Le massacre de la culture occidentale dans les otome games

Les otome games c’est pas seulement de la romance. C’est aussi, très souvent, un gros gloubi-boulga de références culturelles aussi bien tirées de la culture nippone que…occidentale. On connait le goût du kitch des japonais et de leur vision très…étrange de la France. Si vous avez eu l’occasion de lire ou regarder Lady Oscar, vous allez rapidement comprendre où je veux en venir…

Rapide disclaimer : cet article est évidemment à but humoristique pour titiller l’utilisation de notre bonne vieille culture occidentale par les japonais.

Musketeers : le sang des chevaliers (PSP)

On commence par du lourd. Du très lourd dis-je ! Musketeers : le sang des chevaliers fait partie de ces jeux étranges sur lequel on ne sait pas sur quel pied danser. Personnellement j’en ai fais mon nanar préféré du genre, celui sur lequel on rigole un bon coup. Parce que contrairement à ce qu’on pourrait croire, Musketeers est loin d’être un mauvais otome game. Simplement, draguer des personnages de l’oeuvre d’Alexandre Dumas dans un contexte surnaturel complètement irréaliste à base démons rend le tout incroyablement nanardesque. Cependant, en y faisant abstraction, Musketeers : le sang des chevaliers reste un jeu sympathique, sorte de Hakuoki version française.

Bara ni kakusareshi verite (PSV)

Bon celui-là je m’avance pas mal parce que je ne l’ai pas encore commencé mais de loin ça sent bon le gratiné. Je veux dire, le synopsis à tout l’air des romans à l’eau de rose mélodramatique qu’on sert aux petites filles. La cour de Louix XIV, les complots de Versailles toussa…on a l’impression d’être dans une oeuvre de Annie Jay (Une princesse à Versailles). Et puis ben…les critiques sont excellentes, autant que pour Musketeers : le sang des chevaliers ce qui me laisse penser que si on est français on peut difficilement apprécier de voir sa culture se faire défoncer par les japonais. Par contre, je ne sais pas si le jeu utilise la langue française dans ses dialogues mais son développeur Ich Column avait détruit les oreilles de nombreuses joueuses avec son titre Enkeltbillet en faisant parler les personnages en anglais. Et autant vous le dire, l’anglais des japonais c’est pas très agréable à l’écoute.

Romeo & Juliet (PSP/PSV)

Cette production de Quinrose (qui a fermé ses portes depuis) reprend l’oeuvre de William Shakespeare à la sauce otome sans oublier une bonne dose de fantastique. Juliette est une nonne qui combat les méchants vampires avec à leur tête un certain…Roméo. C’est complètement barge tout en étant curieusement très convaincant. Cependant, si vous vous attendez à une adaptation classique, vous risquez d’être déçus car le jeu prend beaucoup, MAIS BEAUCOUP de libertés. On peut quand même saluer l’initiative de faire de Juliette une héroïne avec un peu plus de tempérament et une ambiance guerre de gangs mise en scène de façon savoureuse.

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OZMAFIA !!! (PC/PSV)

Curieusement, l’oeuvre de Lyman Frank Baum est assez méconnue en France alors qu’aux Etats-Unis c’est une des plus populaires séries de la littérature jeunesse. Que cela tienne, Poni-Pachet a eu le nez fin de donner une adaptation spéciale otome pour cette oeuvre. OZMAFIA !!! ne fait pas que reprendre Le magicien d’Oz, il pioche aussi dans les contes des frères Grimm ainsi que divers contes populaires occidentaux. De quoi y voir un gros gloubi-boulga trop étrange pour être crédible. Pourtant la formule marche, les personnages sont intéressants et l’histoire se révèle surprenante, notamment avec une mise en abîme du roman original avec le double-épilogue. A découvrir  en version anglaise chez MangaGamer.

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Heart no kuni no Alice (PC/PS2/PSP/PSV)

Alice au pays des merveilles est une oeuvre qui inspire beaucoup les japonais. Quinrose s’en chargea avec sa série Heart no kuni no alice débutée en 2006, suivi de nombreux épisodes. S’inspirant autant de l’oeuvre de Lewis Carroll que créant son propre univers, le jeu réussi le tour de force à proposer une histoire intéressante et des personnages hauts en couleur. Si la version d’origine a des graphismes passables, le remake vaut un peu plus le coup épargnant aux joueurs de se taper le système de « tours » pour débloquer les events du jeu. Malheureusement, son développeur a coulé en 2015 mais vous pouvez trouver le jeu pour une poignée d’euros sur internet. Pour le reste, le studio Little Cheese s’est aussi inspiré de l’oeuvre de Lewis Carroll sur son jeu Trick or Alice. Attention celui-là est déconseillé aux mineurs.

