culture samouraï et leur code d’honneur, Enomoto est un garçon gentil qui malheureusement est sujet à de nombreuses désillusions. Il rejoint le groupe d’enquêteurs formé par Yanagi pour mener sa propre enquête et rétablir la justice pour son ancien collègue.

Kei Okazaki : Ce drôle d’énergumène est chargé de surveiller le groupe de Yanagi. Okazaki est en effet membre d’une police spéciale chargée d’escorte et de surveillance de personnalités. Pas vraiment discret, il énerve régulièrement les autres par sa propension à intervenir lorsque le moment est malvenu. Okazaki est loin d’être une mauvaise personne et il devient assez vite un allié de poids pour Yanagi et les autres par sa position.

Takeru Sasazuka : ce hacker est un véritable génie au comportement exécrable avec ceux qu’ils considèrent comme incapable d’être à son niveau intellectuel. Il respecte seulement Yanagi. Sasazuka est un vrai tsundere dont la passion des donuts le rend aussi malléable qu’un chamallow. Anciennement membre de la division cybercriminalité de la police, il a rejoint l’équipe de Yanagi principalement pour lutter contre la loi qui a autorisé le port d’armes par les civils. Il cache en effet un traumatisme.

♦ Kageyuki Shiraishi : directeur des équipes d’intervention sur le terrain de la police, Shiraishi est chargé de profiler les profils des criminels pour avoir une meilleure chance de les retrouver. Il a la particularité d’être le seul du groupe de Yanagi à n’avoir pas quitté son poste, en partie pour continuer à obtenir un certain nombre de preuves pour aider le groupe d’enquêteurs. Shiraishi est une personne difficile à cerner. Il cache un lourd passé.

Aiji Yanagi : Ancien inspecteur de police, Yanagi est le premier qui a quitté la police, souhaitant enquêter par ses propres moyens sur les Incidents X-Day, se doutant qu’il y a quelqu’un au sein de la police qui entrave l’enquête. Calme, mature et posé, Yanagi cache lui aussi un lourd passé. Sa route se débloque une fois les quatre premières complétées et on peut considérer la sienne comme la vraie route du jeu.

— Naissance d’une nouvelle justice —

Collar x Malice n’est pas un bête otome game. Il se permet même de dénoncer pas mal de travers que l’on retrouve dans certains de ces jeux, notamment les faits de harcèlement. On peut même dire qu’on y retrouve beaucoup des problèmes judiciaires de notre société, de ces gens qui portent plaintes pour finalement voir que ça ne sert à rien. Cette dénonciation de faits de harcèlement envers une femme sont une première dans un otome game où les personnages masculins n’hésitent pas à forcer la relation. Evidemment, il n’y a pas que ça de dénoncer : il y a aussi tous ces faits qui échappent à la vigilance policière et judiciaire et qui détruisent des vies. Et ça fait mal. Difficile de ne pas faire le parallèle avec notre époque, nos faits de société et le nombre de faits divers qui rappellent que beaucoup de choses ne sont pas résolues par la justice.

Malgré les crimes, les membres d’Adonis ont tous de bonnes raisons d’agir, souvent liées à la défaillance de la justice. Evidemment que d’arriver à de telles extrémités n’est pas la solution idéale mais on a du mal à rester de marbre face aux situations et ce n’est pas la constante naïveté de nos héros qui changera les choses. La fin douce-amère est d’ailleurs un choix scénaristique assumé par Otomate et j’avoue avoir été très surprise.

— Système —

Collar x Malice fonctionne comme un visual novel classique même s’il y a la possibilité, à plusieurs reprises durant le jeu, de se déplacer sur une mini-carte du poste de police de Shinjinku pour faire avancer l’enquête. On est même convié à explorer quelques scènes de crimes pour récolter des indices. Pas extraordinaire en soit mais l’initiative est sympathique et permet de rendre l’enquête plus fluide. N’attendez cependant pas à un casse-tête judiciaire vu que la résolution des problématiques se fait naturellement.

Le jeu propose une vingtaine de mauvaises fins à compléter pour obtenir le trophée platine. C’est peut-être le plus compliqué car sans guide, vous aurez du mal à savoir comment les obtenir…sachant que le jeu ne propose aucune indication ainsi que de listes pour connaître notre progression. C’est peut-être le plus gros point noir de Collar x Malice et malgré un guide, je me suis quand même retrouvée à devoir « farmer » les routes pour savoir quelles fins j’avais loupée.

