– Otome Time ! – Ken ga kimi

Ken ga kimi est un otome game développé par Rejet d’abord sorti sur PC en 2013 puis sur PSVita en 2015. Un fandisc est sorti l’année suivante sur la console portable de Sony. Considéré comme un des meilleurs otome games sortis, Ken ga kimi n’a pourtant bénéficié d’aucune adaptation animé ni de localisation anglaise. Il est devenu mon otome game fétiche grâce à des personnages aux histoires fouillées et ses thématiques intéressantes impliquant l’acceptation de la différence et le brassage culturel.

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— Fiche technique —

Ken ga Kimi
Ken ga kimi 
Développé par : Rejet
Date de sortie initiale : Décembre 2013
Classification : Cero C
Support : PC / PSV

— Synopsis —

Kayo est une jeune femme vivant paisiblement avec son père, restaurateur. Un jour, les hommes du Shogun lui demande de remplacer la princesse durant sa procession maritale car il y a un risque qu’elle soit attaquée. Kayo a en effet la particularité de beaucoup lui ressembler physiquement. D’abord réticente à l’idée de laisser son père gérer seul le restaurant, elle s’y résigne sous la menace de ne plus pouvoir retrouver sa famille. Accompagnée de six jeunes hommes durant ce voyage, Kayo découvre que le monde dans lequel elle vit est aussi dangereux que difficile. Humains et onis se livrent une guerre raciale. Ces derniers ont perdu de nombreux droits comme le port d’armes suite à leurs attaques répétées. De nombreux groupes terroristes se forment dans l’optique de faire payer aux humains leur condition d’être inférieur.  Le cortège sera en effet attaqué par un groupe d’onis désireux de s’emparer d’un sabre du nom de Juzumaru. En marge du pèlerinage de Kayo, de terribles évènements se trament et il appartiendra au choix de nos héros de mener la bataille ou non contre les forces en présence.

L’amour ou le sabre, quel sera leur choix ?

Le fandisc, appelé Ken ga kimi : Momoyo Tsuzuri s’attardent sur des histoires supplémentaires et le développement des personnages secondaires.

— Les personnages —

♦ Kayo : notre héroïne. Loin d’être une cruche écervelée, elle se révèle mature, sûre d’elle et très optimiste. C’est un personnage sympathique à incarner car elle est honnête, droite et qui essaie d’être compréhensive pour les gens qui l’entoure. Réticente d’être utilisée à la place d’une autre, sa rencontre avec ses six chevaliers servants vont profondément la changer. Kayo est profondément humaniste et croit au meilleur de chacun, ce qui explique sa volonté d’aider au maximum les personnes autour d’elle.

♦Tsuzuramaru : Samouraï originaire de la province de Mutsu. Il participe d’abord à la procession maritale comme garde du corps et sabreur accompli. Par la suite, se retrouvant sans boulot, il se lance dans la Compétition Impériale organisé par le Shogun dans l’optique de la remporter et de devenir un réel samouraï. Il travaillera également au restaurant de Kayo. Tsuzuramaru est un garçon attachant, plein de vie et passionné par la cuisine et la nourriture. Sa pâleur de peau fait peur à beaucoup de personnes et pour cause…elle est étroitement lié à une des intrigues du jeu (mais je dirais rien :p).

♦Suzukake : ce jeune garçon originaire de la province de Musashi a été abandonné dans la forêt par ses parents quand il était encore petit. Elevé par un yokai vivant dans les bois, Suzukake y a appris les arts martiaux ainsi que des compétences médicales.  Mais surtout, le plus important, il y a gagné une compréhension de la nature, des yokai et milite pour que chaque peuple vive en paix. Malheureusement, son optimisme est ébranlé par la nature humaine…Suzukake est un garçon adorable qui se soucie beaucoup des autres et notamment de ses camarades. Suite à la procession maritale, il ouvrira un cabinet de médecine à Edo.