Zettai meikyuu Grimm (PSP/PC)

A la manière de OZMAFIA!!!Zettai meikyuu Grimm est une reprise de divers contes façon otome. Cette fois-ci, les frères Grimm sont à l’honneur comme protagonistes et côtoient les personnages de leurs histoires, donnant sens à leur création dans leurs contes. A mon sens le jeu est d’ailleurs plus un pur visual novel qu’un vrai otome game, la romance n’étant pas très développée, notamment du fait de l’âge très jeune de l’héroïne. On aurait pu croire que ça mènerai à quelques situations gênantes mais le jeu évite de s’embourber dans de mauvais choix. En ressort un otome game absolument génial, à l’ambiance très péchue et une écriture pleine d’audace ! A découvrir absolument !

Princess Arthur (PSP)

A l’époque de la sortie du jeu j’avais trollé sur le fait que Otomate n’avait plus d’idées pour nous balancer une Arthur féminine…de quoi faire le parallèle avec le personnage de Saber dans le visual novel Fate/stay night. Donc, Princess Arthur vient cette fois-ci saccager les légendes Arthuriennes. Les critiques sont nettement moins enthousiasmes pour le coup, notamment parce que l’héroïne n’est pas crédible et n’a pas réellement de poids vu sa position politique (en gros, souris et tais-toi…). En dehors de cet échec, il est assez étrange de voir que très peu d’otome games sur la thématique n’ont pas été développés. Je veux dire, draguer les chevaliers de la Table Ronde, ça a quand même de la gueule non ? Sachez que le jeu est disponible sur mobile en langue anglaise dans la série des Shall we date ?.

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Akazukin to mayoi no mori (PC)

Oh que voilà ? Un otome R-18 ! Akazukin to mayoi no mori reprend de nombreux éléments issus de divers contes. Un peu de Le petit chaperon rouge, un peu de Blanche-Neige et même un peu de Belle au bois dormant ! L’univers de Akazukin to mayoi no mori est plutôt intéressant et la forêt où Tiana se retrouve est pleine de mystères. On y retrouve même quelques ficelles des contes pour bâtir les éléments scénaristiques (le Chasseur et le Loup…). Bon évidemment c’est déconseillé aux moins de 18 ans donc il faut s’attendre à ce que ça parte en live. Vu les graphismes colorés, la bande sonore sympathique et les personnages on regrette de ne pas avoir du de version « tous publics » sortir.

Taisho x Alice (PC/PSV)

Encore un autre qui vient massacrer nos contes fétiches ! Et un bien gratiné car cette fois-ci les héroïnes sont…des héros. Cendrillon, Alice, Le petit chaperon rouge, Blanche-Neige sont des mâles, des vrais. Acclamé de partout, Taishou x Alice est un titre étrange qui s’est surtout distingué en occident avec sa localisation anglaise ratée. Le principe du jeu sort de l’ordinaire et il est pas étonnant que les joueuses aient autant appréciés l’expérience, d’autant plus que pour une fois, c’est à nous de sauver nos princes charmants…Un vrai régal !

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PersonA – Opera za no kaijin – (PC)

Le dernier titre de Mirai reprend l’intrigue du roman Le fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux. Loin d’être mauvais, le jeu adapte le scénario original à la sauce otome pour un résultat pas si ridicule…s’il n’était pas déconseillé aux moins de 18 ans. Et oui encore une fois ! D’autant plus que un peu près tout le casting viole notre pauvre Christine Daaé. Il y a des fois on aura aimé rien savoir…De nombreuses fois adaptés au cinéma, au théâtre et même en comédies musicales, Le fantôme de l’Opéra est une oeuvre qui pourtant sied bien à l’ambiance shojo. Alors pourquoi pas un otome game…qui possède d’ailleurs un des meilleurs opening du genre.


Et voilà pour la sélection ! Avez-vous d’autres titres à rajouter ? Certains vous ont-ils intéressés ? J’attends vos retours !

– Otome Time ! – Ken ga kimi

Ken ga kimi est un otome game développé par Rejet d’abord sorti sur PC en 2013 puis sur PSVita en 2015. Un fandisc est sorti l’année suivante sur la console portable de Sony. Considéré comme un des meilleurs otome games sortis, Ken ga kimi n’a pourtant bénéficié d’aucune adaptation animé ni de localisation anglaise. Il est devenu mon otome game fétiche grâce à des personnages aux histoires fouillées et ses thématiques intéressantes impliquant l’acceptation de la différence et le brassage culturel.