— Les graphismes —

Graphiquement, Collar x Malice est loin d’être moche même si on regrette que les sprites soient dénués d’animation. Si encore c’était un titre sorti il y a plusieurs années, on aurait moins d’exigence mais le jeu date de 2016 quand même. En dehors de ça, les décors sont soignés et le chara-design est plutôt sympa. Les illustrations sont magnifiques même si j’ai eu mal avec les visages que je trouvais trop différents (surtout Sasazuka). En dehors de ça, pas grand chose à signaler, le jeu fait le job de ce côté.

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— Avis final —

Collar x Malice fut une véritable claque. Je me n’attendais pas à une telle qualité narrative, étant habituée aux fails de Otomate. Pour le coup, le jeu assume jusqu’au bout ses thématiques avec un chapitre caché lourd de sens qui secoue la tête. Brillant car le jeu aurait pu se suffire à la Vraie Fin et ainsi garder une certaine naïveté dans le traitement final des thématiques. Autant vous dire que j’attends le fandisc de pied ferme et que Otomate ne fera pas mentir ce qu’ils ont bâtis avec ce jeu.

Les personnages sont très justement traités, chacun ayant un passé plus ou moins difficile. Les fans de romantisme seront peut-être déçus car la romance est passée au second plan. Vu la situation, difficile d’en vouloir aux scénaristes qui ont privilégiés l’histoire à la romance même si je l’ai trouvée plus naturelle. En effet, l’attachement se fait progressivement, évitant des romances forcées. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et ont chacun un développement à la hauteur, notamment Kazuki, le frère de l’héroïne. D’une route à une autre, on fait également face aux problèmes qu’ils rencontrent dans leur relation frère-soeur.

Si le scénario, le travail sur les personnages et les thématiques m’ont énormément marqués, je dois admettre que j’ai été moins séduite par les personnages que sur d’autres otome games. Mais à l’inverse de certains que j’aurai volontairement eu du mal à apprécier, ce sont les qualités autres de Collar x Malice qui m’ont fait apprécier ce jeu. Ce qui prouve que derrière son argument d’être un jeu de drague, Collar x Malice s’apprécie pour son histoire et ses personnages. Je pense même qu’il peut être apprécié par n’importe quel fan de visual novel.

— Bilan—

Histoire

Note : 4.5 sur 5.

Ecriture

Note : 4.5 sur 5.

Système de jeu

Note : 4.5 sur 5.

Graphismes

Note : 3 sur 5.

Bande sonore

Note : 3.5 sur 5.

Si Collar x Malice n’est pas parfait, la qualité du scénario et son développement en font un titre où l’on décroche difficilement. L’ultime chapitre apporte aussi une belle claque, s’écartant clairement de l’ambiance otome. Un must à lire que vous pouvez découvrir en anglais grâce à Aksys Games.

C’est dur d’être une héroïne d’otome game

Souvent vilipendées, risées d’une partie du public, les héroïnes d’otome games ont la vie dur. Pour autant, est-ce qu’elles doivent être tenues responsables de ce qui leur arrive ?

Image de Une par SemiMage : son devianart

Répète après moi : « je suis une serpillère »

Curieusement, je n’ai jamais haïs une héroïne d’otome game pour la simple et bonne raison qu’il y avait forcément dans son harem quelqu’un qui méritait dix fois plus de baffes. Constatation faite que si une héroïne peut parfois être très idiote, les gars ne relevaient pas toujours le niveau, l’enfermant subtilement dans leur jeu de manipulation. Oui en général, la puputerie vient toujours des abrutis, pas de la cruche. Si vous suivez. Pour autant, il faut admettre que derrière la passivité agaçante de nos pots de fleur, se cache un mal plus insidieux. Je vous avais dis que les otome games avaient tendance à être assez machistes et c’est le cas. Un non sera toujours un oui. Point barre. De quoi réduire à néant des années d’éducation au droit qu’on a sur son corps. Et sa vie tant qu’à faire.

Oui il y a quelque part un côté malsain à cette situation qui peut aller très loin quand les gars virent sadiques ou psychopathes. On aimerait s’enfuir, prendre le premier avion ou même trouvé une sorte de porte-type « armoire du Le monde de Narnia » pour quitter certains univers bien trop glauques…Jamais les jeux ne proposent d’ailleurs la possibilité de fuir, comme si on était condamné à subir sans broncher ce qu’on vit. On a beau se dire que c’est de la fiction, c’est parfois difficile de faire abstraction de ça quand on vous traite comme un chien…

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Ken ga kimi, PSV, 2015

L’identification ? Mais oui bien sûr…

Les fans acharnées vous diront que tout ça c’est pour favoriser l’immersion. Comme si on pouvait s’immerger dans un univers où l’on se fait brutaliser voire même violer. Vous êtes gentilles, les fans, mais vous vous voilez la face. Le manque de personnalité n’a jamais été, à mon sens, force de représentation. Comme je l’ai expliqué dans le guide sur le choix d’un otome game, je n’ai jamais autant eu envie de ressembler à une héroïne quand cette dernière était dotée d’une vraie personnalité. Au moins, on comprend un peu mieux ses sentiments et la relation n’avance pas à sens unique. Parce que oui, le manque de personnalité conduit invariablement à une relation tirée exclusivement par le bon vouloir de sa cible…et du scénario.