♦Sahihara Sakyou : Originaire de la province de Yamashiro, Sakyou fait partie d’une famille de forgerons de sabre, protectrice des 5 épées légendaires dans le passé.  Ses parents et sa soeur ont été tués par des onis alors qu’il n’était encore un enfant. Renonçant à l’héritage familial, Sakyou part sur les routes du Japon avec l’objectif de retrouver la trace de ceux qui ont détruit sa vie. Derrière son comportement calme et une certaine maturité se cache un homme meurtri, incapable de faire confiance à ses propres camarades ou à se lier d’amitié avec une personne.

♦ Kuroba Saneaki : D’origine espagnole et japonaise, Saneaki est l’ainé de la troupe de samouraï qui accompagne Kayo durant la procession maritale. Son air strict et son attitude pieuse en font un personnage difficile à aborder. Cependant Saneaki est une personne sincère et gentille qui ne souhaite pas faire du mal aux autres. Pour cette raison, il a précédemment abandonné le sabre pour se consacrer à une vie d’ermite. Il a également la capacité de voir les yokai et est accompagné de Habakitsuki, un yokai résidant dans son sabre qui passe son temps à l’embêter.

♦ Kei : Originaire de la province de Kibi, Kei travaille comme officier à Edo et assure, avec d’autres samouraïs la paix dans la ville. C’est un vrai tsundere qui derrière son attitude parfois sec se révèle être un véritable chamallow. Comme les autres, il cache aussi un lourd passé. Sa famille a été tuée et son village rasé. Cependant, au lieu de céder à la haine, Kei lutte pour garantir la paix. C’est un garçon sincère et droit qui fera son maximum pour aider ses amis dans le besoin.

♦Enishi : Ce grand baraqué (185cm quand même !) est un coureur de jupons invétéré et a tendance à partir dans des délires dont seul il a le secret. Ses camarades sont régulièrement dépités par son attitude. Enishi est évidemment bien plus que l’image du dragueur lourd qu’il laisse entrevoir. Il mène en effet une mission top secrète pour le compte du Bakufu. Son attitude désinvolte lui permet d’agir au-delà de tout soupçons. Si on est souvent un peu agacé par son comportement, Enishi est tiraillé entre sa mission et ses sentiments.

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— L’amour ou la voie du sabre ? —

Je vais tenter de vous parler un peu de l’univers de Ken ga kimi sans trop vous divulgâcher l’histoire. Ce qui interpelle c’est la profondeur qui se dégage de chaque route. Chaque personne possède des passifs difficiles qu’ils affrontent dans leurs routes respectives. Oui, on pleure beaucoup dans Ken ga kimi. On est aussi effrayé de la folie des hommes. La guerre onis/humains est particulièrement féroce et montre ses pires travers. Si la famille de Sakyou s’est faite tuée par des onis, celle de Kei c’est par des humains. Pourtant, malgré leurs passifs similaires, les deux personnages ne traversent pas les évènements de la même manière. C’est l’énorme force du jeu, c’est de montrer qu’il n’y a jamais une seule façon de progresser dans la vie. Le jeu propose d’ailleurs un développement des personnages en marge de leurs routes respectives, montrant aussi une amitié réelle qui les lient, au delà de l’histoire d’amour qu’ils peuvent vivre avec Kayo. Cette dernière est bien accompagnée et se reposera souvent sur ses amis.

Le travail des personnages est assez exceptionnel et chaque nouvelle route emprunte des embranchements assez inattendus. Selon que les héros choisissent la voie de l’amour ou celle du sabre, les conséquences sont assez différentes pour chacun. Les mauvaises fins n’arrivent pas toujours là où l’on attende. On suppose souvent que la voie du sabre mène à la perte, comme pour Sakyou. Pourtant, la mauvaise fin de Tsuzuramaru est dans celle où il choisi Kayo. Le jeu réussi donc à ne jamais se reposer sur ses acquis et à surprendre. Le tout reste cohérent et certaines fins abruptes montrent aussi que les choix faits par les héros sont réellement terribles.