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— Fiche technique —

Ken ga Kimi
Ken ga kimi 
Développé par : Rejet
Date de sortie initiale : Décembre 2013
Classification : Cero C
Support : PC / PSV

— Synopsis —

Kayo est une jeune femme vivant paisiblement avec son père, restaurateur. Un jour, les hommes du Shogun lui demande de remplacer la princesse durant sa procession maritale car il y a un risque qu’elle soit attaquée. Kayo a en effet la particularité de beaucoup lui ressembler physiquement. D’abord réticente à l’idée de laisser son père gérer seul le restaurant, elle s’y résigne sous la menace de ne plus pouvoir retrouver sa famille. Accompagnée de six jeunes hommes durant ce voyage, Kayo découvre que le monde dans lequel elle vit est aussi dangereux que difficile. Humains et onis se livrent une guerre raciale. Ces derniers ont perdu de nombreux droits comme le port d’armes suite à leurs attaques répétées. De nombreux groupes terroristes se forment dans l’optique de faire payer aux humains leur condition d’être inférieur.  Le cortège sera en effet attaqué par un groupe d’onis désireux de s’emparer d’un sabre du nom de Juzumaru. En marge du pèlerinage de Kayo, de terribles évènements se trament et il appartiendra au choix de nos héros de mener la bataille ou non contre les forces en présence.

L’amour ou le sabre, quel sera leur choix ?

Le fandisc, appelé Ken ga kimi : Momoyo Tsuzuri s’attardent sur des histoires supplémentaires et le développement des personnages secondaires.

— Les personnages —

♦ Kayo : notre héroïne. Loin d’être une cruche écervelée, elle se révèle mature, sûre d’elle et très optimiste. C’est un personnage sympathique à incarner car elle est honnête, droite et qui essaie d’être compréhensive pour les gens qui l’entoure. Réticente d’être utilisée à la place d’une autre, sa rencontre avec ses six chevaliers servants vont profondément la changer. Kayo est profondément humaniste et croit au meilleur de chacun, ce qui explique sa volonté d’aider au maximum les personnes autour d’elle.

♦Tsuzuramaru : Samouraï originaire de la province de Mutsu. Il participe d’abord à la procession maritale comme garde du corps et sabreur accompli. Par la suite, se retrouvant sans boulot, il se lance dans la Compétition Impériale organisé par le Shogun dans l’optique de la remporter et de devenir un réel samouraï. Il travaillera également au restaurant de Kayo. Tsuzuramaru est un garçon attachant, plein de vie et passionné par la cuisine et la nourriture. Sa pâleur de peau fait peur à beaucoup de personnes et pour cause…elle est étroitement lié à une des intrigues du jeu (mais je dirais rien :p).

♦Suzukake : ce jeune garçon originaire de la province de Musashi a été abandonné dans la forêt par ses parents quand il était encore petit. Elevé par un yokai vivant dans les bois, Suzukake y a appris les arts martiaux ainsi que des compétences médicales.  Mais surtout, le plus important, il y a gagné une compréhension de la nature, des yokai et milite pour que chaque peuple vive en paix. Malheureusement, son optimisme est ébranlé par la nature humaine…Suzukake est un garçon adorable qui se soucie beaucoup des autres et notamment de ses camarades. Suite à la procession maritale, il ouvrira un cabinet de médecine à Edo.

♦Sahihara Sakyou : Originaire de la province de Yamashiro, Sakyou fait partie d’une famille de forgerons de sabre, protectrice des 5 épées légendaires dans le passé.  Ses parents et sa soeur ont été tués par des onis alors qu’il n’était encore un enfant. Renonçant à l’héritage familial, Sakyou part sur les routes du Japon avec l’objectif de retrouver la trace de ceux qui ont détruit sa vie. Derrière son comportement calme et une certaine maturité se cache un homme meurtri, incapable de faire confiance à ses propres camarades ou à se lier d’amitié avec une personne.

♦ Kuroba Saneaki : D’origine espagnole et japonaise, Saneaki est l’ainé de la troupe de samouraï qui accompagne Kayo durant la procession maritale. Son air strict et son attitude pieuse en font un personnage difficile à aborder. Cependant Saneaki est une personne sincère et gentille qui ne souhaite pas faire du mal aux autres. Pour cette raison, il a précédemment abandonné le sabre pour se consacrer à une vie d’ermite. Il a également la capacité de voir les yokai et est accompagné de Habakitsuki, un yokai résidant dans son sabre qui passe son temps à l’embêter.