C’est aussi pour cette raison que c’est difficile d’adapter un otome game en anime. Après tout, avec des héroïnes passives, c’est un peu compliqué de créer de la sympathie pour elles, d’autant plus quand elles se font malmener. On a l’impression d’être face à des idiotes qui mériteraient 100 baffes. Mais curieusement, plus on fait d’otome games, plus on se rend compte que le soucis n’est pas tant la personnalité assez effacée des héroïnes qui pose problème mais plutôt le comportement de leurs harems respectives. Il y a aura toujours des protagonistes masculins pour abuser – et pas que gentiment – de la crédulité de nos théières adorées. Et là difficile de parler d’identification quand on a envie de balancer la console à l’autre bout de la pièce alors que la cruche bien pleine fait ses yeux de veau à un abruti.

Diabolik Lovers – Haunted dark bridal -, PSP, 2013

Le malaise des relations amoureuses pas vraiment consenties

Le manque de personnalité des héroïnes conduit surtout à l’acceptation des frasques des protagonistes masculins, pas les derniers pour se montrer plus manipulateurs que de purs « lovers. Ainsi, derrière une histoire un peu trop étrange d’identification, se cache surtout une volonté de faire passer n’importe quel acte de violence pour un acte d’amour. Que ce soit simplement de la pression psychologique à des faits de violence physique jusqu’à l’effacement purement et simplement des souvenirs, tout est bon pour faire passer des mecs pas nets en princes charmants. Et croyez-moi, les baffes, vous allez les distribuer plus souvent que vous le pensez envers ces idiots, pas toujours charmants.

Bon je dois avouer, parfois ça passe plus facilement, notamment quand les passifs sont travaillés et/ou que le personnage assume clairement ses actes et change mais d’autres fois on reste figés sur place par la tournure des évènements. La tendance est que fournir au moins une explication du pourquoi de la violence semble parfois être surfait alors que bon c’est quand même pas inutile de fournir un peu d’émotion, histoire qu’on se sente un minimum concerné par l’histoire ô combien tragique du bellâtre…Et malheureusement, le plus souvent, on est condamné à devoir accepter les pires atrocités, fermant les yeux sur l’horreur de la situation. Bref, beaucoup d’otomes minimalisent clairement les violences.

Le difficile équilibre entre immersion et personnalité

Evidemment, il faut un juste équilibre et une héroïne pas assez identifiable est aussi un problème. Il y a même risque de rejet de la part des joueuses face à un personnage trop sûre d’elle ou qui ferait des choses…plus osées. L’exemple que j’aime bien citer est Vivianne, l’héroïne de Tsubasa no okai no hime, un otome R-18 sorti en 2011. Elle promettait tout autant que l’univers mais son comportement de…pute (à défaut d’autre chose) laisse pantois. On ne sait pas vraiment sur quel pied danser sachant que même lorsqu’on se décide à séduire un personnage, notre cher princesse se tape quelques autres spécimens en chemin. Autant vous le dire, niveau immersion, c’était un beau zéro pointé. Cependant le jeu était intéressant en proposant l’inverse de ce qu’on avait l’habitude de subir. Et j’avais envie d’y croire, d’autant plus que après m’être farcie les courges qui servaient d’héroïnes aux jeux Ijiwaru my master et Under the moon, j’avais besoin d’une protagoniste forte.

Malheureusement difficile de trouver un juste milieu et pour une raison pas toujours justifiée, on a le droit à bien plus souvent à des héroïnes au caractère effacé dont on aura plus de facilités à mettre dans des situations parfois compliquées, sachant qu’elle ne mettra elle, jamais de baffe aux malotrus. Alors, il faut parfois simplement faire abstraction de leur existence et apprécier l’oeuvre sans que ça détériore l’expérience. Mais même face aux pires choix à faire, on a mal pour notre personnage, encore plus dans les otome R-18 où les scènes de violences sexuelles sont difficiles à voir. On a beau se dire que c’est de la fiction, on a dû mal à se détacher d’autant plus qu’il faudra composer avec un beau syndrome de Stockholm qui rappelle que dans le fabuleux monde des otome games, tomber amoureuse de son bourreau et/ou de son violeur est une méchante tradition.


Dur d’être une héroïne d’otome game mais ne les condamnez pas trop vite, elles n’ont pas toujours les rôles les plus évidents et les gars ne font rien pour arranger la situation.