Les thématiques arrivent, malgré l’époque, de s’inscrire dans notre actualité. Racisme, lutte de pouvoirs, problèmes d’identité et la vie après un traumatisme sont abordés avec justesse. Je m’attendais pas à être autant touché par les personnages et leurs histoires. D’autant plus que chacun possède sa propre manière d’aborder son passé et de vivre. Aussi le jeu aborde un fait historique assez peu traité : la persécution des chrétiens, notamment espagnols au Japon et la xénophobie montante des japonais envers les étrangers. On a beau le savoir, voir cette thématique abordée dans un otome game avec autant de justesse fait de Ken ga kimi une oeuvre aux propos matures.

On trouve souvent dans les otome games que certains personnages sont lésés mais en l’état chacun a droit à un traitement égal. Sans jamais se répéter. C’est clairement l’un des rares otome games où j’ai eu le plaisir de faire chaque route car chaque personnage avait un passif suffisamment intéressant pour que même si on ait pas le coup de coeur, on les apprécient. J’ai par exemple eu du mal avec Enishi et son comportement mais il est curieusement celui qui a une de mes routes préférées.

— Système —

Ken ga kimi fonctionne comme un visual novel classique. Le jeu vous propose des choix de dialogues qui influenceront, d’abord les routes que vous allez emprunter et ensuite les deux scénarios par personnages. Oui vous avez bien lu, chaque personnage a le droit à deux histoires : l’une, appelée Kimi est la voie où nos samouraïs vont choisir l’amour, la seconde appelé Ken, est la voie du sabre que les personnages peuvent emprunter, menant souvent à des mauvaises fins.

Au niveau de l’histoire, la route commune raconte la procession maritale où Kayo remplace la princesse officielle. Relativement longue, les choix vont déterminer quel personnage vous allez choisir pour la suite de votre histoire. Une fois sur la route d’un personnage, vous allez donc devoir faire les choix en faveur des routes Kimi ou Ken. Sachez que ce système est basé sur des couleurs : doré et rose pour Kimi et bleu et vert pour Ken. Dit comme ça, c’est pas super sexy mais cela permet, pour le joueur, de savoir d’avoir un indicatif des choix qu’il a fait. Et autant vous dire que vu la longueur du jeu, c’est pas un mal d’être un peu aidé.

Les menus du jeu comportent l’essentiel : une galerie CG, la possibilité d’écouter les OST et autres petites features sympathiques. Sur PSV, le jeu possède de nouvelles CG et des histoires supplémentaires ont été rajoutées, complétant différents évènements du jeu que l’on débloque une fois les routes des personnages finies. Je vous conseille d’ailleurs la version console, supérieure sur beaucoup de points.

Le fandisc lui fonctionne sur un système d’histoires, symbolisées par des livres à l’écran. Chaque lecture de libre ouvre la possibilité de lire de nouvelles histoires. Le principe est intéressant et certains livres permettent de développer les passifs et histoires des personnages secondaires. L’idée, ingénieuse, permet de mieux comprendre leurs motivations durant le premier jeu.

— Les graphismes —

J’ai du le dire un bon nombre de fois mais Ken ga kimi est un des plus beaux otome games qui m’a été donné de faire. Les illustrations de Yomi sont magnifiques et épousent parfaitement l’univers. Les sprites des personnages sont animés, ce qui donne un côté très vivant aux dialogues. Les combats sont aussi animés avec des effets. Mon seul regret est que les opening montrent quelques séquences entièrement animées…et j’aurai aimé que le jeu ait cette qualité tout le long. Je sais que c’est faisable (coucou School Days ou même Ef – a fairy tale of two) et ça aurait rendu le jeu encore plus incroyable. Je suppose que ça reste un budget assez important, surtout pour une structure comme Rejet.