♦ Kei : Originaire de la province de Kibi, Kei travaille comme officier à Edo et assure, avec d’autres samouraïs la paix dans la ville. C’est un vrai tsundere qui derrière son attitude parfois sec se révèle être un véritable chamallow. Comme les autres, il cache aussi un lourd passé. Sa famille a été tuée et son village rasé. Cependant, au lieu de céder à la haine, Kei lutte pour garantir la paix. C’est un garçon sincère et droit qui fera son maximum pour aider ses amis dans le besoin.

♦Enishi : Ce grand baraqué (185cm quand même !) est un coureur de jupons invétéré et a tendance à partir dans des délires dont seul il a le secret. Ses camarades sont régulièrement dépités par son attitude. Enishi est évidemment bien plus que l’image du dragueur lourd qu’il laisse entrevoir. Il mène en effet une mission top secrète pour le compte du Bakufu. Son attitude désinvolte lui permet d’agir au-delà de tout soupçons. Si on est souvent un peu agacé par son comportement, Enishi est tiraillé entre sa mission et ses sentiments.

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— L’amour ou la voie du sabre ? —

Je vais tenter de vous parler un peu de l’univers de Ken ga kimi sans trop vous divulgâcher l’histoire. Ce qui interpelle c’est la profondeur qui se dégage de chaque route. Chaque personne possède des passifs difficiles qu’ils affrontent dans leurs routes respectives. Oui, on pleure beaucoup dans Ken ga kimi. On est aussi effrayé de la folie des hommes. La guerre onis/humains est particulièrement féroce et montre ses pires travers. Si la famille de Sakyou s’est faite tuée par des onis, celle de Kei c’est par des humains. Pourtant, malgré leurs passifs similaires, les deux personnages ne traversent pas les évènements de la même manière. C’est l’énorme force du jeu, c’est de montrer qu’il n’y a jamais une seule façon de progresser dans la vie. Le jeu propose d’ailleurs un développement des personnages en marge de leurs routes respectives, montrant aussi une amitié réelle qui les lient, au delà de l’histoire d’amour qu’ils peuvent vivre avec Kayo. Cette dernière est bien accompagnée et se reposera souvent sur ses amis.

Le travail des personnages est assez exceptionnel et chaque nouvelle route emprunte des embranchements assez inattendus. Selon que les héros choisissent la voie de l’amour ou celle du sabre, les conséquences sont assez différentes pour chacun. Les mauvaises fins n’arrivent pas toujours là où l’on attende. On suppose souvent que la voie du sabre mène à la perte, comme pour Sakyou. Pourtant, la mauvaise fin de Tsuzuramaru est dans celle où il choisi Kayo. Le jeu réussi donc à ne jamais se reposer sur ses acquis et à surprendre. Le tout reste cohérent et certaines fins abruptes montrent aussi que les choix faits par les héros sont réellement terribles.

Les thématiques arrivent, malgré l’époque, de s’inscrire dans notre actualité. Racisme, lutte de pouvoirs, problèmes d’identité et la vie après un traumatisme sont abordés avec justesse. Je m’attendais pas à être autant touché par les personnages et leurs histoires. D’autant plus que chacun possède sa propre manière d’aborder son passé et de vivre. Aussi le jeu aborde un fait historique assez peu traité : la persécution des chrétiens, notamment espagnols au Japon et la xénophobie montante des japonais envers les étrangers. On a beau le savoir, voir cette thématique abordée dans un otome game avec autant de justesse fait de Ken ga kimi une oeuvre aux propos matures.

On trouve souvent dans les otome games que certains personnages sont lésés mais en l’état chacun a droit à un traitement égal. Sans jamais se répéter. C’est clairement l’un des rares otome games où j’ai eu le plaisir de faire chaque route car chaque personnage avait un passif suffisamment intéressant pour que même si on ait pas le coup de coeur, on les apprécient. J’ai par exemple eu du mal avec Enishi et son comportement mais il est curieusement celui qui a une de mes routes préférées.

— Système —

Ken ga kimi fonctionne comme un visual novel classique. Le jeu vous propose des choix de dialogues qui influenceront, d’abord les routes que vous allez emprunter et ensuite les deux scénarios par personnages. Oui vous avez bien lu, chaque personnage a le droit à deux histoires : l’une, appelée Kimi est la voie où nos samouraïs vont choisir l’amour, la seconde appelé Ken, est la voie du sabre que les personnages peuvent emprunter, menant souvent à des mauvaises fins.

Au niveau de l’histoire, la route commune raconte la procession maritale où Kayo remplace la princesse officielle. Relativement longue, les choix vont déterminer quel personnage vous allez choisir pour la suite de votre histoire. Une fois sur la route d’un personnage, vous allez donc devoir faire les choix en faveur des routes Kimi ou Ken. Sachez que ce système est basé sur des couleurs : doré et rose pour Kimi et bleu et vert pour Ken. Dit comme ça, c’est pas super sexy mais cela permet, pour le joueur, de savoir d’avoir un indicatif des choix qu’il a fait. Et autant vous dire que vu la longueur du jeu, c’est pas un mal d’être un peu aidé.

Les menus du jeu comportent l’essentiel : une galerie CG, la possibilité d’écouter les OST et autres petites features sympathiques. Sur PSV, le jeu possède de nouvelles CG et des histoires supplémentaires ont été rajoutées, complétant différents évènements du jeu que l’on débloque une fois les routes des personnages finies. Je vous conseille d’ailleurs la version console, supérieure sur beaucoup de points.

Le fandisc lui fonctionne sur un système d’histoires, symbolisées par des livres à l’écran. Chaque lecture de libre ouvre la possibilité de lire de nouvelles histoires. Le principe est intéressant et certains livres permettent de développer les passifs et histoires des personnages secondaires. L’idée, ingénieuse, permet de mieux comprendre leurs motivations durant le premier jeu.

— Les graphismes —

J’ai du le dire un bon nombre de fois mais Ken ga kimi est un des plus beaux otome games qui m’a été donné de faire. Les illustrations de Yomi sont magnifiques et épousent parfaitement l’univers. Les sprites des personnages sont animés, ce qui donne un côté très vivant aux dialogues. Les combats sont aussi animés avec des effets. Mon seul regret est que les opening montrent quelques séquences entièrement animées…et j’aurai aimé que le jeu ait cette qualité tout le long. Je sais que c’est faisable (coucou School Days ou même Ef – a fairy tale of two) et ça aurait rendu le jeu encore plus incroyable. Je suppose que ça reste un budget assez important, surtout pour une structure comme Rejet.

Bon après je donne l’impression de cracher dans la soupe pour une broutille alors que le jeu a une qualité de graphisme et d’animation supérieures à bon nombre d’otome games. Après avoir joué à Ken ga kimi vous risquez même d’être frustré de vous taper des personnages aux regards de veau tout le long des dialogues. C’est peut-être le seul réel défaut du jeu c’est qu’en plus d’avoir une qualité narrative exceptionnelle, il est techniquement irréprochable.

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— Avis final —

Vous vous en doutez, Ken ga kimi est mon otome game préféré. Rarement un otome game aura été aussi complet. Les histoires sont diversifiées et ont le mérite d’être toutes captivantes. Chaque personnage possède des passifs relativement lourds, ce qui ne les empêchent pas d’être incroyablement adorables avec l’héroïne. Ce sont vraiment de bons gars et ils sont capables d’agir pour le bien de leurs compagnons. Il suffit de voir la route de Sakyou pour comprendre que l’amitié qui les lient est réelle et qu’ils déplaceront des montagnes pour sauver leurs amis. Ça fait vraiment du bien parce que beaucoup d’otome games mettent en avant des rivalités entre personnages pour créer une tension alors que la possibilité de créer une réelle amitié rend leurs histoires beaucoup plus captivantes.

J’ai aussi trouvé que les histoires se diversifiaient suffisamment pour avoir envie de faire toutes les routes. Le jeu ne possède pas de true end comme dans certains titres, il y a donc pas réellement d’ordre précis pour faire les personnages, à part peut-être terminer par Enishi et Tsuzuramaru, du fait que leurs histoires respectives sont liées aux sous-intrigues du jeu. Cependant, j’avais commencé par celle de Tsuzuramaru et c’était plutôt intéressant de mieux comprendre ce qui se tramait dès le départ derrière certains faits. Surtout que chaque route est suffisamment différente pour ne pas trop pourrir celles des autres. Evidemment il y a toujours des indices distillés ici et là qui conduisent à se poser des questions. Par exemple, dans la route de Suzukake, Tsuzuramaru est empoisonné par Kamui mais il ne semble pas en subir les répercussions…ce qui pose question.

Ken ga kimi réussi aussi à avoir un propos mature sans forcément être graveleux ou extrême. Evidemment il y a de la violence, certaines routes sont assez difficiles, sans parler des fins parfois très gores…mais le jeu ne verse jamais dans le morbide. Aussi étrange qu’il n’y parait quand on connait les délires habituels de Rejet (suffit de voir Black Wolves Saga…), Ken ga kimi garde une justesse dans son propos.