Bon après je donne l’impression de cracher dans la soupe pour une broutille alors que le jeu a une qualité de graphisme et d’animation supérieures à bon nombre d’otome games. Après avoir joué à Ken ga kimi vous risquez même d’être frustré de vous taper des personnages aux regards de veau tout le long des dialogues. C’est peut-être le seul réel défaut du jeu c’est qu’en plus d’avoir une qualité narrative exceptionnelle, il est techniquement irréprochable.

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— Avis final —

Vous vous en doutez, Ken ga kimi est mon otome game préféré. Rarement un otome game aura été aussi complet. Les histoires sont diversifiées et ont le mérite d’être toutes captivantes. Chaque personnage possède des passifs relativement lourds, ce qui ne les empêchent pas d’être incroyablement adorables avec l’héroïne. Ce sont vraiment de bons gars et ils sont capables d’agir pour le bien de leurs compagnons. Il suffit de voir la route de Sakyou pour comprendre que l’amitié qui les lient est réelle et qu’ils déplaceront des montagnes pour sauver leurs amis. Ça fait vraiment du bien parce que beaucoup d’otome games mettent en avant des rivalités entre personnages pour créer une tension alors que la possibilité de créer une réelle amitié rend leurs histoires beaucoup plus captivantes.

J’ai aussi trouvé que les histoires se diversifiaient suffisamment pour avoir envie de faire toutes les routes. Le jeu ne possède pas de true end comme dans certains titres, il y a donc pas réellement d’ordre précis pour faire les personnages, à part peut-être terminer par Enishi et Tsuzuramaru, du fait que leurs histoires respectives sont liées aux sous-intrigues du jeu. Cependant, j’avais commencé par celle de Tsuzuramaru et c’était plutôt intéressant de mieux comprendre ce qui se tramait dès le départ derrière certains faits. Surtout que chaque route est suffisamment différente pour ne pas trop pourrir celles des autres. Evidemment il y a toujours des indices distillés ici et là qui conduisent à se poser des questions. Par exemple, dans la route de Suzukake, Tsuzuramaru est empoisonné par Kamui mais il ne semble pas en subir les répercussions…ce qui pose question.

Ken ga kimi réussi aussi à avoir un propos mature sans forcément être graveleux ou extrême. Evidemment il y a de la violence, certaines routes sont assez difficiles, sans parler des fins parfois très gores…mais le jeu ne verse jamais dans le morbide. Aussi étrange qu’il n’y parait quand on connait les délires habituels de Rejet (suffit de voir Black Wolves Saga…), Ken ga kimi garde une justesse dans son propos.

Au niveau de la version du jeu à choisir, je vous conseille celle sur PSV du fait qu’elle soit sortie après celle sur PC. Les arrières-plans ont été retravaillés, on a le droit à de nouvelles illustrations et la version collector est composée d’un Drama CD, d’un booklet d’illustrations ainsi que de cartes postales. Pas indispensable et on peut la trouver à un prix raisonnable en occasion. La version PC est loin d’être mauvaise et a le mérite d’être très belle aussi.

Ken ga kimi est un must du genre, proposant des personnages aux histoires variées, s’évitant bon nombre de clichés bien pourris et construisant des personnages qu’on garde en mémoire longtemps après. Le jeu a placé la barre très haut et il est difficile de ne pas se sentir parfois agacer par tant de perfection. Difficile de revoir ses ambitions à la baisse sur d’autres titres quand on est face à une telle justesse de propos, de maturité et de narration.

— Bilan—

Histoire

Note : 5 sur 5.

Ecriture

Note : 5 sur 5.

Système de jeu : 10/10

Note : 5 sur 5.

Graphismes : 10/10

Note : 5 sur 5.

Bande sonore : 10/10

Note : 4.5 sur 5.

Un chef d’oeuvre tout simplement. Ken ga Kimi marque pour sa maturité d’écriture, sa narration maîtrisée sur le bout des doigts et ses personnages qui sont tous formidables. Il faut juste du courage pour se lancer dans une oeuvre aussi longue que prenante mais l’aventure en vaut la peine.

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