Au niveau de la version du jeu à choisir, je vous conseille celle sur PSV du fait qu’elle soit sortie après celle sur PC. Les arrières-plans ont été retravaillés, on a le droit à de nouvelles illustrations et la version collector est composée d’un Drama CD, d’un booklet d’illustrations ainsi que de cartes postales. Pas indispensable et on peut la trouver à un prix raisonnable en occasion. La version PC est loin d’être mauvaise et a le mérite d’être très belle aussi.

Ken ga kimi est un must du genre, proposant des personnages aux histoires variées, s’évitant bon nombre de clichés bien pourris et construisant des personnages qu’on garde en mémoire longtemps après. Le jeu a placé la barre très haut et il est difficile de ne pas se sentir parfois agacer par tant de perfection. Difficile de revoir ses ambitions à la baisse sur d’autres titres quand on est face à une telle justesse de propos, de maturité et de narration.

— Bilan—

Histoire

Note : 5 sur 5.

Ecriture

Note : 5 sur 5.

Système de jeu : 10/10

Note : 5 sur 5.

Graphismes : 10/10

Note : 5 sur 5.

Bande sonore : 10/10

Note : 4.5 sur 5.

Un chef d’oeuvre tout simplement. Ken ga Kimi marque pour sa maturité d’écriture, sa narration maîtrisée sur le bout des doigts et ses personnages qui sont tous formidables. Il faut juste du courage pour se lancer dans une oeuvre aussi longue que prenante mais l’aventure en vaut la peine.

Petit guide pour bien choisir ses otome games

Après mon article sur le consentement et le respect dans les otome games, je me suis rendue compte qu’il serait essentiel de dresser un guide pour mieux guider ceux qui voudraient se lancer. Parce que oui, vu que la réception assez mauvaise de certains titres et les thématiques, on ne peut pas conseiller n’importe quel otome game à une personne. L’exemple que je prends systématiquement c’est If God were in this world que je ne conseille à personne car je ne peux pas savoir les passifs de ceux qui me lisent et ainsi créer une situation de malaise. Fort heureusement, tous les otome games ne parlent pas de thématiques aussi difficiles.

Alors oui, je le redis, les avis qui suivent ne tiennent que de mon ressenti personnel. N’hésitez pas à venir en discuter en commentaires si vous êtes d’accord ou au contraire en désaccord. Et éventuellement, proposer de nouveaux choix de jeux à conseiller 🙂

 Oui faut aimer la romance…à la japonaise

Avant toute chose, si vous êtes réfractaire à la romance, il vous sera difficile d’accrocher aux otome games. Ça parait sûrement assez logique mais en réalité, une fois les pieds dans le plat, il vous faudra faire face à quelque chose de plus complexe : l’appréciation d’une romance à la japonaise. Et autant vous dire que vous pouvez être rapidement dérouté par le déroulement des romances. A savoir oui que la violence, psychologique, physique ou sexuelle peut être présente. Si vous n’êtes pas à l’aise avec une certaine forme de brutalité, renseignez-vous avant d’acheter un otome game.

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♥Mon choix personnel : Tokimeki memorial girl’s side : The 3rd Story (DS/PSP)

Développé par Konami (Sisisi), la série des Tokimeki memorial est culte au Japon, d’autant plus qu’elle a sauvé son développeur d’une liquidation dans les années 1990. L’épisode qui nous intéresse ici est le 3ème de la série Girl’s side destinée…aux filles. Sorti sur PSP en 2010, le jeu bénéficie d’une fan-traduction et je vous encourage à vous y lancer. Fonctionnant avant tout comme un simulation, il vous faudra gérer la vie d’une lycéenne durant ses trois années de lycée en développant des compétences pour séduire l’élu de son coeur. Le jeu est loin d’être facile et il n’est pas honteux ici de recourir à différents guides pour arriver à ses fins. La partie la plus délicate étant les sorties amoureuses où il faudra en plus s’habiller au goût de son amoureux.

Si vous cherchez de la drague et de la romance, ce jeu est parfait pour vous. Les histoires ne sont pas sensationnelles mais on s’attache aux personnages qui vous susurrent votre doux prénom (oui vraiment). Graphiquement, le jeu est une pure merveille, comme on pouvait l’attendre d’une société comme Konami. Croyez-moi c’est dur de décrocher !

Les héroïnes peuvent être stupides

Si vous vous attendez à rencontrer des personnages féminins forts qui ne se laissent pas marcher sur les pieds, vous pouvez – en partie – abandonner l’idée de toucher à ces jeux. Certaines héroïnes, comme celle de Code:Realize (auquel je n’ai pas encore joué donc je me base sur les avis) ou celle de Collar x Malice se font beaucoup moins malmener par le casting, ce qui relève d’un exploit. Cependant, pour les besoins de l’immersion (quelle belle connerie…), les héroïnes d’otome games sont souvent dénuées de personnalités pour que les joueuses puissent se mettre à leur place. Confession personnelle : Je ne me suis pourtant jamais autant sentie concernée quand elles en avaient. Je finirai simplement par dire que cette tendance à le comble de devenir généraliste avec l’explosion des otome sur mobiles…

♥Mon choix personnelKenka bancho otome (PSV)

Développé par Red Entertainment Corporation et édité par Spike ChunsoftKenka bancho otome a été la sensation de l’été 2016. Alors que les joueuses désespéraient avec des serpillères d’héroïnes, Hinako a rapidement imposé un modèle aussi contradictoire que bienfaiteur. Se retrouvant dans un lycée pour garçons dans le rôle de son frère jumeau, l’Académie Shishiku a aussi la particularité d’accueillir essentiellement des délinquants. Qu’à cela tienne, Hinako/Hikaru se sert brillamment de ses poings pour mettre à genoux ceux qui osent s’opposer à elle/lui. Et ce n’est pas ses prétendants qui diront le contraire puisque eux aussi vont en faire les frais.

Là où Kenka bancho otome fait fort c’est que le jeu fait voler en éclats les clichés des otome games, notamment celui de l’héroïne faible qu’il faut impérativement sauver. Hinako se défend seule, notamment via un mini-jeu de combat hilarant. Le choix de proposer une héroïne aussi forte, avec des convictions et du charisme aurait pu être assez casse-gueule sur le papier mais autant dire qu’on est conquis. Bref, si vous cherchez une héroïne qui en impose avec des personnages ultra-safe, Kenka bancho otome est le jeu idéal !

Les garçons sont des goujats

Oui malheureusement, vous vous en rendrez vite compte mais les protagonistes que vous êtes censés draguer sont souvent des bougres aux comportements assez étranges. Si les gentils tsundere vous feront craquer, les yandere vont plutôt vous faire fuir sous votre couette. Sans parler des psychopathes de service, quand le jeu se veut sérieux et proposer des antagonistes. Avec qui on peut finir sinon c’est pas rigolo. Bon je dois l’avouer, rejoindre le côté obscur de la force c’est parfois assez fun et ça casse pas mal le rythme de croisière de certains titres. Asaki, Yumemishi avait été d’ailleurs un pur plaisir pour avoir pu rejoindre Ichito qui nous avait bien mis la misère durant tout ce temps. Idem dans Hakuoki Shinsengumi kitan où l’on peut envoyer bouler nos gardes du corps pour le méchant. Pour le reste, beaucoup d’otome games souffrent de relations forcées et relativement abusives, marquées la plupart du temps par un temps de développement très court et d’une nécessité à développer la romance. Sauf que voilà, ça marche pas à tous les coups.

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♥Mon choix personnel Ken ga kimi (PC/PSV)

Il y avait de quoi avoir peur vu que le jeu est développé par Rejet. Pourtant, Ken ga kimi, sorti d’abord sur PC puis sur PSVita tranche avec les habitudes du studio. Si l’histoire ne fait pas dans la dentelle avec une violence graphique bien présente (aussi bien dans les CG que sur les sprites), les protagonistes masculins ne montrent jamais la moindre menace envers l’héroïne. Et ça, bon sang, ça fait du bien ! Se sentir en sécurité avec des personnages qui te respectent, ça m’a permis de créer un attachement réel pour eux. Je me suis sentie bien plus concernée par leurs histoires que s’ils avaient usé de violences ou s’étaient montré abusifs. C’est l’énorme qualité de cet otome où la romance est menée avec brio.

En plus, le chara-design est un pur régal pour les yeux (enfin les miens !) et le jeu bénéficie d’une qualité graphique rare. Une chose est certaine, j’ai été conquise en partie par cette sécurité qu’instaure les personnages et leurs développements respectifs. Et puis bon Tsuzuramaru ♥ Bref, un jeu qui réussi à construire une ambiance mature tout en proposant des personnages safes !

Les scénarios peuvent être…très nazes

Parce que on est dans des jeux romantiques, les otome games souffrent souvent d’un gros manque au niveau de leurs scénarios. Si certains assument d’être légers, d’autres vont vouloir nous appâter avec des plots gros comme des châteaux. De cartes. Parce que tout aura tendance à s’effondrer. Récemment c’est le très mauvais Snow bound land qui m’a rappelé que de belles illustrations et un univers cool ne suffisaient pas à faire un bon otome game. Ni un bon visual novel en général. Malheureusement, il faut s’attendre que parce que il y a une romance à développer, le scénario est souvent passé comme élément secondaire. Et à l’inverse, ceux ayant des scénarios développés souffrent…d’une romance moins développée ! Décidément, on est jamais content…

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♥Mon choix personnel : Collar x Malice (PSV)

Sorti à l’été 2017 en Occident, Collar x Malice était précédé d’une excellente réputation au Japon, saluant son scénario complexe et déroutant. Pour le coup, c’est effectivement l’un des meilleurs scénarios d’otome game, pas mal aidé par son contexte. Mais si Collar x Malice brille, c’est parce que il assume complètement son scénario, se permettant même de mettre une grosse claque sur la fin. Les thématiques de société et leur terrible écho à notre propre monde en font un otome game qui est certes, pas très joyeux, mais sans jamais céder à une forme de perversion. Bravo Otomate !

Si pour souhaitez tenter l’expérience des otome games, Collar x Malice est probablement celui que je vous conseillerai en priorité. Certes, la romance a moins d’impact (sauf avec Sasazuka ♥) mais elle est plus crédible par rapport à l’univers. Et franchement, on n’en veut même pas aux scénaristes d’avoir privilégier un scénario solide et un univers brillant. Les romantiques seront de toute façon comblées car un fandisc est prévu pour cette année.

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Akazukin to mayoi no mori, PC, 2011

Aparté : les otome games érotiques

Si à l’heure actuelle on est encore pas trop envahi d’otome érotiques en langue anglaise, il est bon de préciser qu’ils sont bien plus violents que leurs homologues all-ages et que les violences sexuelles sont présentes. C’est pour cela que jamais, sur ce blog, je mettrais en avant un otome avec du contenu érotique SAUF si évidemment le jeu bénéficie d’une version tous publics. La raison ? Tout simplement parce que sur la petite dizaine que j’ai pu faire, il est rarement fait état de relations pleinement consenties. Je suis consciente que c’est de la fiction et qu’il y a un énorme recul à avoir sur ce type de contenus. Cependant, il m’est difficile de donner du crédit à des oeuvres montrant des scènes de viol et de violences physiques.

Si vous vous aventurez sur le chemin des otome games érotiques, c’est à vos risques et périls. Ne venez jamais vous plaindre ni même chercher à provoquer une shitstorm. Ça ne servira tout simplement à rien. La seule chose que je puisse faire, c’est vous avertir et éventuellement vous donner les clés pour comprendre l’existence de ces jeux (qui ma foi, partent d’un bon sentiment, après tout, pourquoi on aurait pas droit à des contenus érotiques, nous les femmes ?). Mais gardez en tête : c’est au-delà de ce que vous pouvez imaginer. C’est beaucoup de scènes non consenties, d’une violence psychologique et parfois même physique envers l’héroïne. Les personnages ne sont pas tous de gentils princes charmants et virent en violeurs en série avant même qu’on ait eu le temps de dire « Quoi ? ». Et je rajouterai que si des jeux comme If God were in this world ou Black wolves saga vous ont choqué : ne tentez JAMAIS un otome R-18

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Wajin Ibunroku ~Asaki, Yumemishi~, PC, 2013

Conseils et choix

Les quelques pistes de jeux que je vous donne ne sont que des suggestions. Cependant je rajouterai qu’il est essentiel de bien choisir ses otome games et ne pas faire ce que j’ai pu faire, à savoir les enchainer un peu trop vite. Aussi, comme dit en intro, renseignez-vous toujours sur le contenu d’un otome game. Sur le site américain de l’ESRB (l’équivalent de notre PEGI), il y a une description détaillée du contenu du jeu et du pourquoi de sa classification. Cela vous donnera une idée assez précise avant de vous lancer. Sachez qu’au Japon les jeux ont leur propre système de classification le CERO. N’hésitez pas à lire des critiques avant de vous lancer afin de tester la température et savoir si le jeu vous plaira ou pas.

Soyez également conscient que l’écrasante majorité des otome games sont des romans interactifs. C’est très bavard, c’est beaucoup de textes et si vous êtes allergique à la lecture, vous risquez d’avoir du mal. Commencez par des sessions courtes de 15-30 minutes de lecture. Pour les jeux en japonais c’est même vivement recommandé. Prenez votre temps et considérez ces jeux comme des livres dont vous suivez une histoire.


Il ne me reste plus qu’à vous souhaitez une agréables lecture en compagnie de beaux garçons 🙂

Etes vous d’accord avec mes suggestions ? Quels titres conseillerez-vous ?